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H comme Histoire – Archives

Des œuvres extrêmement anciennes sont conservées à la Bibliothèque nationale de France, comme par exemple le Papyrus « Prisse », le plus vieux livre égyptien connu, rédigé vers 1900 avant l'ère chrétienne.
Les collections patrimoniales françaises sont héritées de la « librairie » des rois de France. Elles se sont transmises, à travers six siècles d'histoire, de la fin du XVe siècle à nos jours. Les collections anciennes, comme les collections les plus récentes, sont soigneusement préservées, pour les publics actuels et les générations futures. Leur accroissement, leur recensement et leur conservation sont l'objet de soins constants.

Un ouvrage essentiel pour la science historique doublé d’un succès éditorial

Couverture de La France rurale

Histoire de la France rurale
sous la dir. de Georges Duby et Armand Wallon
Paris, Seuil, 1975 (Collection L’Univers historique).

BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[8- G- 19295 (15,1-4)

« Une histoire de tous les aspects de la vue rurale que les documents permettent d’atteindre » : tel était le but des quatre volumes de l’Histoire de la France rurale parue en 1975 sous la direction de Georges Duby et Armand Wallon, avec la collaboration de plusieurs historiens prestigieux : Maurice Agulhon, Michel Gervais, Emmanuel Le Roy Ladurie, Hugues Neveux et de nombreux autres contributeurs.

Le succès du livre, lors de sa parution, fut énorme. Aujourd’hui encore, l’ouvrage demeure une référence incontournable sur les rayonnages des bibliothèques. Cette synthèse conserve toute son acuité, dès lors que des thèmes liés la ruralité prennent place dans l'actualité, comme à présent à l’occasion des « Rendez-vous de l’histoire » de Blois 2012 autour de l’histoire des paysans.

[Document présenté du 16 septembre au 10 décembre 2012]

Monnaies de l’atelier de Carthage à l’époque romaine

Monnaies de l’atelier de Carthage à l’époque romaine

Salomon Reinach et Ernest Babelon
Atelier de Carthage
- Deniers de Clodius Macer (BNCMER III, Macer 3 et 8)
- Deniers de Galba (BNCMER III, 268 et 271)
- Argenteus de Dioclétien (FG 9403)
- Nummus de Dioclétien (acq. 1995/941)
- Nummus de Maxence (FG 8932)
- Aureus de Domitius Alexander (FG 1671)

BnF
département des Monnaies, médailles et antiques

Sous l’Empire romain, l’atelier de Carthage a fonctionné à deux reprises. En 68 après J.-C., Clodius Macer, légat de la Legio III Augusta stationnée en Numidie, se dressa contre Néron et frappa un monnayage d’argent pendant quelques mois à Carthage. Galba, le successeur de Néron, élimina Macer en octobre 68 et fit à son tour frapper à Carthage un monnayage d’argent à son nom.

Après un long sommeil, l’atelier de Carthage reprit du service sous la Tétrarchie, en 296. En 308, l’atelier tomba aux mains d’un usurpateur, L. Domitius Alexander, éliminé par Maxence en 311. L’atelier fut alors définitivement fermé.

[Document présenté du 11 juin au 2 septembre 2012]

Une fête éphémère dans la ville d’Orléans en 1648

G. Thevard, curé de Souvigny en 1648
Description de l’entree magnifique et favorable de reverendissime pere en Dieu Messire Alphonse d’Elbene conseiller du roy en ses conseils d’estat & privé, evesque d’Orleans.
Qui se fera le 26.de ce mois de may dans ladite ville d’Orleans.
S.l, [1648]. 8 p. ; in-4
BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[2004-27967

Le pouvoir royal, les princes et dignitaires sont célébrés avec ostentation sous l’ancien régime au cours de fêtes éphémères comme les entrées, carrousels, joutes, feux d’artifices… Ces réjouissances festives, dont les pompes funèbres étaient le revers doloriste, étaient l’occasion de mises en scènes avec architectures feintes, décorations et ornements de feuillages, tout au long du défilé solennel de la personnalité honorée.

Alphonse d’Elbène est évêque d’Orléans de 1647 à 1665. Cette pièce décrit les cérémonies de son entrée à venir dans la ville, le 26 mai 1648, afin d’y prendre sa charge. L’entrée du prélat, qui s’apparente à un triomphe, s’accompagne selon la coutume initiée par saint Aignan au Ve siècle d’une amnistie pour les prisonniers d’Orléans. On doit à cet évêque les statuts synodaux du diocèse, publiés en 1664.

[Document présenté du 12 mars au 10 juin 2012]

La Commune de Paris, par l’écrivain et journaliste communard Jules Vallès

Manuscrit de Jules Vallès

Jules Vallès (1832-1885)
L’Insurgé
Manuscrit autographe corrigé
BNF
département des Manuscrits
[NAF 28124 (3-4), 298 et 259 f.

L’Insurgé est le dernier volume de la trilogie autobiographique commencée par Jules Vallès pendant son exil à Londres et terminée à Paris après son retour. Publié en feuilleton dans la Nouvelle Revue du 1er août au 15 septembre 1882, puis remanié avec l’aide de Séverine pour le Cri du Peuple (28 octobre 1883 - 6 janvier 1884), L’Insurgé paraît chez Charpentier en mai 1886, plus d’un an après la mort du communard. Le récit couvre une période qui s’étend de 1860-1862 à la fin de mai 1871. Il s’achève tragiquement sur le récit de la Semaine sanglante et l’évasion de Vallès.

Fiévreusement rédigé et abondamment raturé et corrigé, ce manuscrit est antérieur à la publication dans La Nouvelle Revue.

[Document présenté de décembre 2011 à mars 2012]

Une épée étrusque antique

Épée étrusque

Épée courte en bronze, avec son fourreau
Étrurie, Premier Âge du fer, deuxième moitié du IXe siècle avant J.-C.
Épée : L. 42 cm ; fourreau : L. 33 cm
BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[Bronze 2049

Le duc de Luynes (1802-1867), archéologue, historien et grand collectionneur, avait rassemblé un bel ensemble d’armes et d’armures antiques, provenant notamment d’Italie du Sud, dans son château de Dampierre (Yvelines). Passionné par l’histoire des techniques, il étudia la métallurgie et l’orfèvrerie dans son laboratoire de Dampierre et présenta à l’Exposition de l’Industrie de 1844 des lames d’acier très remarquées.

Cette épée de bronze, à la belle patine brune, en bon état de conservation malgré ses presque 3 000 ans (seule la garniture de cuir de la poignée manque), présente un décor raffiné gravé à la pointe, tant sur la lame que sur le fourreau. Forme et décor sont caractéristiques du type dit de Pontecagnano, site de la région de Salerne, en Campanie. Des armes comparables ont été trouvées notamment dans des sites étrusques, tels que Tarquinia et Vulci, laissant supposer une fabrication en Etrurie avec des exportations vers la Campanie.

[Document présenté de septembre à décembre 2011]

Autour de la guerre du Péloponnèse

Alexandre Louis Villeterque
Lettres athéniennes, ou correspondance d’un agent du roi de Perse, à Athènes, pendant la guerre du Péloponèse
traduites de l'anglais... Seconde édition. Paris, Dentu, 1803, in-12.
BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[J-11273

Le premier tome des Lettres athéniennes s’ouvre sur un portrait d’Alcibiade, personnage clé de la guerre du Péloponnèse. Cette gravure nous donne du « bel Alcibiade » une image idéale, car il n’existe de lui aucune représentation authentique. Seule illustration de ce volume, il témoigne de la fascination constamment exercée par ce personnage exceptionnel, auquel Jacqueline de Romilly a consacré un livre en 1995.

« La vie d’Alcibiade, écrit-elle, est une suite d’aventures et de péripéties éclatantes … Mené par l’ambition et doué de talents rares, il présida à la politique d’Athènes, puis à celle de Sparte, puis à celle des satrapes perses. Il connut des hauts et des bas dignes d’une tragédie grecque… On passe, avec lui, d’une ville à l’autre, de la Sicile à la Lydie, d’un projet à un autre, cependant que ses amours et ses insolences accompagnent sa carrière d’un parfum obstiné de scandale. »

[Document présenté de mars à juin 2011]

L’éducation d’un jeune roi

Couverture de Cours des principaux fleuves et rivières de l’Europe

Louis XV (roi de France, 1710-1774)
Cours des principaux fleuves et rivières de l’Europe, composé & imprimé par Louis XV… en 1718
Paris, dans l’imprimerie du Cabinet de S.M., 1718. In-4°.
BnF
Bibliothèque de l’Arsenal
[Rés. 4- H- 174

Dès son plus jeune âge, Louis XV reçut une éducation scientifique et technique et conserva par la suite une passion pour la géométrie, la géographie et l’astronomie. C’est ainsi qu’à l’âge de huit ans, il imprima cet ouvrage de géographie dans un atelier installé aux Tuileries et confié à l’imprimeur Jacques Collombat.

[Document présenté de décembre 2010 à mars 2010]

Un regard poétique sur un lieu chargé d’histoire

Jacques Dubois (1912-1994)
Le Père Lachaise : cimetière parisien
Maquette pour un ouvrage inédit, illustrée de 174 photographies noir et blanc et couleur. Vers 1980-1982.
BnF
département des Estampes et de la photographie.
[Ep2-507-4°

Graphiste formé à l’École des Arts décoratifs, Jacques Dubois a commencé la photographie en 1934. Si une partie de son œuvre se rapproche de la mouvance humaniste représentée par son ami Robert Doisneau, il s’en distingue par une attention aiguë au paysage et une forte exigence de composition. Son goût pour la mise en page le porte à concevoir lui-même des maquettes d’ouvrages, dont celle du Père Lachaise offerte par son épouse à la BnF en 2009.
Dans les années 1980, Jacques Dubois a longuement arpenté le célèbre cimetière parisien. Attentif au graphisme des tombes, à la typographie des épitaphes, à la symbolique statuaire et aux marques insolites du temps, il offre du lieu une vision subjective et composée, en même temps qu’un témoignage sur les motifs récurrents de l’art funéraire. Construite en six rubriques (Le Silence, L’Amour, Le Temps, L’Espoir, L’Art Funéraire et les Tombes célèbres) où la couleur se mêle au noir et blanc, cette maquette est à ce jour restée inédite.

[Document présenté de septembre à décembre 2010]

Comment écrivait l’historiographe du roi de France Henri IV

Jean de Serres (1540-1598)
Inventaire général de l’histoire de France depuis Pharamond jusques à présent, illustré par la conférence de l’Église et de l’Empire.
Paris, P. Mettayer, 1627. In-fol.
BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.
[Fol-L35-69(F)

Jean de Serres (1540-1598) est le frère du célèbre agronome protestant Olivier de Serres, l’auteur du Théâtre d’agriculture et mesnage des champs. Pasteur formé à Genève dans l’Académie fondée par Jean Calvin, il tente de réconcilier protestants et catholiques. En 1596, il est nommé historiographe d’Henri IV, et c’est à ce titre qu’il compose cet Inventaire général de l’Histoire de France. L’édition présentée ici reprend le texte de Jean de Serres jusqu’en 1597, puis est complétée par des extraits de compilateurs catholiques dont le plus connu est Théodore Godefroy, auteur d’ouvrages historiques.

[Document présenté de mai à septembre 2010]

La légende d’Attis dans l’art antique

Élément de décor avec Cybèle
Plaque hexagonale en marbre. IVe siècle
L. 23,5 cm. Acquise à la vente Raoul-Rochette en 1855.
BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[inv.57.86

Cette plaque finement gravée selon la technique du champlevé – les contours des figures et les détails restent en relief, l’intérieur des figures étant évidé – était un élément de décor architectural, peut-être d’un temple de Cybèle. On y voit un résumé du mythe d’Attis : la grande déesse de la nature, Cybèle, est assise sur un trône, entourée de corybantes, d'une musicienne et d’un lion, tandis que sous un pin est assis son parèdre et amant, le jeune berger Attis, souffrant mais pardonné, soutenu par un corybante. En effet, Attis, amoureux d’une nymphe, avait été rendu fou par la déesse et s’était émasculé en punition de sa faute.
Le culte de Cybèle et d’Attis était très populaire en Asie Mineure et à Rome à l’époque impériale. Au mois de mars, les prêtres de Cybèle, les galles, lors de grandes cérémonies, entraient en transe et s’automutilaient tel Attis. Suivait un jour de fête qui célébrait la résurrection d’Attis et le retour du printemps.
Raoul-Rochette (1790-1854), fut directeur du Cabinet des Médailles, de 1818 à 1848. L’objet a été acquis lors de sa vente après décès.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2009]

Un texte fondateur de la Révolution française

Portrait de Sieyès

Emmanuel-Joseph Sieyès (1748-1836)
Qu’est-ce que le Tiers-État ?
(S. l.), 1789. - In-8°, 127 p.
BnF, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.
[8-Lb39-1086

Sieyès (1748-1836), l’homme qui selon le mot de Rivarol « a décidé la révolution en écrivant et l’a prouvée en se faisant lire », est l’une des figures les plus considérables de la Révolution française, son premier et plus profond théoricien. Publié en janvier 1789, le pamphlet Qu’est-ce que le tiers état ?, court et incisif, est un condensé de cette pensée solitaire qui devient brusquement le programme politique de toute une nation : « Le tiers seul dira-t-on ne peut pas former les États généraux. Eh ! Tant mieux ! Il composera une Assemblée nationale. » C’est chose faite le 17 juin 1789.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2009]

Un almanach politique de l’époque révolutionnaire

Rabaut Saint-Étienne (1743-1793)
Almanach historique de la Révolution françoise pour l’année 1792…
A Paris, chez Onfroy, libraire, rue S. Victor, n° 11. A Strasbourg, chez J. Treuttel, libraire, 1792. In-18.
BNF, site François-Mitterrand
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.
[La32-21 (A)

Le rôle de l’édition (livres, presse, estampes) pendant la Révolution française est connu : diffusion des idées, propagande révolutionnaire et contre-révolutionnaire, pamphlets, libelles, caricatures…
Les almanachs politiques constituent une catégorie particulière (un peu plus de 10 %) au sein de la totalité des nombreux almanachs publiés à l’époque révolutionnaire. Ils permettaient à leurs auteurs de faire aisément circuler leurs idées. Sous son petit format, l’Almanach historique de la révolution française pour l’année 1792, rédigé par le girondin Jean-Paul Rabaut, et orné de gravures d’après les dessins de Moreau le Jeune,  fut un vrai succès de librairie.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2008]

Vauban et le système de l’impôt en 1707

Couverture du Projet d’une dixme royale, de Vauban

Sébastien Le Prestre, marquis de Vauban (1633-1707)
Projet d’une dixme royale qui, supprimant la taille, les aydes, les doüanes d’une province à l’autre,
les décimes du Clergé, les affaires extraordinaires et tous autres impôts onéreux et non volontaires et diminuant le prix du sel de moitié et plus, produiroit au Roy un revenu certain et suffisant, sans frais, et sans être à charge à l’un de ses sujets plus qu’à l’autre, qui s’augmenteroit considérablement par la meilleure culture des terres,…
[S.l.], [s.n.], 1707.
BNF, site F.-Mitterrand
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme.
[R 53252

Proposition de réforme fiscale audacieuse, appuyée sur une étude minutieuse de l’économie, des provinces et de la situation démographique du royaume, le « Projet de dixme royale » est sans doute l’écrit le plus célèbre de Vauban. Il tend à supprimer la fiscalité trop lourde existante au profit d’un système plus équitable d’un impôt unique, payable par tous. Publié sans autorisation, initialement sans mention d’auteur, l’ouvrage est l’objet de deux arrêts du Conseil d’État, en février et mars 1707, prononçant sa saisie, sa confiscation et sa mise au pilon.

En 2007, la France vient de célébrer le 300e anniversaire de la mort de cet humaniste, soucieux tout au long de sa vie du bien du pays et de ses habitants.

[Document présenté de mi-décembre 2007 à mi-mars 2008]

Le saint-simonisme en 1832

Médaillon représentant la Cérémonie saint-simonienne de prise d’habit, 1832.

Cérémonie saint-simonienne de prise d’habit, 1832.
Médaillon de porcelaine peinte ; diamètre 18,5 cm.
BNF, site Arsenal
bibliothèque de l'Arsenal.
FE-Icono-57

Le saint-simonisme est un mouvement pré-socialiste, inspiré de la pensée du philosophe Henri de Saint-Simon (1760-1825).

En 1832, après quelques années de militantisme intense et face à la montée des tracasseries policières, quarante disciples saint-simoniens, emmenés par le « Père » Prosper Enfantin, se retirent à Ménilmontant. Ils déposent alors solennellement « l’habit bourgeois » au profit d’un costume dont le gilet se boutonne dans le dos, en signe de solidarité sociale. Le mouvement saint-simonien est dispersé quelques mois plus tard au terme d’un procès retentissant. Ses archives entrent à la bibliothèque de l’Arsenal en 1865.

 

[Document présenté de mi-septembre à mi- décembre 2007]

Une thèse in absentia : les cinquante ans de l’assassinat de Maurice Audin

Maurice Audin (1932-1957)
Sur les équations linéaires dans un espace vectoriel...
Chartres, impr. Durand, 1957. In-8, 76 p.
Thèse. Sciences mathématiques. Paris. 1957. No 3953.
BNF, site François-Mitterrand, département Sciences et techniques.
[8- V- 65508

Assistant à la faculté d’Alger, Maurice Audin achevait sa thèse sous la direction de René de Possel lorsqu’en juin 1957 il fut arrêté, torturé et assassiné par l’armée française qui, pour cacher le crime, organisa un simulacre d’évasion.

Procédure rare, la thèse, assortie de corrections, fut soutenue in absentia le 2 décembre 1957 à la Sorbonne devant une salle comble. Cette soutenance, érigée en « révolte de l’Université » par Laurent Schwartz, rapporteur de la thèse, joua un rôle déterminant dans le combat des intellectuels français contre la torture en Algérie.

[Document présenté de mi-juin au 2 septembre 2007]

Adoption de nouvelles mesures sous la Révolution française

Gravure "Usage des nouvelles mesures"

L. F. Labrousse, graveur
Usage des nouvelles mesures
J.P. Delion G... inv. ; Labrousse sculp.
A Paris, chez Delion, [1800]. 1 estampe : eau-forte, outils ; 17,5 x 11 cm.
BNF, site Richelieu, département des Estampes et de la photographie.
[SNR-1 (Labrousse, L. F.)

Le décret de l’Assemblée nationale du 8 mai 1790 bouleverse le système des poids et mesures en usage sous l’Ancien Régime et propose d’adopter un système complet (poids, volume, distance, superficie) acceptable par tous les pays. L’Académie des sciences est chargée de définir les nouvelles unités, dont le mètre (du grec metron « mesure »). L’estampe dessinée et éditée par Delion récapitule les principaux changements imposés dans la vie quotidienne : « 1. le litre (pour la pinte) 2. le gramme (pour la livre) 3. le mètre (pour l'aune) 4. l'are (pour la toise) 5. le franc (pour une livre tournois) 6. le stere (pour la demie voie de bois) ».

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2007]

Avis après un vol de bijoux en 1791

Jeanne Bécu, comtesse Du Barry
Deux mille louis à gagner, diamans et bijoux perdus. Il a été volé chez Madame du Barry…
S. l. [Paris] : impr. de la veuve Delaguette, s. d. [1791]
2 placards ; 48,5 x 36,5 cm
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
[Rés. Atlas-Z-46 (13)

Il s’agit de placards que la comtesse du Barry fit coller sur les murs de Paris à la suite du vol de ses bijoux, la nuit du 10 au 11 janvier 1791, dans son château de Louveciennes. Peu après, on arrêta les voleurs à Londres où Mme du Barry se précipita pour tenter de récupérer son bien, estimé à 1 500 000 livres. Ses voyages fréquents en Angleterre accréditèrent le bruit qu’elle y vendait ses bijoux pour secourir les émigrés. Cette publication imprudente qui dévoilait ses richesses ne pouvait qu’attiser la colère du peuple. Ce vol fut donc indirectement la cause de l’arrestation, du procès et de la mort de l’ancienne maîtresse de Louis XV.

[Document présenté de mi-décembre 2006 à mi-mars 2007]

À l’époque des guerres puniques

Rome [Autorité politique]
Aes signatum
Lingot-monnaie de bronze coulé de 5 livres (en théorie 1 625 g),
produit par la République romaine entre 260 et 242 avant J.-C.
BNF, site Richelieu, département des Monnaies, médailles et antiques
[Fonds général, aes signatum n° 1

Cette monnaie porte, sur une face, un trident orné de rubans et, sur l’autre, un caducée également enrubanné. Cette iconographie fait très vraisemblablement référence à une victoire navale des Romains durant la première guerre qui les opposa aux Carthaginois (peut-être la bataille de Mylea en – 260 remportée sur une escadre punique). Les lingots représentent l’un des premiers types de numéraire produit par les Romains (venus tardivement à la monnaie) à côté de disques de bronze coulé (aes grave) et de monnaies frappées en argent d’inspiration grecque.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2006]

Livres interdits sous l’Occupation allemande en France

[Liste Otto]
Unerwuenschte franzoesische Literatur. Ouvrages littéraires français non désirables...
[2e édition. Avertissement de René Philippon.]
Paris, Syndicat des éditeurs, 1942
In-4°, 15 p. [Don]
BNF, site François-Mitterrand, département Littérature et art
4-Q Pièce 1107

Ce document, appelé aussi "seconde liste Otto", est la troisième liste d’ouvrages interdits promulguée par l’occupant allemand à partir de l’été 1940. Classée par éditeurs, elle recense 1 170 titres proscrits : ouvrages jugés anti-allemands, œuvres d’écrivains juifs ou consacrés à des juifs, livres anticommunistes, traductions des auteurs anglais et polonais. Elle est précédée d’un avertissement de René Philippon, président du Syndicat des Éditeurs, qui, dès juillet 1940, négociait avec les autorités allemandes une "Convention de censure" permettant aux éditeurs français de reprendre leur activité en échange de la diffusion de ces listes d’interdiction.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2006]

Relation du Naufrage de La Méduse par deux survivants

Savigny, Jean-Baptiste-Henri (1793-1843)
Naufrage de la frégate La Méduse, faisant partie de l’expédition du Sénégal, en 1816
Paris, chez Hocquet, Eymery, Barba, Delaunay, Mad. Ladvocat, 1817. 196 p., [1] f. de pl., in-8
BNF, site François-Mitterrand, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
2003- 52587

La frégate La Méduse, échouée le 2 juillet 1816 au large des côtes de la Mauritanie, est sérieusement endommagée avec près de 400 personnes à bord. Le radeau, à l’origine du scandale, est construit à la hâte pour 150 infortunés. Treize jours plus tard, seulement quinze rescapés sont recueillis par un navire de secours. Cette première édition du récit de la tragédie, par Jean Baptiste Henri Savigny, ex-chirurgien de la Marine et Alexandre Corréard, ingénieur-géographe, révèle au monde les secrets de leur survie par l’anthropophagie. Les auteurs accusent également de graves incompétences les officiers qui ont pu regagner facilement la terre sur de petites embarcations. Le radeau surchargé devait être remorqué mais avait été rapidement abandonné en pleine mer, sans instrument de navigation et sans nourriture.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2006]

Le premier Franc

Pièce représentant un Franc à cheval

Jean II, 1360-1364
Franc à cheval
IOhANNES:DEI:GRACIA:FRANCORV:REX. Le roi à cheval, au galop à gauche, en armure, et brandissant haut son épée.
XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT. Croix feuillue dans un quadrilobe orné de palmettes et cantonné de trèfles.
Or. 30 mm, 3,85 g
BNF, site Richelieu, département des Monnaies, médailles et antiques
Monnaies royales françaises, 704

À son retour en France en 1360 après sa capture à la bataille de Poitiers (1356) et son emprisonnement à Londres, le roi de France Jean II le Bon devait acquitter une rançon de 3 millions d'écus d'or. À circonstance exceptionnelle, monnaie nouvelle, nom nouveau et type original. Le franc est la seule monnaie où le roi de France était représenté dans une scène militaire équestre. Il était, à l'accoutumée, représenté trônant en majesté, ou debout sous un dais en tenue militaire. L'origine du nom réside vraisemblablement dans l'ancien français "franc" signifiant "libre", en référence à la liberté du roi recouvrée. Le franc valait une livre, unité française de compte jusqu'à la Révolution. Les hommes de cette époque choisirent en 1795 de maintenir le vocable "franc" pour désigner la nouvelle unité monétaire nationale, conservée jusqu'à l'adoption de l'euro.

[Document présenté de mi-septembre à mi-mars 2006]

jeudi 27 décembre 2012

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