Accès dédiés

Acquisition d'un Trésor national, le Livre d'heures de Jeanne de France

En 2012, la Bibliothèque nationale de France a acquis le Livre d’heures de Jeanne de France, manuscrit enluminé du XVe siècle, classé Trésor national. Grâce à la générosité de plus de 1 700 particuliers, entreprises, fondations et associations, le manuscrit a rejoint les collections nationales et est désormais accessible à tous via Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.

Un grand merci à tous nos donateurs

  • Au f. 291, débutent les Quinze joies de Notre Dame, série de prières qui sont en quelque sorte l’ancêtre du Rosaire, et commencent par l’invocation « Doulce Dame de misericorde, Mere de pitié… ». La page est illustrée par une Vierge à l’enfant. Notre Dame vêtue d’une robe bleue à revers d’or est assise sur une chaise en bois doré placé sous un dais recouvert d’une tenture pourpre vermillon. Elle tient sur ses genoux l’enfant Jésus, portant un nimbe en forme de croix. Devant eux deux anges jouent de la harpe et de la flûte. Au ciel, deux autres anges peints en bleus à rehauts d’or sont en adoration. (agrandir l'image)
  • Parmi les huit illustrations de l’office de la Vierge, figure au f. 103 la présentation au Temple. A l’intérieur d’une église gothique, la Vierge aux longs cheveux blonds présente l’enfant Jésus au grand prêtre, qui est coiffé d’une mître. Derrière la Vierge, saint Joseph tient un cierge allumé. Autour de la peinture, des anges peints à mi-corps semblent posés sur des nuages ; certains jouent de la musique ; d’autres portent un phylactère sur lequel aucune inscription n’a été notée. (agrandir l'image)
  • Le Livre d’heures de Jeanne de France s’ouvre par un calendrier en français, décoré de médaillons, figurant les signes du zodiaque et les travaux des mois. Le mois d’avril, au f. 4, est illustré d’un couple de jeunes gens se promenant dans une nature fleurie. (agrandir l'image)
Au f. 127, les Psaumes de la pénitence - qui expriment la douleur que l’homme ressent en prenant conscience de ses péchés - commencent par l’antienne « Ne reminiscaris (Ne te souviens pas …) et se poursuivent par le Psaume 6 « Domine, ne in furore tuo ar[guas]… (Seigneur, ne me punissez pas dans votre colère) ». Ils sont illustrés par une représentation de David suppliant Dieu de lui pardonner. Dans le lointain, est figurée l’histoire de David et de Goliath. Dans la bordure marginale sont représentés de manière tout à fait inhabituelle les péchés capitaux. En haut à droite, l’Orgueil, un cavalier chevauchant un lion ; l’Envie, un homme vêtu de rouge, à cheval sur un chien ; Colère, un homme monté sur un âne, qui se transperce d’un poignard ; Avarice, vieillard assis sur un lion, tenant dans ses bras son trésor ; Gourmandise, un homme à cheval sur un porc, mangeant un gâteau ; Paresse un homme en bonnet de nuit sur un âne. A gauche, la Luxure est peinte comme une jeune femme montée sur une chèvre ; elle se regarde dans un miroir. (agrandir l'image)

Un manuscrit royal sans équivalent dans les collections publiques françaises

En 2011, le ministre de la Culture et de la communication a déclaré Trésor national le Livre d'heures de Jeanne de France, un remarquable manuscrit royal enluminé sur vélin, réalisé en 1452, à l'occasion des noces de Jeanne de France, troisième fille du roi Charles VII. Ce petit volume (108 x 76 mm) se compose de 336 feuillets. Il s’agit de l’une des réalisations les plus exquises et les plus raffinées du règne de Charles VII. La qualité de l'exécution de cet ouvrage témoigne du rang royal de sa destinataire, Jeanne, promise au mariage avec le comte de Clermont, futur Jean II de Bourbon. Les armoiries peintes ne laissent aucun doute sur son identité, notamment l’écu en losange qui se détache sur un drap d’or ; le portrait de la princesse, en prière devant la scène de Mise au Tombeau, figure également dans l’ouvrage, folio 285. Enfin, la genette, petit animal domestique, se retrouve dans l’ouvrage liée par le col à l’initiale « J » par un amusant jeu de mots sur son prénom Jeannette, comme cela existe dans d’autres manuscrits qu’elle eut en sa possession.


Page entourée d’une large bordure de feuillages, aux dominantes dorées et bleues. Dans les rinceaux se promènent de petits personnages habillés à la mode du temps. (agrandir l'image)

Une décoration remarquable par sa richesse et son raffinement

La décoration peinte consiste en 28 miniatures en pleine page et de 37 miniatures plus petites. L'ensemble des 336 feuillets s’accompagne d’un ravissant décor de bordures. Un calendrier illustré, où sont figurés les travaux des mois et les signes du zodiaque, complète cet ouvrage soigneusement calligraphié d’une extrême richesse.


Au f. 13, s’ouvre, après le calendrier, une série de fragments des Evangiles, qui commence par celui de saint Jean : « In principio erat Verbum et Verbum erat… ». Il est illustré par une peinture représentant saint Jean à l’île de Patmos. Vêtu d’une tunique bleue recouverte d’un manteau rose lie-de-vin, l’évangéliste écrit sur un rouleau de parchemin le texte de l’Evangile. Un aigle tient son galemart ou boîte à calames, ainsi que l’encrier qui lui est attaché. Dans la bordure marginale de droite, on reconnaît les armes de Jeanne de France (parti de Bourbon, parti de France), peintes sur un fond doré portant les noms « Jhesus » et « Maria ». Dans la bordure marginale inférieure, les armes de la princesse ont été recouvertes par celle de Catherine d’Armagnac, la seconde épouse du duc Jean II de Bourbon.(agrandir l'image)

Des peintres renommés

Le peintre qui a exécuté l’ensemble des peintures et des bordures, ainsi que la totalité du calendrier, est l’enlumineur anonyme qu’on appelle le Maître de Guillaume Jouvenel des Ursins. Ce manuscrit est assurément l’une de ses créations les plus raffinées.

Deux peintures sont d’une autre main, caractéristiques de l’art de Jean Fouquet du fait de l’étonnante maîtrise spatiale. Jean Fouquet est considéré comme le plus grand peintre et enlumineur français du XVe siècle, une figure majeure de l’histoire de la peinture.


Preuve d’une dévotion particulière au Christ souffrant, l’office de la Passion est illustré de 8 peintures. La dernière représente la mise au tombeau (f. 285). Avec un aide, Joseph d’Arimathie dépose le Christ entouré d’un linceul, dans un tombeau de marbre rose et blanc. Vêtue d’un manteau doré, sainte Madeleine embrasse la main du Christ. La Vierge et saint Jean se lamentent. La jeune femme agenouillée sur la droite dans un oratoire est Jeanne de France elle-même. La bordure marginale est peinte d’ancolies. (agrandir l'image)

Un chef-d’œuvre méconnu

Connu des historiens de l’art uniquement d’après des reproductions en noir et blanc, ce manuscrit est demeuré en très bon état de conservation au sein de la collection privée de Victor-Prosper Martin Le Roy (1842-1918), important mécène et collectionneur de son époque.

vendredi 29 avril 2016

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Dossier de presse [fichier .pdf – 464 Ko – 30/08/12 – 5 p.]

Communiqué de presse [fichier .pdf – 88 Ko – 29/11/12 – 1 p.]

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