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Le Siècle d'Or espagnol - Bibliographie

Piastre d´argent provenant des mines de Potosi

Piastre d'argent provenant des mines de Potosi, Bristih museum

Le XVIe s. a été pour l'Espagne le « Grand Siècle ». L'immensité de son empire, s'étendant de l'Europe au Nouveau Monde, l'achèvement de la Reconquête, la réalisation de l'Union ibérique (l’unification dynastique avec le Portugal, 1580) favorisant une politique extérieure commune, sont des facteurs déterminants de l’hégémonie espagnole. Toutefois, si dans le domaine des arts et des lettres la splendeur se prolonge durant tout le XVIIe s., sur le plan social et économique des signes de déclin apparaissent dès la fin du XVIe s. L'afflux, sans précédent, de métaux précieux depuis le Nouveau Monde sert à entretenir la puissance militaire de l’empire mais paralyse l’émergence d’une bourgeoisie commerçante en faveur d’une noblesse fastueuse mais sans ressources, et d’un clergé toujours plus nombreux. D’autres facteurs importants concourent au déclin : les rigueurs de l’Inquisition, une dépression démographique aggravée par l’émigration massive vers les Indes et des poussées de peste, l'expulsion de centaines de milliers de Morisques (1609-1614), privant une agriculture déjà exsangue de leur savoir-faire. Cette longue crise sociale et économique ne sera que partiellement endiguée, au XVIIIe s., grâce à la réforme de l’administration centrale et territoriale du royaume, promue par les rois bourbons Felipe V et Felipe VI.

À l’occasion du 4e centenaire de la mort de Miguel de Cervantes, la salle J propose une bibliographie sur le Siècle l’Or espagnol et son contexte historique.

Pour une première approche

Vous pouvez télécharger la bibliographie complète en bas de la page.
Escamilla, Le Siècle d’Or de l’Espagne

Michèle Escamilla
Le Siècle d’Or de l’Espagne. Apogée et déclin, 1492-1598, Paris, Taillandier, 2015, 847 p.

L’auteure, historienne très renommée, réussit une fresque magistrale sur l’Espagne du Siècle d’Or. Les choix politiques et les nombreuses guerres qui ont présidé à l’émergence, puis au déclin, de la superpuissance hispanique au XVIe siècle, y sont étudiés dans le contexte des relations internationales de l’époque. Un excellent ouvrage pour découvrir cette période charnière de l’Espagne et de l’Europe moderne.


Carrasco, Dérozier et Mouliné-Bertand, Histoire et civilisation de l’Espagne classique

Raphaël Carrasco, Claudette Dérozier, Anne Mouliné-Bertand
Histoire et civilisation de l’Espagne classique, 1492-1808. A la découverte du Siècle d’Or, Paris, Nathan université (Fac. Histoire), 2001, 384 p.

Dans ce manuel les auteurs dressent un tableau détaillé de cette période historique très contrastée : l’Espagne, en tant que puissance mondiale, où la gloire militaire est alors à son apogée, est également un pays de saints et de carmels où règne l’Inquisition. Dans le même temps, le XVIe et XVIIe siècle voient fleurir les grands noms de la littérature classique (Cervantès, Calderón, Gongora...) ainsi que les peintres prestigieux que sont Velásquez, Le Greco, ou encore Zurbarán. Un ouvrage très utile pour le public qui souhaite avoir une vision globale et synthétique de ce qu’il est convenu d’appeler l’âge classique espagnol (XVe-XVIIIe s.).


Défourneaux, La vie quotidienne en Espagne au Siècle d’Or

Marcelin Défourneaux
La vie quotidienne en Espagne au Siècle d’Or, Paris, Hachette, 1964, 287 p.

Cet essai plonge d’emblée le lecteur dans le quotidien de la vie espagnole du XVIe siècle. Avec grand luxe de détails, l’auteur rend compte de la vie sociale et économique de deux grandes villes que sont Madrid, capitale administrative, et Séville, la capitale économique et démographique. Les mentalités dominantes y sont également étudiées : sentiment d’honneur, préjugé de la pureté de sang, mépris des activités mécaniques et du négoce, l’admiration pour la noblesse… Un grand classique qui permet de saisir les structures sociales et idéologiques de l’Espagne à l’apogée de sa puissance.


Chaunu, Séville et l’Amérique : XVIe-XVIIe siècle

Pierre Chaunu (avec la contribution de Huguette Chaunu)
Séville et l’Amérique : XVIe-XVIIe siècle, Paris, Flammarion (Sciences), 1977, 367 p.

Cet essai, fort alerte, retrace dans ses plus grandes lignes, l’étude titanesque menée par Huguette et Pierre Chaunu dans les années 1950 et publiée sous le titre Séville et l’Atlantique : XVIe-XVIIe siècle. Exploitant les registres de 17 000 navires qui voguèrent du Guadalquivir aux Indes, les auteurs ont pu rendre compte de la masse colossale d’échanges commerciaux qui eut lieu à cette période entre l’Espagne, l’Amérique et le reste de l’Europe. Par-delà les chiffres avancés, ce sont les « grands rythmes qui scandent l’histoire du monde » et qui ont profondément façonnés le modèle économique occidental qui sont saisis.


García-Baquero González, La Carrera de Indias. Histoire du commerce hispano-américain : XVIe-XVIIIe siècles

Antonio García-Baquero González
La Carrera de Indias. Histoire du commerce hispano-américain : XVIe-XVIIIe siècles, traduction de Bartolomé Bennassar, Paris, Editions Desjonquères (La mesure des choses), 1997, 256 p.

La Carrera de Indias, ou la Route des Indes occidentales : c’est ainsi qu’on appelait l’intense trafic entre les possessions européennes et les royaumes d'outre-mer des souverains espagnols. Escortées par les galions, les navires transportaient par-delà l'océan commerçants, conquistadores, militaires et missionnaires, métaux précieux et épices mais esclaves aussi. Dans un langage très clair et précis, cet essai dresse le tableau des trois siècles du monopole espagnol, exercé depuis Séville d'abord, et Cadix ensuite. Sa lecture complète et enrichit remarquablement l’analyse proposée par Huguette et Pierre Chaunu dans leur Séville et l’Amérique : XVIe-XVIIe siècle.


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Le Siècle d’Or espagnol ou la puissance à l’échelle mondiale [fichier .pdf – 318 Ko – 07/04/16 – 24 p.]

vendredi 15 avril 2016

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