Charles V (1338-1380)
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En 1337, prétextant de ses droits à la couronne de France en tant que
descendant direct de Philippe IV le Bel par sa mère Isabelle de France, le
roi d'Angleterre Edouard III rompait l'hommage lige prêté pour la
Guyenne au roi de France Philippe VI
, premier
souverain de la branche de Valois, dont il contestait la légitimité. Les
hostilités engagées peu après entre la France et l'Angleterre devaient se
prolonger, avec des intermèdes de paix, jusqu'en 1451, d'où l'appellation
de Guerre de Cent Ans. Marquées au début par de graves revers des
Français devant l'adversaire anglais, plus mobile et plus offensif (batailles
de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, cette dernière particulièrement
désastreuse puisqu'accompagnée de la capture du roi Jean le Bon par le
Prince Noir)
, les opérations militaires de grande
envergure cèdent le pas à une guerre d'usure sous Charles V, qui trouve
en Bertrand du Guesclin, futur connétable, un excellent meneur
d’hommes qui le débarrassa du fléau des Grandes Compagnies, bandes
de mercenaires sans solde qui mettaient alors le royaume au pillage. A la
mort de Charles V en 1380, le conflit était à peu près stabilisé, et la
politique conciliatrice de Richard II d'Angleterre, à la fin du siècle,
pouvait faire espérer une paix durable. Mais la folie de Charles VI
et l'âpre rivalité des princes du sang, qui déboucha en
1407 sur l'assassinat de Louis d'Orléans, frère du roi, commandité par
Jean sans Peur, duc de Bourgogne, affaiblissaient la position de la France,
divisée désormais entre Armagnacs et Bourguignons. Henri V
d'Angleterre saisissait l'occasion et infligeait à Azincourt, en octobre 1415,
une terrible défaite aux Français, avec la neutralité active de Jean sans
Peur. Le royaume en sortait divisé en trois : maître de la Normandie,
Henri V s'emparait de Paris et se faisait reconnaître comme légitime
successeur par Charles VI ; Jean sans Peur et son fils Philippe le Bon
affirmaient l'indépendance du puissant duché de Bourgogne, augmenté
de l'héritage flamand, vis à vis de la couronne de France. Replié à
Bourges, le dauphin Charles, dernier fils de Charles VI et d'Isabeau de
Bavière, tenait les provinces du centre et du sud ouest, Guyenne exclue.
C'est de là que, soutenu par Yolande d'Anjou et galvanisé par Jeanne
d'Arc, celui qui allait devenir Charles VII devait retourner peu à peu la
situation à son avantage, se faisant couronner à Reims, reprenant Paris en
1435, récupérant la Normandie en 1450, puis la Guyenne en 1453, après la
victoire de Castillon, dernier fait d'arme d'une guerre longue et
douloureuse dont une des conséquences fut l’émergence de l’idée de
nation. L’une des meilleures sources d’information sur la genèse et le
déroulement de ce conflit jusqu'aux dernières années du XIVe siècle, et
sur ses répercussions européennes, est fournie par la chronique du
valenciennois
Jean Froissart
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Charles V (1338-1380)
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