Soutenez
le Trésor national
Formulaire de recherche

Collections et services

Historiques des titres de presse numérisés

L’Action Française (1908-1944)

Quotidien de la Ligue d’Action Française, ce journal fondé par Charles Maurras et Léon Daudet s’affirme dès sa parution comme le plus virulent et le plus brillant des titres de la mouvance nationaliste. Il fédère les anciens boulangistes, bonapartistes, antisémites amis de Drumont les plus désireux d’en découdre avec la République. L’Action Française se démarque des autres publications de la droite nationale autoritaire par le caractère éminemment provocateur de ses articles. Il organise ainsi une agitation politique permanente, tout en apparaissant comme le seul quotidien conservateur proposant une doctrine cohérente. Au-delà de la violence de ses attaques antisémites et antimaçonniques, le quotidien apparaît comme un lieu de ralliement pour l’ensemble de la droite conservatrice et connaît son apogée avant 1926. Sa mise à l’index par le Pape l’handicape grandement dans les milieux catholiques. Soutien inconditionnel du gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944, l’Action Française est interdite après 1944.

L’Aurore (1897-1914)

Couverture de L´Aurore

Couverture de L'Aurore

Fondé par Ernest Vaughan le 19 octobre 1897, ce quotidien de tendance républicaine socialiste est d’abord animé par Georges Clemenceau. Sa renommée doit beaucoup au célèbre article d’Emile Zola, "J’accuse", publié le 13 janvier 1898. La dénonciation de l’erreur judiciaire et la défense d’Alfred Dreyfus augmentent un temps ses ventes pour les porter jusqu’à 150 000 exemplaires. Mais le départ de Clemenceau, après son accession au ministère de l’Intérieur en 1906, réduit son audience avant que les difficultés nées de la guerre n’entraînent sa disparition.


Le Constitutionnel (1815-1914)

Fondé pendant les Cent Jours, ce quotidien est supprimé cinq fois, reparaissant sous des titres divers avant de redevenir Le Constitutionnel en 1819. Il exerce une grande influence avant et après 1830 : organe libéral, anticlérical et d'opposition sous la Restauration, il devient l'organe de Thiers (centre gauche) sous la Monarchie de Juillet. Il soutient ensuite le régime impérial mais décline sous la Troisième République pour s’arrêter en 1914. Il a notamment publié des romans d’Eugène Sue, de Paul Féval et George Sand et compte Sainte-Beuve au nombre de ses chroniqueurs.

La Croix (1880)

Couverture de La Croix

Couverture de La Croix

Fille de la congrégation de l’Assomption, La Croix est créée par les pères Picard et Vincent de Paul Bailly. Le coup d'audace consiste à lancer un journal populaire (5 centimes le numéro) à un moment où la “grande” presse des catholiques vise surtout les notables.

Ce quotidien se démarque des autres titres de la mouvance conservatrice et contrerévolutionnaire en s’affirmant “uniquement catholique, apostolique et romain”, et en refusant de se revendiquer d’un courant politique. En 1900, le pape Léon XIII obtient le départ du père Bailly et met fin à une période où le journal s'est montré antisémite et antidreyfusard. Désormais, La Croix joue le jeu du ralliement de l'Église à la République et modère son ton. Avec 174 000 exemplaires en 1902, le succès est patent.

Farouchement anti-républicain et anti-laïque à ses débuts, La Croix ne cesse d’évoluer en se ralliant aux intitutions parlementaires et au pluralisme, prenant des positions ouvertes sur des sujets fondamentaux, soutenant la naissante Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), et penchant vers un certain internationalisme. Elle accompagne désormais, durant toute son histoire, les mouvements de rénovation spirituelle et sociale des catholiques français. Repliée en zone sud à Limoges pendant la guerre, La Croix tente de déjouer la censure de Vichy mais refuse de se saborder lorsque les Allemands envahissent la zone Sud. A la Libération, le titre bénéficie de faveurs exceptionnelles qui lui permettent de reparaître, sous son nom inchangé, dès le 1er février 1945.

La Dépêche (1870-1944) puis La Dépêche du Midi (1947)

Créée le 2 octobre 1870 par des ouvriers imprimeurs, La Dépêche connaît un vif succès. Elle multiplie son tirage par dix entre 1879 et 1906. Jean Jaurès et Georges Clemenceau y participent.
Ses liens avec le mouvement radical sont étroits et nombreux : Maurice Sarraut, directeur administratif du journal puis directeur à partir de 1932 est ainsi élu sénateur radical de l’Aude en 1913 ; en 1923, le maire radical de Valence d’Agen, Jean-Baptiste Chaumeil, entre dans le capital du journal, évitant ainsi une tentative de contrôle lancée par Maurice de Rothschild.

Ses amitiés politiques anticléricales lui valent la condamnation par le clergé local. Son succès cependant ne se dément pas. Le tirage atteint 310 000 exemplaires en 1943. Malgré ce succès, La Dépêche disparaît en 1944 pour ne pas s’être sabordée après la défaite puis l’occupation allemande.

Le titre renaît en 1947 sous la direction de Jean Baylet. Fort de son assise régionale (plus de 10 éditions locales), ses prises de position politiques (soutien à Pierre Mendès France, campagne pour le non au référendum sur la Constitution de la Vème République, soutien à François Mitterrand en 1965…) pèsent sur la vie politique nationale. La restructuration du journal et le lancement d’une nouvelle formule en 2002 tentent d’enrayer la baisse tendancielle de son tirage qui dépasse toutefois les 200 000 exemplaires.

L’Echo de Paris (1884- 1938)

Dirigé par Valentin Simond à partir de mars 1884, L’Echo de Paris a pour premier rédacteur en chef le très parisien Aurélien Scholl et vise le même public que le Gil Blas. Aussi offre-t-il l’image d’un journal nationaliste très littéraire et parisien. Il publie jusqu'à vingt-huit chroniques inédites par semaine, signées par des personnalités comme Edmond de Goncourt, Octave Mirbeau ou Jean Lorrain. L’une de ses plus célèbres plumes est Willy. Il est absorbé par Le Jour en 1938.

Le Figaro (1826)

Couverture du Figaro illustré

Couverture du Figaro illustré

Lancé en 1826, Le Figaro connaît plusieurs directions avant qu’Hippolyte de Villemessant ne le reprenne avec succès en 1854. D’abord hebdomadaire puis bihebdomadaire en 1856, Le Figaro devient quotidien en novembre 1866 et connaît alors un succès rapide grâce à ses premiers reportages réalisés en direct, en France ou à l'étranger, par ses propres journalistes. Son style alerte et vivant se démarque du reste de la presse de l'époque. Eminemment littéraire et parisien, il brille aussi par ses multiples chroniqueurs et collaborateurs, au rang desquels de très nombreux écrivains. Journal conservateur, il participe aux grandes affaires politiques du XIXe siècle, ne dédaignant pas la polémique, notamment durant l’affaire Dreyfus où ses positions dreyfusardes lui font perdre des lecteurs.

En janvier 1902, Gaston Calmette devient directeur du Figaro ; il augmente la pagination et voit sa diffusion relancée. Assassiné par madame Caillaux en 1914, il est remplacé par Robert de Flers et Alfred Capus. En février 1922, le parfumeur François Coty, grand admirateur du fascisme italien, devient propriétaire du titre. Le Figaro se radicalise à droite ; son lectorat traditionnel l’abandonne. Tombé à 10 000 exemplaires en 1932, le journal, devenu après la mort en 1934 de François Coty, la propriété de sa veuve, Mme Cotnareanu, prend un nouvel élan à partir de 1936 grâce à son nouveau directeur Pierre Brisson. Ce dernier domine la vie du quotidien durant trente ans, donnant au Figaro sa qualité et un ton plus modéré. Replié en zone sud après la débâcle, le journal se saborde le 11 novembre 1942, ce qui lui permettra de reparaître, avec l'équipe Brisson, dès le 23 août 1944.

Le Gaulois (1868–1929)

Couverture du Gaulois du dimanche

Couverture du Gaulois du dimanche

Fondé en juillet 1868 par Edmond Tarbé des Sablons et Henri de Pène, il est repris définitivement en 1882 par Arthur Meyer qui en fait le grand journal mondain de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Représentatif de la presse de qualité destinée aux milieux aisés mais aux tirages relativement faibles, quoique stables (de 20 à 30 000 exemplaires), il est le premier à avoir une chronique hebdomadaire sur le cinéma (à partir de mars 1916). Le Gaulois est racheté par François Coty en 1928 et fusionne l’année suivante avec Le Figaro. De juin 1897 à août 1914, le quotidien est accompagné du Gaulois du Dimanche, supplément hebdomadaire littéraire et illustré qui propose de nombreux feuilletons parmi lesquels Locus Solus de Raymond Roussel.


Gil Blas (1879-1938)

Couverture du Gil Blas

Couverture du Gil Blas

Lancé le 19 novembre 1879 par A. Dumont, le Gil Blas, quotidien républicain, acquiert dans les milieux bien pensants, la réputation d’un journal "léger et grivois". "Amuser les gens qui passent, leur plaire aujourd'hui et recommencer le lendemain" telle est sa devise. D’emblée, ce quotidien est le plus littéraire de tous et compte parmi ses chroniqueurs les meilleures plumes de Paris : Théodore de Banville, Guy de Maupassant, Jean Richepin… Sa plus belle réussite est la création de ses suppléments superbement illustrés par les plus grands artistes (au premier rang desquels Steinlen) qui publient en bonnes feuilles de très nombreux poèmes, nouvelles et romans. Interrompu en 1914, il reparaît par intermittences jusqu’en 1938.


L’Humanité (1904)

Couverture de L´Humanité

Couverture de L'Humanité

Le 18 avril 1904, le premier numéro de l'Humanité sort dans les kiosques. Jean Jaurès, qui souhaite doter le Parti Socialiste Français d’un quotidien, en est le principal instigateur et le directeur politique. Il est persuadé qu’il y a place pour un grand journal de vérité qui ferait pièce non seulement aux feuilles à fort tirage mais aussi à l'organe du parti de Jules Guesde, Le Socialiste. Jaurès réunit des collaborateurs prestigieux : Aristide Briand, René Viviani, Jean Allemane, Lucien Herr, Francis de Pressensé, Léon Blum, Tristan Bernard, Jules Renard, Anatole France, Octave Mirbeau, Henry de Jouvenel et Abel Hermant. Beaucoup sont agrégés et normaliens, ce qui fait dire à Briand, non sans ironie, "ce n’est pas l’Humanité, ce sont les humanités". Le premier numéro tiré à 140 000 exemplaires, vendu à 138 000 est un succès.

Jaurès précise, dans son éditorial, la ligne du journal qui ne se veut pas un outil de propagande, mais doit apporter des "informations étendues et exactes", garantir "la loyauté des comptes rendus, la suite de [ses] renseignements, l'exactitude de [ses] correspondances", manifester "un souci constant et scrupuleux de la vérité" qui n'empêchera pas la "vigueur du combat".

Pourtant, la qualité du journal et l’importance qu’il prend dans le paysage politique français ne sont pas une garantie de réussite. En 1906, il frôle la faillite. Il échappe au naufrage grâce aux souscriptions des ouvriers, des syndicats, des coopératives, à des augmentations de capital et à des emprunts qui lui permirent de survivre. Puis il se modifie. La photographie et la caricature le rendent moins austère. Le tirage remonte et approche de 80 000 en 1912. L’Humanité est de toutes les luttes. Il soutient les revendications ouvrières, tente d’arracher la France au "guêpier marocain" et surtout se dresse contre le péril de la guerre.

Le 1er août 1914, l'Humanité paraît encadré de noir. Un titre immense en première page : “Jaurès assassiné”. Durant le premier conflit mondial, l’Humanité est soumis aux vicissitudes du mouvement socialiste. Le journal soutient d’abord le gouvernement de guerre. Mais le succès des minoritaires, lors des congrès d’octobre 1918, a fait accéder Marcel Cachin à la direction (il est resté directeur du journal jusqu'à sa mort en 1958). En 1920, à la suite de la scission au sein de la SFIO, lors du congrès de Tours, l'Humanité qui tire alors à 140 000 exemplaires, reste l'organe de la majorité et devient donc le quotidien du PCF. Le journal, naguère dominé par un esprit réformiste, suit désormais la voie du communisme révolutionnaire.

Le 26 août 1939, il est confisqué, et sa publication interdite. Le 26 octobre 1940 paraît le premier numéro clandestin ; 317 numéros seront réalisés, dans des conditions très difficiles, sous l’occupation. Le 21 août 1944, le journal est diffusé à nouveau au grand jour.

L’Intransigeant (1880-1940 ; 1947-1948)

Fondé en juillet 1880 par Henri Rochefort, ce quotidien suit les évolutions politiques de son directeur. De tendance socialiste en 1880, Rochefort use ensuite de son talent de polémiste pour dénoncer la politique des républicains opportunistes, en particulier Jules Ferry. Rallié au boulangisme, puis nationaliste, l’Intransigeant est clairement anti-dreyfusard. Sous l’impulsion de Léon Bailby qui en prend progressivement la direction, ce titre demeure un des plus grands journaux nationaux du soir jusqu’en 1930. Il passe ensuite de mains en mains, sa situation financière s’aggrave et il se saborde après la débâcle. Il fait une brève réapparition en 1947 avant d’être absorbé par Paris-Presse.

Le Journal des Débats (1789-1944)

Créé en août 1789 par l’imprimeur Baudoin, ce journal rend compte des débats de l’Assemblée nationale. Acquis par les frères Bertin en 1799, il devient ensuite le Journal de l’Empire sous Napoléon Ier avant de retrouver son titre sous la Restauration. Ses directeurs y insèrent un "feuilleton" (critique des spectacles, comptes rendus…) qui fait son succès. Il offre l’image d’une presse du " juste milieu". Document de référence pour l’historien, il constitue l’un des grands journaux du XIXe siècle par la qualité et la densité de ses articles (politique, économie, diplomatie) ainsi que par la variété de ses collaborateurs : Geoffroy, Chateaubriand, Nodier, Jules Janin… Il cesse de paraître en 1944, sans avoir retrouvé l’aura qui était la sienne avant 1914.

La Justice (1880–1931 ; 1939-1940)

Fondé en janvier 1880 par Georges Clemenceau, qui cesse d’y écrire à partir de 1891, et par Camille Pelletan, ancien rédacteur du Rappel, ce quotidien s’affiche comme un puissant organe de l’extrême-gauche, et comme la tribune directe de son directeur. Il compte parmi ses principaux rédacteurs Stephen Pichon, le radical Jules Roche, l’ancien rédacteur du Radical, Léon Millot ou celui du Progrès de Lyon, Vézian. Malgré un tirage relativement faible - ne dépassant que rarement les 10.000 exemplaires – il conserve tout au long de son histoire une influence au sein des milieux parlementaires. Pendant la seconde guerre mondiale, il poursuit sa parution sous le titre du Mot d’ordre.

La Lanterne (1877-1938)

Lancé en avril 1877 par le financier Eugène Mayer, ce quotidien est la seule réussite du journalisme radical. Journal populaire, il connaît un franc succès, tirant dès ses débuts à plus de 100.000 exemplaires. Il doit essentiellement sa célébrité à son anticléricalisme virulent, et aux campagnes que ses rédacteurs mènent contre la police parisienne, qui lui valent de multiples condamnations, et dont résulte la démission du préfet de police et du ministre de l’Intérieur. On compte parmi ses directeurs et rédacteurs Briand, Millerand, Viviani, ou encore Jaurès et Pelletan. La Lanterne voit son succès décroître après la guerre, sa publication se poursuivant toutefois jusqu’en 1938.

Le Matin (1882–1944)

Lancé en février 1884 par Sam Chamberlain, original de ton et de présentation, Le Matin devient, sous la direction de Maurice Bunau-Varilla, l’un des quatre plus grands quotidiens français d’avant-guerre, grâce à un ton accrocheur et à de grandes campagnes autour des "affaires". Nationaliste, il atteint son apogée lors de la première guerre mondiale. De plus en plus antiparlementaire et anticommuniste, virant à l’extrême-droite, Le Matin se rallie en juin 1940 à la politique de collaboration et disparaît le 17 août 1944.

Le Monde diplomatique (1954)

Le Monde diplomatique naît en mai 1954 sous la direction d’Hubert Beuve-Méry, directeur du Monde. Le mensuel s’affiche comme le "journal des cercles diplomatiques et des grandes organisations internationales" et se concentre sur des sujets de politique internationale. Il garde des relations étroites avec Le Monde : le directeur et les correspondants internationaux sont les mêmes pour les deux titres.

Dans un contexte de guerre froide et de décolonisation, " Le diplo" revendique une information indépendante et sûre et défend les principes démocratiques tout en militant pour les valeurs de tolérance, de justice et un monde plus pacifique.

En 1973, sous l’impulsion de Claude Julien, le journal s’affranchit de la ligne éditoriale du Monde et élargit son traitement de l’information à des sujets de société et aux débats d’idées. Au début des années 1980, les tensions croissantes entre les deux publications amènent le Monde diplomatique à s’éloigner davantage du quotidien. Il gagne d’ailleurs son autonomie de gestion. Le titre s’oriente alors davantage vers la gauche radicale. En 1996, dirigé par Ignacio Ramonet, il devient une société à part entière, filiale du Monde SA qui en possède 51%. Néanmoins, la part des salariés administratifs, des journalistes et de l’association des Amis du Monde diplomatique dépasse la simple minorité de blocage, ce qui assure au titre une indépendance vis-à-vis des grands groupes financiers. Cette situation permet en outre de limiter la place accordée à la publicité dans ses colonnes, ce qui n’empêche pas le journal d’afficher une bonne santé financière.

Dans une volonté d’aller à contre-courant des courants de pensée dominants, le journal entend impulser un certain nombre d’idées et lutter contre une vision unique du monde. Ainsi, le journal est fortement impliqué dans la fondation en 1997 de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l'aide aux citoyens (Attac) et du terme d’ "altermondialisation". Le titre est décliné en de nombreuses éditions, papier et électronique, en langues étrangères.

L'Ouest- Eclair (1899-1944)

Issus de la mouvance du catholicisme social et proches des démocrates populaires ralliés à la République, les créateurs du quotidien, l’abbé Trochu et Emmanuel Desgrées du Lou souhaitent offrir au public breton une alternative au conservatisme monarchisant ou au républicanisme anticlérical. Le succès est considérable, le titre étant diffusé dans toute la Bretagne puis dans les départements limitrophes, proposant 13 éditions locales, et absorbant d’autres titres comme l’Etoile de mer de Brest en 1902. En privilégiant les faits régionaux et les particularismes locaux, le journal se veut la "voix de la petite patrie".

Tirant à 350 000 exemplaires en 1939, Ouest-Eclair connaît ensuite un rapide déclin durant l’occupation allemande, son ton maréchaliste lui faisant perdre une partie de son lectorat. A la Libération, le titre est remplacé par Ouest-France, fondé par une équipe de journalistes issus de la Résistance.

Le Petit Journal (1863- 1944)

Couverture du Petit Journal illustré

Couverture du Petit Journal illustré

Au moment où La Presse commence à s’essouffler, en février 1863, Moïse Millaud lance, à grand renfort de publicité, le Petit Journal, quotidien qui s’affiche comme non politique. Son petit format et son prix de vente au numéro – 5 centimes – lui attirent la clientèle des classes populaires et de la petite bourgeoisie. En 1869, un fait divers, l’affaire Troppmann, assure le succès du Petit Journal qui atteint 596.000 exemplaires, avant de tirer à un million d’exemplaires en 1904 et d’intéresser 5 millions de lecteurs. Il dispose d’une imprimerie modèle et publie un supplément célèbre pour ses couvertures illustrées qui font sensation en représentant les faits divers les plus dramatiques, dans un style qui sera souvent imité. Il devient en 1937 l’organe du Parti social français, se replie à Clermont-Ferrand en 1940 et est supprimé en 1944.


Le Petit Parisien (1876-1944)

Fondé en 1876 par Louis Andrieux, il manifeste dès sa création un soutien indéfectible au renforcement du régime républicain. Proche de Thiers et de Gambetta, le quotidien défend dans ses colonnes la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et la laïcisation de la société.

Devenu le plus grand quotidien de la IIIe République (1 200 000 exemplaires en 1904), le journal connaît son apogée durant le premier conflit mondial, lorsque son directeur Jean Dupuy est nommé ministre d’Etat dans le cabinet Painlevé en 1917. Le groupe Dupuy édite aussi un supplément illustré et divers magazines illustrés dont Le Miroir ; c’est de loin la plus grande entreprise de presse française.

Porte-parole officieux du radical-socialisme durant l’entre-deux-guerres, le journal se rapproche à la fin des années trente des conceptions internationales de Pierre Laval (son avocat conseil), prônant un rapprochement avec l’Italie fasciste contre l’Allemagne. Durant l’occupation allemande, le journal cède à une orientation ouvertement collaborationniste qui est à l’origine de sa disparition en 1944. Le Petit Parisien publie un supplément littéraire illustré en couleur.

La Presse (1836-1938) – Le Siècle (1836-1932)

1836 est une date capitale dans l’histoire du journalisme moderne qui connaît alors une révolution avec le lancement de deux quotidiens : La Presse d’Emile de Girardin et Le Siècle d’Armand Dutacq.

L’imprimerie moderne, l’abaissement de moitié des coûts d’abonnement, l’introduction massive de la publicité permettent à ces deux feuilles de conquérir un large lectorat. La fidélité du public sera assurée par l’introduction des "romans-feuilletons". Signés notamment par Victor Hugo, Honoré de Balzac ou Alexandre Dumas, ils constituent l’une des clés de la réussite et conduisent ces titres à se faire une concurrence acharnée pour recruter les écrivains.

Vendu par Girardin en 1856, La Presse connaît plusieurs propriétaires successifs. Il est sous la Restauration "conservateur de l’ordre et de la liberté" et sous l’Empire, il évolue vers le centre-gauche.

Plus populaire, Le Siècle, critique et anticlérical sous la Restauration, s’affirme comme républicain sous le Second Empire et connaît une belle progression dans le champ très limité des titres de la presse politique. Tous deux déclinent sous la IIIe République.

La Presse paraît épisodiquement après 1929, devient hebdomadaire en 1937 pour s’arrêter un an après. Le Siècle paraît irrégulièrement à partir de 1930 et cesse sa publication en 1932.

Le Rappel (1869-1933)

Couverture du Rappel

Couverture du Rappel

Le Rappel est créé en 1869 par la famille Hugo et financé par le poète exilé. Interrompu pendant la Commune, il s’impose ensuite comme le titre de l’aile radicale des républicains, lu surtout à Paris. Il a un fort tirage dans les années 1880, dépassant 50.000 exemplaires, ce qui en fait avec le Figaro le plus fort tirage des journaux politiques, mais son audience va ensuite en s’amenuisant. Il ne retrouve pas le même éclat après la guerre et disparaît en 1933.


Le Temps (1861)

Lancé en avril 1861, Le Temps reprend un titre de 1829 qui fait référence au célèbre Times anglais. Il est fondé par Auguste Neffzer qui en fait le grand organe libéral français.

A la fin du Second Empire, lorsqu’Adrien Hébrard en reprend la direction, Le Temps acquiert une audience considérable, prenant la place jusqu'alors tenue par Le Journal des débats. Sa rédaction prestigieuse lui assure une réputation de sérieux dans le traitement de l’information et des nouvelles de l’étranger, enrichies par un important réseau de correspondants, jusqu’alors privilège de la seule presse anglaise. Journal de qualité, sérieux parfois jusqu’à l’ennui, il est considéré comme le plus grand journal de la République avant 1914 ; son autorité est incontestée, même pour ses adversaires.

“ Modèle du journal moderne, source irremplaçable pour l’historien à la recherche d’objectivité, Le Temps - affirme un de ses prospectus - ne relèvera d’aucun parti, aucune secte, aucune coterie ”. La réputation d'exactitude dans l'information contribue à l'autorité du journal, dont les positions sont généralement nuancées mais qui, non sans débats, s'affirme dreyfusard, puis, après l'affaire des fiches, hostile au combisme. Les années passant, il apparaît, surtout après la Première Guerre mondiale, comme un organe officieux de la diplomatie française. En 1938, il approuve les accords de Munich. Retranché en zone sud après l'armistice de 1940, avec moins de prudence que son confrère et concurrent Le Figaro, il attend pour se saborder le 29 novembre 1942 ; aussi figurera-t-il, malgré maintes interventions, au nombre des journaux interdits à la Libération. Ce n'en sont pas moins des collaborateurs du Temps qui fournissent au Monde ses premiers cadres, lors de la création du titre en 1944.

L’Univers (1833- 1914)

Fondé par l’abbé Migne puis animé à partir de 1842 par Louis Veuillot, journaliste et homme de lettres, polémiste au style acéré, L’Univers est catholique et ultramontain. Il défend l’infaillibilité pontificale et milite contre la "corruption" des mœurs et des esprits. Ses excès entraînent une suspension de sept ans sous le Second Empire, mais il exerce à nouveau une importante influence sous la IIIe République.

mercredi 14 octobre 2009

Écouter la page

Partagez