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Michelangelo Antonioni (1912-2007) : lire, écrire, filmer - Biblio-filmographie

Michelangelo Antonioni, affiche, portrait
« J’ai eu dans ma vie de grandes amours littéraires »
Cette passion pour la littérature traverse tout le parcours de Michelangelo Antonioni, cinéaste, scénariste, critique et peintre. Adolescent à Ferrare, il est membre d’une compagnie théâtrale et, avec son ami Giorgio Bassani, il fonde un cénacle littéraire : lecteurs éclectiques, ils discutent autant d’Ulysse de Joyce que de leurs propres écrits. Étudiant en économie et commerce, il suit en parallèle des cours de lettres. Dès 1937, il publie des critiques et des nouvelles dans le quotidien et des revues de cinéma et traduit des écrivains français.

Ses films renouvellent le cinéma italien par les thématiques de l’évidement du monde et des rapports humains, de l’incommunicabilité et de la déshumanisation, qu’Antonioni met en scène par des déambulations dans les villes et les déserts, de l’Italie à l’Afrique en passant par l’Arizona et la Chine. Considérant l’écriture comme « un approfondissement du regard », sa carrière cinématographique s’est toujours accompagnée de l’écriture de pièces de théâtre, scénarios et nouvelles, mais aussi de créations picturales, en particulier ses « Montagnes enchantées ».

Lecteur « désordonné » selon lui, refusant la « hiérarchie en littérature », il cite volontiers Gide, Camus, Pavese, Pirandello, Faulkner, T. S. Eliot, Chandler ou Barthes. Même si la genèse de ses films s’inspire autant de ses lectures que de faits divers, il adapte peu de livres. Néanmoins, ses films sont émaillés de références littéraires qui montrent par touches discrètes, comme autant de clins d’œil, ce lien primordial aux livres, même si paradoxalement, une bibliothèque explose en point d’orgue de Zabriskie Point. Certains de ses personnages écrivent (le romancier de La Nuit ou le journaliste de Profession : reporter) et beaucoup lisent : la disparue de L’Avventura a pour livre de chevet Tendre est la nuit ; la comédienne de La dame sans camélias lit Pirandello ; dans La Nuit, une intrigante lectrice d’un roman d’Hermann Broch, Les somnambules, est au cœur d’une fête milanaise ; un roman de Moravia apparaît dans un plan de Profession reporter, etc.

L’exposition « Antonioni, aux origines du pop » qui se tient à la Cinémathèque française du 9 avril au 19 juillet 2015 dévoile les multiples talents d’un cinéaste, « maître du cinéma moderne » selon Dominique Païni, commissaire de l’exposition. À cette occasion, la Bibliothèque nationale de France propose dans la salle G (Littératures étrangères) du 5 mai au 28 juin 2015, une sélection d’ouvrages des salles de lecture de la Bibliothèque du Haut-du-jardin (principalement des salles A et G), sur les lectures et les écrits d’Antonioni accompagnée d’une biblio-filmographie.
Les films d’Antonioni seront également disponibles sur l’ensemble des postes audiovisuels dans toutes les salles du Haut-de-jardin ainsi que dans le Salon de cinéma grand écran de la salle A (programmation du mardi au vendredi de 14h à 17h).

Pour une première approche

Vous pouvez télécharger la bibliographie complète en bas de la page.

Michelangelo Antonioni, Écrits
Antonioni, Michelangelo
Écrits. Paris : Images modernes, 2003. 351 p. (Inventeurs de formes ; 1)
Salle A – Cinéma – [791.430 92 ANTO e]

Ce recueil de textes, articles et entretiens, parus dans divers journaux de 1950 à 1987, donne la mesure de la méthode d’Antonioni, et évoque ses thématiques favorites : les raisons et les lieux de tournage, l’évanescence des passions amoureuses, les difficultés à communiquer, les silences et les vides qui lui sont chers.


Michelangelo Antonioni, Ce bowling sur le Tibre
Antonioni, Michelangelo
Ce bowling sur le Tibre. Traduit de l'italien par Sibylle Zabriew. Paris : Images modernes, 2004. 111 p. (Inventeurs de formes ; 4)
Salle A - Médias audiovisuels, multimédias et cinéma – [791.430 92 ANTO 7 c]

En 1982, 33 de ses nouvelles sont regroupées sous le titre Quel Bowling sul Tevere. « Mes pensées, ce sont presque toujours des films » écrit-il, laissant ainsi à lire des prémices de films, et à découvrir la dimension imagée de son écriture. Le recueil fut tout d’abord publié en français en 1991 sous le titre Rien que des mensonges.


Michelangelo Antonioni, Stig Bjokman
Björkman, Stig
Michelangelo Antonioni. Paris : Cahiers du cinéma, 2008. 95 p.
(Collection Grands cinéastes ; 28)
Salle A – Cinéma – [791.430 92 ANTO 5 BJ]

L’ouvrage retrace la carrière du cinéaste, débutée au moment où éclot le néo-réalisme dont Antonioni s’écarte pour inventer un cinéma personnel, novateur et toujours actuel. Björkman relève les moments forts : le scandale à Cannes en 1960 lorsque le public siffle L’Avventura ; le succès de Blow Up ; l’utopique Zabriskie Point et sa jeunesse fuyant la société de consommation américaine ; mais aussi Par-delà les nuages en 1995, qu’il réalise après un accident avec l’aide de son ami Wim Wenders.

Antonioni, Aldo Tassone
Tassone, Aldo
Antonioni. Paris : Flammarion, 1995. 355 p. (Cinémas)
Traduction de :  I film di Michelangelo Antonioni
Salle A – Cinéma – [791.430 92 ANTO 5 TA]

Une biographie très dense, accompagnée d’une analyse de la plupart des films et documentaires d’Antonioni. La bibliographie est une référence pour retrouver des articles du cinéaste publiés dans divers journaux. Une édition de 2007 est également disponible.



Télécharger la bibliographie

Michelangelo Antonioni : lire, écrire, filmer [fichier .pdf – 205 Ko – 06/05/15 – 13 p.]

jeudi 7 mai 2015

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