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T comme Trésors – Archives

La Bibliothèque conserve des documents particulièrement précieux, sur tous les supports. Leur histoire est toujours singulière : transmis avec soin ou retrouvés par hasard, échappés à la dispersion ou acquis récemment, déposés ou confiés par un collectionneur... Certaines pièces sont extrêmement rares : premières traces, seuls témoignages connus, exemplaires exceptionnels, parfois uniques, de provenance illustre.

Une reliure « de Charenton » en maroquin rouge à bordure d’argent et fermoirs d’argent ciselé

Reliure de Charenton à bordure d’argent, vers 1658.
Maroquin rouge à compartiments de filets dorés, mosaïqués et fers filigranés, les deux plats bordés d’une dentelle droite en argent ciselé ; tranches ciselées et peintes ; fermoirs d’argent ciselé.
Sur :
Le Nouveau Testament, c'est à dire, la Nouvelle Alliance de nostre Seigneur Jesus Christ
Charenton, Etienne Lucas, 1658. In-12
Relié à la suite :
Les Pseaumes de David, mis en rime franc̜oise, par Clément Marot, et Théodore de Bèze
Charenton, Étienne Lucas, 1658. In-12

BnF
Réserve des livres rares
[Rés. 8° NFA 40

Les reliures dites « de Charenton » recouvrent des éditions protestantes du Nouveau Testament et des Psaumes publiées des années 1650 aux années 1670 par quelques libraires parisiens qui tenaient boutique aux portes du temple de Charenton.

L’exemple présenté se distingue de la production ordinaire par son luxe : un décor doré plus soigné que de coutume, un compartiment mosaïqué au centre des plats, des tranches ciselées et peintes, et surtout une très inhabituelle ferrure d’argent disposée en bordure. On a gravé à l’intérieur des fermoirs le nom du premier possesseur, devenu illisible.

[Document présenté du 16 septembre au 10 décembre 2012]

Évocation d’un personnage de la tragédie grecque

Masque tragique d’applique
Terre cuite avec traces de polychromie rouge
Italie, IIIe – IIe s. av. J.-C.
Legs du vicomte de Janzé, 1865

BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[Janzé.tc.2.21

Les acteurs du théâtre grec, tragique ou comique, portaient depuis le VIe siècle avant J.-C. des masques en différents matériaux peints (bois, cuir …). Leurs expressions et caractéristiques permettaient aux spectateurs de reconnaître immédiatement le personnage interprété. Ces masques en matières périssables n’ont pas été conservés. Mais ont été retrouvées en quantité des reproductions en terre cuite de ces masques, souvent de taille réduite, les masques servant d’ex-voto dans les sanctuaires, ou bien accompagnant les morts dans les tombes. Ils pouvaient être sans doute aussi accrochés dans les habitations.

Le masque présenté possède ainsi trois trous de fixation qui permettaient de le suspendre. Il s’agit d’un masque tragique, représentant un homme barbu. Sur le faible relief du diadème on a pu voir une tête de lion, ce qui identifierait le masque comme celui d’Héraclès.

[Document présenté du 11 juin au 2 septembre 2012]

Un fragment de bas-relief inventorié comme venant de Persépolis

Tête d´homme assyrien de profil à droite

Tête d’homme assyrien de profil à droite
Période néo-assyrienne, VIIe siècle av. J.-C. Calcaire, h. 20 cm

BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[Reg.F.1486, legs J.B Marcotte Genlis, 1867

Cette tête d’homme barbu de profil serait plus probablement un fragment d’un bas-relief de Ninive où le roi assyrien Assurbanipal a construit son palais au VIIe siècle av. J.-C.

Elle fait partie de la collection léguée en 1867 au Cabinet des monnaies et médailles par Marie-Jean-Baptiste-Joseph Marcotte Genlis (1781–1867), receveur général des finances et grand collectionneur d’art.

[Document présenté du 12 mars au 10 juin 2012]

Dessins originaux pour l’édition illustrée des œuvres complètes de Rousseau

Planche des Dessins de J.-M. Moreau et de J.-J.-F. Lebarbier pour les Œuvres de J.-J. Rousseau

Jean-Michel Moreau, le Jeune (1741-1814)
Dessins de J.-M. Moreau et de J.-J.-F. Lebarbier pour les Œuvres de J.-J. Rousseau, édition de Londres [Bruxelles], 1774-1783.
In-fol.
BnF
département des Manuscrits.
[Rothschild 229

Jean-Michel Moreau, dit le Jeune (1741-1814), est l’un des dessinateurs et graveurs français les plus en vogue au moment où il fournit des dessins pour l’édition complète illustrée des Œuvres de Rousseau, éditée à Londres et Bruxelles en 12 volumes entre 1774 et 1783.

Les trente grands dessins originaux de Moreau le Jeune, complétés par sept grands dessins de Jean Jacques François Le Barbier (1738-1826), et trois fleurons de titre, ont été réunis en recueil. Celui-ci faisait partie de la bibliothèque de James et Henri de Rothschild, riche de 9 149 ouvrages précieux – dont des manuscrits – léguée à la Bibliothèque nationale en 1947.

[Document présenté de décembre 2011 à mars 2012]

Une reliure brodée du XIXe siècle sur velours noir à coins de métal

Portefeuille de velours noir brodé d’or et d’argent, aux armes de France et à l’initiale d’Henri V

Portefeuille de velours noir brodé d’or et d’argent, aux armes de France et à l’initiale d’Henri V
BnF
Bibliothèque de l’Arsenal.
[Ms 15263

Ce manuscrit contient les noms des députés légitimistes qui, d’octobre 1843 à janvier 1844, vinrent rendre hommage au dernier représentant de la branche aînée des Bourbons, Henri d’Artois, comte de Chambord – Henri V pour ses partisans – (1820-1883). Ce prince vivait alors en exil à Londres, à Belgrave Square. Chateaubriand fut l’un des « pèlerins ». Cette manifestation de fidélité légitimiste fut vivement ressentie par le gouvernement de Louis-Philippe.

[Document présenté de septembre à décembre 2011]

Hécate, la déesse à trois têtes et trois corps

Statuette de la triple Hécate

Statuette de la triple Hécate
Marbre. H. 37 cm (sans le socle) Asie Mineure ( ?), Ier-IIe siècle
Don du vicomte de Janzé, 1843
BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[Inv.57.239

Divinité originaire de Thrace, Hécate, déesse de la lune et du monde souterrain, est adoptée dès l’époque archaïque en Grèce, surtout en Asie Mineure. Son rôle comme maîtresse de la magie devient de plus en plus important au fil des siècles.

La première représentation d’Hécate triformis, à trois têtes et trois corps, fut ciselée dans le marbre, nous dit Pausanias, par le sculpteur Alcamène et consacrée sur l’Acropole d’Athènes, auprès du temple d’Athena Niké, vers 430 av. J.C.

Son triple visage la désigne comme déesse des carrefours, où étaient souvent dressées de petites colonnes votives, telle celle de la collection de Janzé, qui représente la déesse entourée des Charites et d’une petite figure du dieu Pan, porteur d’offrandes.

[Document présenté de mars à juin 2011]

Une stèle funéraire punique

Stèle punique

Stèle punique.
Trouvée par Évariste de Sainte-Marie à Carthage, 1884.
Calcaire, 37 x 21 cm.
BnF
département des Monnaies, médailles et antiques.
[Inv.54.pun.1

Femme ailée en buste sous une arche et signe de Tanit entouré de deux volutes. En dessous, deux lignes d’inscriptions : Dédicace d’Abdesmunus, fils de Safat, à Tanit et Baal Hammon.
Des milliers de stèles funéraires puniques furent rapportées de Carthage au Cabinet des médailles entre 1874 et 1884. Elles proviennent du « tophet » des enfants, cimetière et lieu de culte, peut-être aussi de sacrifices rituels d’enfants, placés sous la protection des deux grandes divinités carthaginoises, la déesse Tanit et le dieu Baal Hammon.

[Document présenté de décembre 2010 à mars 2011]

Une reliure Renaissance à décor d’entrelacs courbes exécutée pour Thomas Mahieu

Reliure faite pour Thomas Mahieu

Reliure pour l’amateur Thomas Mahieu en maroquin brun clair à décor d’entrelacs courbes, atelier dit de « l’Ésope de Mahieu », Paris, vers 1555-1560.
Sur : Cuba (Joannes de). Hortus sanitatis. Strasbourg, Matthias Apiarius, 1536. In-fol.
BnF
Réserve des livres rares.
[Rés. Fol. Te138. 26

Ce volume porte au centre du plat inférieur l’ex-libris « Tho. Maioli et amicorum », longtemps resté énigmatique et interprété comme un patronyme italien avant d’être associé au nom de Thomas Mahieu (avant 1527 - après 1588), conseiller et secrétaire du roi Henri II (1547-1559) de 1547 à 1558 et premier secrétaire aux finances de la reine Catherine de Médicis (1519-1589) de 1549 à 1560. Proche du célèbre amateur Jean Grolier (v. 1489-1565), Thomas Mahieu commanda lui aussi pour sa bibliothèque, dont près de 120 volumes sont aujourd’hui recensés, des reliures à grand décor doré, comme cette riche composition d’entrelacs courbes sur fond partiellement pointillé, exécutée dans un atelier resté anonyme.

[Document présenté de septembre à décembre 2010]

Un livre d’heures enluminé dans les Flandres, à la fin du XVe siècle

Saint Marc, tiré des Heures du Maître aux Fleurs

Livre d’Heures à l’usage de Rome, dites du Maître aux fleurs..
Flandres : dernier quart du XVe siècle. Parchemin, 116 f., 224 x 157 mm.
BnF
Bibliothèque de l’Arsenal.
[Ms. 638 Rés.

Le marquis de Paulmy, fondateur au XVIIIe siècle de la Bibliothèque de l’Arsenal, se félicita de l’acquisition de ce livre d’Heures par une note lucide : « Ce beau manuscrit en deux volumes ne m’a coûté que deux louis mais il vaut davantage ». L’illustration, en effet, se distingue par les somptueuses compositions, essentiellement florales et en léger trompe-l’œil, de ses marges. Ces encadrements font attribuer la peinture de ce manuscrit à l’école ganto-brugeoise, dans le dernier quart du XVe siècle. Plusieurs artistes ont collaboré à cette œuvre, dont le Maître des Heures de Dresde. On reconnaît la manière de celui-ci dans les médaillons cerclés de branchages illustrant les travaux des mois, dans le calendrier qui ouvre l’ouvrage.

[Document présenté de mai à septembre 2010]

Un très rare projet d’éventail par le peintre Ibels

Henri Ibels (1867-1936)
Au cirque (projet d’éventail)
Vers 1893. Lithographie sur vélin, largement reprise à la gouache. 46,5 x 23,5 cm.
BnF
département des Estampes et de la photographie.
[Dc-646–Fol.

Ce projet d’éventail lithographié, récemment acquis par le département des Estampes et de la photographie, est l’un des deux seuls exemplaires connus. Les nombreuses retouches à la gouache en augmentent la préciosité.
Le thème du cirque, mis à l’honneur par les impressionnistes, connaît un grand succès dans les années 1890. Seurat, Toulouse-Lautrec et Ibels le déclinent dans diverses productions. À l’instar de Toulouse-Lautrec, auteur d’un projet d’éventail sur le même sujet, l’artiste tire parti de la forme semi-circulaire du support pour figurer la piste qu’il souligne d’une rambarde rouge.

Henri Ibels, qui a mis en pratique l’idée alors en vogue d’un art appliqué intégré à la vie quotidienne, est l’un des acteurs du renouveau de l’estampe originale dans la dernière décennie du XIXe siècle.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2009]

Une édition monumentale en 60 volumes du Dit du Genji de Murasaki Shikibu

Extrait du Dit du Genji, de Murasaki Shikibu

Murasaki Shikibu (987-1015)
Genji monogatari
54 livres et suppléments : meyasu, keizu, hikiuta, Yamaji no tsuyu
Éditeur du texte et illustrateur : Yamamoto Shunshô (1610-1682)
[Kyôto], Yaô Kanbei, Jôhô 3 [1654]
60 volumes ; 226 illustrations en noir ; 27,4 x 19,5 cm.
Ancienne collection du daimyô du fief de Nobeoka, Naitô Masaaki (1739-1781).
BnF, département des Manuscrits
[Acquisition 2008

Le Dit du Genji, roman de cour dont l’année 2008 consacre le millénaire de la rédaction est l’un des plus célèbres récits de la littérature japonaise. Il a été composé peu après l’an 1000 par une dame de la cour, Murasaki Shikibu, et raconte la vie galante du prince Hikaru Genji, puis de son fils supposé, Kaoru.
Jusqu’à l’époque d’Edo, la transmission du texte appartenait à la tradition manuscrite. Les premières impressions, d’abord en caractères mobiles, datent du début du XVIIe siècle. La publication particulièrement remarquable en 1650 du texte intégral du texte en 60 volumes résulte d’un travail monumental d’édition du texte, réalisé par Yamamoto Shunshô dans le but d’en faciliter la lecture. Comme dans la tradition manuscrite, la lecture est ponctuée de 226 illustrations tirées de la tradition classique. Cette édition xylographique fit référence, et a été une source fondamentale pour d’autres éditions illustrées qui se trouvent dans les collections françaises ainsi que pour des réalisations manuscrites, comme en témoignent les peintures du Nara ehon conservé au département des Manuscrits.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2009]

Une Bible en latin des débuts de l’imprimerie

Biblia latina
Venise, Nicolas Jenson, 1476. [470] f., in-fol.
BNF Bibliothèque de l’Arsenal.
[Fol. T-61

L’imprimeur français Nicolas Jenson fut surtout célèbre pour avoir perfectionné le caractère romain, mais il utilisa également le caractère gothique après 1473 quand il se détourna de la publication de textes classiques au profit d’ouvrages théologiques ou juridiques.
Appartenant au groupe des premières bibles vénitiennes, cet incunable a été conservé à un très grand nombre d’exemplaires. L’ouvrage comporte des rubrications rouges et bleues, des pieds de mouche et une initiale ornée qui s’inscrivent dans la tradition du livre manuscrit. Dans d’autres incunables, la réglure et l’enluminure contribuent à accentuer la ressemblance entre livre imprimé et manuscrit.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2008]

Un aureus inédit, monnaie romaine frappée à Ravenne à la fin du IVe siècle

Aureus (1/60e de la livre) d’Honorius, atelier de Ravenne. 5,35 g ; 23 mm.
Droit : D N HONORI-VS P F AVG : buste diadémé à droite.
Revers : VICTORIA AVGVSTORVM, Victoire marchant à gauche, tenant une couronne et une palme ; dans le champ R-V, à l’exergue COMOB.
Paris, Michel Vascosan, 1550. In-fol.
BnF, site Richelieu
département des Monnaies, médailles et antiques
[Acq. 2006-60

Après la création du solidus par Constantin en 311, l’aureus traditionnel fut réservé à des émissions de fêtes célébrant des anniversaires ou, comme ici, des victoires impériales. Cette monnaie a été frappée à Ravenne (Italie du nord) entre 395 et 402 ap. J.-C. pour Honorius, fils cadet de Théodose Ier et empereur d’Occident après la mort de son père en 395.

Don de Jean-François Letho-Duclos, 2006.

[Document présenté de mi-décembre 2007 à mi-mars 2008]

Relié à Paris par « l’atelier du relieur du roi », vers 1550

Francisco Vimercati
In octo libros Aristotelis de naturali auscultatione commentarii…
Paris, Michel Vascosan, 1550. In-fol.
BNF, Site François-Mitterrand
Réserve des livres rares
[Rés. R. 160

Exemplaire de dédicace au roi Henri II, conservé dans une reliure à ses armes caractéristique des reliures royales exécutées en France vers 1550.

Sur une structure « à la grecque », qui, par son dos lisse aux extrémités inférieure et supérieure débordantes, imite la manière de relier des Byzantins, le décor consiste en un réseau d’entrelacs courbes en maroquin fauve (ici et là rehaussés de touches de cire verte) disposés sur un fond en maroquin noir.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2007

Un bracelet d’accouchée à valeur magique

Bracelet romain à valeur magique

Bracelet romain à valeur magique.
Or ; statuette en bronze. Alexandrie (?), IVe - Ve siècle.
Ancienne collection Feuardent ; acquis par H. Seyrig en 1972 et donné au Cabinet des Médailles.
BNF, site Richelieu, département des Monnaies, médailles et antiques.
[Inv.1972-1318

Le corps du bracelet, en feuille d’or découpée selon une technique en vogue du IIIe au Ve siècle, est décoré de rinceaux entourant une Isis-Fortuna-Aphrodite tenant la corne d’abondance. Sur la partie centrale, mobile, en forme de façade de temple, une figurine de bronze d’Harpocrate enfant est soudée entre les colonnettes centrales, ainsi qu’une coquille d’or, symbole d’Aphrodite. Sur le fronton, figure le signe d’Isis, les cornes d’Hathor flanquant le disque solaire. Sur la base, un fil d’or soudé forme l’inscription « EYTOKI » : accouche heureusement. Ce bijou à valeur magique, témoignage de la persistance du culte isiaque, assurait la protection de la déesse à une femme en couches ;  il pourrait avoir été ciselé à Alexandrie.

[Document présenté de mi-juin au 2 septembre 2007]

Un recueil d’airs de cour au début du Grand Siècle

Couverture de Airs de cour

Airs de cour comprenans le trésor des trésors, la fleur des fleurs et eslite des chansons amoureuses.
Poitiers, P. Brossart, 1607. 575 p. ; in-16.
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares.
[Rés. p Ye-1612

À la différence des recueils du XVIe siècle, les recueils de pièces à chanter publiées sans musique notée au début du XVIIe siècle mêlent aux traditionnelles chansons de nombreux airs de cour : leur forme plus libre, née dans les années 1570, est alors très en vogue. Ce recueil d’un libraire poitevin réunit plus de quatre cent trente pièces où ces airs dominent, sur des textes d’inspiration souvent folâtre. À l’exception de trois chansons « adjoustées » à la fin, il recopie fidèlement La Fleur ou l’élite de toutes les chansons amoureuses…, volume publié en 1602 par le libraire rouennais Adrien de Launay par enrichissement d’un précédent recueil édité par ses soins en 1600. Ces procédés successifs d’enrichissement ont ainsi accompagné la constitution d’un vaste répertoire vocal profane, dont les témoins sont aujourd’hui d’une très grande rareté.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2007]

Autoportrait de peintre-graveur

Félix Buhot, Autoportrait

Rachid Koraïchi (1947-…)
Les sept dormants
Gravures de Rachid Koraïchi ; textes de John Berger, Michel Butor,
[Hélène Cixous, Sylvie Germain, Nancy Huston, Alberto Manguel et Leila Sebbar
Paris : l’artiste, 2003. 7 volumes
Titre parallèle : Nuṣub al-nā’imūn al-sab‘at ̈/ maḥfūrāt Rašīd al-Qurayšī
BNF, site François-Mitterrand, département Littérature et art
[Rés. 4-NFR 47-53

Félix Buhot (Valognes, 1847 – Paris, 1898), peintre-graveur dont le département des Estampes et de la photographie conserve la majorité de l’œuvre gravé, se représente ici avec humour et sans complaisance devant un buste d’Hippocrate, la tête enveloppée d’une serviette nouée comme le ruban d’un œuf de Pâques, alors qu’une fluxion dentaire lui déforme la joue. Pastichant les maîtres anciens, Buhot, alors âgé de trente ans, a ajouté en bas cette inscription latine : "Ætatis suæ XXX ægrotans se ipsum pinxit".
Acquis en vente publique le 20 octobre 2005.

[Document présenté de mi-décembre 2006 à mi-mars 2007]

Hommage aux moines de Tibhirine

Couverture des Sept Dormants, de Rachid Koraïchi
Rachid Koraïchi (1947-…)
Les sept dormants
Gravures de Rachid Koraïchi ; textes de John Berger, Michel Butor,
[Hélène Cixous, Sylvie Germain, Nancy Huston, Alberto Manguel et Leila Sebbar
Paris : l’artiste, 2003. 7 volumes
Titre parallèle : Nuṣub al-nā’imūn al-sab‘at ̈/ maḥfūrāt Rašīd al-Qurayšī
BNF, site François-Mitterrand, département Littérature et art
[Rés. 4-NFR 47-53

Rachid Koraïchi, peintre et calligraphe d’origine algérienne, avait demandé à des écrivains de confession diverse (musulmane, juive et chrétienne), voire athées, d’écrire un texte sur la tragédie des moines de Tibhirine assassinés en 1996. Sept auteurs ont répondu à l’appel, dédiant leur texte à chacun des moines. Rachid Koraïchi a accompagné chaque texte de quatorze gravures. Le titre des "sept dormants" est une allusion à la treizième sourate du Coran. Chaque volume, dont le texte comporte la traduction arabe, se présente de manière identique.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2006]

Livres rares, reliures et grands bibliophiles

Reliure pour l’amateur Jean Grolier en maroquin marbré à décor d’entrelacs géométriques
Atelier de Jean Picard
Paris, vers 1540-1545
Sur : Horace. Poemata, Venise, Alde Manuce, 1509. In-8°
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. p. Yc. 1822

Jean Grolier (v. 1489 – 1565) est la figure emblématique de l’amateur de reliures, postérité exceptionnelle qu’il doit au soin constant qu’il prit de protéger ses livres de luxueuses couvrures. Sur les 500 volumes lui ayant appartenu aujourd’hui recensés, au moins 230 sont ornés de décors d’entrelacs géométriques et portent, dorés sur les plats, l’ex-libris et la devise de l’amateur. Ces décors de filets épurés sont très souvent élaborés, comme ici, à partir d’un rectangle et d’un losange imbriqués, le choix d’un maroquin ombré constituant, sur une œuvre d’Horace, une discrète évocation des marbres antiques. C’est à la générosité de M. Henri Schiller que la BnF doit de conserver aujourd’hui cette pièce.

[Document présenté de mi-juin à mi-septembre 2006]

Auto-édité et sauvé de l'oubli par le dépôt légal

Poésies I et Poésies II, d´Isidore Ducasse

Isidore Ducasse (1846-1870)
Poésies I et Poésies II
Paris, Journaux politiques et littéraires, librairie Gabrie
1870 [avril et juin]
2 vols, 15 et 16 p., in-8°
Reliures en galuchat de Jean de Gonet (2005)
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. p. Ye. 870 (1-2)

L’admiration des surréalistes pour l’œuvre d’Isidore Ducasse s’est longtemps alimentée du mystère touchant la vie de l’auteur des Chants de Maldoror et de Poésies I (et II). Si nous en savons plus maintenant sur celui-ci, son œuvre, et particulièrement le curieux traité d’antilittérature que constitue Poésies, n’en finit pas d’exciter la sagacité des commentateurs. Jusqu’en 1998, on ne connut de Poésies qu’un seul exemplaire, celui de dépôt légal. La découverte d’un second diminue à peine le prix accordé à celui qu’André Breton vint copier. Longtemps relié en un seul volume, il fut confié en 2005 à Jean de Gonet pour être rétabli en deux plaquettes, couvertes de galuchat bicolore.

[Document présenté de mi-mars à mi-juin 2006]

Le premier texte littéraire français illustré

Gravure de Jean d’Arras : Histoire de la belle Melusine

Jean d’Arras
Histoire de la belle Melusine
Genève, Adam Steinschaber, août 1478, in-folio, ill.
Gravure sur bois enluminée à la main
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. Y2. 400

À Genève comme à Lyon, les imprimeurs du XVe siècle, moins tournés vers la culture savante que ceux de Paris, n’hésitent pas à produire très tôt des livres de littérature "populaire" et à les illustrer. D’où cette édition du roman de la fée Mélusine, composé à la fin du XIVe siècle pour le duc Jean de Berry, frère du roi Charles V. Il s’agit à la fois de la première édition imprimée de ce texte, de la première édition illustrée genevoise – et de la deuxième impression dans cette ville  – et de l’un des deux premiers textes imprimés en français à comporter des illustrations, avec un Mirouer de la redempcion de lumain lygnage, imprimé à Lyon par Martin Huss le 26 août 1478. Le cycle de 63 gravures à la saveur truculente est rehaussé dans cet exemplaire, l’un des six connus dans le monde, par le coloriage fait à la main.

[Document présenté de mi-décembre 2005 à mi-mars 2006]

Un manuscrit carolingien du IXe siècle et sa reliure d'ivoire et d'orfèvrerie

Évangéliaire dit de sainte Aure

Évangéliaire dit de sainte Aure
Reliure d'ivoire et d'orfèvrerie
France, milieu IXe siècle
BNF, site Arsenal, Bibliothèque de l’Arsenal
Rés. Ms. 1171

Vénéré au Moyen-Âge comme une relique de sainte Aure, abbesse bénédictine et seconde patronne de Paris, quoiqu’il lui soit postérieur de deux siècles, l’Évangéliaire dit de sainte Aure peut être rattaché à l’école de Reims et daté du milieu du IXe siècle. Le manuscrit offre une remarquable illustration : de très belles initiales ornées et les représentations des évangélistes assis au milieu d’enceintes fortifiées avec leur écritoire, accompagnés de leur symbole, peints dans le style convulsé carolingien. Il est recouvert d’une très belle reliure d’orfèvrerie en argent. Sur le premier plat un encadrement de filigranes et de pierreries entoure un ivoire byzantin du Xe siècle, la Vierge à l’enfant. Sur le plat inférieur une plaque d'argent niellé représente le Christ en majesté dans une mandorle fleurdelysée.

[Document présenté de mi-septembre à mi-décembre 2005]

jeudi 27 décembre 2012

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