Soutenez
le Trésor national
Formulaire de recherche

D comme Dons – Archives

Depuis les origines de la Bibliothèque, amateurs et collectionneurs ont fait preuve d'une grande générosité en lui offrant des pièces souvent exceptionnelles qui enrichissent le patrimoine français. Ces dons sont le fait de rois, de ministres, de princes, de nobles, de banquiers mais aussi d'écrivains, de professeurs, d'artistes, de commerçants, de savants, de diplomates, tous amateurs passionnés. D'autres fonds sont entrés à la suite d'événements historiques comme la Révolution française. Beaucoup portent encore le nom de leurs anciens possesseurs et sont ainsi identifiés dans les catalogues et inventaires. Aujourd'hui comme hier, grâce au soutien de différents mécènes – personnes privées ou entreprises – la Bibliothèque est à même de poursuivre une politique ambitieuse d'acquisitions patrimoniales.

Une création duelle

L´incendie de l´ange © Maria Klonaris et Katerina Thomadaki

Klonaris/Thomadaki (Duo artistique)
Incendie de l’Ange
16 planches photographiques imprimées en phototypie. Coffret en moire blanche avec marquage à chaud argenté
Paris, Tierce, 1988

BnF
Réserve des livres rares
[Rés. G- Ye- 794

Maria Klonaris et Katerina Thomadaki forment depuis les années 1970 un duo artistique dont l’œuvre transcende les frontières entre les arts plastiques et le cinéma expérimental. Le Cycle de l’Ange, dont fait partie ce livre, comporte également des séries photographiques, des installations, des performances, des vidéos, des créations sonores. Son point de départ est la photographie médicale d’une personne intersexuelle que les artistes ont associée à « l’Ange ».

Le département de l’Audiovisuel de la BnF conserve un fonds d’archives Klonaris/Thomadaki qui rend compte des facettes multiples de leur œuvre, anticipatrice autant par son interdisciplinarité que par l’interrogation sur les identités sexuelles dont elle est porteuse.

[Document présenté du 16 septembre au 10 décembre 2012]

Les archives d’une compagnie théâtrale

Présentation de Dom Juan : texte manuscrit autographe de Jean-Marie Villégier. 2008

L’Illustre Théâtre – Compagnie Jean-Marie Villégier
- Présentation de Dom Juan : texte manuscrit autographe de Jean-Marie Villégier. 2008
- Costumes de Dom Juan pour les actes I et II. Maquettes de Patrice Cauchetier : impressions retravaillées au crayon et échantillons de tissus. 1986

BnF
département des Arts du spectacle
[4-Col-189 (151) et [Maq 23383 et 23386

Avec l’Illustre Théâtre, Jean-Marie Villégier veut faire entendre la modernité du théâtre classique. « L’archéologie pure n’est pas ma tasse de thé. Jamais je n’ai choisi de monter un texte pour ses seuls attraits de relique ». De 1985 à 2010, loin du « narcissisme de l’actualité », la compagnie se forge un répertoire de pièces « qui parlent haut et fort, où le passé interroge notre présent ». Parmi elles, Dom Juan ou l’Hypocrite foudroyé. Un Dom Juan aussi libre en ses mœurs qu’en ses pensées et dont les « déguisements » moraux et sociaux s’incarnent sur scène dans les costumes de Patrice Cauchetier.

La Compagnie Jean-Marie Villégier a fait don de ses archives 1961-2010 à la BnF en 2011 : notes de création, documents techniques, maquettes, programmes, affiches, presse, lettres de spectateurs, documentation, photographies, audiovisuel, archives de production.

[Document présenté du 11 juin au 2 septembre 2012]

L’œuvre d’un décorateur de théâtre

André Boll, Le château, esquisse de décor pour Pelléas et Mélisande - BnF, Bibliothèque-musée de l´Opéra

André Boll, Le château, esquisse de décor pour Pelléas et Mélisande - BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra

André Boll (1896-1983)
Une fontaine dans le parc : esquisse de décor pour l’acte II, 1er tableau, de Pelléas et Mélisande, opéra de Claude Debussy
Aquarelle, gouache et pastel sur papier. H. 30,5 cm ; L. 48 cm.
Amsterdam, Stadsschouwburg, 14 novembre 1927
Don de Madame Suzanne Colrat, 2011

BnF
Bibliothèque-musée de l’Opéra
[Fonds André Boll

André Boll conçut de nombreux décors pour l’opéra, le ballet, le théâtre et contribua au renouvellement de la mise en scène par l’œuvre théorique qu’il publia entre 1921 et 1944.

Cette esquisse de décor pour l’opéra Pelléas et Mélisande, en pleine adéquation avec l’atmosphère symboliste de la musique de Debussy, appartient à un ensemble de 421 dessins de l’artiste qui viennent d’être donnés par Madame Suzanne Colrat à la Bibliothèque-musée de l’Opéra. Ils complètent le fonds de quelques mille esquisses et maquettes de décors d’André Boll léguées en 1983 à cette institution.

[Document présenté du 12 mars au 10 juin 2012]

Sélection de dessins de presse entrés par don en 2011

© Michel Cambon. Le dessinateur de presse

Aramis
« Facebook »
Encre de chine noire sur papier, 2011

Redon
Portrait de Jospin
Crayon graphite sur papier, 2011

Eloi
Œnotourisme : des œuvres d’art dans les vignes
Feutres noir et coul. sur papier, 2011

Delestre
« Voyage au bout de la nuit »
Feutre noir sur papier, 2011

BnF
département des Estampes et de la photographie
[Fonds Dessin de presse

Riche de milliers de dessins de presse originaux, produits en deux siècles par des dessinateurs très divers, et conscient de l’importance iconographique et historique de ces documents éphémères, le département des Estampes et de la photographie de la BnF mène depuis trois ans une démarche volontariste visant à accroître ses collections par dons et acquisitions et à les faire connaître auprès des spécialistes et du grand public, par des journées d’étude, des expositions, une biennale.

La Biennale du dessin de presse 2012 aura lieu le samedi 24 mars, sur le site François-Mitterrand. Le public pourra rencontrer, à cette occasion, de nombreux amateurs et spécialistes (festivals, associations, sites web, journaux, …) et des dessinateurs venus de tous les coins de France. Une joute graphique permettra d’apprécier la vivacité graphique de ceux qui vibrent à l’écoute de l’actualité. Une Bourse Jeune talent du dessin de presse sera remise en fin de journée.

[Document présenté du 12 décembre 2011 au 11 mars 2012]

La bibliothèque d’Alexandre Kojève donnée en 2004 par Mme Nina Kousnetzoff

Jacques Lacan (1901-1981)
La Psychanalyse : publication de la Société française de psychanalyse, 1 (travaux des années 1953-1955)
Paris, PUF, 1956.
BnF
Réserve des livres rares
[Rés. Z Kojève

Alexandre Kojève (1902-1968) fut le maître à penser de toute une génération d’intellectuels, parmi lesquels Raymond Aron, Georges Bataille, Henry Corbin, Jacques Lacan, Robert Marjolin, Maurice Merleau-Ponty, Raymond Queneau, Éric Weil et bien d’autres. Tous, profondément marqués par le célèbre séminaire sur Hegel qu’il dispensa à l’École pratique des Hautes Études de 1933 à 1939, ne cessèrent de lui porter une grande admiration, comme en témoigne l’envoi que Lacan porta le 13 juillet 1956 sur ce volume : « pour Kojève qui fut mon maître (vraiment le seul) ».

[Document présenté de septembre à décembre 2011]

Don des archives de Florence Delay concernant le théâtre et le cinéma

Florence Delay (née en 1941)
Florence Delay et Eugène Ionesco, dans Freshwater : comédie de Virginia Woolf, mise en scène de Simone Benmussa, New York, Center for French Civilization and Culture of New York University, 20 octobre 1983. Photographie de Chantal Regnault.
BnF
département des Arts du spectacle
[DON-ASP-2010-06

Florence Delay devient célèbre à vingt ans pour son interprétation du rôle-titre dans le Procès de Jeanne d’Arc, film de Robert Bresson (1962), avant de devenir assistante de Jean Vilar au Festival d’Avignon, de Raymond Rouleau au Théâtre de l’Épée de Bois et de Georges Wilson au Théâtre national populaire.

Agrégée d’espagnol, elle se consacre ensuite à l’enseignement de la littérature générale et comparée à l’Université de la Sorbonne-Nouvelle. Auteur de romans, poèmes et essais, elle ne se détourne pas pour autant du spectacle. Actrice, auteur de scénarios, notamment pour Benoît Jacquot et Michel Deville, elle traduit et adapte pour la scène de nombreuses œuvres littéraires, en particulier La Célestine de Fernando de Rojas (présentée par Antoine Vitez au Festival d’Avignon en 1989, reprise par Christian Schiaretti au TNP en 2011), ainsi que des textes de Calderón de la Barca et Lope de Vega pour leur entrée au répertoire de la Comédie-Française. Elle s’inspire de la légende arthurienne pour écrire, en collaboration avec Jacques Roubaud, un cycle de pièces intitulé Graal Théâtre. Elle a été élue à l’Académie française en 2000.

[Document présenté de mars à juin 2011]

Dons et acquisitions, pour l’enrichissement des collections

Paul Bourbier
Coquelin cadet en Scapin
Statuette en plâtre peint.
Acquisition 2009.
BnF
département des Arts du spectacle
[OBJ-STA-96

Alexandre Honoré Ernest Coquelin (16 mai 1848 – 8 février 1909), dit Coquelin cadet pour le distinguer de son frère Constant, est un acteur français. Reçu premier prix de comédie au Conservatoire, il est successivement engagé à l’Odéon, à la Comédie-Française avec un passage au Théâtre des Variétés.
Acteur comique moins puissant que son frère, mais possédant une verve bouffonne, une voix nasillarde, un air volontiers ahuri et goguenard, il devient un excellent interprète aussi bien de rôles secondaires comme les valets des pièces de Molière que de rôles comiques majeurs comme Monsieur Jourdain, Monsieur de Pourceaugnac, Argan ou le Figaro de Beaumarchais. Possédant à la perfection l’art du monologue, il est l’auteur d’un intelligent essai sur Le rire (1887).

[Document présenté de décembre 2010 à mars 2011]

Brouillon d’écrivain

Esther Tellermann
Terre exacte, manuscrit autographe
Carnet. Décembre 2004. 38 f. 12 x 7,5 cm.
BnF
département des Manuscrits.
[NAF 28511
Don de l’auteur, Esther Tellermann, 2010

Les carnets d’Esther Tellermann sont le lieu de l’énonciation première de ses poèmes. En cela, comme tout brouillon, ils nous disent la façon de travailler de l’auteur, le cheminement de sa pensée. La comparaison du brouillon et de la version retenue du poème dans le livre imprimé, nous permettent ici de voir combien le poème, chez Esther Tellermann, existe déjà en tant que tel dans la prise de mots au vol : le texte final est une version élaguée, et non pas corrigée, du texte initial. Ce processus d’écriture se vérifie d’une page des carnets à l’autre.

[Document présenté de septembre à décembre 2010]

Une reliure entrée par don, à la suite de l’exposition consacrée à Monique Mathieu en 2002

Monique Mathieu
Reliure de Monique Mathieu en box gris pâle, composé de diverses peaux collées (carpe, nandou, box, veau), les défauts de l’une d’entre elles figurant des yeux ; datée 1992.
Sur : James Joyce. Giacomo Joyce interpreted by Suzan Weil. New York, Vincent Fitz Gerald & Company, 1989.
BnF
Réserve des livres rares. [Rés. Fol. NFY-50

Peu fréquentes sont les reliures de Monique Mathieu réalisées sur des livres américains. Grâce à la variété des peaux choisies et à leur subtil agencement, ce relieur sut admirablement entrer dans l’univers de Suzan Weil fait de collages et de papiers découpés.

Les initiales GJ et JJ, comme brodées au point de croix rouge, sont une allusion aux broderies de Jill Oriane Tarlau pour qui fut créée cette reliure. Celle-ci, présentée lors de l’exposition à la Bibliothèque nationale de France en 2002, Monique Mathieu, la liberté du relieur, fut donnée par Jill Oriane Tarlau l’année suivante à la Réserve des livres rares.

[Document présenté de mai à septembre 2010]

Un livre en gage d’amitié

René Char (1907-1988)
Arsenal.
Frontispice de Francesc Domingo.
S. l. : De la main à la main, 1930.
Seconde éd. originale, tirée à 39 exemplaires hors commerce. Ex. 3, au nom de Paul Eluard, donné ensuite par celui-ci à Alain Trutat.
BnF
Réserve des livres rares.
[Rés. 4° Z Trutat 16

La rencontre de Paul Eluard, à l’automne 1929, détermina l’engagement de René Char dans le surréalisme, une aventure qui fut pour lui, avant tout, une affaire d’amitiés. Celle d’Eluard, frère idéal, à qui est dédiée la seconde version d’Arsenal, fut essentielle. L’envoi laconique et tranchant – « c’est pour ça, ça et ça, c’est tout » – sur cet exemplaire de dédicace dit tout ce que les mots ne peuvent dire. Dix-sept ans plus tard, le don par Eluard de « ce livre jeune et sans âge » à Alain Trutat, « qui reprodui[t] toute la noblesse de ce frère de diamant », situe cette nouvelle amitié à la hauteur de l’ancienne.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2009]

Une aventure théâtrale exceptionnelle

Représentation théatrale mise en scène par Ariane Mnouchkine

Coiffe du coryphée de la danse
Conçue et portée par Catherine Schaub dans Agamemnon, pièce d’Eschyle adaptée et mise en scène par Ariane Mnouchkine pour le cycle Les Atrides, interprétation de la troupe du Théâtre du Soleil, costumes de Nathalie Thomas et Marie-Hélène Bouvet. Représentations à Paris et en tournée, 1990-1993.
Tissu, passementerie, perle, nacre et métal, cheveux de laine. 50 x 26 x 30 cm.
BNF, département des Arts du spectacle.
[COL-153 (inv. 2008/0246/04)

Les archives du Théâtre du Soleil, données par Ariane Mnouchkine, content une aventure artistique et humaine qui a renouvelé le théâtre en s’inspirant des traditions orientales, en explorant les techniques de l’improvisation, de la danse, du mime et du masque, en inventant un nouvel espace scénique, en faisant de la musique un acteur à part entière.
Ariane Mnouchkine a revisité la légende des Atrides, un des principaux réseaux mythiques grecs, à la lumière d’une forme traditionnelle indienne de théâtre dansé, le kathakali. Elle a mené une réflexion originale sur le rôle du chœur antique. Cette coiffe, élaborée par la comédienne à partir des couleurs emblématiques du spectacle, montre le travail de recherche esthétique mené pour manifester l’éclat de la fonction du chœur.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2009]

Un des premiers photomontages Dada

Couverture du bimensuel Jedermann sein eigner Fussball

Jedermann sein eigner Fussball
Berlin, [s.n.?], 1919. In-fol.
BNF, site François-Mitterrand
département Droit, économie, politique.
[Fol- JO- 357

L’unique numéro du bimensuel Jedermann sein eigner Fussball (Que chacun soit son propre ballon de football) paraît le 15 février 1919, quelques semaines seulement après le soulèvement spartakiste de Berlin et les meurtres de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. La publication, qui offre sur la couverture un des premiers exemples de photomontage dada par John Heartfield (1891-1968), attaque violemment le gouvernement, dont les membres sont représentés dans un éventail, tandis que la légende interroge ironiquement le lecteur : « Qui est le plus beau ? » Le journal, dont George Grosz (1893-1959) signe quelques illustrations en pages intérieures, sera immédiatement saisi par la police.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2008]

Une reliure étonnante

Paolo Giovio (1483-1552)
Dialogue des devises d’armes et d’amours…
Lyon, Guillaume Rouille, 1561. in-4.
BNF, site François-Mitterrand
Réserve des livres rares.
[Rés. 8° NFZ. 21

La reliure de cet exemplaire est un curieux exemple de faux où se mêlent vérité, pastiche et fantaisie. Sur les plats originellement vierges d’une authentique reliure en veau brun du milieu du XVIIe siècle, on a créé un réseau d’entrelacs géométriques rehaussés de cires de couleur, à l’imitation de décors du milieu du XVIe siècle. On a également criblé le fond de points dorés.
Ce volume a été offert en 2005 par M. Jean Viardot, expert en livres rares, comme témoin représentatif de la production d’un faussaire resté anonyme, actif dans la région lyonnaise au milieu du XXe siècle.

[Document présenté de mi-décembre 2007 à mi-mars 2008]

Don de la collection Béthune en 1663 au cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque royale

François Ier (roi de France ; 1494-1547)
Lettre du roi « François [Ier] à Madame », sa mère, à propos de « John Stuart, duc d’Albany et neveu du roi d’Écosse Jacques III ». « Pontfaulxberge, ce IIe d’octobre ». Mention et signature autographes du roi « votre tres humble et tres obeysant filz Françoys ».
BNF, site Richelieu
département des Manuscrits.
[Collection Béthune, Français 2978, f. 1

En décembre 1662, alors que la reine Christine de Suède le presse de lui vendre sa collection de manuscrits, le comte Hippolyte de Béthune (1603-1665) offre à Louis XIV un ensemble de 1 923 volumes, réunis au cours de sa très longue vie par son père Philippe (1561-1649), puis par lui-même. La plus grande partie de la collection Béthune est constituée de lettres originales. On y trouve la correspondance diplomatique et les documents historiques ou politiques amassés par Philippe de Béthune au cours de ses différentes missions, voyages ou ambassades, auxquels il a ajouté des recueils de même nature provenant d’autres sources, ainsi qu’une magnifique collection de lettres originales, signées des noms les plus divers et marquant les grands événements de l’histoire de France.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2007]

Reliure d’art contemporaine à la Réserve des livres rares

Monique Mathieu (née en 1927)
Reliure en box orangé, plats divisés en cases inégales, rayées, ou à damiers, titre inclus dans de petits cartouches. 1988.
Sur : Georges Hugnet, Oiseaux ne copiez personne, poèmes illustrés par André Beaudin. Paris, 1946.
Tokyo, Tokutaro Anayama Yurindo, [1892]. 8 vol. : ill. ; 26 cm.
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares.
[Rés. 4-NFY-13

Monique Mathieu est avec Rose Adler l’une des figures féminines qui ont le plus marqué la reliure d’art en France. Indépendante, elle s’est formée seule, avant d’ouvrir, en 1957, un atelier de reliure artisanale, qu’elle n’abandonna qu’en 1972, alors qu’elle ralliait les suffrages de bibliophiles qui appréciaient l’invention, le sens des matériaux et la sensibilité imaginative de ses créations originales, servies par un langage caractérisé par des incisions, un travail en plans dans l’épaisseur des plats, et l’inclusion d’objets naturels, qui donnent à ses décors tactilité, équilibre et profondeur. Fine « lectrice » des textes qu’elle relie, Monique Mathieu est devenue aussi une éditrice raffinée, aux productions rares et particulièrement séduisantes. La reliure présentée est un don de M. Jan van der Marck (2002).

[Document présenté de mi-juin au 2 septembre 2007]

Un recueil de motifs de tissus japonais

Musée national de Tokyo
[Recueil. Dessins de modèles de tissus japonais].
Tokyo, Tokutaro Anayama Yurindo, [1892]. 8 vol. : ill. ; 26 cm.
BNF, site François-Mitterrand, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme. Fonds des Recueils.
[4-WZ-16261

Ce document fait partie d’un ensemble de huit volumes, regroupant près de mille motifs gravés et coloriés de tissus japonais. La présence du fac-similé d’une lettre en français, au début du premier volume, illustre à la fois l’ouverture du Japon de l’ère Meiji (1868-1912) en direction de l’Occident et la grande curiosité de l’Europe pour l’Extrême-Orient. Admiratif, l’auteur de la lettre déclare : « Dans ces étoffes l’artiste japonais a amplement démontré le goût esthétique de son pays, l’instinct décoratif merveilleux qui le distingue ». Provient d’un don de la Bibliothèque Forney au fonds des Recueils de la BnF en 2006.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2007]

Souvenirs d’une danseuse de flamenco mythique : La Argentina

Portrait de La Argentina (Antonia Mercé y Luque, dite)

La Argentina (Antonia Mercé y Luque, dite)
Paire de chaussures portées par la danseuse espagnole Argentina dans Habanera, musique de Pablo de Sarasate
La Habanera apparaît dans le répertoire d’Argentina entre 1916 et 1921
Don de madame Bertholon de Paravicini
BNF, site Richelieu, département des Arts du spectacle
[2006/450/02

Antonia Mercé y Luque (Buenos-Aires 1890 - Bayonne 1936), fille de danseurs professionnels, débute à neuf ans au Teatro Real de Madrid, et y est nommée première danseuse à onze ans. Sa vie entière s'inscrit sous le signe de la danse : interprète exceptionnelle du flamenco et de l’escuela bolera (danses classiques espagnoles avec castagnettes), elle crée ses propres compositions sur des musiques de ses compatriotes qu'elle contribue à faire connaître, comme Isaac Albeniz, Enrique Granados, Manuel de Falla dont elle crée El Amor brujo (L'Amour sorcier) en 1925 à Paris, au Trianon Lyrique. En 1928, elle forme et dirige sa compagnie : les Ballets espagnols.
Connue internationalement par ses tournées de récitals, elle est considérée comme l'une des danseuses les plus importantes du vingtième siècle. Renouvelant la danse espagnole, elle crée un folklore imaginaire qui est devenu danse théâtrale. Son jeu de castagnettes reste inégalé.

[Document présenté de mi-décembre 2006 à mi-mars 2007]

Entrés à la bibliothèque de l’Arsenal après leur redécouverte à Montignac

François Augiéras (1925-1971)
Domme ou l’Essai d’occupation
Manuscrits autographes, 1967-1970
François Augiéras à Domme. Photographie Jarlan
BNF, site Arsenal, Bibliothèque de l’Arsenal
[Fonds Augiéras. Don Jean Chalon, 2006-48

Domme ou l’Essai d’occupation est l’œuvre suprême de l’écrivain peintre François Augiéras. Il y retrace son aventure spirituelle dans les grottes de Domme, "heureux dans une incroyable détresse". Le texte en a été repris maintes fois pour en faire "le plus lisible, le plus clair, le mieux construit" de ses livres. Mais l’œuvre ne trouva un éditeur qu’en 1980, malgré l’entremise de son ami Jean Chalon qui écrivait à son propos : "Avec Domme ou l’Essai d’occupation, François Augiéras devrait connaître cette gloire posthume qui passe, absurdement, pour être la récompense des écrivains méconnus, rejetés par leur époque." L’année 2006 l’a sorti de l’oubli, avec la parution de deux biographies importantes, l’une de Serge Sanchez chez Grasset, l’autre de Paul Placet aux Editions La Différence, ainsi qu’une exposition organisée à la Médiathèque de Cahors.

[Document présenté jusqu'au 16 décembre 2006]

Une reliure à la plaque aux armes du marquis de Paulmy

Reliure : maroquin vert, à la plaque, aux armes du marquis de Paulmy

Pierre-Paul Dubuisson
Reliure : maroquin vert, à la plaque, aux armes du marquis de Paulmy
Décor à la dentelle. Les armes du marquis de Paulmy, au centre, sont peintes sous mica.
Sur : Almanach royal, Paris, Le Breton, 1753
BNF, site Arsenal, Bibliothèque de l’Arsenal
Rés. 8-H-28219 (62)

Pierre-Paul Dubuisson, l'un des plus fameux relieurs de son temps, succède en 1758 à Antoine-Michel Padeloup comme relieur du roi. Dessinateur et peintre, il est l’auteur de plaques qui ont permis d'orner les plats de la volumineuse série de l'Almanach royal. La reliure de cet Almanach de 1753 est en maroquin vert avec un décor à la dentelle, et les armes du marquis de Paulmy, peintes sous mica, fine pellicule transparente. Bibliophile avisé, Antoine René de Voyer d’Argenson, marquis de Paulmy (1722-1787), fut le fondateur de la bibliothèque de l'Arsenal ; il possédait de très belles reliures comme celle-ci. Le chiffre que l'on peut déchiffrer sur le plat inférieur laisserait penser que cette reliure a appartenu auparavant à Marc-Pierre, comte d'Argenson (1696-1764), oncle du marquis de Paulmy, à qui il légua sa propre bibliothèque.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2006]

La Collection de livres d'artistes du Center for Contemporary Art Kitakyushu au Japon

Couverture d´un livre d´artiste

Sélection de livres d’artistes
Kitakyushu, 1997-….
(CCA Artist Book Series)
BNF, site Richelieu, département des Estampes et de la photographie
AF- .Cotes diverses

Ouvert en 1997, le CCA Kitakyushu se consacre à l'étude et à la recherche en art contemporain. Un programme d'édition de livres (61 parus à ce jour) invite des artistes de renommée internationale, venus du monde entier, en résidence à Kitakyushu.
Découverte à la librairie du Musée d'art moderne de la ville de Paris, cette collection est suivie depuis 1999 au département des Estampes et de la Photographie qui en possède trente-deux titres conçus, entre autres, par Daniel Buren, Hiroshi Sigimoto, Jean-Luc Moulène, Lawrence Weiner, Anne Frémy, Kim Soo Ja … Une ligne éditoriale à la fois forte et souple offre toute liberté à l'artiste pour créer, dans le format modeste du livre (21 x 15 cm), une œuvre originale. L’ensemble réunit des publications exemplaires pour la qualité de la forme et la diversité des plasticiens.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2006]

Vingt daguerréotypes de Paris offerts en 1950 par le comte de Simony, parent et héritier de Girault de Prangey

Daguerréotype Fontaine du Château-d’Eau gelée

Joseph-Philibert Girault de Prangey
Fontaine du Château-d’Eau gelée
1842
Daguerréotype, 16,5 x 22,7 cm
Don du comte de Simony en 1950
BNF, site Richelieu, département des Estampes et de la photographie
Rés. Eg7-544

Archéologue, aquarelliste et amateur de plantes exotiques, Girault de Prangey est une des figures les plus originales parmi les premiers photographes français. Avant d’entreprendre un périple de trois ans au Proche-Orient, dont il rapporte plus de mille daguerréotypes en 1844, il s’exerce en photographiant Paris, Troyes ou Chaumont. Lors de son séjour à Paris durant l’hiver 1841-1842, il prend au moins trois vues de la fontaine du Château-d’Eau, cédant au plaisir badaud de fixer une curiosité. Inaugurée en 1811, cette fontaine de treize mètres de circonférence, cinq mètres de haut et ornée de huit lions de fonte crachant l’eau venant du bassin de la Villette, se trouvait boulevard Saint-Martin, sur l’emplacement actuel de la place de la République.

[Document présenté de mi-décembre 2005 à mi-mars 2006]

Un manuscrit de pharmacopée médiévale de la collection de Béthune

Extrait du livre des simples médecines, de Platearius

Platearius
Le livre des simples médecines
France, peu après 1450
Parchemin, 285 x 190 mm
BNF, site Richelieu, département des Manuscrits, division occidentale
Français 1309-1312

Offerte en 1663 au roi Louis XIV, la collection des comtes de Béthune contenait près de 1 800 volumes, tous couverts de maroquin rouge aux armes des donateurs, parmi lesquels figurait ce manuscrit très soigné, qui contient de nombreuses peintures. Membre d'une famille de médecins, Platearius était professeur de botanique à l'Université de Salerne au XIIe siècle. Traduit en français dès le XIIIe siècle, son dictionnaire des plantes, des minéraux et des substances animales qui constituaient la pharmacopée du Moyen-Âge est ouvert au feuillet consacré au souci (calendula), encore utilisé aujourd'hui en cosmétologie.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2005]

jeudi 27 décembre 2012

Partagez