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F comme Fragilité – Archives

Dans la vie courante, nombre de documents disparaissent rapidement lorsqu'ils ne sont plus utilisés. Ils reflètent pourtant la vie de chaque époque. Leur fragilité en fait souvent des documents rares. La Bibliothèque est attentive à la collecte et à la préservation de publications éphémères, de l'imagerie, de documents mineurs de la vie quotidienne, souvent diffusés en grand nombre mais très menacés car peu ou mal conservés. Les collections de ce type s'enrichissent grâce au dépôt légal. De nombreux fonds spécialisés sont également réunis par des collectionneurs.

La vie quotidienne au palais de l’Élysée

France. Présidence de la République
[Recueil. Menus] / Présidence de la République

Lieux divers, 1931-1982

BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[Fol- Wz- 863

Les menus sont des éphémères particulièrement fragiles. La réception de la Reine Elisabeth II par le Président René Coty, le 8 avril 1957, donne lieu à une lithographie de Maurice Brianchon représentant les drapeaux des deux pays avec la tour Eiffel en arrière plan. La Reine se voit servir bar et selle avant le foie gras des Landes, qui arrive juste avant le dessert.

Les menus de la présidence de la République ont une sobriété militaire sous le général de Gaulle, simplement dactylographiés ou illustrés d’une vue du palais, comme cette gravure de Robert Cami pour le dîner du 14 juillet 1959. Marc Chagall réalise la lithographie pour le menu du dîner offert au Président Carter, le 5 janvier 1978. Un cordon aux couleurs du pays invité, ici la bannière étoilée, est la règle pour un dîner d’État.

[Document présenté du 16 septembre au 10 décembre 2012]

Fouilles de Salomon Reinach et Ernest Babelon en Tunisie

Tête en marbre d’Auguste

Salomon Reinach et Ernest Babelon
- Photographies des fouilles à Carthage en 1883-1884
Don de Salomon Reinach le 5 novembre 1886

[Société de Géographie [We 71-5 et 71-23

- Recherches archéologiques en Tunisie (1883-1884)
Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 1886.

BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[8-Oi3- 236

L’archéologue Salomon Reinach (1858-1932) et le numismate Ernest Babelon (1854-1924) effectuent des fouilles en Tunisie en 1883-1884. Des photographies et un ouvrage en gardent la trace.

  • Fouilles à Carthage (Tunisie).Tranchée entre la citadelle et les ports
    « D’après les instructions que nous avait données C. Tissot, président de la commission archéologique de Tunisie, nos fouilles devaient porter sur trois points dans la région sud-est de la Tunisie : El-Kantara ou Meninx, dans l’île de Djerba ; Sidi-Salem-Bou-Ghrara ou Gighthis, sur la côte opposée à Meninx ; enfin Medinet-ez-Zian, entre Zarzis et la baie de Djerba », précise E. Babelon dans sa publication.
  • Fouilles à Carthage (Tunisie). Statues découvertes à Bou-Ghrara (Gighthis)
    « Nos fouilles ont eu pour but de déblayer complètement un espace rectangulaire de 60 par 40 mètres … cet espace est le forum de Gighthis... Au sud-est, nos fouilles ont mis au jour une belle tête d’Auguste en marbre blanc… Ces objets sont réunis sur la planche VI, exécutée d’après une photographie que nous avons prise sur les lieux… La tête d’Auguste a été rapportée à Paris et déposée à la Bibliothèque nationale » écrit E. Babelon.

Dans l’ouvrage publié en 1886 par le Comité des travaux historiques et scientifiques, Ernest Babelon livre les détails des fouilles et sondages entrepris en Tunisie et publie en partie les objets trouvés ; il donne les détails de l’organisation logistique de la fouille, le nombre d’ouvriers, leur salaire. Les objets rapatriés en France, seront attribués au Louvre et au Cabinet des Médailles : sculptures, lampes à huile, figurines de terre cuite…

[Document présenté du 11 juin au 2 septembre 2012]

Des emballages rarement conservés…

[Recueil]. Collection de papiers de bonbons en plaques non découpées
Sans lieu ni date
BnF
département Littérature et art
[Ye-991

« Enveloppes de bonbons », c’est dans une chemise portant ce titre rédigé à l’encre brune il y a près de deux siècles que furent conservés à la Bibliothèque plusieurs centaines de planches imprimées de papiers de bonbons. Fragiles, puisque destinés au rebut, ces papiers sont le témoignage d’un quotidien fait de poésie et de légèreté. Gravures, chansons, morales, le support accueillait des messages de formes et contenus variés. Une fois découpés, ces papiers servaient à l’emballage des bonbons et, avant d’être jetés, ils ont sans doute été lus par des milliers d’enfants. Ils sont en quelque sorte les ancêtres des devinettes de nos papillotes et Carambars, et de nos chewing-gums à décalcomanies.

[Document présenté du 12 mars au 10 juin 2012]

Les chansons dans l’univers de la publicité

Chanson illustrée pour les Chocolats Guérin-Boutron

Chocolat Guérin-Boutron
Douze vieilles chansons illustrées en 72 sujets
Cartes publicitaires imprimées en couleur avec texte et musique au dos.
Chromolithographie. Fin du XIXe siècle.
BnF
département de la Musique
[Vmf 305

Entrées par don au département de la Musique en 1973, ces cartes publicitaires donnent une image du monde de la « réclame » au tournant du XXe siècle.

L’invention de l’impression couleur par chromolithographie dans la première moitié du XIXe siècle permet le développement, à partir des années 1860, d’une nouvelle forme de publicité : la « chromo-réclame ». À partir de l’Exposition universelle de 1878, elle deviendra, pendant près de trente ans, la forme privilégiée des communications commerciales.

Avant même les chocolats Poulain, qui en firent la célébrité, la Maison Guérin-Boutron joint à ses tablettes de chocolat de petites images lithographiques représentant personnages historiques ou relevant de l’imaginaire populaire. Ces images sont publiées en courtes séries afin de fidéliser la clientèle : ici, ce sont les couplets de douze chansons traditionnelles (Cadet Rousselle, Compère Guilleri, Sur le Pont d’Avignon, etc.), illustrées et mises en musique, qui se succèdent en 72 cartes.

[Document présenté du 12 décembre 2011 au 11 mars 2012]

Le mime à la pancarte

La compagnie Marcel Marceau à New York (16 mai 1974) © Pierre Verry / BnF

La compagnie Marcel Marceau à New York (16 mai 1974)

Pierre Verry (1913-2009)
Statuette de W. Schiffer, 1979, n°2/8, bronze, 30 x 30 x 16 cm
Miniature de Bruno Clémentin, sans date, bois, résine, peinture, 2 x 2 cm
Dessin de S. Inouyé, encre et gouache sur papier, 1975, 27 x 24 cm
Photographie de Pawli, Pierre Verry à Amsterdam, sans date, 23 x 17 cm
Photographie de Marguerite Verry, Marcel Marceau et Pierre Verry dans la cour d'honneur du Palais des Papes, Festival d'Avignon, 1975, 12 x 18 cm
BnF
département des Arts du spectacle.
[Fonds Pierre Verry

Élève d’Étienne Decroux, Pierre Verry (1913-2009) est le partenaire attitré du mime Marceau sur scène entre 1952 et 1979. Lorsque Marcel Marceau interprète le personnage de Bip, il présente chaque pantomime du spectacle par une pancarte qui condense, en une attitude, tout l’art du mime. Interprète de tous les mimodrames, il a également participé à la conception des mises en scène et dirigé l’éphémère École internationale de mime créée par Marceau à Paris entre 1969 et 1971. Pierre Verry a joué dans quelques six mille représentations et plus de soixante-quinze pays.

[Document présenté de septembre à décembre 2011]

En écho au centenaire des Éditions Gallimard

Éditions Gallimard
Catalogue des Éditions de la Nouvelle Revue française
BnF
département Littérature et art
[Fonds Q10

Du fait de leur fragilité (ils sont souvent imprimés sur du papier de mauvaise qualité) et de leur nature (documents publicitaires, ils sont pensés comme éphémères), rares sont les catalogues d’éditeurs et de libraires qui sont parvenus jusqu’à nous. Ils constituent pourtant une source précieuse pour les historiens du livre.

Dans ce catalogue se devine par exemple la trace de la concurrence acharnée que se livrent alors deux maisons d’édition littéraires. Tandis que la Librairie Gallimard annonce la parution imminente de Lewis et Irène de Paul Morand, l’auteur informe Gaston Gallimard le 8 octobre 1923 qu’il publiera finalement son roman chez Bernard Grasset, qui lui offre « sans l’avoir lu, […] une somme énorme. Je viens vous le dire très simplement : comment refuser ? »

[Document présenté de mars à juin 2011]

Le jeu au service de l’enseignement de la géographie

Carte puzzle de l´Europe

Guillaume Delisle (1675-1726)
Carte d’Afrique dressée pour l’usage du Roy… corrigée et augmentée par Philippe Buache
Paris, [s.n.], 1772.
Carte avec limites en couleur, montée sur bois en forme de jeu de patience
BnF
département des Cartes et plans
[GE A 303

Les cartes géographiques contrecollées sur bois et découpées selon les limites géographiques constituent le premier type de puzzles imaginé. C’est une éducatrice française, Mme Le Prince de Beaumont, installée à Londres dans les années 1750 qui semble la première en avoir proposé à ses élèves. Cette carte d’Afrique fait partie d’une série de quatre « jeux de patience » conservée au département des Cartes et plans, réalisés après 1775 à partir de cartes de Guillaume Delisle (Afrique, Amérique, Europe et France). Elle constitue le premier exemple de puzzles géographiques français connu à ce jour.

À la différence de l’Angleterre où les puzzles géographiques sont commercialisés dès les années 1760, d’abord par des éditeurs cartographiques, puis par des éditeurs de livres pour enfants, le circuit de production et de diffusion ne semble pas s’être organisé en France avant le XIXe siècle.

[Document présenté de décembre 2010 à mars 2011]

Une précieuse reliure brodée, exécutée pour la reine Anne d’Autriche

Reliure de lamé argent brodé pour Anne d’Autriche
France ? vers 1656.
Sur : Jean-François Senault. Panégyriques des saints… Paris, P. Le Petit, 1656.
BnF
Bibliothèque de l’Arsenal.
[4-T-2590 Réserve

Comme plusieurs reliures exécutées pour Anne d’Autriche ou Mazarin, cet ouvrage allie somptuosité des matériaux (lamé argent, fils d’or et d’argent) et une grande virtuosité technique. C’est aussi le seul témoignage conservé en France de la broderie de « tordesillas », exécutée dans les couvents espagnols à l’intention de la famille royale ou des princes de l’Église.

Provenance : Anne d'Autriche - monastère du Val-de-Grâce à Paris.

[Document présenté de septembre à décembre 2010]

Recensement de déserteurs, un exemple de pièces rarement conservées

Novembre 1786. Signalement des soldats, cavaliers, hussards, dragons et chasseurs, qui ont déserté des troupes du Roi, pendant ce mois.
Paris, Imprimerie royale, 1786.
BnF
département Droit, économie, politique.
[F-5046 (bis)

Les difficultés de recrutement des troupes sous l’Ancien Régime imposent une répression particulièrement sévère de la désertion, l’ordonnance du 2 juillet 1716 prévoyant ainsi la peine de mort pour les déserteurs, même en temps de paix. Le contrôle des troupes et le signalement des hommes se font dès lors plus précis, comme en témoigne ce recensement mensuel des déserteurs du royaume où sont consignés leurs noms, prénoms, filiation, lieux de naissance et signes particuliers. Mais l’inefficacité de la peine de mort conduit à atténuer progressivement la rigueur des châtiments : une nouvelle ordonnance du 1er juillet 1786 organisera le retour volontaire dans leur régiment des déserteurs repentants, qui n’auront plus qu’à subir une flagellation et une prolongation de leur service, « Sa Majesté born[ant] à trois mois pendant la paix, et à dix jours pendant la guerre, le temps qu’elle laisse aux regrets et aux remords des déserteurs ».

[Document présenté de mai à septembre 2010]

Aux débuts de l’enregistrement sonore

Emile Berliner (1851-1929)
My grandfather’s clock : comptine chantée par [Emile Berliner]
Enregistré entre 1889 et 1892
1 disque monoface : ca 150 t., aig. ; 12,5 cm. E. Berliner’s Grammophon 44
BnF
département de l’Audiovisuel.
[SD 78 17-833

Ce disque a été réalisé par Emile Berliner, l’inventeur du procédé de disque plat, qui dépose son brevet en 1887.

Entre 1889 et 1892, Berliner vit en Allemagne où il enregistre un répertoire de comptines sur disques au format des compact discs actuels. Malgré un catalogue de plus d’une centaine de titres, chaque enregistrement est publié à très petit tirage, restant de l’ordre du prototype, car le procédé de duplication par matriçage n’a pas encore été mis au point. C’est une époque pionnière, où il n’y a pas de marché pour une clientèle privée. Le support, en gutta-percha, est composé d’une gomme végétale rigide, compressée et vulcanisée à partir de la sève d’arbres tropicaux. Un papier était collé sur la face non gravée, où figure le texte de la comptine et la mention de deux brevets américains de Berliner (Nov. 1887 et May 1888). L’interprète n’est pas mentionné, mais il semble que ce soit la voix de Berliner en personne, sans certitude. Son fort accent germanique le laisse supposer. De toute façon, ce ne peut être qu’un membre de son entourage, familial ou professionnel, car la notion de captation de la voix d’un artiste n’existe alors pas.

[Document présenté du mi-juin à mi-septembre 2009]

Un éphémère journal d’actualités sportives pour enfants

L’Équipe junior
Collection complète en 46 fascicules. Heddomadaire. 1951.
BnF, département Littérature et art, La Joie par les livres

Le journal L’Équipe a lancé en 1951 un titre associé à destination de la jeunesse, L’Équipe junior, qui eut une destinée éphémère, puisque seulement 46 numéros sont parus. La formule de cet hebdomadaire reposait sur un journal d'actualités sportives et de bandes dessinées. On y trouve des dessinateurs français, de qualité, comme Alain Saint-Ogan, Pellos (le créateur des Pieds nickelés), Paul Ordner...

Le journal Pilote de 1959 s'est très largement inspiré de cette formule, et on peut voir L’Équipe junior comme un précurseur malheureux. Cet insuccès explique sans doute en partie que ce titre soit aujourd’hui difficile à trouver et peu conservé.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2009]

Le film fixe, support d'enseignement et produit recyclé

Vie de Jésus : Naissance, Enfance, Passion et mort
Pathé Cinéma, s.d. [1923]
3 films fixes
BNF, site François-Mitterrand
département de l’Audiovisuel. [8-MU-10075

Au début des années vingt, Pathé Cinéma lance la diffusion de vues fixes sur pellicule. Pratique et économique, le film fixe remplace avantageusement la plaque de verre pour les projections collectives. On peut de surcroît le visionner individuellement à l’aide d'un « Pathéorama », petit appareil lancé en 1923. Les films existent en version coloriée, noir et blanc ou sépia. Le film fixe sera utilisé durant des décennies à des fins d’enseignement scolaire (films de géographie), mais aussi d’apprentissage de l’hygiène ou d’éducation religieuse... Pour les vues à caractère historique, il arrive qu’on recycle des films cinématographiques du catalogue Pathé. La série sur la Vie de Jésus comportait un quatrième film, consacré aux Miracles.

L’exemplaire, enrichi de gravures découpées et collées, a conservé sa reliure de veau brun du xvie siècle, sobrement décorée d’un triple encadrement de filets poussés à froid. En 1995, Dimitri Vontzos a brodé pour cet ouvrage un couvre-livre dont les entrelacs noirs sur fond rouge s’inspirent librement des gravures originales qu’il contient.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2008]

Un très rare livre de modèles de broderies

Patrons de broderie façon arabicque et italique

Francisque Pelegrin (1...-15)
La Fleur de la science de pourtraicture et patrons de broderie façon arabicque et italique.
Paris, Jacques Nyverd, 1530.
Contient 63 patrons gravés de broderie.
BNF, Bibliothèque de l’Arsenal.
[Rés. 4-S-1544

Francisque Pelegrin, peintre et sculpteur d’origine florentine, travailla à Fontainebleau, où il fut l’un des principaux auxiliaires du Rosso (1494-1540). Les rinceaux, les arabesques et les entrelacs de son livre, d'inspiration orientale, ont servi de modèle non seulement aux brodeurs, mais aussi aux graveurs d’encadrements de titres et aux relieurs. La Fleur de la science de pourtraicture et patrons de broderie, ouvrage orné de  gravures sur bois, est le premier des livres de modèles imprimé en France.

L’exemplaire, enrichi de gravures découpées et collées, a conservé sa reliure de veau brun du xvie siècle, sobrement décorée d’un triple encadrement de filets poussés à froid. En 1995, Dimitri Vontzos a brodé pour cet ouvrage un couvre-livre dont les entrelacs noirs sur fond rouge s’inspirent librement des gravures originales qu’il contient.

[Document présenté de mi-décembre 2007 à mi-mars 2008]

De rares exemples de jeux géographiques

Boîte contenant deux puzzles géographiques

Concours géographique.
Paris, Jullien (Impr. lith. Gosselin), [1864-1871].
Boîte (bois/carton) contenant deux puzzles géographiques, 34 x 46 x 4,5 cm. Acquisition 2002.
BNF, site Richelieu
département des Cartes et plans.
[Ge A 1509

Au département des Cartes et plans est conservée une collection de jeux géographiques, très variés (jeux de l’oie, puzzles, lotos, etc.), notamment quelques-uns des plus anciens, conçus par le géographe du roi Pierre Duval vers 1645-1652. Jeu de puzzles, le Concours géographique est postérieur à l’annexion de la Savoie et du Comté de Nice par la France (1864), et comprend deux cartes satiriques (France et Europe).

La France grotesque est constituée d’un assemblage de 89 têtes caricaturales, une par département, compressées les unes contres les autres. Chaque pays, dans la carte de l’Europe, est représenté par un personnage affublé d’une coiffe dont la taille et la forme se moulent dans ses frontières. Le couvercle du coffret est orné d’une caricature politique d’Henri Demare (1846-1888), stigmatisant la suffisance de Napoléon III face à ses rivaux européens.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2007]

Traces d’un ballet de Serge Lifar

Serge Lifar (1905-1986)
Icare.
Ballet créé le 9 juillet 1935 à l'Opéra de Paris, musique de J. E. Szyfer, décors et costumes de Paul Larthe.
Élément de costume. Dessin de Serge Lifar pour le ballet, 1932
BNF, site Opéra, Bibliothèque-musée de l’Opéra
[Musée et Esq [O 1935

Icare, rêvant de voler, s’inspire des oiseaux. Il attrape une colombe blessée, symbole de la fragilité qui est au cœur du mythe lié à son nom, et danse avec elle. Puis il essaie les ailes construites par son père Dédale. Convaincu, il danse avec les ailes, puis, d'un grand bond, s’envole. Mais l’une des ailes, fragile, se détache : Icare, comme la colombe blessée, chute et expire à terre.

Icare consacra le talent de chorégraphe de Serge Lifar : dans ce ballet manifeste, Lifar affirmait la suprématie du corps et de la danse sur la musique, et créait des mouvements qui devinrent les marques de son style. Ce ballet novateur est emblématique de la modernité que Jacques Rouché, directeur de l'Opéra de 1914 à 1945, défendit durant toute sa carrière.

[Document présenté de mi-juin au 2 septembre 2007]

Traces sensibles de spectacles éphémères

Paule Garrigue
Deux projets d’éventails : - Marquis, clown jongleur et son chien. - Trois clowns  du Théâtre Litsedeï de Saint-Pétersbourg.
1994. Gouache sur papier kraft. 20 x 38 cm chacun.
BNF, site Richelieu, département des Arts du spectacle,
[Fol-O-ICO 135 (1-2)

Le cirque offre un concentré d’humanité que le dessin de Paule Garrigue fait toucher du doigt. En s’attachant à la figure du clown, personnage emblématique qui se confond avec le cirque dans la vision populaire, en suivant les artistes qui l’incarnent, Paule Garrigue a largement arrimé ses sources d’inspiration  à un mode d’expression - passion qui  anime son crayon, sa plume, son pinceau.

Catalane, élève de l’École des Beaux-Arts de Perpignan, cette plasticienne s’est d’abord fait connaître comme céramiste. Plusieurs expositions à Paris et en région ont permis de découvrir son œuvre, essentiellement dédiée au cirque, et dont la trace est fixée dans des publications spécialisées,  comme les éditions Couleur cirque.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2007]

Un manuel latin-français d’apprentissage de la lecture en 1689

Extrait de Roti-cochon ou methode tres facile pour bien apprendre les enfans a lire en latin et françois, de Simon Girault

Simon Girault
Roti-cochon ou methode tres facile pour bien apprendre les enfans a lire en latin et françois
Dijon : Claude Michard, 1689-1704
36 p. Unicum
BNF, site Arsenal, Bibliothèque de l’Arsenal.
[Rés. 8-B-1479

Œuvre d'un pédagogue langrois de la fin du XVIIe siècle, du nom de Simon Girault, ce Roti-cochon ou methode tres facile pour bien apprendre les enfans a lire en latin et françois n'est pas, comme son nom pourrait le laisser supposer, un livre de cuisine mais un manuel d'apprentissage de la lecture qui a la particularité d'emprunter la majorité de ses exemples au registre de l'alimentation et de la cuisine. Les phrases à retenir sont illustrées de gravures sur bois. Ces bois furent utilisés dans d'autres ouvrages mais le Rôti-cochon tel qu'il se présente ici, c’est-à-dire accompagné d’une Civilité morale et puérile, est le seul exemplaire connu.

[Document présenté de mi-décembre 2006 à mi-mars 2007]

Premiers exemplaires copiés à la main

Bulletin de la société philomatique à ses correspondants

Bulletin de la société philomatique à ses correspondants
Juillet 1791 – nivôse et pluviôse an V (n° 1-54)
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
[Rés. m. R. 216 (1)

La Société philomatique fut créée à Paris le 10 octobre 1788 par un groupe de six jeunes gens, proches des milieux maçonniques. Dès 1789, elle se dota de statuts lui donnant pour mission de suivre le progrès des connaissances, grâce à un réseau de correspondants français et étrangers. Ceux-ci lui envoyaient des informations brèves que la Société diffusait auprès de ses membres – dix-huit au début – au moyen d’un bulletin mensuel d’abord copié à la main. Le trop grand nombre de fautes commises par les copistes et l’augmentation des envois firent qu’à partir du numéro 16 (octobre 1792), on confia l’impression du bulletin à Pierre-Samuel Dupont de Nemours. Sortie de la confidentialité, la Société vit affluer dans ses rangs l’élite des savants de la Révolution.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2006]

Un précieux jeu de tarot italien destiné à une cour princière

Tarot dit "de Charles VI"

Tarot dit "de Charles VI"
Italie du Nord, fin XVe siècle
Peinture a tempera à l'œuf, sur un dessin préparatoire à l'encre noire, décors de rinceaux estampés, après fixation des feuilles d'or et d'argent sur couche d'assiette, déposée sur un support de papier
18/18,5 x 90 / 95 cm
BNF, site Richelieu, département des Estampes et de la photographie
Rés. Kh-24-4

Ce tarot n’a pas été exécuté pour Charles VI comme son appellation traditionnelle l’indique. Les dix-sept cartes conservées, proches par le style et l’iconographie des tarots de Ferrare et Bologne, constituent un témoignage des jeux luxueux, destinés aux cours princières de l’Italie du Nord, au XVe siècle. Ces jeux éducatifs, édifiants ou ésotériques, très prisés des humanistes, utilisaient des allégories, des symboles, des devises et emblèmes, puisés dans la culture de l’époque, aisément déchiffrables par les amateurs, mais qui sont devenus souvent énigmatiques au cours des temps.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2006]

"Demandez l’programme"

Éventails publicitaires d´un music-hall parisien

Six éventails et objets publicitaires de différents music-halls parisiens : Marigny, Tabarin, Trianon et Élysée-Montmartre
1898-1908
BNF, site Richelieu, département des Arts du spectacle
Iconographie Rondel. Cotes diverses

Trace éphémère d’un moment éphémère, l’objet publicitaire, lorsqu’il parvient jusqu’à nous, est un miraculé. Car son sort le plus commun est de finir en menus morceaux ou boulette chiffonnée dans une poche, une poubelle ou un caniveau. Il survit grâce au collectionneur ou au simple particulier, en souvenir d’un attachement à un lieu, à un spectacle, au charme d’une soirée réussie. Enfanté au XIXe siècle, l’objet publicitaire se décline sous de multiples formes, avec une inventivité et une fantaisie débridées.
Au-delà du plaisir esthétique…ou fétichiste qu'ils nous procurent, ces "petits bouts de papier" recèlent également une mine d'informations sur l'histoire du spectacle lui-même, l’architecture du lieu où il se déroule, et son économie. C'est à ce titre que le département des Arts du spectacle en conserve une importante collection, dont quelques spécimens sont ici présentés.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2006]

Chansons populaires sur des cartes publicitaires illustrées

Douze vieilles chansons illustrées en 72 sujets
53 cartes publicitaires pour le Chocolat Guérin-Boutron. [s.d.]
BNF, site Richelieu, département de la Musique
[Vmf 305

Entrées par don au département de la Musique en 1973, ces cartes nous font entrevoir ce que pouvait être le monde de la "réclame" au tournant du XXe siècle : les personnalités du moment – compositeurs, chefs d'orchestre, cantatrices, chanteurs, artistes de cafés-concerts, pour ne citer qu'eux  – mettaient volontiers leur nom, leur plume et même leur portrait au service du vin Mariani, des stylos Waterman ou des parfums Rigaud.

[Document présenté de mi-décembre 2005 à mi-mars 2006]

Documents éphémères de la Résistance française

Papillons de la Résistance française, 1941
Manuscrits, estampages, dactylographies, découpures…
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. G. 1476 (I, 5)

Précoces témoignages spontanés, inorganisés encore, ces frêles morceaux de papier étaient furtivement collés sur des poteaux, jetés d’un pont, distribués clandestinement… Tracés au crayon, dactylographiés, parfois estampés à l’aide de caractères en caoutchouc, ils portent de brefs messages hostiles à Hitler, Pétain ou Darlan, vantant l’Angleterre, parfois subliminaux, tel ce "V " symbole d’une victoire gaulliste. Issus d’initiatives individuelles, ils furent collectés avec soin par les services de renseignement français et allemand – annotant parfois d’un kommunistich les tracts les plus élaborés.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2005]

jeudi 27 décembre 2012

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