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Jean-Baptiste d'Anville, un cabinet savant à l'époque des Lumières

Colloque

“Strabon français”, “immortel géographe”, tels sont les lauriers qui couronnent encore le géographe Jean-Baptiste d’Anville (1697-1782) au XIXe siècle. Sa renommée dépasse les frontières de la France. De fait, l’homme, né en 1697 à Paris, connait une carrière exceptionnelle. Membre de l’académie des Inscriptions (1754), puis de l’académie des Sciences (1773), il occupe une place centrale dans la cartographie française du XVIIIe siècle.
Par le seul exercice d’une critique aiguisée et d’un croisement systématique des sources (textes anciens, récits de voyage, mesures astronomiques, informations orales …), il remodèle la carte du monde et frappe ses contemporains par l’exactitude obtenue, validée dans de nombreux cas par les mesures de terrain (cartes d’Italie et d’Égypte). Son influence se prolonge bien après sa mort tant en géographie (Malte-Brun, Vivien de Saint-Martin lui rendent entre autres hommage), qu’en archéologie (Edme-François Jomard se réclame de d’Anville dans ses tentatives déchiffrement des hiéroglyphes). En 1881, sa statue fut la première à être posée sur la façade du nouvel Hôtel de ville, à Paris.
Figure complexe, charnière, d’Anville est à l’image du siècle des Lumières : paradoxal. Ses méthodes de travail ne sont pas novatrices: il se contente de pousser les anciennes à leur point de perfection. Il éprouve également de la méfiance à l’égard des constructions théoriques. Pourtant, d’Anville contribue à l’avènement de la cartographie moderne : il systématise l’invention du blanc cartographique, perfectionne l’étude des mesures antiques et de leur valeur, il généralise l’usage de l’adjonction à la carte d’une démonstration qui justifie le contenu des cartes.
Malgré son influence manifeste sur la vie savante aux XVIIIe et XIXe siècles, il existe encore peu d’études sur d’Anville. Ce n’est pas faute de sources pourtant. Au contraire, des ressources documentaires tout à fait exceptionnelles ont été conservées jusqu’à aujourd’hui. La BnF dispose ainsi de l’intégralité de sa bibliothèque cartographique (près de 8700 articles), d’une grande partie de ses notes et esquisses géographiques, et bien sûr de l’intégralité de ses ouvrages imprimés. Depuis 2010, un blog lui est consacré par la BnF (http://danville.hypotheses.org/). Il met à la disposition de tous, de manière organisée, les ressources électroniques le concernant déjà disponibles sur internet. Repenser les conditions de la vie savante au siècle des Lumières à travers l’exemple de d’Anville par l'exploitation de ce fonds d'archives unique et considérable, tel est donc le projet de ce colloque. 

vendredi 21 septembre 2012 9h30-18h00

Jean-Baptiste d'Anville, un cabinet savant à l'époque des Lumières
(1re partie)

Matinée
Introduction
par Catherine Hofmann et Lucile Haguet
Le caractère exceptionnel des sources relatives à d’Anville et de sa bibliothèque cartographique conservés au département des Cartes et plans justifie sans conteste l’organisation de ce colloque par la Bibliothèque nationale de France. Après un rappel de la carrière du géographe, jusqu’à présent encore mal connue, les principales problématiques qui sous-tendent ce colloque seront présentées : l’histoire des collections, l’économie de la vie savante, les pratiques de savoir, la réception de l’œuvre du géographe, la place de l’érudition antiquaire.

Histoire des collections de Jean-Baptiste d’Anville à la BnF : à l’origine d’une recherche

- Histoire d’une bibliothèque savante : la constitution des collections d’Anville
Par Catherine Hofmann et Lucile Haguet
- À l’origine du département des Cartes et plans, histoire d’une collection, de sa cession à sa numérisation
Par Catherine Hofmann et Lucile Haguet

Après-midi
Les publics du géographe : quelques modalités de diffusion du savoir


- La géographie apprise aux princes : d’Anville et Louis XV (1718-1730)
Par Pascale Mormiche, PRAG (professeur agrégé affecté en université) d’histoire, université de Cergy-Pontoise
- D’Anville and the marketplace : Mémoire sur un projet de géographie
Par Mary Pedley, Adjunct Assistant Curator of Maps at the William L. Clements Library, The University of Michigan

La réception de l’œuvre de d’Anville : influences et débats scientifiques
- Entre publicité, débat scientifique et vulgarisation : Jean-Baptiste d’Anville dans le Mercure…
Par Nicolas Verdier, chargé de recherches, CNRS
- D’Anville, Gibbon et l’espace des empires
Par Robert Mankin, directeur du laboratoire sur les études anglophones, Université Paris Diderot

         

lundi 21 mai 2012

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