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Philippe Joutard
Conférence du 21 février 2006
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62 min
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L’étrangeté de cette révolte naît du contraste entre les dimensions de ce conflit dans sa phase active, tant du point de vue temporel que spatial, et la résonance qu’elle eut à l’époque et qu’elle a continué d’avoir à travers les siècles et jusqu’à nos jours.
Cette courte révolte populaire (1702-1704) débuta dans un bourg cévenol en juillet 1702, par l’assassinat d’un inspecteur des missions, l’abbé Chaila. Cet acte marque le début de ce qui sera appelé plus tard la Guerre des Camisards, éclatant dix-sept ans après l’interdiction de la religion réformée en France, et à la suite de nombreux efforts des Protestants pour célébrer clandestinement leur culte.
Alors que la répression se durcissait, ces jeunes paysans qui n’étaient pas plus de 2000 sont parvenus à mettre en déroute des régiments entiers. Inspirés de l’Esprit Saint, les Camisards croient accomplir la volonté de Dieu, et sont persuadés d’être à la veille de bouleversements importants comme la conversion du roi.
Au terme de vingt-sept mois de combats acharnés, en octobre 1704, les Camisards sont finalement vaincus, mais les Protestants sont vengés de plusieurs années d’humiliation.
La presse internationale de l’époque s’est passionnée pour l’événement, et ce malgré la guerre de succession d’Espagne qui offrait pourtant une actualité riche.
L’intérêt pour cette révolte a ensuite traversé les époques, et des personnalités comme Eugène Sue, Alexandre Dumas, Michelet, Voltaire ou encore Balzac se sont intéressés ces Camisards, dont la révolte reste encore aujourd’hui le symbole de la résistance protestante.
En partenariat avec : L'Histoire.
jeudi 24 février 2011