Soutenez la BnF
Formulaire de recherche

P comme Patrimoine – Archives

La Bibliothèque nationale de France est la bibliothèque patrimoniale française par excellence. Ses collections : royales, impériales, puis nationales, reflètent l'histoire et l'évolution du pays, son histoire, sa mémoire, son tempérament, son goût. Le dépôt légal, en constante évolution, et les autres formes d'accroissement : acquisitions, dons, échanges, visent à en assurer la collecte exhaustive. Les collections s'enrichissent aussi de trésors nationaux dont la sortie du territoire n'est pas autorisée par l'État français. La Bibliothèque peut également exercer un droit de préemption en vente publique.

La Renaissance italienne et l’art de la médaille

Médaille de Lionel d´Este

Antonio Pisano, dit Pisanello (1395?-1455?)
Médaille de Lionel d’Este, bronze, Ferrare, 1441-1442
LEONELLVS MARCHIO ESTENSIS / OPVS PISANI PICTORIS

BnF
département des Monnaies, médailles et antiques
[Collection Armand et Valton, n° 12 et 30

Lionel d’Este (1407-1450) devient marquis de Ferrare le 26 décembre 1441. Son règne bref est marqué par l’intérêt du prince pour les textes classiques et pour les arts. Les médailles de Pisanello réalisées pour lui se caractérisent par la subtilité du symbolisme voilé de leurs revers, qui s’adresse à la sagacité des humanistes.

Ainsi la tête d’enfant à trois visages ou tricéphale, image du temps qui voit à la fois passé, présent et futur, signifie la Prudence, vertu nécessaire au bon gouvernement. Les pièces d’armures accrochées aux lauriers de part et d’autre évoquent des trophées d’armes. Au droit, le profil du prince aux cheveux frisés complète l’exposé de ses qualités morales par un portrait physique proche de celui peint par Pisanello sur un petit panneau de bois, aujourd’hui à l’Accademia Carrara de Bergame.

[Document présenté du 16 septembre au 10 décembre 2012]

Gaston Bachelard, l’imagination du paysage

Gaston Bachelard (1884-1962). Paysages

Gaston Bachelard (1884-1962)
Paysages
avec 16 burins d’Albert Flocon
Paris, Paul Eynard, 1952, in-4°, tiré à 200 exemplaires

BnF
département des Estampes et de la photographie
[Tb- 1029-4

L’année 2012 marque le cinquantenaire de la mort du philosophe Gaston Bachelard. Scrutant la dynamique de l’imagination grâce à la matière et aux éléments, il a laissé des textes essentiels qui lui valent une renommée internationale. Épistémologue, il a écrit aussi sur l’art et la littérature. Son amitié pour le buriniste André Flocon (1909-1994) témoigne d’une rencontre féconde entre leurs deux personnalités.

« Le paysage du graveur est un acte (…) accompli sur la dure matière métallique avec une lente énergie », écrit Bachelard, en laissant rêver en lui les valeurs de force que transmet l’artiste à l’œuvre. « Mais, par un paradoxe insigne, cette lenteur active nous livre l’inspiration de forces rapides. (…) Un paysage gravé est une leçon de puissance qui nous introduit dans le règne du mouvement et des forces. »

[Document présenté du 11 juin au 2 septembre 2012]

Mérimée et les chats de Rome

Il Viccolo di Madama Lucrezia Manuscrit autographe daté au dernier feuillet, 27 avril 1846, avec deux aquarelles de l’auteur

Prosper Mérimée (1803-1870)
Il Viccolo di Madama Lucrezia
Manuscrit autographe daté au dernier feuillet, 27 avril 1846, avec deux aquarelles de l’auteur

BnF
département des Manuscrits
[NAF 19739

Cette nouvelle publiée en 1873 par Michel-Lévy frères dans le recueil Dernières nouvelles de Prosper Mérimée ne comptait qu’un seul chat, le chat noir de la vielle femme qui ressemble à une sorcière. Mais les chats de la Ville éternelle étaient célèbres et Mérimée, félinophile convaincu, choisit d’en dessiner trois pour caractériser cette ruelle romaine.

Le manuscrit autographe de Mérimée contient deux aquarelles collées aux f. IIIv et 54 et provient des anciennes collections Mathilde Odier ; Emmanuel Bocher ; Arthur Meyer ; Alain de Suzannet et colonel Daniel Sickles. Il a été acquis en vente publique en 1989.

[Document présenté du 12 mars au 10 juin 2012]

Les tribunaux secrets de Paul Féval, le roman de l’histoire judiciaire

Planche tirée des tribunaux secrets de Paul Féval

Paul Féval (1816-1887)
Les tribunaux secrets : ouvrage historique
Paris, E. et V. Penaud frères, [1851-1852].
8 vol. : pl. gravées. In-8
BnF
département Droit, économie, politique
[F-34873-34880

Plus connu pour ses romans populaires que pour sa carrière d’avocat, interrompue après une première plaidoirie désastreuse, Paul Féval (1816-1887) s’essaie au genre historique avec la parution en 1851 d’une série en huit volumes intitulée Les tribunaux secrets. Souhaitant faire œuvre de vulgarisation, l’auteur du Bossu porte « les points sombres de l’histoire » à la connaissance du public et s’appuie largement sur les ressorts narratifs du roman : les tribunaux sont à la fois le lieu de la révélation de la vérité mais aussi la source intarissable de mélodrames et de péripéties.

[Document présenté de décembre 2011 à mars 2012]

Un recueil tchèque de comptines traditionnelles en images

Couverture de Kral, kral na dudy hral, Malovana Rikadla

Kvĕta Pacovská et Vladimira Gebhartova
Kral, kral na dudy hral, Malovana Rikadla
Prague, Albatros, 1982
BnF
département Littérature et art
Centre national de littérature pour la jeunesse – La Joie par les livres
[Fol I 1807

Publié chez Albatros qui était depuis sa création en 1949 la maison d’édition nationale de livres pour la jeunesse en Tchécoslovaquie, ce livre a été tiré à 30 000 exemplaires, un tirage considérable, compte tenu de son prix : quarante-deux couronnes, quand le salaire moyen à l’époque de sa parution était autour de deux mille cinq cents couronnes.

Mais ce beau livre dont le titre signifie « Comptines en images » recèle en effet le trésor des comptines traditionnelles. Avec leur rythme et leurs rimes, leur non sens, elles sont l’écho d’un monde ancien et elles construisent des images sonores qui se transmettent de génération en génération. Les illustrations malicieuses de la très grande Kvĕta Pacovská jouent avec les motifs folkloriques, stylisent les formes à la manière de celles qu’on utilise en broderie ou dans la décoration des œufs de Pâques, tout en étant résolument modernes dans le jeu sur les échelles, l’utilisation des couleurs chaudes, un peu assombries, très caractéristiques de ces grandes années des Arts appliqués à Prague.

Milan Grygar, le célèbre artiste tchèque, met en scène ces petites pièces qui se jouent sur deux pages. Lui qui conçoit ses œuvres comme des partitions graphiques module sa typographie pour la faire chanter et, de mèche avec Kveta, sollicite la participation des enfants en remplaçant certains mots de la comptine par des images. Un livre à partager entre petits et grands pour faire vivre ce patrimoine précieux.

[Document présenté de septembre à décembre 2011]

Le texte de Thucydide imprimé avec les « Grecs du Roi »

Page de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide

Thucydide (460?-395? av. J.-C.)
Olori filii, de Bello Peloponnesiaco libri octo
S.l., Henri Estienne, 1564. In-fol.
BnF
Département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[J-645

Cet exemplaire en grec ancien, précédé d’une page de titre bilingue et d’une préface en latin, du livre huitième de La Guerre du Péloponnèse, a été imprimé en 1564 à l’aide des poinçons de lettres grecques taillées par Garamond à partir de modèles reproduisant l’écriture du calligraphe royal Ange Vergèce.

Signé d’Henri Estienne, fils du célèbre typographe et humaniste Robert Estienne, il porte la marque de l’olivier à la branche taillée et la devise « Noli altum sapere », qui seront utilisées par tous leurs successeurs.

On rappellera qu’après avoir soutenu en 1947 une thèse sur Thucydide et l’impérialisme athénien, Jacqueline de Romilly entreprend pour le compte de la Collection des Universités de France une brillante traduction de La Guerre du Péloponnèse achevée en 1972 et saluée dès la parution du premier volume pour son style et sa fidélité envers l’original.

[Document présenté de mars à juin 2011]

Albums à colorier à la fin du dix-neuvième siècle

Planche (dessin) tirés du livre à colorié Les jardins de Paris

Les jardins de Paris
Épinal, Pellerin, 1875. In-8° pièce.
BnF
département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[8- LK7- 18392

À partir des années 1850, la maison Pellerin, qui imprimait jeux de cartes et estampes pieuses à Épinal depuis la fin du XVIIIe siècle, se tourne vers l’imagerie populaire et enfantine. Répondant au développement de nouvelles techniques (lithographie, gillotage, puis chromolithographie), elle s’appuie sur des dessinateurs de profession et non plus des artisans-graveurs et diffuse largement leurs compositions. Cet Album du petit peintre (1875) représentant « les jardins de Paris » alterne planches lithographiques coloriées au pochoir et leur pendant à colorier. Il est représentatif à la fois de l’engouement de l’époque pour les parcs et leurs animaux, du développement de l’imagerie enfantine et de l’apparition des premiers albums.

[Document présenté de décembre 2010 à mars 2011]

Les débuts du jeune poète Alfred de Musset

Alfred de Musset (1810-1857)
« Ballade »
Le Provincial : recueil périodique Dijon, 1er mai-30 septembre 1828, n° 1-[55].
BnF
Réserve des livres rares.
[Rés. m. Z. 389

Premiers vers imprimés d’Alfred de Musset, jeune bachelier fraîchement rebuté par l’apprentissage de la médecine et qui n’aspire à rien de moins qu’« être Shakespeare ou Schiller ». Cette ballade signée A. D. M. est publiée le 31 août 1828 dans le n° 42 du Provincial, journal dijonnais fondé, entre autres, par Aloysius Bertrand quatre mois plus tôt et qui a déjà reçu les éloges de Nodier, Hugo et Chateaubriand. Elle est précédée d’une préface bien timorée, que corrige une note dithyrambique du directeur Charles Brugnot. Ainsi que l’écrira Auguste Poulet-Malassis, « découvreur » de ces vers en 1875, ils donnent à voir « un tout autre Musset, en fermentation et en confusion, l’Alfred de Musset de 1828, en qui rien ne fait encore pressentir celui de 1830 ; imitateur, à la diable, de Victor Hugo, fantasmagorique et décidément macabre », mais aussi puissamment inspiré par Smarra ou les démons de la nuit de Charles Nodier.

[Document présenté de septembre à décembre 2010]

Portrait du compositeur Jules Massenet enfant

Portrait de Jules Massenet (peinture)

Pierre-Paul Cavaillé (1827-1877)
Portrait de Jules Massenet à l’âge de huit ans.
Huile sur toile, signée, non datée [ca 1850], 40 x 30 cm.
BnF
Bibliothèque-musée de l’Opéra.
[Mus. 590

Monté à Paris avec sa sœur aînée et ses parents à l’âge de six ans (1848), le jeune Jules Massenet vit dans une atmosphère artistique entre une sœur qui dessine et peint (elle s’élèvera à un niveau professionnel), une mère qui lui enseigne si bien le piano qu’il entre au Conservatoire à l’âge de onze ans et divers artistes amis de la famille dont le dessinateur caricaturiste Cham qui le croqua tout petit à son piano et le peintre Pierre-Paul Cavaillé, spécialiste de fresques historiques ou allégoriques. Professeur de sa sœur, ce dernier fit plusieurs portraits de son cadet, représenté en jeune artiste, à la fois sérieux et enfantin. Le peintre finit par épouser Julie, son élève. Quant au musicien, il entretint toujours des relations privilégiées avec sa sœur qui l’hébergea à plusieurs reprises chez elle à Paris quand la santé ou le travail de M. Massenet père le retenaient en province et que le jeune âge de Jules ne lui permettait pas de vivre seul à Paris pour poursuivre ses études musicales.

[Document présenté de mai à septembre 2010]

Une esquisse pour le Grand Foyer de l’Opéra Garnier par Paul Baudry

Étude de figure pour le médaillon de la Musique en Grèce, du Grand Foyer de l’Opéra Garnier, de Paul Baudry

Paul Baudry (1828-1886)
Étude de figure pour le médaillon de la Musique en Grèce, du Grand Foyer de l’Opéra Garnier.
Fusain et pierre noire sur papier, [ca 1866]. 32 x 28 cm.
BnF
Bibliothèque-musée de l’Opéra.
[Mus. 1942

La Bibliothèque-musée de l’Opéra ne conserve pas seulement des documents relatifs aux activités lyriques et chorégraphiques du théâtre, mais aussi de nombreux témoignages sur le bâtiment, son architecture et sa décoration.
Paul Baudry (1828-1886), camarade de Charles Garnier à la Villa Médicis, réalisa, pour le plafond du Grand Foyer, un programme complexe de peintures s’articulant en quatre séries : trois grandes compositions pour le plafond proprement dit, douze grandes compositions pour les voussures, et des compositions plus petites : huit des muses pour les voussures latérales et dix médaillons au-dessus des portes. 
L’esquisse présentée ici est une étude pour « la Musique en Grèce », à savoir l’un des dix médaillons où le peintre représente des enfants, adolescents ou anges nus, symbolisant, non par leur apparence physique, mais par leurs instruments, la musique dans divers pays antiques ou contemporains.

Acquis en 2008, avec vingt-huit autres esquisses, grâce à un crédit exceptionnel et l’apport du mécénat de l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2009]

Un exemplaire complet d’Aline et Valcour de Sade

Donatien-Alphonse-François de Sade (1740-1814)
Aline et Valcour ou le Roman philosophique.
Écrit à la Bastille un an avant la Révolution de France. Orné de seize gravures.
A Paris, chez la veuve Girouard, libraire, 1795. 8 parties en 4 tomes.
BnF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
[Enfer 2578 (1-4)

Ce roman épistolaire, amorcé dès 1786 et terminé en 1788 fut entièrement écrit par Sade à la Bastille. La Révolution en retarda l’impression qui, commencée en 1791, interrompue en décembre 1793 en raison de l’arrestation puis de l’exécution de l’imprimeur Girouard, s’acheva en août 1795. Cette édition originale illustrée de 14 ou de 16 gravures  connut trois tirages, certaines feuilles ayant été remaniées par l’auteur en raison du contexte politique.
La rareté de cet exemplaire, provenant du dernier tirage, est due à la complétude des 16 planches hors texte, y compris de celle à caractère érotique contenue dans le tome III, avec pour particularité supplémentaire, d’être dans sa version dite « découverte ».

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2009]

Au cœur de la création artistique

Jean Genet (1910-1986)
Les paravents
Décines, M. Barbezat, 1961.
259-[3] p. ; 20 cm.
BNF, site François-Mitterrand
Réserve des livres rares.
[Rés. p. Yf-619

Les Paravents, dernière œuvre de fiction publiée du vivant de Jean Genet, connut plusieurs versions dont la première fut achevée en 1958 puis reprise en 1959 lors d’un séjour en Grèce. Lié par contrat avec Marc Barbezat dès 1956, Genet dut renoncer à publier sa pièce chez Gallimard. Jouée à Berlin en 1961, à Stockholm et à Londres en 1964, cette pièce sur la guerre d’Algérie, contre l’armée française, fut créée à Paris au théâtre de l’Odéon le 16 avril 1966, dans une mise en scène de Roger Blin. Elle déclencha des réactions houleuses, particulièrement dans les milieux d’extrême droite aussi bien dans le théâtre même que dans la rue.
Provenant de la collection Marc Barbezat (vente Paris, 5 mars 1999), est présenté ici l’un des deux exemplaires connus de Roger Blin comportant, en vue de la mise en scène, de nombreuses corrections autographes et d’importantes suppressions afin de donner encore plus de force aux dialogues.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2008]

Les Fleurs du Mal : procès, réhabilitation, multiples éditions

Portrait de Charles Baudelaire

Charles Baudelaire (1821-1867)
Les Fleurs du mal. Édition du centenaire avec une introduction bibliographique contenant de nouveaux documents sur le procès de 1857, par Pierre Dufay. Portrait de Ch. Baudelaire en photogravure.
Alençon, impr. Georges Supot ; Paris, Libr. des bibliophiles parisiens, 1921. In-8.
BNF, site F.-Mitterrand
département Littérature et art.
[8-Ye-10064

Depuis 1857, le recueil de poèmes de Charles Baudelaire, dont le 150e anniversaire de la publication est célébré en 2007, a connu une histoire éditoriale complexe. Le poète et son éditeur, Auguste Poulet-Malassis, sont condamnés en août 1857, pour délit d’outrage à la morale publique. Dans les collections patrimoniales françaises, le chercheur trouvera de nombreuses éditions, partielles, « définitives », complétées par des pièces du recueil Les Épaves, offrant ou non au lecteur les poèmes interdits, fournissant des documents inédits et des éditions critiques renouvelées. Bellement illustrées et reliées, les éditions de bibliophilie côtoient au catalogue d’autres plus modestes, au format de poche… Ici, une édition critique publiée en 1921 lors du centenaire de la naissance de l’écrivain.

[Document présenté de mi-décembre 2007 à mi-mars 2008]

Fragment autographe des Mémoires du compositeur Hector Berlioz

Portrait de Berlioz

Hector Berlioz (1803-1869)
Mémoires. Fragment : chapitre XIV.
Manuscrit autographe, [vers 1858] : mise au net soignée sur feuillets réglés et bordés à la main.
1 p. in-8 oblong et 3 p. in-4 (ratures et corrections), montées sur papier vélin, et reliées en 1 vol. in-fol.
BNF, site Richelieu
département de la Musique.
Rés. Vma. ms. 1402 - Acq. 2006-14

Le compositeur Hector Berlioz commença la rédaction de ses Mémoires en 1848 alors qu’il se trouvait à Londres et suivait de loin les soubresauts des événements révolutionnaires. Il acheva le chapitre LIX le 18 octobre 1854 puis ajouta beaucoup plus tard en 1865 un chapitre consacré à son Voyage en Dauphiné au cours duquel il devait retrouver son amour de jeunesse Estelle Fornier.
Les Mémoires ne se présentent pas sous la forme d’un texte rédigé de façon continue mais en partie sous la forme d’un savant collage constitué de larges extraits d’articles publiés dans divers journaux entre 1832 et 1844. Une partie seulement du manuscrit a survécu ; on sait qu’il se composait à l’origine de trois volumes manuscrits reliés envoyés à Franz Liszt en 1855 en vue d’une traduction en allemand.
Actuellement, les quelque cent trente feuillets correspondant aux premiers chapitres sont dispersés entre des collections publiques et privées.
Le chapitre XIV conte les premiers déboires du jeune compositeur au concours de l’Institut : sa cantate Orphée déchiré par les Bacchantes, trop difficile fut jugée inexécutable et mise hors concours. Berlioz obtiendra le grand prix de Rome en 1830 à la quatrième tentative. Il exprime ensuite dans ce chapitre son admiration pour les opéras de Gluck et de Spontini avec le ton et la vivacité qui font tout le charme de ce grand texte.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2007]

Comment être emprisonné à la Bastille

Couvercle de la « boîte explosive » envoyée par Latude à Mme de Pompadour

Couvercle de la « boîte explosive » envoyée par Latude à Mme de Pompadour. 1749.
Carton, 14 x 21 cm
BNF, site Arsenal, Bibliothèque de l’Arsenal.
[Ms 11692, f. 30

Jean Henri, dit Danry puis Latude, garçon chirurgien né en Languedoc en 1725 et monté à Paris en 1748, est l’archétype du prisonnier de la Bastille. Pour s’attirer la faveur de Mme de Pompadour il avait imaginé de lui envoyer une pseudo boîte explosive et de dénoncer lui-même ce complot imaginaire. Il fut arrêté le 1er mai 1749 et jeté à la Bastille. Dès lors il multiplia les évasions et les réincarcérations dans les diverses prisons parisiennes. Il se montra un prisonnier insupportable et extravagant, se répandant en suppliques et récriminations. En 1784, ayant réussi à apitoyer jusqu’à la reine Marie-Antoinette, il fut libéré et devint la coqueluche des salons. Après la prise de la Bastille, il remplit le rôle de victime exemplaire du despotisme de l’Ancien régime, écrivant des Mémoires pleins d’exagérations. Il mourut en 1805.

[Document présenté de mi-juin au 2 septembre 2007]

Un foisonnement typographique pour combler l'horreur du vide d'un correcteur

L’Apprentif administrateur : pamphlet pittoresque, de Nicolas Cirier

Nicolas Cirier (1792-1869)
L’Apprentif administrateur : pamphlet pittoresque (!), littérario-typographico-bureaucratique…
Paris, chez l’auteur, 1840.
Exemplaire de dépôt légal. Reliure de demi-maroquin rouge pour la Bibliothèque royale, signée et datée par Lenègre, 1843.
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares. [Rés. 8° Ln27-4346 (A)

Aucune imprimerie ne garda jamais longtemps ce correcteur très susceptible dès que sa qualification était en cause - il se reconnaissait lui-même « difficile à vivre ». Une promotion espérée et non obtenue, puis une deuxième déception, enfin le reproche de ne pas avoir « l’œil typographique », le firent démissionner de l’Imprimerie royale en 1836. Participant de l’artillerie déployée en vue d’obtenir sa réintégration, L’Apprentif administrateur est un pamphlet bariolé d’« obscurations », c’est-à-dire de vignettes lithographiques collées, de gravures sur bois et sur cuivre, fatras de récriminations et de considérations sur le métier. Cet ouvrage est fort rare : peu après la publication, Cirier annonça qu’il allait détruire l’édition sauf cinq ou six exemplaires. On n’en connaît guère plus.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2007]

Un classique de la chanson française

Léo Ferré (1916-1993)
Avec le temps
Musique de Léo Ferré ; paroles de Léo Ferré ; interprété par Léo Ferré. Paris : les Nouvelles éd. Méridian, cop. 1971. [2] p. : portr. à la couv. ; 28 cm.
BNF, site Richelieu, département de la Musique
[Fol-Vm16-35835

Au sommet de sa gloire mais déchiré par le naufrage de son second mariage, Léo Ferré (1916-1993) écrit et compose Avec le temps dont la profondeur poétique assurera le succès. Reprise par de nombreux chanteurs tels Francis Lalanne, Jane Birkin ou encore Alain Bashung, dans le disque en forme d’hommage pour le dixième anniversaire de la mort du poète-anarchiste, Avec le temps est devenue un classique de la chanson française.

[Document présenté de mi-décembre 2006 à mi-mars 2007]

La chanson française au temps de l’Occupation

Couverture de Le Soleil a des rayons de pluie, de Charles Trenet

Charles Trenet (1913-2001)
Le Soleil a des rayons de pluie
Paroles de Charles Trenet ; musique de Léo Chauliac
Paris : Salabert, 1942
BNF, site Richelieu, département de la Musique
[Fonds Salabert

Pendant la période sombre de l’Occupation, les chansons d’amour fleurirent, comme un dérivatif à la détresse et sans risquer la censure. Charles Trenet, en collaboration avec son pianiste accompagnateur Léo Chauliac, créa plusieurs titres dans cette veine dont la célèbre Romance de Paris et Que reste-t-il de nos amours. Dans Le soleil a des rayons de pluie, l’absence de l’aimée rappelle avec nostalgie un passé meilleur que le poète aspire à retrouver : "Tu partis à jamais bien loin, oui, mais demain / Le soleil aura des rayons d'or / Quand tu reviendras / Et l'oiseau reprendra sa chanson".

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2006]

Première reprise de Don Giovanni à l’Opéra de Paris

Affiche typographique de la première reprise de Don Juan de Mozart à l’Opéra de Paris,
salle Le Peletier, 10 mars 1834
Typographie noire sur papier beige, impr. Ballard, 1834. 31,5 x 43 cm
BNF, site Opéra, Bibliothèque-musée de l'Opéra
AFF TYPO OPÉRA

La première reprise de Don Juan à l’Opéra (Académie royale de musique), dans la salle de la rue Le Peletier appartient à l’une des périodes fastes dans la vie de cette institution, alors dirigée depuis 1831 par le docteur Louis Véron. Touche-à-tout et opportuniste de génie, inventeur des placards publicitaires dans la presse, directeur de la Revue de Paris, le Docteur Véron réussit à faire fortune à l’Opéra en cinq années de direction. Il aimait les succès assurés et combattit longuement les instructions ministérielles avant de se résoudre à monter Don Juan, œuvre en laquelle il ne croyait pas. Après moult tergiversations et discussions budgétaires, il finit par s’incliner. L’opéra de Mozart présenté au public français ne portait pas alors encore son titre italien.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2006]

Une monnaie gauloise du premier siècle avant notre ère

Statères Parisii

Parisii (Paris)
Statère
D/ Tête à droite ; devant : mèche en S.
R/ Cheval à gauche ; au-dessus : "filet" ; au-dessous : rose
Ier siècle av. J.-C.
Monnaie : or. 7,31 g, diamètre 2,1 cm
BNF, site Richelieu, département des Monnaies, médailles et antiques
LT 7782

La première attribution à la tribu gauloise des Parisii de ces statères et quarts de statère ne remonte qu'à 1846 : elle est énoncée par Adolphe Duchalais, sous une forme très interrogative. Par la suite cette attribution fut affirmée par É. Lambert. E. Hucher hésitait encore pour partie, mais Ernest Muret et Anatole Chabouillet, Henri de La Tour, et Adrien Blanchet rendirent cette attribution définitive. Gabrielle Fabre, Monique Mainjonet, puis Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu lui donnèrent des fondements scientifiques bien assurés. Ce dernier distingue sept classes ; une huitième a été découverte récemment. Le statère présenté appartient à la classe II, caractérisée par le nez droit de l'effigie. L'origine du "filet" qui occupe une grande partie du revers reste controversée. En 1970, seuls sept statères de cette classe étaient connus.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2006]

Un coffret de voyage orné d’une des premières xylographies imprimées

Coffret de voyage à la Vierge du Rosaire

Coffret de voyage à la Vierge du Rosaire, entourée des symboles des quatre évangélistes
France, vers 1480-1500
Estampe : gravure sur bois, imprimée au frotton et coloriée ; 32,5 x 25 cm
Coffret en bois, garni de ferrures ; 13 x 34 x 22,5 cm
BNF, site Richelieu, département des Estampes et de la photographie
Rés. Ea-5i-Objet

Quatorze coffrets de voyage, le plus grand ensemble connu, sont conservés au département des Estampes et de la photographie. En bois recouvert de cuir et de lamelles métalliques, ils sont ornés d’une xylographie collée à l’intérieur du couvercle, et munis d’une serrure et d’une cache secrète dissimulée sous le couvercle. Leur fonction correspondait sans doute à celle des œuvres religieuses à usage privé, qui se multiplièrent à la fin du Moyen Âge, incitant à la méditation contemplative individuelle et à la prière. Ils devaient aussi contenir des livres de prières et des objets de piété, médailles et chapelets. La dévotion au Rosaire se développa à la fin du XVe siècle. L’image représente la Vierge debout sur le croissant, serrant contre elle l’enfant Jésus qui tient un chapelet, entourée de roses symbolisant les dizaines d’Ave Maria du rosaire ; aux angles, les quatre symboles des évangélistes.

[Document présenté de mi-décembre 2005 à mi-mars 2006]

Une reliure royale de la Renaissance

Reliure de dédicace offerte à Henri II
Maroquin citron reteinté en noir à grand décor d’entrelacs courbes
Atelier du relieur du roi, Gomar Estienne (vers 1550)
Sur : Francesco Vimercati, In octo libros Aristotelis de naturali ausculatione commentarii
Paris, Michel Vascosan, 1550. In-folio.
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. R. 160

Henri II reçoit dans les années 1550 plusieurs ouvrages de dédicace luxueusement reliés, sur le modèle des reliures officielles commandées pour la Bibliothèque royale. Cette pièce leur emprunte ainsi sa structure archaïque, imitée des reliures grecques et reconnaissable à la présence de plats en bois aux bords rainurés et d’un dos long aux extrémités débordantes. Quant au décor, il figure parmi les réalisations les plus spectaculaires de la Renaissance française : dessiné par des filets dorés redoublés terminés de rinceaux ou de cuirs, et complétés de quelques filets courbes simples, il atteste par la savante complexité de ses combinaisons de la virtuosité atteinte dans l’atelier du relieur du roi.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2005]

jeudi 27 décembre 2012

Partagez