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Archives du Trésor du mois

Le Trésor du mois – 2005

Un don remarquable à la Réserve des livres rares

Décembre 2005

Jean Calvin
Institution de la religion chrestienne
Genève, Jacques Bourgeois, 1562
BNF, site François-Mitterrand, Réserve des livres rares
Rés. 4° NFA. 7

Grâce au don généreux de M. Pierre Berès, libraire à Paris, la Réserve des livres rares a acquis le 28 octobre 2005 un exemplaire très précieux de l’Institution de la religion chrétienne de Calvin. Il s’agit d’une édition genevoise de 1562 dont Sully (1559-1641) a couvert les marges de très abondantes notes de lecture.
À en juger par l’écriture, ces notes datent plutôt de la vieillesse de Sully. Elles témoignent spectaculairement de la fidélité que celui-ci garda toujours à sa foi calviniste, en dépit des vives pressions qu’exercèrent sur lui son entourage, le roi et même le pape, pour le pousser à se convertir. Du temps où il était le principal ministre d’Henri IV, ses compétences en matière religieuse étaient déjà reconnues : il alla jusqu’à participer à des controverses en forme avec des catholiques, grâce à la solidité et l’étendue de connaissances théologiques qui firent notamment l’admiration de l’ambassadeur d’Angleterre George Carew, avouant que "M. de Sully excelle dans la discussion des problèmes religieux".
Les sections finales du livre présentent un intérêt particulier. Plume à la main, l’ancien ministre du roi suit Calvin dans une réflexion sur la double obéissance du peuple à Dieu et au prince. La confession de foi est aussi profession politique, qui engage la vision de l’État et de la société : "Le royaume spirituel du Christ et l’ordonnance civile sont choses distantes l’une de l’autre mais non répugnantes", lit-on dans une note. Après l’expérience des guerres de Religion et au terme d’une existence doublement marquée par le massacre de la Saint-Barthélemy (1572) et l’assassinat d’Henri IV (1610), c’était dans la lecture de Calvin et par l’approfondissement de sa foi que Sully formulait l’idée moderne d’une autorité civile à laquelle les appartenances confessionnelles doivent demeurer subordonnées.

Souvenirs de Georges Feydeau au département des Arts du spectacle

Octobre 2005

Lettre de félicitation de Gustave Flaubert à Ernest Feydeau pour la naissance de Georges
Manuscrit autographe, 2 feuillets
Photographie de Georges Feydeau enfant
Photographie de Rodzia Feydeau, mère de Georges, médaillon ovale
Couverts en argent de Georges Feydeau enfant
BNF, site Richelieu, département des Arts du spectacle

L’actualité des collections dans les départements est souvent liée à des acquisitions récentes. Le département des Arts du spectacle a ainsi reçu récemment onze nouveaux dons de documents divers (lettres, maquettes, costumes, photographies) qui concernent principalement les domaines du théâtre, du cinéma et de la télévision.
Alain Feydeau, petit-fils de Georges Feydeau (1862-1921) et pensionnaire de la Comédie Française, est un donateur important pour la Bibliothèque nationale de France. Ayant lui-même la préoccupation de sauver la mémoire du spectacle vivant, il a fait don au département des Arts du spectacle du fonds Edwige Feuillère, du fonds Renée Saint-Cyr, ainsi que de nombreux portraits peints ou photographiques de comédiens. Grâce à lui, les manuscrits des pièces de Georges Feydeau sont aujourd’hui conservés au département des Manuscrits.
Un don récent d’Alain Feydeau au département des arts du spectacle concerne des objets personnels de Georges Feydeau : photographies de famille, couverts et chevalières ayant appartenu à Georges Feydeau, ainsi qu’une lettre de Gustave Flaubert félicitant Ernest Feydeau à l’occasion de la naissance du futur grand auteur dramatique.

Un grand fonds Claudel à la BnF

Septembre 2005

Paul Claudel
L’Échange
Manuscrit autographe, 88 f.
Reliure de maroquin rouge sous étui.
BNF, site Richelieu, département des Manuscrits, division occidentale
A. 05-11

Un grand ensemble Claudel est récemment entré au département des Manuscrits, pour compléter la partie qui y est déjà conservée. Il provient des collections de la Société des Manuscrits des Assureurs Français et comprend : œuvres théâtrales (outre l’Échange, la trilogie de l’Otage, le Soulier de satin, Jeanne au bûcher, etc.), poétiques (entre autres le superbe texte de Connaissance de l’Est), œuvres en prose (L’Œil écoute, Contacts et circonstances, etc.), exégèse (plus de 4 000 feuillets dont une partie consacrée à l’Apocalypse), journal (de 1927 à 1955) et correspondance (plus de 500 lettres reçues par Paul Claudel, dont les fameuses lettres de sa sœur Camille).
En 1980, en effet, la Bibliothèque nationale avait acquis pour moitié les manuscrits d’œuvres et la correspondance de Paul Claudel, l’autre partie devenant la propriété de la SMAF. Cette société se constitua à cette occasion pour éviter la dispersion du fonds ; ses collections sont aujourd’hui déposées au département des Manuscrits.
La réunion de ces deux ensembles permet enfin d’inscrire Paul Claudel au rang des grands fonds littéraires du département des Manuscrits.

Le manuscrit exposé fait partie du fonds récemment entré à la BnF. Écrite d’un seul jet, en 1893 et 1894, entre New York et Boston où il est consul de France, la première version de l’Échange de Paul Claudel met, de son propre aveu, un terme à ses « années d’apprentissage ». Œuvre de l’exil, ce drame en trois actes dit, au-delà de la nostalgie, la souffrance et les aspirations contradictoires du poète, jeune encore, tiraillé entre des désirs extrêmes. Créé au théâtre du Vieux-Colombier en 1914 dans une mise en scène de Jacques Copeau, repris en 1917, plusieurs fois joué par les Pitoëff, l’Échange ne sera pas renié comme Partage de midi mais complètement remanié en 1954.

mardi 8 janvier 2013

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