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Archives du Trésor du mois

Le Trésor du mois – 2010

Un nouveau coffret à estampe acquis par la BnF

décembre 2010

Coffret à estampe représentant La Vierge aux litanies, Job sur un tas de fumier, le Christ en majesté et la Vierge de douleurs

Coffret à estampe représentant La Vierge aux litanies, Job sur un tas de fumier, le Christ en majesté et la Vierge de douleurs
Estampe : xylographies en bois coloriées, 235 x 160 mm
Coffret : bois, fer, cuir, tissu, L. 250 x P. 165 x H. 100 mm
France, Paris ? Après 1502
Bibliothèque nationale de France
département des Estampes et de la photographie
[Réserve Ea-5 (q)-Objet

Le coffret présenté, orné d’une xylographie coloriée collée au revers de son couvercle appartient à un ensemble d’une centaine d’objets comportant les mêmes caractéristiques : âme en bois de hêtre recouverte de cuir et cerclée de lamelles de fer, avec sur les côtés des attaches latérales et sur le devant, une façade ornée de palâtres à obervoie, composée d’une serrure et d’un moraillon.

La Réserve du département des Estampes et de la photographie conserve seize coffrets de ce type. Considérés comme des exemples intéressants d’usage de l’estampe à la fin du XVe siècle, ils ont fait l’objet depuis 2007 d’une étude approfondie, qui a permis de formuler de nouvelles hypothèses sur leur fabrication et leur fonction.

Comme dans ce coffret, la plupart des estampes collées sont vraisemblablement produites à partir de la fin du XVe siècle à Paris. Dans ce cas précis, quatre xylographies ont été imprimées sur une même page et fournissent une datation précise : la gravure de La Vierge aux Litanies est une copie aux mêmes dimensions d’un motif employé pour la première fois dans le livre d’heures imprimé parisien en décembre 1502, par l’officine de Thielman Kerver. Celle représentant Job sur son tas de fumier provient également du même milieu. Les thèmes représentés sont emblématiques de la dévotion contemporaine. Associées peut-être à des reliques présentes dans la logette du couvercle et au contenu livresque vraisemblable de ces coffrets, ces xylographies constituent des images pieuses qui aidaient le propriétaire de l’objet dans ses exercices quotidiens de piété et donnaient au coffret la valeur d’un petit retable portatif de faible prix.

Un feuillet manuscrit de « La Marche écossaise » de Debussy retrouvé

novembre 2010

Portrait de Claude Debussy par Henri-Julien Detouche (BnF, Musique)

Portrait de Claude Debussy par Henri-Julien Detouche

Claude Debussy (1862-1918)
Marche écossaise sur un thème populaire (ou Marche des anciens comtes de Ross)
Une page (p. 14) du manuscrit autographe de la version orchestrale.
Bibliothèque nationale de France
département des Arts du spectacle
[Collection Rondel, M Ro, B-16

En 1890, Claude Debussy rencontre le général écossais Meredith Read, attaché à l’ambassade des États-Unis, au bar Austin, rue d’Amsterdam, à Paris, fréquenté par de nombreux artistes et écrivains. Alphonse Allais, habitué du lieu, leur sert d'interprète et Debussy reçoit ainsi du général la commande d’une marche pour son clan, celui des comtes de Ross, en Ross-shire au nord de l’Écosse.
L’œuvre est tout d'abord écrite pour le piano et paraît dans une première version pour piano à quatre mains puis, en 1908, le compositeur décide de l’orchestrer. La première audition de la version orchestrale en est donnée à Nancy, le 16 janvier 1910, par l’orchestre des Concerts du Conservatoire sous la direction de Guy Ropartz. Elle est rejouée à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, le 19 avril 1913, sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht, et c’est à cette occasion que Debussy l’entend pour la première fois. La Marche écossaise a été éditée chez Fromont en 1911 et c'est encore Inghelbrecht qui l’enregistre au disque avec l’Orchestre des Concerts Pasdeloup vers 1929.

Le manuscrit autographe de la Marche écossaise dont le libraire R. Legouix était le dernier détenteur, est passé en vente probablement entre les deux guerres et reste toujours non localisé. Il y manquait déjà cette page 14, découverte dans la collection d’Auguste Rondel, qui se trouve donc en être la seule source aujourd’hui connue.

Acquisitions patrimoniales à la vente de Marcel Marceau en 2009

octobre 2010

Autoportrait du mime Marceau en Bip

Marcel Marceau (1923-2007)
Autoportrait du mime Marceau en Bip
Encre sur papier
Bibliothèque nationale de France
département des Arts du spectacle
[Acq. 2009

Marcel Marceau (22 mars 1923 – 22 septembre 2007), dit le mime Marceau, est un acteur et mime français, né Marcel Mangel.

Après une enfance strasbourgeoise, il poursuit ses études à Limoges où sa famille a fui l’invasion allemande. Il rejoint la Résistance en 1942 sous le nom de Marceau, qu’il raconte devoir au vers de Victor Hugo dans Les Châtiments « Et Joubert sur l’Adige / Et Marceau sur le Rhin ».
Il devient l’élève de Charles Dullin, d’Étienne Ducroux, et de Jean-Louis Barrault après avoir fréquenté l’École des arts décoratifs de Limoges, où il contracte le goût du dessin et de la peinture qu’il pratiquera régulièrement. Il acquiert alors cette « grammaire de l’art du mime » que Ducroux nomme « statuaire mobile ».

Grand virtuose du geste, Marceau s’est forgé un style personnel à l’écart des différents mouvements artistiques, au carrefour de la tradition pantomimique et du mimodrame moderne. Il connaît une célébrité mondiale avec Bip, personnage lunaire qu’il crée en 1947 et qui doit son nom à Pip, personnage du roman De grandes espérances de Charles Dickens. Ce Pierrot à l’œil charbonneux et à la bouche déchirée d’un trait rouge, coiffé d’un drôle de chapeau claque où tremblote le panache d’une fleur rouge est aussi indissociable de Marceau que Charlot de Chaplin. Il incarne l’art du mimodrame où « la parole n'est pas nécessaire pour exprimer ce qu’on a sur le cœur ».

Un don de monnaies gauloises exceptionnelles à la BnF !

mai 2010

Face et revers de l´une de ces monnaies

Fragment d’un trésor de monnaies d’or gauloises provenant d’Aquitaine (début IIIe s. avant J.-C.)
Ensemble de seize statères d’or gaulois, fragment d’un trésor de la région aquitaine, frappés vers 300 av. J.-C. sur le modèle des monnaies de Philippe II de Macédoine.
Bibliothèque nationale de France
département des monnaies, médailles et antiques.
[Acq. 2010-36 à 2010-51. Don Jacques Gorphe

Les mécènes jouent depuis plus de deux siècles un rôle éminent dans la constitution des collections numismatiques du Cabinet des Médailles. Au point, parfois, d’en avoir modelé les contours. L’acte de donation est une démarche lucide d’inscription dans le temps et la mémoire collective. Il relève d'une conscience de l’apport spécifique des monnaies offertes à la nation et mises à disposition de la communauté scientifique.

Le don effectué en février 2010 par Jacques Gorphe – né en 1930 à Libourne (Gironde) – procède de cet état d’esprit. Il est le résultat d'une recherche acharnée pour reconstituer un dépôt exceptionnel, découvert en Aquitaine au début de la décennie 1990 mais dispersé hors de France.

Ces monnaies offrent la caractéristique d'être parmi les plus anciennes à avoir été produites par des peuples gaulois, sur le modèle des statères d’or de Philippe de Macédoine. Leur poids, très lourd (environ 8,40-8,50 g), assure une datation au début du IIIe siècle avant J.-C. et leur confère un intérêt historique et numismatique de premier ordre. Cet ensemble est le seul connu d’imitations archaïques de Philippe.

mardi 8 janvier 2013

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