Soutenez la BnF
Formulaire de recherche

Collections et services

Trésors en dations à la BnF : 1968-2008

site F.-Mitterrand - Espace découverte

du 15 décembre 2008 au 15 mars 2009
La sélection de documents célèbre le 40e anniversaire de la loi du 31 décembre 1968 instituant la dation en paiement pour favoriser la conservation du patrimoine artistique national.

Le Trésor du mois est associé à cette célébration et présente l’une des dations les plus récentes entrées à la Bibliothèque nationale de France.

Le 26 janvier, 6 nouveaux documents sont présentés.

1934

Thèse de droit sur la dation en paiement

François Jeannin-Naltet
La Dation en payement en droits français et anglais comparés, thèse pour le doctorat... Université de Paris. Faculté de droit.
Paris, les Presses modernes, 1934. In-8, 330 p.
BNF, Droit, économie, politique
[8- F- 37543

Cette thèse pour le doctorat en droit, présentée et soutenue le 4 décembre 1934, expose, après un rappel historique de la notion, la nature juridique de la dation en paiement, les conditions de sa validité et ses effets, tant en droit français qu’anglais. L’auteur conclut par une vue comparative générale des régimes de dation en paiement dans différents systèmes juridiques, notamment suisse, italien et brésilien.

1968

Le texte de la loi sur la dation en paiement

France
Journal officiel de la République française (Lois et décrets)
Loi n° 68-1251 du 31 décembre 1968 tendant à favoriser la conservation du patrimoine artistique national [parue au JO du 3 janvier 1969, p.77]
BNF, département Philosophie, histoire, sciences de l’homme
[Fol Lc2 3190

La loi n° 68-1251 du 31 décembre 1968 tendant à favoriser la conservation du patrimoine artistique national, dite « Loi Malraux », créé la dation en paiement, qui permet de s’acquitter d’une dette fiscale par la remise d’œuvres d’art, livres, objets de collection, documents, de haute valeur historique ou artistique.
Conçu pour éviter les exportations d’œuvres d’art vers l’étranger et la dispersion des collections, fréquentes lors des successions, le système mis en place permet ainsi d’enrichir les collections publiques. D’abord circonscrit aux droits de mutation et aux droits de partage, le dispositif a par la suite été étendu à l’impôt de solidarité sur la fortune.

1977

Département des Manuscrits

Roger Martin du Gard (1881-1958)
Lettre à sa fille, 29 août 1915
Lettre autographe
Entrée par dation en 1977
BNF, département des Manuscrits
[NAF 28190

Cette lettre est l’une des premières que Roger Martin du Gard, affecté depuis le début de la guerre aux « Convois automobiles », adresse à sa fille Christiane. S’il se met à la portée de l’enfant, alors âgée de huit ans, il n’en laisse pas moins apparaître ses sentiments pacifistes et son inquiétude sur les conséquences de la longue séparation familiale.
Outre cette correspondance qui s’achève en 1957, quelques mois avant la mort de l’écrivain, la dation comprend également des dossiers composés de notes autographes et de coupures de presse amassées et classées par lui, comme autant de matériaux à utiliser pour ses romans, notamment Les Thibault et celui, resté inachevé, Le Lieutenant-colonel de Maumort. Elle complète l’exceptionnel ensemble de manuscrits et de correspondances (dont les lettres de Christiane à ses parents), légué par Roger Martin du Gard à la Bibliothèque nationale et dont il fit déposer les premières malles scellées au département des Manuscrits, à l’automne 1957.

1978

Bibliothèque de l’Arsenal

Carte des Flandres

Cartes des Flandres, avec les plans de la bataille de Rocoux, 1746, et de la bataille de Lawfeld, 1748 [sic]
XVIIIe siècle. Papier. 4 feuillets et 16 cartes manuscrites aquarellées en double page dont une dépliante, 520 x 400 mm. Reliure maroquin rouge aux armes du comte d’Argenson. Ex-libris Bibliothèque du château des Ormes.
Entré par dation en 1978
BNF, Bibliothèque de l’Arsenal
[Ms 15216

Reçu en dation en 1978 de la famille d’Argenson, ce volume fait partie d’un ensemble dit des « livres de guerre » du comte d’Argenson, recueils de plans de batailles, consacrés principalement aux campagnes de la guerre de Succession d’Autriche en Flandre.
Oncle du marquis de Paulmy, le fondateur de la bibliothèque de l’Arsenal, le comte d’Argenson, ministre de la guerre de 1743 à 1757, les avait conservés dans sa bibliothèque du château des Ormes où il s’était retiré après sa disgrâce.

1984

Département des Manuscrits

Cahier de brouillon pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs
Marcel Proust (1871-1922)
Cahier de brouillon pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs
Manuscrit autographe, 148 f., 225 x 180 mm
Couverture bibliophile à dos et coins rouges
Entré par dation en 1984
BNF département des Manuscrits
[NAF 18320

Rédigé en vue de la parution d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs chez Grasset en 1919, ce cahier contient le récit du premier séjour à Balbec qui forme le début de la 2e partie du roman. Écrit à l’encre noire, le texte est rédigé sur la double page, Proust utilisant les marges pour insérer des ajouts, comme ici aux f. 60v-61r. Le cahier porte également les annotations au crayon de la main du secrétaire de Proust, Albert Nahmias, chargé d’établir la copie en vue de l’édition. Reçu en dation de Jacques Guérin en 1984 avec douze autres cahiers de brouillon contenant des ébauches des différentes parties d’À la recherche du temps perdu, ce cahier est venu compléter l’important fonds Proust du département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

1985

Département des Estampes et de la photographie

Jean Effel (1908-1982)
« ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT – Pollution de l’U.D.Air ! – Pollution de la S.F.I.Eau ! »
Dessin à l’encre de chine, publié dans Paris-Match, 14 mars 1970
Entré par dation en 1985
BNF, département des estampes et de la photographie
[Tz-91 (16) pet fol.

Jean Effel, pseudonyme de François Lejeune (1908-1982) a réalisé en un demi-siècle 17 000 dessins qui ont été publiés dans : Marianne, Vendredi, Le Canard enchaîné, Paris-Soir, L’Humanité, L’Humanité-dimanche, Action, Les Lettres françaises, La Vie ouvrière, Carrefour, Constellation, Paris-Match, Le Monde, Le Figaro, L’Express, Point de vue et dans 184 livres. Il est célèbre pour ses dessins politiques et sa série d’albums sur « La création du Monde ». Les dessins de la dation de 1985 viennent en complément d’un don fait en 1983.

1995

Département des Manuscrits

Les Dialogues ou Rousseau juge de Jean-Jacques

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Les Dialogues ou Rousseau juge de Jean-Jacques
Manuscrit autographe, première mise au net, février 1776
Entré par dation en 1995
BNF, département des Manuscrits
[NAF 25700

De 1772 à 1776, Rousseau rédige trois « Dialogues » qui s’inscrivent, comme les Confessions et les Rêveries d’un promeneur solitaire, dans la postérité auto-analytique de Montaigne mais aussi dans la tradition de la littérature de controverse. L’accusateur - le diable - est « le Français » porte-parole de la nation persécutrice, le défenseur - l’Esprit - est Rousseau qui décide de déposer le manuscrit, sous une chemise intitulée « Dépôt à la Providence », dans le chœur de Notre-Dame. Trouvant les grilles fermées, il le confie au « vertueux » Condillac. À la mort de ce dernier en 1780, le manuscrit est déposé à l’hospice de Beaugency où il demeure jusqu’en 1879 avant d’entrer à la BNF en 1996.
Le texte fut publié en 1782 à partir de trois autres copies autographes.

1996

Réserve des livres rares

Marcel Proust (1871-1922)
À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann
Paris : Bernard Grasset, 1914
Édition originale (achevé d’imprimer le 8 novembre 1913). Exemplaire 12, l’un des douze sur hollande Van Gelder. Exemplaire René Blum, puis Alexandre Daniel, Auguste Lambiotte, enfin Jean Lanssade.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. p. Y2. 3210

L’exemplaire porte un long envoi à René Blum (1878-1942), frère de Léon. C’est par R. Blum que le premier volume de la Recherche fut présenté à l’éditeur Bernard Grasset et publié. L’envoi, qu’on peut dater de la mi-novembre 1913, évoque son  « geste si noble », dans une allusion à un tableau de Gustave Moreau. Il se poursuit en citant de mémoire le passage sur la madeleine, où « l’odeur et la saveur » persistent « comme des âmes », portant « sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir » : rappel d’une lecture à voix haute, quelques jours plus tôt, avec R. Blum, souvenir de la voix « sévère et tendre » de celui-ci, « votre voix de censeur et d’ami ».

Honoré de Balzac (1799-1850)
La Bourse : premières épreuves corrigées
Paris : imprimerie de Lachevardière, 1832. 37 f. ; 28 cm
Seconde partie des épreuves en vue de la deuxième édition des Scènes de la vie privée, où « La Bourse » fut publiée pour la première fois.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. m. Y2. 1180

Au verso de deux feuillets figurent des indications de Balzac au prote. La fin est autographe. La première partie est conservée à la Maison de Balzac, à qui elle fut donnée en 1910 par Laurent Duhamel Surville de Balzac, le petit-neveu du romancier, comme l’indique une note de celui-ci.
Couverture de La Bague d’Annibal

J. A. Barbey d’Aurevilly (1808-1889)
La Bague d’Annibal
Paris : Duprey, 1843. 18 cm. Édition originale. L’un des 25 exemplaires sur hollande. Exemplaire de Baudelaire, relié par L. Tripon.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. p. Y2. 3188

Écrit en 1834, publié neuf ans plus tard, La Bague d’Annibal est le second livre de Barbey d’Aurevilly. L’envoi « à mon Ami Ch. Baudelaire » est à situer en janvier 1855 : l’exemplaire était destiné à Madame Sabatier ; Barbey, qui n’en avait plus, se procura par Trébutien un volume sur hollande, que Baudelaire chargea Tripon de relier selon ses goûts précis en la matière.
Baudelaire admirait l’auteur de L’Ensorcelée. Barbey d’Aurevilly soutint son ami au moment des Fleurs du mal, esquissant même une lecture catholique de l’œuvre.
Extrait de Petits poèmes en prose

Charles Baudelaire (1821-1867)
Petits poèmes en prose : coupures et épreuves
Paris : imprimerie Serrière et Cie [août-septembre 1862]. 2 vol. ; 28 cm.
Coupures parues dans La Presse, les 26 et 27 août 1862 ; épreuves du quatrième feuilleton refusé. Les deux parties sont corrigées par l’auteur.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. m. Ye. 1121 (1-2)

Ces « petites babioles », ces « bagatelles », pour lesquelles il avait dû réinventer « une prose musicale rythme et sans rime », et qu’il voyait comme un pendant aux Fleurs du mal, Baudelaire n’arriva jamais à en faire un livre. L’ensemble le plus important en avait été publié dans La Presse par Arsène Houssaye, en trois feuilletons. Le quatrième est demeuré à l’état d’épreuves, Houssaye refusant de le publier parce qu’il n’était pas entièrement inédit. Baudelaire, l’ayant réclamé, reçut en même temps les coupures des parties éditées, qu’il corrigea de nouveau, probablement à Bruxelles.
Les Cahiers d’André Walter : œuvre posthume

[André Gide]
Les Cahiers d’André Walter : œuvre posthume
Paris : Librairie de l’Art indépendant, 1891. 17 cm
Édition originale. L’un des vingt exemplaires sur japon (n° 23). Exemplaire de Paul Valéry. Broché.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. p. Y2. 3200

Se présentant comme l’édition du journal intime d’un jeune homme de vingt ans, Les Cahiers d’André Walter furent publiés peu après la rencontre de Gide avec Paul Valéry, à Montpellier, en décembre 1890. L’envoi « à Paul Ambroise Valéry posthumément », porté sur ce premier livre, ressuscite André Walter, « l’ami de silence », terme qui se retrouve presque à l’identique (« O mon cher compagnon de silence ! ») dans « Le Bois amical », un poème de l’Album de vers anciens, écrit dans l’exaltation de cette rencontre.

Paul Verlaine (1844-1896)
Sagesse
Paris : Société générale de librairie catholique, 1881. 24 cm.
Édition originale. Exemplaire de Stéphane Mallarmé. Broché.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. p. Ye. 2982

« Le père, le vrai père de tous les jeunes, c’est Verlaine, le magnifique Verlaine », confiait Mallarmé en 1891 à Jules Huret : dans Sagesse, « son vers fluide, avec déjà des dissonances voulues », tranche sur l’impassibilité parnassienne, initie la crise du vers. Ce volume portant envoi de Verlaine, fut probablement l’un des livres de sa bibliothèque auxquels Mallarmé attachait le plus d’importance, quant à la poésie.

Julien Turgan (1824-1887)
Les Ballons […] Précédée d’une introduction par M. Gérard de Nerval.
Paris : Plon frères, 1851. 17 cm. Édition originale. Exemplaire au chiffre de Charles Baudelaire, relié par Lortic.
Entré par dation en 1996
BNF, Réserve des livres rares
[Rés. p. V. 1240

« Inventer, au fond, c’est se ressouvenir », cette phrase en tête des Filles du feu, Nerval la développe dans son introduction au livre de Julien Turgan, en faisant la liste de tous les précurseurs supposés – certains remontent à l’Antiquité – de Montgolfier et des autres pionniers de l’aérostation évoqués là.

Baudelaire, qui n’estimait guère J. Turgan, mais qui partageait le scepticisme de Nerval à l’égard du progrès scientifique, jugea ce livre digne de sa bibliothèque.

Département des Estampes et de la Photographie

Jacques Prévert (1900-1977)
Le Dernier homme sur la terre
Fragments de gravures coloriées sur page de magazine
Entré par dation en 1996
BNF, département des Estampes et de la Photographie
[Rés. DC-941 FT 4

Vers 1943, Jacques Prévert commence à pratiquer le collage. Il compose des figures hybrides au moyen d’images glanées ici et là : il mêle ainsi l’imagerie religieuse à des vignettes publicitaires, des photographies réalisées par ses amis photographes ou découpées dans des magazines, des cartes postales etc. Ses collages sont des images réalisées à partir de représentations communes qu’un élément accolé fait basculer dans l’absurde.

Les collages de Prévert ont été exposés à la Bibliothèque nationale en 1982. Une première donation faite en 1980 a été complétée en 1996 par dation en paiement des droits de succession de la fille de l’artiste, Jacqueline Prévert.

1998

Département des Arts du spectacle

Accessoire de jeu pour Knock ou Le triomphe de la médecine, comédie en 3 actes de Jules Romains
Lot de photographies, signées Lipnitzki, de représentations de Dom Juan ou Le convive de pierre, comédie en 5 actes de Molière, Paris, Théâtre de l’Athénée, saison 1947-1948
Entrés par dation en 1998
BNF, département des Arts du spectacle
[LJ D-61 (13) et LJ D-66 (11)

Les archives de Louis Jouvet comprennent ses dossiers de travail et correspondance, 1912-1951. On montre ici l’agenda sur lequel le docteur Knock prend des notes au cours de ses conversations avec les malades. Cet agenda était celui du régisseur du Théâtre de l’Athénée pendant la saison 1933-1934. Louis Jouvet l’utilisa de 1934 à 1950 comme accessoire au 2e acte de Knock. Les griffonnages qu’il faisait pendant le jeu sont entremêlés de réflexions sur la répétition du jour, le jeu des acteurs, le public, etc. Ce petit agenda l’a suivi pendant toutes les tournées.
Un ensemble de photographies de scène permet d’évoquer la pièce de Molière, Dom Juan, mise en scène et interprétée par Louis Jouvet dans le rôle-titre, créée au Théâtre de l’Athénée le 24 décembre 1947.

Département de la Musique

Francis Poulenc (1899-1963)
Les Mamelles de Tirésias
Opéra-bouffe en 2 actes et 1 prologue (FP 125). Poème de Guillaume Apollinaire. Musique de Francis Poulenc. Dédié à Darius Milhaud.
Partition. Manuscrit autographe, 194 + 160 p. 35,5 x 28 cm. Orchestration mise au net à l’encre. Indications pour l’exécution et la gravure. Indications scéniques à l’encre rouge.
Daté : Noizay mai-juillet 1945 (acte 1), 12 août 1945 (acte 2).
Entré par dation en 1998
BNF département de la Musique
[Ms. 23570

Le 24 juin 1917, Francis Poulenc eut l’occasion d’assister à la représentation de la version révisée de ce « drame surréaliste » selon l’expression d’Apollinaire. Hanté par ce texte, il en fit un livret vers 1935, livret qu’il mit en musique entre mai et octobre 1944 avec l’intention d’en faire hommage à Darius Milhaud pour son retour d’Amérique. La première à l’Opéra-Comique le 3 juin 1947 dans une élégante production avec les décors et costumes d’Erté, provoqua une sorte de petit scandale, le sujet de cet opéra-bouffe n’ayant rien perdu de son caractère provoquant, en résumé, « Français, tirez les leçons de la guerre, faites des enfants ». L’un des deux principaux personnages, Tirésias/Thérèse, fut magistralement interprété par Denise Duval dont le nom reste définitivement associé à deux autres grands chefs d’œuvre de Francis Poulenc, la Voix humaine et le Dialogue des Carmélites (rôle de Blanche de La Force).
La dation Francis Poulenc a permis l’entrée dans les collections de la Bibliothèque nationale de France d’un très remarquable ensemble composé de manuscrits autographes, de lettres du compositeur à Henri Sauguet et de correspondances à lui adressées et enfin d’une collection exceptionnelle d’albums de photographies réunies et annotées par le compositeur.

1999

Département des Arts du spectacle

Marcel Carné (1906-1996)
La Merveilleuse visite
Adaptation du roman de H.G. Wells par Marcel Carné, Didier Decoin et Robert Valey.
Décor de Louis Le Barbenchon d'après des maquettes de Bernard Evein. Musique d’Alan Stivell.
Manuscrit autographe de Marcel Carné. Tapuscrit avec corrections manuscrites (1973).
Maquettes de Bernard Evein.
Entré par dation en 1999.
BNF, département des arts du spectacle. [4-MY-1666 et MAQ-5774-5775

Sorti en 1974, le film La Merveilleuse visite n’a eu qu’une courte existence en salle, dernier rebondissement d’une aventure émaillée de mille incidents. L’œuvre illustre l’inspiration fantastique de Marcel Carné, qui contraste certainement avec d’autres aspects de sa production. En 1999, une dation en paiement a permis l’acquisition de ces documents avec plusieurs autres scénarios, celui notamment de Quai des brumes, différents documents iconographiques, et de nombreuses lettres au réalisateur. Cet ensemble complète fonds et collections qui, au sein du département des Arts du spectacle, sont consacrés au cinéma français et permettent d’en retracer l’histoire.

2000

Département des Manuscrits

Simone Weil (1909-1943)
Manuscrit provenant du fonds Simone Weil
Entré par dation en 2000
BNF, département des manuscrits
[NAF 28437

Simone Weil n’ayant publié dans sa courte vie (1909-1943) que quelques articles parus dans des revues syndicales ou politiques, le destin de son œuvre est lié à la conservation matérielle de ses manuscrits. Ce sont eux qui permettent après guerre les premières éditions posthumes, révélant l’importance d’une pensée philosophique qui embrasse tous les domaines du savoir et témoigne de la façon la plus aiguë de la condition de l’homme. Déposés à la Bibliothèque nationale de France depuis 1978, ils y entrent définitivement par dation en 2000, accessibles aux chercheurs qui en ont entrepris une publication exhaustive. Des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale à L’Enracinement, des travaux Sur la science ou sur La Source grecque aux Intuitions préchrétiennes, de la Correspondance à l’admirable série des Cahiers,  l’essentiel de ce que la philosophe a écrit, y compris ses notes de cours, ses livres annotés ou les documents accumulés pendant ses derniers mois à Londres, figure dans le fonds Simone Weil.

2001

Département des Estampes et de la Photographie

Le « Bois Protat »

Le « Bois Protat »
Vers 1370-1380
Tirage moderne issu de l’ouvrage de François Courboin, Histoire illustrée de la gravure en France. 1re partie. Des origines à 1600. Paris, Le Garrec, 1923.
Entré par dation en 2001
BNF, département des Estampes et de la Photographie
[YC-303 (A) – Pet. Fol.

Le « Bois Protat » n’est pas le premier bois gravé jamais exécuté, mais il est assurément le plus ancien conservé pour l’Occident. Il a été découvert au XIXe siècle en Bourgogne, dans une maison près de l’ancienne abbaye de la Ferté-sur-Grosne, et acquis par Jules Protat, imprimeur à Mâcon.
Il s’agit d’une planche en noyer plein, travaillé sur ses deux faces. Un côté représente une crucifixion (le Christ n’est deviné que par l’extrémité de son bras gauche cloué sur le croisillon). Trois personnages se tiennent debout, un centurion et deux soldats romains. De la bouche du centurion s’élève un phylactère portant l’inscription Vere filius Dei erat iste (« celui-là était vraiment le fils de Dieu », inscription taillée à l’envers, puisque le bois était destiné à l’impression). D’après les dimensions et le motif du fragment qui subsiste, on estime que deux autres blocs semblables étaient sans doute nécessaires pour réaliser le sujet complet. Le verso porte une Annonciation, dont on n’aperçoit plus que l’ange agenouillé. Le tracé de cette face semble même antérieur.
Il n’est pas absolument certain que ce bois ait été tiré sur papier. Peut-être a-t-il servi à fabriquer des pala altaris, ces étoffes peinturlurées sur impression préalable, dont on façonnait des devants d’autel, des bannières d’églises, ou des affiches que des confréries promenaient par les rues pour inviter le peuple à la célébration des mystères.

2002

Bibliothèque-musée de l’Opéra

Juan Gris (1887-1927)
Pierrot : projet de costume pour un ballet non réalisé, 1921
Crayon, fusain et aquarelle, 317 x 235 mm (dessin). Ancienne collection de Boris Kochno, secrétaire de Serge Diaghilev.
Entré par dation en 2002
BN, Bibliothèque-musée de l’Opéra
[MUS K- 41

Sollicité par Serge Diaghilev en 1921 pour dessiner décors et costumes de Cuadro Flamenco, Juan Gris fut écarté par Pablo Picasso qui décida de s’en charger. La même année, Diaghilev lui commanda alors un ballet pour lequel la Bibliothèque-musée de l’Opéra conserve aussi l’argument manuscrit : Pierrot, principal protagoniste du ballet, est épris de la danseuse ; son rival, un prince imposteur, est finalement confondu. Ce projet ne se fit pas et ce n’est qu’avec La tentation de la bergère (1923) que la collaboration entre Diaghilev et Juan Gris fut effective, même si le peintre en conserva un très mauvais souvenir.
Les huit maquettes de Juan Gris pour ce projet avorté font partie de 152 dessins acquis par dation en 2002 par la Bibliothèque-musée de l’Opéra. Ils y avaient été préalablement déposés par Juan de Beistegui après leur acquisition en vente publique en 1975. Cet ensemble est constitué de portraits des protagonistes des Ballets russes et de maquettes de costumes et de décors de Léon Bakst, Michel Larionov, Natalia Gontcharova, Henri Matisse, Marie Laurencin, Georges Braque, Pierre Bonnard… pour les spectacles de cette compagnie.

Département des Manuscrits

Nathalie Sarraute (1900-1999)
Pour un oui ou pour un non
Manuscrit autographe, 189 f., 330 x 265 mm.
Entré par dation en 2002.
BNF, département des manuscrits.
[NAF 28088 (39)

Sixième pièce de théâtre de Nathalie Sarraute, Pour un oui ou pour un non fait d’abord l’objet d’une création radiophonique réalisée par René Farabet pour Radio France et diffusée le 13 décembre 1981, avec Laurent Terzieff, Jean-Claude Jay, Danielle Girard et Jean Leuvrais. La première représentation sur scène, en anglais, a lieu le 29 mai 1985 au Manhattan Theatre Club de New York, dans une mise en scène de Simone Benmussa qui signe également la mise en scène de la première française au théâtre du Rond-Point, à Paris, le 17 février 1986. La distribution était alors la suivante : Jean-François Balmer, Sami Frey, Dominique Ehlinger et Christiane Desbois.
Le manuscrit définitif, encore très travaillé, est écrit sur des feuillets utilisés recto verso, Nathalie Sarraute apposant le signe « VV » sur le recto pour signaler le passage corrigé et réécrit au verso, comme ici au f. 48.

Reçu en dation en 2002, ce manuscrit fait partie de l’important fonds Nathalie Sarraute conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France.

2004

Département des Manuscrits

Résidence de Lamartine à Saint-Point

Alphonse de Lamartine (1790-1869)
Œuvres, discours et correspondances
Entré par dation en 2004
BNF, département des manuscrits
[NAF 28326

Provenant du château familial de Saint-Point, cet important fonds réunit les manuscrits d’œuvres poétiques, la quasi-totalité des manuscrits des romans, qu’ils soient autobiographiques ou non, ainsi que les correspondances du poète avec sa famille et ses proches.
Les discours à la Chambre tiennent également une large place et se présentent sous divers états, depuis les dossiers et notes préparatoires jusqu’aux textes mis au net. Certains passages sont soulignés de traits rouges : devaient-ils correspondre à des effets oratoires ? Marquaient-ils les points essentiels du discours ? Tout cet ensemble témoigne de la multitude d’actions menées par Lamartine dans les domaines les plus variés, tant sur le plan social qu’économique : les enfants trouvés, sur lesquels il a réuni une importante documentation, la peine de mort, l’esclavage, les prisons, la déportation, la politique étrangère, les chemins de fer, les rentes, les houillères, le bétail ….

Avec les manuscrits d’œuvres historiques, enfin, comme L’Histoire des Girondins ou L’Histoire de la Révolution de 1848, ce fonds met en lumière l’écrivain engagé, l’homme politique, qui a gouverné la République en 1848 et n’a cessé de se battre pour les grandes causes de l’humanité.

 

2005

Département des Estampes et de la Photographie

Joseph-Philibert Girault de Prangey (1804-1892)
Arbres au bord d’un étang
Vers 1841. Daguerréotype pleine plaque
Entré par dation en 2005
BNF, département des Estampes et de la Photographie
[Rés. EG7-862

Érudit, grand voyageur dans sa jeunesse, Girault de Prangey publie en 1836-1838 un grand album Monuments arabes et moresques de Cordoue, Séville et Grenade. On lui doit également un Essai sur l’architecture des Arabes et des Mores en Espagne, en Sicile et en Barbarie (1841). Mais son plus beau titre de gloire est d’avoir utilisé très tôt la photographie. En 1841, il fixe sur la plaque des vues de sa villa, de Langres, de Chaumont, de Troyes, de Paris, des paysages de Haute-Marne. En 1842, il entreprend un grand périple, qui le conduit à Marseille, à Rome, en Grèce, en Égypte, en Palestine, en Asie Mineure. Il rentre en France en 1844, rapportant de son voyage quelque mille daguerréotypes ainsi qu’une abondante moisson de dessins.
Le département des Estampes et de la Photographie conserve 178 de ces plaques uniques, entrées par don, acquisition et dation.

2008

Département des Estampes et de la photographie

Alexandrine Zola (1839-1925)
Portrait d’Émile Zola à Médan sur une meule de paille, avec le chapeau de sa femme
1895
Tirage sur papier albuminé
Entré par dation en 2008
BNF, département des estampes et de la photographie
[Rés. NZ-4°

Ensemble de photographies prises dans la propriété de Médan entre 1895 et 1902 par Émile Zola et son cercle, en particulier Albert Laborde, filleul de sa femme Alexandrine.

Ces clichés d’amateurs illustrent leurs loisirs : parties de bicyclettes et de canotage, repas amicaux, séances de portraits. L’ensemble forme une chronique très vivante, souvent amusante, dévoilant ainsi la vie privée de l’écrivain, à mille lieues de ses engagements littéraires et politiques. Ces images encore peu connues proviennent de la famille Morin-Laborde. Elles complètent admirablement l’ensemble de photographies, beaucoup plus publiées, faites par Zola du second ménage qu’il formait avec Jeanne Rozerot et leurs deux enfants Denise et Jacques.

mercredi 14 octobre 2009

Partagez