Depuis les bombardements de Hiroshima et Nagasaki en1945, la non utilisation de l’arme nucléaire fait de cette force de destruction un tabou. En soixante-deux ans, le discours sur le nucléaire a évolué, et de plus en plus de pays veulent se doter de l’arme. L’optimisme de la fin du XXe siècle et la reconduite du traité de non prolifération nucléaire laisse aujourd’hui la place à de réelles inquiétudes : l’accession de l’Inde et du Pakistan au statut de puissances nucléaires, la crise Nord-Coréenne et la volonté de l’Iran de se doter de l’arme sont autant de raisons qui poussent les nouveaux acteurs mondiaux à se pencher sur le problème. Si une crise du type de celle de Cuba en 1962 se reproduisait, serait-il possible de trouver une solution diplomatique comme l’ont fait alors Khrouchtchev et Kennedy ? L’équilibre de la terreur qui régnait lors de la guerre froide a empêché le conflit de dégénérer, mais ces temps sont désormais révolus, et les nouveaux acteurs sont beaucoup plus enclins à prendre des risques. Tous les regards sont aujourd’hui tournés vers l’Iran, mais l’Extrême-Orient doit également faire l’objet de toutes les attentions, notamment à cause du manque de transparence quant à ses dépenses militaires et à l’exportation de sa technologie balistique. Face à ces nouvelles menaces, quels sont les moyens dont disposent les Etats-Unis et l’Europe pour empêcher la rupture du tabou ?