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Ils ont donné récemment à la BnF

Quelques exemples parmi les dons faits à la BnF au cours des cinq dernières années.

Ils ont donné récemment : 2011

Carolyn Carlson

Don de la chorégraphe. Septembre 2011. Département des Arts du spectacle

La chorégraphe, danseuse, poète et calligraphe Carolyn Carlson a fait don de ses archives à la BnF.

Ce fonds concerne essentiellement ses créations chorégraphiques, qui comptent une centaine de pièces parmi lesquelles Blue Lady et Signes : des carnets de notes, croquis et sources d’inspiration mais également des costumes, documents de production, photographies et archives audiovisuelles.

S’y trouvent également des documents plus personnels, des calligraphies, des poèmes, ainsi que des carnets de voyages illustrés et des œuvres dédiées à Alwin Nikolais, Rolf Liebermann ou Thomas Erdos ...

Née aux Etats-Unis en 1943 et formée auprès d’Alwin Nikolais, Carolyn Carlson s’installe en France en 1971. Rolf Liebermann, directeur de l’Opéra de Paris, la nomme « Étoile-Chorégraphe » en 1974. Du Teatrodanza à la Fenice de Venise au ballet Cullberg de Stockholm, elle mène ensuite une carrière prestigieuse de danseuse et chorégraphe.

Elle dirige aujourd’hui deux structures : l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson, récemment installé à la Cartoucherie à Vincennes, et le Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-Pas-de-Calais. Ses œuvres sont présentées dans le monde entier.

Ce fonds de référence, prochainement enrichi par le don des archives de l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson, complète les documents sur la danse déjà conservés par le département des Arts du spectacle, notamment les fonds Yvette Chauviré, Marguerite Bougai, Festival International de danse de Paris, ou encore le fonds Françoise et Dominique Dupuy.

Pierre Verry (don des enfants du mime)

Juillet 2011. Département des Arts du spectacle

Constituées de journaux de bord, correspondance, archives de tournées, photographies, affiches, maquettes de décor, costumes, pancartes, peintures et objets, les archives de Pierre Verry forment un ensemble exceptionnel sur l’art du mime dans la deuxième moitié du XXe siècle.

C’est à l’école d’Étienne Decroux, où est enseigné le « mime corporel », que Pierre Verry rencontre Marcel Marceau. Admis dans la troupe de l’école en 1948, il donne des spectacles à Paris et à l’étranger jusqu’en 1951. En 1952, il entre dans la compagnie du mime Marceau et devient son partenaire attitré. Commence pour lui une série de tournées, d’abord avec la troupe constituée par Marcel Marceau, puis seul avec lui.

Pierre Verry participe comme conseiller aux mises en scène des spectacles de Marceau. C’est lui qui présente Bip, son personnage, par une pancarte qui condense, en une attitude, tout l’art du mime. Il joue dans tous les mimodrames montés par Marcel Marceau jusqu’en 1964 et crée des personnages remarqués, notamment dans Le manteau, d’après Gogol, Pierrot de Montmartre, Le mont-de-piété, Paris qui rit, Paris qui pleure et Don Juan

Entre 1969 et 1971, Marcel Marceau confie à Pierre Verry la direction de l’École internationale de mime, qu’il a fondée à Paris. À la fermeture de l’École, Pierre Verry retrouve les scènes du monde entier aux côtés de Marcel Marceau. Jusqu’à sa retraite en 1979, il aura joué avec le célèbre mime dans près de six mille représentations et soixante-quinze pays…

Ce don rejoint le plus important ensemble de collections sur l’histoire du mime conservé en France, au département des Arts du spectacle de la BnF. Il complète notamment l’ensemble de costumes et masques de la Nouvelle Compagnie Marcel Marceau ainsi que les archives, maquettes de décor et tableaux préemptés lors de la vente Marcel Marceau à l’hôtel Drouot en 2009.

Françoise et Dominique Dupuy

Don des chorégraphes. Mai 2011. Département des Arts du spectacle

Les chorégraphes Françoise et Dominique Dupuy ont fait don de leurs archives au département des Arts du spectacle de la BnF. Françoise et Dominique Dupuy sont les pionniers et les témoins de la naissance de la danse moderne française dans les années 1950 et les décennies suivantes. Ils ont signé, chacun ou ensemble, en tout une cinquantaine de ballets. Outre leur activité de danseurs et chorégraphes, ils ont beaucoup œuvré pour la reconnaissance du chorégraphe en tant qu’auteur. Ils ont également mené une action pédagogique intense, en travaillant pour la création de formation de professeurs de danse et la diffusion de la danse moderne dans les écoles et dans les organismes culturels français.

Le fonds Françoise et Dominique Dupuy concerne essentiellement leur compagnie, Les Ballets modernes de Paris (1955-1978), le Festival des Baux-de-Provence (1962-1969), premier festival français entièrement consacré à la danse, et Les journées de la danse (spectacles, cours publics, démonstrations, improvisations, expositions et projections de films dans les Maisons de la culture dans les années 1960).

Le fonds se compose d'archives administratives, de maquettes de décors et costumes, de photographies, de programmes et d'affiches, d’articles de presse, d'enregistrements sonores et de films.

Ce fonds constitue pour les chercheurs une source remarquable pour l’étude des prémices de la danse moderne française. Il complète les documents et fonds d’archives sur la danse conservés par le département des Arts du spectacle : les fonds Marguerite Bougai, Serge Lifar, le fonds du Festival International de danse de Paris dirigé par Jean Robin, les photographies de Serge Lido, de Daniel Cande…

Il entre également en résonance avec les fonds liés aux grands noms du théâtre que Françoise et Dominique Dupuy ont côtoyés de près ou de loin : Roger Blin, Etienne Decroux, Jean-Marie Serreau, Roger Planchon, Jean-Louis Barrault, Eugène Ionesco…

Planches originales d'Astérix (don d'Albert Uderzo)

Avril 2011. Réserve des livres rares

Grâce au don d' Albert Uderzo, créateur avec René Goscinny de la célèbre bande dessinée apparue dans le numéro un du journal Pilote le 29 octobre 1959, les collections patrimoniales de la BnF s’enrichissent de cent vingt planches originales d’Astérix.

Les planches offertes se rapportent à trois albums : les deux premiers de la série, Astérix le Gaulois et La Serpe d’or et le dernier réalisé en commun par Albert Uderzo et René Goscinny, décédé brutalement le 5 novembre 1977, Astérix chez les Belges. État antérieur à la mise en couleurs, ces planches encrées avec lettrage, de grand format, donnent à voir le dessin à nu, la subtilité du trait, la force du mouvement, la verve caricaturiste, autant d’ingrédients qui caractérisent le talent de dessinateur d’Albert Uderzo.

Roland Barthes (don de Michel Salzedo)

Janvier 2011. Département des Manuscrits

Roland Barthes par Roland Barthes (1975)

Roland Barthes (1915-1980). Roland Barthes par Roland Barthes (1975), manuscrit et projet de maquette pour la couverture. Carnet de voyage en Chine (1974).

Pour assurer la pérennité du fonds Roland Barthes, Michel Salzedo, frère et ayant-droit de l’auteur, a décidé de faire don de l’ensemble des archives de ce dernier à la BnF.

Roland Barthes fut tout à la fois écrivain, sémiologue et critique. Animateur du mouvement structuraliste, l’auteur de Fragments d’un discours amoureux a contribué au profond renouvellement de la théorie littéraire et artistique. Si son premier essai, Le Degré zéro de l’écriture (1953), s’impose comme texte fondateur d’une nouvelle critique littéraire, c’est avec ses recherches sur la notion de mythe, développé dans Mythologies qu’il se fait connaître d’un vaste public.

Le fonds que vient de recevoir le département des Manuscrits de la BnF se compose de documents qui avaient été conservés par l’auteur lui-même. Il était en dépôt depuis 1996 à l’IMEC qui l’a classé et mis en valeur notamment à l’occasion de la grande exposition qui a été consacrée à Roland Barthes en 2002 au centre Pompidou. Il rassemble à la fois des manuscrits de travail, brouillons d’œuvres majeures, esquisses, plans, documents imprimés, correspondances, articles ainsi que le très important fichier, coeur séminal de l’ensemble de l’œuvre illustrant l’activité de l’auteur de 1940 à sa mort en 1980.
Il comporte également des documents relatifs aux cours et séminaires donnés à l’École pratique des hautes études comme au Collège de France.
Enfin, une partie est consacrée aux ouvrages écrits en collaboration et aux différents entretiens donnés par l’auteur entre 1961 et 1980.

vendredi 21 octobre 2011