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Hommage à André Schiffrin

André Schiffrin, portrait

André Schiffrin, octobre 2007

L’éditeur américain André Schiffrin est décédé le 1er décembre 2013 à l’âge de 78 ans.
Le Centre national du livre honorera sa mémoire le 9 janvier 2014.

André Schiffrin est né à Paris en 1935. Il est le fils de Jacques Schiffrin, éditeur d’origine russe installé à Paris, fondateur des Éditions de la Pléiade en 1923 et de la « Bibliothèque de la Pléiade » en 1931, devenue une collection des Éditions Gallimard en 1933 grâce à l’entremise de son ami André Gide.
Directeur de la collection et responsable des livres pour enfants chez Gallimard, Jacques Schiffrin est victime de l’aryanisation des entreprises en 1940 et licencié. C'est grâce à l'aide financière d’André Gide et Varian Fry que la famille parvient à rejoindre les États-Unis et s’installe à New York en 1941.
En 1943, Jacques Schiffrin s'associe avec Helen et Kurt Wolff (éditeur de Kafka) qui ont fui l'Allemagne nazie, pour créer une nouvelle maison nommée Pantheon Books. Il publie des auteurs français (Vercors, Kessel, Camus), mais meurt en 1950 sans avoir pu revenir en France.

Après des études à Yale, Cambridge et Columbia, André Schiffrin entre à son tour chez Pantheon Books en 1961, qu’il dirige pendant près de trente ans. Il est l'éditeur de Michel Foucault, Marguerite Duras, Günter Grass, Claude Simon, Julio Cortázar, Anita Brookner, Jean-Paul Sartre ainsi que du Maus d'Art Spiegelman. Il soutient des intellectuels engagés à gauche, comme Noam Chomsky, Eric Hobsbawm ou Studs Terkel.
En 1990, le groupe Newhouse, auquel appartient Pantheon Books, fait savoir que la maison n’est pas assez rentable. Le départ d’André Schiffrin soulève une immense polémique dans le monde intellectuel américain. En 1992, suivi par une partie de ses auteurs et collaborateurs de Pantheon, il fonde The New Press, une maison d’édition à but non lucratif qui s’appuie sur le financement de fondations.

À partir de 1999, il publie une série d’essais (L’édition sans éditeurs en 1999, Le contrôle de la parole en 2005, L’argent et les mots en 2010, publiés en France par La Fabrique) qui dressent un tableau pessimiste de l’état de l’édition des deux côtés de l’Atlantique. Grand défenseur d’une édition et d’une librairie indépendantes, il n’a de cesse de dénoncer la concentration et la financiarisation de l’édition et de la presse, les exigences de rentabilité des grands groupes menant à une forme d’autocensure et à une réduction de l’offre culturelle, ainsi que l’atonie des milieux intellectuels. Ce n’est pas un hasard si l’un des premiers Français à évoquer L’édition sans éditeurs, en 1999, n’est autre que Maurice Nadeau dans la Quinzaine littéraire.

Pour une première approche

Vous pouvez télécharger la bibliographie complète en bas de la page.


André Schiffrin, L´édition sans éditeurs, couv.
L'édition sans éditeurs
Paris : La Fabrique, 1999. 94 p.
Salle E – Histoire du livre et bibliothéconomie – [070.504 SCHI e]

André Schiffrin retrace son parcours professionnel de Pantheon Books à The New Press, et tire de son expérience une critique acerbe de la concentration éditoriale.

André Schiffrin, Le contrôle de la parole, couv.
Le contrôle de la parole : "L'édition sans éditeurs", suite
Paris : La Fabrique, 2005. 91 p.
Salles E et T – Histoire du livre et bibliothéconomie – [070.504 SCHI c]

Six ans après L’édition sans éditeurs, l'éditeur new-yorkais retrace les étapes et les conséquences des changements intervenus dans l'édition et la presse française : l'affaire Vivendi-Wendel, le rachat du Seuil par La Martinière, le rachat de la Socpresse par Dassault... Comparant la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, il continue à dénoncer la concentration et les exigences croissantes de rentabilité.


André Schiffrin, allers-retours, couv.
Allers-retours : Paris-New York, un itinéraire politique
Paris : L. Levi, 2007. 284 p.
Tolbiac – Rez-de-jardin – magasin – [2007- 133129]

André Schiffrin retrace l’histoire de sa famille et revient sur son parcours intellectuel et politique, marqué par son engagement socialiste. Sa double culture, américaine et européenne, lui confère une position particulière pour évoquer l’histoire du monde occidental dans la seconde moitié du 20e siècle.


André Schiffrin, L´argent et les mots, couv.
L'argent et les mots
Paris : La Fabrique, 2010. 103 p.
Salles E et T – Histoire du livre et bibliothéconomie – [070.504 SCHI a]

L'éditeur new-yorkais propose des pistes pour sauvegarder l'indépendance de l'édition, de la presse ou du cinéma, notamment en s’appuyant sur régions et municipalités.




Bibliographie

André Schiffrin [fichier .pdf – 89 Ko – 07/01/14 – 4 p.]

mercredi 8 janvier 2014

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