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Archives du Trésor du mois

Le Trésor du mois – 2011

Astérix le Gaulois et le don d’Albert Uderzo à la BnF

décembre 2011

Albert Uderzo et René Goscinny
Astérix le Gaulois
Planche originale encrée, première de la série, publiée dans le n°1 du journal Pilote, le 29 octobre 1959
Bibliothèque nationale de France
Réserve des livres rares
[Rés. Gr. fol. NFR. 40

Astérix le Gaulois est de retour dans la lointaine Lutèce, non pour quérir la meilleure serpe d’or, mais pour venir rejoindre les trésors de la Bibliothèque nationale de France. Grâce au don exceptionnel fait au mois de mars dernier par Albert Uderzo, créateur avec René Goscinny de la célèbre bande dessinée apparue dans le numéro un du journal Pilote le 29 octobre 1959, les collections patrimoniales de la BnF se sont enrichies de cent vingt planches originales de cette œuvre phénoménale savourée depuis plus de cinquante ans par les petits et les grands au fil de 32 aventures traduites en 107 langues et dialectes et vendues à plus de 325 millions d’exemplaires.

Les planches offertes en don se rapportent à trois albums : les deux premiers de la série, Astérix le Gaulois et La Serpe d’or et le dernier réalisé en commun par Albert Uderzo et René Goscinny décédé brutalement le 5 novembre1977, Astérix chez les Belges.

État antérieur à la mise en couleurs, ces planches encrées avec lettrage, de grand format, donnent à voir le dessin à nu, la subtilité du trait, la force du mouvement, la vis comica, la verve caricaturiste, autant d’ingrédients qui caractérisent le grand talent de dessinateur d’Albert Uderzo, à l’œuvre dès ces premières cases. Elles permettent également d’apprécier l’évolution du style qui s’élabore, s’expérimente dans le premier album pour parvenir à une parfaite maîtrise dont témoigne le vingt-quatrième titre de la série.

Un solidus d'or de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, empereur d’Occident de 814 à 840

novembre 2011

Solidus d´or, face et revers

Droit : DN HLVDOVICVS IMP AVG,  buste lauré et drapé à droite
Revers : MVNVS DIVINVM, croix dans une couronne de laurier
Or, 5,41 g
Bibliothèque nationale de France
département des Monnaies, médailles et antiques
[Acq. 2011/292

Ce solidus d’or de Louis le Pieux, empereur carolingien, fils de Charlemagne, appartient aux monnaies, très peu nombreuses, que l’on peut véritablement attribuer à la Moneta palatina. Un autre exemplaire est conservé à Cambridge (Fitzwilliam Museum) ; il est monté en fibule et pèse 5,65 g, monture comprise. Le Cabinet numismatique de Berlin conserve deux solidi de Louis le Pieux que l’on peut également considérer comme provenant d’un atelier officiel.

L'étude de cette pièce est en effet compliquée par l’existence d’exemplaires de qualité bien différente : à côté des solidi issus de l’atelier d’Aix-la-Chapelle, on en connaît qui ont été probablement frappés dans d’autres ateliers impériaux officiels, mais aussi des imitations dont les lieux de trouvaille montrent qu’elles ont été fabriquées hors de l’empire carolingien, en Frise. De cette dernière catégorie, le département des Monnaies, médailles et antiques conserve jusqu’à présent huit exemplaires, et on en connaît une soixantaine dans le monde entier.

Comme l’exemplaire de Cambridge, le solidus acquis par la BnF en 2011 a été monté en fibule. Il en conserve un cercle de grènetis extérieur et la trace des agrafes ; il pèse 5,41 g. Il a été découvert à Corzé prés de Seiches-sur-le-Loir, au nord-est d’Angers (Maine-et-Loire) et le fait que sa provenance soit connue le rend d’autant plus intéressant.

Ce rare solidus d’or de Louis le Pieux complète le fonds déjà important de monnaies carolingiennes de la Bibliothèque nationale de France, riche de près de 1 500 pièces (hors trésors).

Les archives de Roland Barthes à la BnF

septembre-octobre 2011

Extrait du Carnet de voyage en Chine de Roland Barthes

Roland Barthes (1915-1980)
Roland Barthes par Roland Barthes (1975), manuscrit et projet de maquette pour la couverture. Carnet de voyage en Chine (1974).
Bibliothèque nationale de France
département des Manuscrits
[Nouvelles acquisitions françaises 28630
Don de Michel Salzedo, 2010

Écrivain et sémiologue, Roland Barthes fut une figure essentielle du mouvement structuraliste et contribua au profond renouvellement de la réflexion et de la création littéraire de son temps. Si ce sont ses fameuses Mythologies (1957) qui le révèlent au grand public, tous ses livres constituent des références majeures, qu’il s’agisse de L’Empire des signes (1970), du Plaisir du texte (1973), ou des derniers essais aux résonances plus personnelles : Roland Barthes par Roland Barthes (1975), Fragments d’un discours amoureux (1977), La Chambre claire (1980).

Le fonds de ses archives rassemble donc les divers états manuscrits de ses livres, articles, entretiens, les correspondances reçues pour ses publications. Mais y figurent aussi les dossiers des cours et séminaires qu’il donnait à l’École pratique des hautes études et au Collège de France, ses nombreux fichiers de travail, des carnets de voyage, et les centaines de dessins, pour la plupart inédits, qui accompagnent désormais son œuvre d’écriture.

Amphore à col à figures rouges, attribuée au Peintre d’Oinoclès, représentant la déesse Athéna

mai-juin 2011

Amphore à col à figures rouges, attribuée au Peintre d’Oinoclès, représentant la déesse Athéna

Athéna, déesse grecque de la guerre et de la sagesse
Amphore à col à figures rouges
Argile.
Atelier attique ; attribué au Peintre d’Oinoclès, v. 460 av. J.-C.
Provenance inconnue ; ancienne collection Luynes, don 1862
Bibliothèque nationale de France
département des Monnaies, médailles et antiques
[De Ridder 369

Un personnage est représenté sur chaque face, sur une ligne de sol constituée de méandres. Sur la face principale, la déesse Athéna est vêtue d’une tunique au long rabat, de l’égide bordée de serpents, et porte un casque à cimier ; ses armes, lance et bouclier, reposent au sol, tandis qu’elle est penchée sur une tablette à écrire en tenant pensivement un stylet. À partir de la bouche de la déesse court une inscription, o pais kalos, qui fait l’éloge de la beauté d’un jeune contemporain. Sur l’autre face, un homme à l’expression inhabituelle, l’œil grand ouvert, est appuyé sur un long bâton noueux.

Le peintre d’Oinoclès est un artiste du classicisme naissant au style assez vigoureux qui ne manque pas d’une certaine originalité dans le traitement des personnages. En effet, Athéna est décrite ici de façon inhabituelle : elle est représentée comme un guerrier au repos, mais aussi une tablette à la main, lisant ou réfléchissant à ce qu’elle veut y écrire. L’homme pourrait être Palamède, inventeur mythique de l’alphabet, ou simplement un fidèle attendant les mots divins. Cette image rare illustre bien la dualité d’Athéna au Ve siècle, à la fois en arme et engagée dans une activité intellectuelle, déesse de la guerre et déesse de la raison et de la sagesse.

Les archives de Guy Debord

mars-avril 2011

Couverture de la Société du spectacle de Guy Debord © Gallimard

Guy Debord (1931-1994)
Mémoires (1958), exemplaire de l’éd. originale avec indication par Guy Debord de l’origine des détournements, et un exemple de détournement d’images, dans « Chutes de phrases découpées après Mémoires ».
Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (1959), manuscrit autographe du texte du film, et 1 f. de note de travail pour le tournage du film.
Bibliothèque nationale de France
département des Manuscrits
[Nouvelles acquisitions françaises 28603
Acq. 2010 et 2011. Trésor national.

Poète, cinéaste, théoricien de la société et du pouvoir, c’est dans La Société du spectacle (1967), son œuvre la plus célèbre, que Guy Debord développa une critique intransigeante et totale des conditions modernes d’existence engendrées par le capitalisme avancé. Mais cette œuvre est le point d’orgue d’une réflexion entamée plus de quinze ans auparavant, et dont les mouvements d’avant-garde que Debord fonda et dirigea, l’Internationale lettriste (1952-1957) puis l’Internationale situationniste (1957-1972), furent l’expression pratique.

Ses archives – manuscrits, fiches de lecture, correspondance, dossiers de presse, dossiers éditoriaux, archives photographiques, objets et papiers personnels, documentation imprimée – rendent compte très lisiblement du cheminement de cette pensée qui ne renonça jamais à explorer plus avant le territoire de sa critique.

Ainsi Mémoires (1958) et Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps (1959), elles-mêmes œuvres de synthèse après les premières années du lettrisme et l’invention des pratiques situationnistes – dérive, détournement, psychogéographie, urbanisme unitaire, jeu permanent –, donnent-elles déjà à voir des éléments de ce « spectacle » dont Debord, dix ans plus tard, démontera le mécanisme aliénant.

Classées Trésor national en janvier 2009, les archives de Guy Debord ont rejoint les collections du département des Manuscrits grâce à la générosité de mécènes de la BnF et au soutien du ministère de la Culture et de la Communication.

Le code juridique des îles Maurice et de la Réunion à la veille de la Révolution

janvier-février 2011

Page de titre du code Delaleu

Jean-Baptiste-Étienne Delaleu
Code des Isles de France et de Bourbon
4 vol. reliés en cuir de Russie au nom du « grand-juge », c’est-à-dire Claude-Ambroise Régnier (1736-1814), duc de Massa, ministre de la justice
Bibliothèque nationale de France
Réserve des livres rares
[Rés. 4-NFE-8 (1-4)

Primitivement connu sous le nom de « Code jaune » par opposition au « Code noir » antillais, le Code des Isles de France et de Bourbon ou Code Delaleu, du nom de son compilateur, Jean-Baptiste-Étienne Delaleu (1738-1817), président du Conseil supérieur de l’île de France et procureur du roi au tribunal de Port-Louis, recense tous les actes législatifs relatifs à l’île Maurice et l’île de la Réunion jusqu’à la veille de la Révolution.
Chacun des cinq volumes qui le compose (les deux volumes du Code de 1777 et les trois suppléments de 1783, 1787 et 1788) est divisé en huit chapitres traitant respectivement de l’administration générale, de l’Église, du domaine militaire, des finances, du commerce, de la marine, de la justice et de la police. Cet ouvrage est donc capital pour l’histoire des possessions françaises de l’océan Indien dans tous les domaines de la vie sociale, économique et militaire.

Le Code Delaleu a été imprimé à Port-Louis, par la première imprimerie installée dès1768 aux Mascareignes, dite « Imprimerie royale ». Créée par Pierre Saunois, elle était dirigée en 1777 par Nicolas Lambert, puis à partir de 1783 par Nicolas Bolle. C’est la publication la plus remarquable de cet atelier, et aussi l’une des plus rares.
Acquisition 2010 complétant le seul volume (Premier supplément du Code de l’Isle de France, 1783) possédé jusqu’alors par la Bibliothèque.

La Bibliothèque nationale de France présente ce Trésor du mois dans le cadre de 2011, Année des Outre-mer.

mercredi 12 juin 2013

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