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30e anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France

site F.-Mitterrand - Espace découverte
du 3 au 30 octobre 2011
Présentation de documents autour de la commémoration de l'abolition de la peine de mort en France, en 1981, en partenariat avec l'association Ensemble contre la peine de mort.

Victor Hugo

Victor Hugo. Le dernier jour d´un condamné

Victor Hugo
Le dernier jour d’un condamné
manuscrit autographe

BnF
département des Manuscrits
[NAF 13376

Victor Hugo (1802-1885) a, durant toute sa vie, lutté contre la peine de mort. Écrivain et homme politique, il la découvre dès le plus jeune âge à travers plusieurs exécutions dont il est le témoin et qui vont le marquer à jamais. De ce dégoût pour le « meurtre judiciaire » naît un engagement, dont le souvenir le plus marquant reste le discours formidable fait à la tribune de l’Assemblée nationale le 15 septembre 1848 et dans lequel il dénonce : « La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne. »

Par la justesse de ses mots et la qualité de ses textes, Victor Hugo sait toucher la classe politique, mais également bouleverser la population au cœur et indigner nombre de français. Le dernier jour d'un condamné (1829) qu’il a rédigé à seulement vingt-sept ans, ainsi que Claude Gueux (1834) font partie, aujourd’hui encore et partout, des écrits les plus lus et les plus pertinents sur la question de la peine de mort.

Robert Badinter

Loi n°81-908 du 9 octobre 1981 portant abolition de la peine de mort par le président de la République française.
Collection Robert Badinter

Après deux siècles de discussions, de débats et de combats, la France est devenu, le 9 octobre 1981, le 35e Etat du monde à abolir la peine de mort.

Dès le mois de janvier 1981, la gauche intègre à son programme des 110 propositions pour l’élection présidentielle la proposition n° 53 « Abrogation de la peine de mort ». Durant la campagne présidentielle, le candidat François Mitterrand déclare à plusieurs reprises qu’il est opposé à la peine capitale. Le 10 mai, il est finalement élu à la Présidence de la République et obtient la majorité absolue à l’Assemblée nationale le 21 juin. La désignation de Robert Badinter, avocat et abolitionniste convaincu, au poste de garde des Sceaux, et la commutation, le 25 mai 1981, en réclusion criminelle à perpétuité de la peine de mort prononcée contre Philippe Maurice laissent présager la tenue des engagements de campagne.
En dépit de la réticence des citoyens (un sondage réalisé entre le 8 et le 10 septembre 1981 et publié dans Le Figaro révèle que 62 % des français sont alors favorables à la peine capitale), l’Assemblée nationale, portée par des leaders de droite comme de gauche (tels que MM. les députés Chirac, Séguin, Barrot, Delanoë), adopte le projet de loi déposé par Robert Badinter le 18 septembre par 363 voix contre 117 (vote pour : PS 283, RPR 11, UDF 20, PCF 44), après un discours mémorable du nouveau garde des Sceaux. Le 30 septembre, le Sénat vote à son tour le projet de loi en faveur de l’abolition par 160 voix contre 126. La loi est promulguée le 9 octobre par le Président de la République et publiée au Journal Officiel le lendemain.

Discours de Robert Badinter à l’Assemblée nationale en 1981 pour l’examen du projet de loi portant abolition de la peine de mort

Robert Badinter
Discours du garde des Sceaux, Robert Badinter, à l’Assemblée nationale réunie en session extraordinaire les 17 et 18 septembre 1981 pour l’examen du projet de loi portant abolition de la peine de mort.
Institut National de l’Audiovisuel

17 septembre 1981 : la France est à un tournant de son histoire. À l’Assemblée nationale, où se joue l’avenir de la guillotine, c’est au tour de Robert Badinter, fervent abolitionniste et tout nouveau garde des Sceaux, de monter à la tribune pour y prendre la parole. Le ministre de la Justice va devoir user de tout son pouvoir de rhétorique et de persuasion pour convaincre les 557 députés présents du bien fondé de l’abolition.

À travers un discours dur mais passionné, mêlant force et subtilité, Robert Badinter va alors rappeler aux députés l’horreur d’une telle pratique, mais aussi leur devoir et le rôle déterminant qu’ils ont à jouer pour mettre un terme définitif à cette pratique d’un autre temps. C’est grâce à cette allocution mémorable, mais surtout grâce à l’engagement d’un homme, lisible à travers chacun des mots employés, que l’Assemblée nationale puis le Sénat voteront à la majorité pour l’abolition de la peine de mort et la fin de la guillotine en France.

Aujourd’hui encore, ce moment de vie parlementaire française est considéré comme l’un des plus grands temps forts politiques de la Ve République.

lundi 10 octobre 2011

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