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Jude Stéfan

Le poète français Jude Stéfan est l’invité, lundi 14 juin 2010, du cycle « L’Arsenal de la poésie, Grands poètes d’aujourd’hui », qui propose d’accueillir à la Bibliothèque de l’Arsenal les grands poètes vivants.

Qui est Jude Stéfan ?

Jude Stéfan est né Jacques Dufour le 1er juillet 1930 à Pont-Audemer. Après des études de droit, de philosophie et de lettres, il a été longtemps professeur au lycée de Bernay, où il a enseigné le français, le latin et le grec. Il vit maintenant à Orbec. C’est en 1954, lors de la première crise d'une polyarthrite qui l’handicapera sa vie durant, qu’il rédige Satires. En 1965, il adresse un livre d'essais moraux à Maurice Blanchot, qui lui conseille de le faire publier dans la collection « Le Chemin ». Georges Lambrichs, qui venait de lancer cette collection, éditera sept livres de Jude Stéfan, de 1967 à 1984. Il lui permettra également de rencontrer les écrivains et amis du même groupe (Butor, Trassard, Chaillou, Réda, Meschonnic, Demélier, Janvier, Deguy, Roudaut, Pachet, Borel, Alphant). Jude Stéfan collabore ensuite régulièrement à la Nouvelle Revue Française, aux Cahiers du Chemin, ainsi qu’à L'Infini, Digraphe, Recueil.

Jude Stéfan a reçu en 1985 le Prix Max Jacob et en 1999 le Grand prix de Poésie de la Ville de Paris.

L'écriture de Jude Stéfan

A côté des recueils de poèmes et de nouvelles, Jude Stéfan, qui n’accepte pas la division des genres, s'est essayé à la critique, au journal, à la satire, aux lettres, aux dialogues, à la traduction. Chacun de ses recueils poétiques renvoie de façon plus ou moins explicite aux précédents, mais inclut aussi d’autres genres et des échanges avec les nouvelles et les pages du journal.

Outre un pseudonyme aux multiples résonances (de Jude l'obscur, de Thomas Hardy, à Stephen, le héros de Joyce) qui est un véritable programme d’écriture, Jude Stéfan s’invente une biographie et trois sœurs incestueuses dont les figures se mêlent à celles des Parques. Dans toute son œuvre vont et viennent de manière récurrente des personnages, littéraires ou mythologiques, des personnes proches à un moment ou à un autre de sa vie, des figures d’écrivains, de peintres, de musiciens.
« Poésie malgré », « poésie-contre », la poésie de Jude Stéfan se méfie de l’épanchement lyrique (« Je n’ai jamais eu le cœur de chanter », Xénies, 1992) et refuse de s’inscrire dans un courant ou une école. Elle se nourrit des influences les plus diverses et de références très hétérogènes : l’intrusion de tournures et de rythmes de la poésie élégiaque antique voisine avec un goût pour les poètes métaphysiques anglais, les textes de Rimbaud, les excès du baroque et les jeux avec les mots. Son écriture complexe est d’abord et avant tout un moyen de résister, d’opposer un refus à l’humaine condition de naître pour souffrir et mourir :

« Écrire, c’est faire coïncider l’être de la vie – souffrir, aimer, haïr, s’indigner, inaccepter – avec son expression même, c’est le seul moment où s’oublier, c'est-à-dire abolir l’ennui en épousant le temps qui ravage » (Dialogues avec la sœur, 1987).

Bibliographie

Les documents recensés dans cette bibliographie sélective sont disponibles à la Bibliothèque nationale de France sur le site François Mitterrand, en accès libre en Bibliothèque d’étude (niveau Haut-de-jardin) ou dans les magasins de la Bibliothèque de recherche (niveau Rez-de-jardin).
Elle a pour but de signaler l’essentiel de l’œuvre poétique et des essais, de préférence en accès libre.
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La bibliographie sur Jude Stéfan [fichier .pdf – 54 Ko – 08/06/10 – 3 p.]

mardi 8 juin 2010

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