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Département des Monnaies, médailles et antiques

 Le Grand Camée de France (ou Grand Camée de la Sainte-Chapelle) : la glorification de Germanicus. Rome, Ca 23 av. J.-C.
Le département  des Monnaies, médailles et antiques possède l’une des plus remarquables collections mondiales de « médailles » – terme qui désigne jusqu’au XIXe siècle les médailles et les monnaies anciennes – tant par la qualité et la rareté que par le nombre des pièces conservées. S’y ajoute une spectaculaire collection d’antiques du Proche-Orient ancien, de la Grèce et de Rome, mais aussi des antiquités nationales. Une bibliothèque spécialisée de près de 100 000 références et un important fonds d’archives offrent un accompagnement précieux à la recherche sur ces ensembles. Ces collections en font le lieu idéal pour étudier la numismatique, l’archéologie, l’histoire de l’art et des techniques, mais aussi l’histoire des collectionneurs et des collections, depuis les trésors et les cabinets de curiosité jusqu’à la création des musées.
La salle de lecture est ouverte aux lecteurs de la Bibliothèque de recherche ; la consultation des collections patrimoniales se fait sur rendez-vous avec les chargés de collections.

Actualités du département des Monnaies, médailles et antiques

Acquisition d’euros célébrant le bicentenaire de la bataille de Waterloo

Pièce commémorative de la bataille de Waterloo : 2,50€

Pièce commémorative de la bataille de Waterloo : 2,50€

Le département des Monnaies, médailles et antiques a acquis deux pièces de collection frappées par la Monnaie royale de Belgique pour célébrer le bicentenaire de la bataille de Waterloo. Cet épisode fondateur d’un nouvel ordre européen a vu, le 18 juin 1815, Napoléon subir une défaite définitive face aux forces anglo-hollandaises et prussiennes de Wellington et Blücher.
Ces monnaies, d’une valeur faciale de 2,5 et 10 euros, sont le résultat d’une virulente polémique, montrant l’écho persistant de l’événement dans les susceptibilités européennes.
La Belgique avait prévu initialement l’émission de pièces commémoratives d’une valeur de deux euros, selon la prérogative accordée à chaque État membre de la zone euro. La France, puis d’autres pays, s’étant opposés à l’émission d’une iconographie perçue comme potentiellement offensante, Bruxelles a reculé, détruisant les 180 000 pièces déjà réalisées.
Quelques mois auparavant, Paris s’était vu opposer par Rome, un refus similaire sur l’émission d’une monnaie commémorant la bataille de Marignan (1515).
Pièce commémorative de la bataille de Waterloo : 10€

Pièce commémorative de la bataille de Waterloo : 10€

En guise de réplique, la Belgique a émis unilatéralement, selon son droit, des pièces de collection d’une valeur faciale inhabituelle, non destinées à la circulation. Celle de 2,5 euros, frappée à 100 0000 exemplaires, montre, sur le côté face, la « Butte au Lion » dominant le champ de bataille. Celle de 10 euros, en argent, émise à 10 000 exemplaires, représente le tournant de la bataille et la silhouette de Napoléon.
Dépourvues de cours monétaire, à la différence des pièces ordinaires, ces deux monnaies, à destination des collectionneurs, sont vendues respectivement 6 et 42 euros, soit plus que leur valeur faciale.

Les médailliers de la BnF transférés au Petit Palais

Médaillier d´Orléans

Médaillier d'Orléans

Depuis septembre 2015, quatre meubles exceptionnels du département des Monnaies, médailles et antiques sont présentés parmi les collections permanentes du Musée du Petit Palais, où ils resteront pendant les travaux du quadrilatère Richelieu.

Trois médailliers ont trouvé un écrin dans les boiseries XVIIIe de la galerie Tuck.

Le médaillier commandé en 1739 à l’ébéniste et sculpteur Charles Cressent par le duc d’Orléans (1703-1752), fils du Régent, pour renfermer ses riches collections de monnaies antiques et de pierres gravées est exceptionnel par sa conception novatrice : une armoire en marqueterie de bois précieux, à deux corps séparés par une tirette centrale servant à la consultation. L’intérieur est garni de 105 tiroirs. Un buste du duc d’Orléans, exécuté par Cressent, a été ajouté en 1754.
Médaillier Pellerin

Médaillier Pellerin

Les deux armoires monumentales acquises en 1784 des héritiers de Joseph Pellerin (1684-1782), haut fonctionnaire de la Marine et numismate de renom, intègrent dans un bâti réalisé en France des panneaux de laque de Chine importés. La première, en marqueterie Boulle, comporte des panneaux ornés de bas-reliefs en pierre dure. La deuxième utilise des feuilles de paravents en laque de Coromandel. Ces armoires, des années 1720-1730, ont été aménagées en médailliers par Pellerin pour y conserver sa riche collection de 32 000 monnaies grecques, vendue en 1776 au Cabinet du roi, et sont restées utilisées jusque dans les années 1970.

Le dernier meuble, daté de 1878 environ, est un témoignage de l’attrait pour le Japon suscité par l’ouverture du pays sous l’ère Meiji. Cette vitrine japonisante en forme de pagode est l’œuvre d’Edouard Lièvre (1828-1886), un des ébénistes et ornemanistes français les plus originaux et réputés de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Palmyre au temps de Zénobie : le témoignage des monnaies

Monnaie d´Alexandrie. Portait de Vabalath. 270 ap. J.-C.

Tétradrachme d'Alexandrie frappé en 270. Portait de Vabalath

Actuellement sous les feux de l’actualité, Palmyre fut dans l’Antiquité le siège d’un royaume brillant qui nous légua un fabuleux patrimoine architectural, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
L’apogée de la puissance palmyrénienne – qui précéda de peu sa chute – coïncide avec le règne de la reine Zénobie durant le troisième quart du IIIème siècle. Cette période est particulièrement bien représentée au département des Monnaies, médailles et antiques au travers des 117 monnaies conservées, frappées à Antioche (42 exemplaires, en latin) et à Alexandrie (75 exemplaires, en grec).
Antoninien d´Antioche. Portait de Zénobie. 272 ap. J.-C.

Antoninien d'Antioche frappé en 272. Portait de Zénobie

Du fait de sa position clé entre Syrie et Mésopotamie, la cité joua un rôle crucial dans l’affrontement entre l’Empire Perse sassanide, à l’est, et l’Empire romain, à l’ouest.

Après la capture de l’empereur Valérien à Edesse en 260, et pour remédier au vide du pouvoir impérial dans la région, Zénobie devient de fait une « régente » des provinces romaines orientales et contînt l’avance perse. S’instaurant impératrice, elle décide en 272 de se substituer à l’empereur Aurélien. Elle fait frapper monnaie pour elle et son fils Vabalath à Antioche et à Alexandrie.

Ces monnayages permettent de suivre pas à pas cette émancipation des souverains de Palmyre vis-à-vis de la tutelle romaine. Les émissions alexandrines sont d’abord et principalement composées de tétradrachmes sur lesquels figurent Vabalath associé à Aurélien. À partir de 272, Aurélien disparaît au profit de deux séries, l’une au portrait de Vabalath seul, l’autre avec celui de Zénobie.

La réaction vigoureuse d’Aurélien entraîna la prise de Palmyre à l’été 272 puis, après une nouvelle révolte en 273, sa destruction et la déportation de la reine à Rome. Après avoir figuré dans le triomphe de l’empereur, elle termina sa vie dans un confortable exil.

Monnaies gauloises archaïques au Musée des monnaies, médailles et antiques

Statère gaulois du trésor de Gironde

Statère gaulois du trésor de Gironde

Le département des Monnaies, médailles et antiques abrite la collection nationale de référence en monnaies gauloises et celtiques (plus de 10 000 exemplaires). Parmi celles-ci, les frappes d’or les plus anciennes attribuables aux peuples de la Gaule. Dans la majorité des cas, ces premières productions reprennent le modèle du statère d’or macédonien inauguré par le roi Philippe II (359-336 av. J.-C.), montrant au droit une tête laurée d’Apollon et, au revers, un char attelé à deux chevaux (bige) mené par un aurige associé à la légende gravée sous la ligne de terre ΦΙΛΙΠΠΟΥ : « [monnaie] de Philippe ».

Ces séries gauloises archaïques restent très rares, mais un trésor significatif a été découvert en Aquitaine au début de la décennie 1990 et malheureusement dispersé hors de France avant toute étude, d'une manière qu'on pouvait craindre irrémédiable. L’intervention patiente et déterminée d’un collectionneur savant, M. Jacques Gorphe, lui a permis de reconstituer une partie de cet ensemble exceptionnel en acquérant, au fil des ventes internationales, un ensemble de 16 statères, dont il fit don à la BnF en février 2010. Ces monnaies sont depuis exposées dans le musée des Monnaies, médailles et antiques. L’action de ce passionné érudit s’inscrit dans la lignée des mécènes qui jouent depuis plus de deux siècles un rôle éminent dans la constitution des collections numismatiques du département des Monnaies, médailles et antiques, au point, parfois, d'en avoir modelé les contours.
Voir aussi

Le Grand Camée de France (ou Grand Camée de la Sainte-Chapelle) : la glorification de Germanicus. Rome, Ca 23 av. J.-C. | BnF Musée des monnaies, médailles et antiques
Richelieu - Département des Monnaies, médailles et antiques
exposition permanente

Acquisition de deux médailles satiriques de Karl Goetz

 Médaille de Karl Goetz, 1918, revers. BnF Monnaies, médailles et antiques

Médaille de Karl Goetz, 1918, revers. BnF Monnaies, médailles et antiques

Pendant la Guerre de 1914-1918, le Cabinet des médailles s’est abstenu de toute acquisition de médailles allemandes. Alors que les collections de la BnF sont exceptionnelles en médailles des XVIe-XVIIIe siècles, la période contemporaine est tout juste représentée par quelques médailles de Paul Sturm et Richard Klein et par un exemplaire de la médaille du Naufrage du Lusitania de Karl Goetz (1875-1950), le plus mordant des représentants de l’Expressionnisme allemand dans la médaille.

Le 8 décembre 2014, la BnF a acquis deux autres médailles satiriques de Karl Goetz.

La première, datée de 1918, montre Clemenceau désignant les mots Alsace, Lorraine et Rhin inscrits sur une colonne tronquée sur laquelle il s’appuie. La légende « Comment on a répondu aux envies de conquête de Clemenceau » trouve son explication au revers : le bombardement de Paris à longue distance. Clemenceau, représenté comme un tigre à tête humaine, sursaute au-dessus d’un obus qui vient de s’abattre contre un mur, tandis qu’on aperçoit la tour Eiffel au-delà.

 Médaille de Karl Goetz, 1923, avers. BnF Monnaies, médailles et antiques

Médaille de Karl Goetz, 1923, avers. BnF Monnaies, médailles et antiques

La seconde médaille, datée de 1923, dénonce la politique française de l’immédiat après-guerre, de Clemenceau, représenté en buste, la main posée sur un crâne, à l’avers, à Poincaré, un couteau en main, piétinant femme et enfant, au revers. Le sens de l’image est explicité par la légende : « Ainsi a parlé Clemenceau, président-ministre de France : ’20 millions d’Allemands en trop !’ », une phrase apocryphe qui sera reprise par la propagande hitlérienne.

Ces documents d’histoire, qui complètent les collections sur la Guerre de 14, contrastent par leur style et leurs outrances avec les médailles de guerre françaises de Pierre Roche, récemment numérisées.

Les arts graphiques au département des Monnaies, médailles et antiques

Caricature de Charles de Gaulle (cote 1992-1169) – Gouache sur billet de banque

Caricature de Charles de Gaulle (cote 1992-1169) – Gouache sur billet de banque

Le département conserve environ 600 documents graphiques comprenant des dessins, des estampes, des photographies et quelques peintures.

Dessins préparatoires aux médailles, dessins de nus académiques ou de décors antiques, portraits d’hommes illustres et photographies des conservateurs, dessins et estampes d’objets, plans de sites archéologiques... L’inventaire récemment mis à jour a permis de recenser la variété des techniques graphiques et de constater l’intérêt que peut susciter une telle collection tant pour l’histoire de l’art que pour l’histoire du département. En effet, sont conservés dans cette collection des œuvres particulièrement rares et intéressantes, telles qu’une caricature de Charles de Gaulle réalisée sur un billet de banque ou encore une holographie sur plaque de plexiglas représentant le camée en relief du portrait de profil de Louis XVI.

Le récolement et le conditionnement de ces œuvres s’inscrivent dans le cadre du déménagement des collections du département, qui a permis une mise en valeur de cette collection en lui offrant une conservation optimale in situ, avant son transfert sur le site François-Mitterrand.

Le conditionnement des monnaies et médailles

Pendant la fermeture de la salle de lecture du département des Monnaies, médailles et antiques

© BnF
Le département des Monnaies, médailles et antiques a fermé sa salle de lecture du 15 décembre 2014 au 15 février 2015 pour conditionner les collections en vue de leur déménagement. Voici le chantier en texte et en images.

lundi 1 février 2016

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Contact

Frédérique Duyrat
Directrice
Téléphone : 01.53.79.83.40
Fax : 01.53.79.89.47
Courriel : monnaies-medailles-antiques @bnf.fr

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