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Le don, source majeure d’enrichissement des collections

Héritière de la bibliothèque formée par le roi Charles VIII (1470-1498) et ses successeurs, la Bibliothèque royale puis impériale a bénéficié à plusieurs reprises des largesses des souverains : Napoléon Ier en offrant l’Évangéliaire de Charlemagne, Louis XVIII le Psautier de Saint-Louis, Napoléon III la collection de Saïd-Pacha…

Au XVIIe siècle, des princes et des nobles tel Gaston d’Orléans font don de collections entières. Au XIXe siècle, des érudits prennent l’habitude de donner papiers et documents (Champollion, Prisse d’Avennes…). Les bibliothécaires de l’institution, par leurs relations avec les lettrés qui fréquentent la bibliothèque, suscitent des dons ou eux-mêmes, souvent des savants, lèguent leur collection à leur mort.

L’exemple type est incarné par Léopold Delisle : sous sa direction, la bibliothèque s’est enrichie de 2 000 documents recueillis par Victor Schoelcher, des manuscrits appartenant au duc de la Trémoille, du legs des 30 000 volumes de la collection personnelle de Léopold Delisle.
Il arrive même que certains dons relèvent de la diplomatie : ainsi pour le beau manuscrit des Antiquités judaïques que le roi d’Angleterre Edouard VII apporta en 1906, lors d’une visite à Paris destinée à sceller l’Entente cordiale.
Les dons de manuscrits d’écrivains se sont développés à la fin du XIXe siècle à partir du legs des manuscrits et dessins de Victor Hugo (1881), manuscrits de Lamartine en 1897, correspondance et journal des Goncourt en 1901, manuscrits de Zola en 1904, de Flaubert…
Plus récemment, les manuscrits et correspondances des auteurs contemporains viennent rejoindre les grands fonds littéraires modernes de la bibliothèque : Georges Bataille, Michel Butor, Maurice Merleau-Ponty, Vladimir Jankélévitch, Nathalie Sarraute, Dominique Fernandez, Simone de Beauvoir…
La Bibliothèque reçoit aussi les dons des collectionneurs privés, en particulier depuis le XIXe siècle : à titre d’exemple, le don du duc de Luynes, constitué de monnaies, bijoux, statuettes, armures ou vases antiques, a enrichi considérablement le Cabinet des Médailles, les Rothschild ont offert de précieux manuscrits et livres datant du XVe au XIXe siècle.
Ces dons sont parfois essentiels car d’un immense intérêt patrimonial : éditions rare, monnaies remarquables, partitions disparues… et bien sûr manuscrits, qui constituent par définition des unica et qui ne relèvent pas du dépôt légal.

Les dons continuent d’enrichir les fonds mis à la disposition des lecteurs au rythme de 3500 à 4000 ouvrages par an (hors périodiques), en complément du dépôt légal, des acquisitions et des échanges internationaux.

mercredi 14 octobre 2009