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Estivales africaines

site F.-Mitterrand - Allée Julien Cain
du 20 juin au 4 septembre 2011
Femme Galla indigène - BnF / Cartes et plans - Société de géographie

Femme Galla indigène

De la Renaissance à la fin du XVIIIe siècle, les Européens ne connaissaient du vaste continent africain que ses côtes sur lesquelles ils avaient fondé des comptoirs. Au tournant du XIXe siècle, l'intérieur du continent suscite à son tour un grand élan d'intérêt. Tout au long de ce siècle, l'Afrique est au centre d'un large mouvement de découvertes, d'explorations et d'inventaires où la cartographie prend une place centrale dans l'appropriation intellectuelle, scientifique et politique du territoire.

Dans le cadre des Estivales africaines de la BnF, une présentation de documents sur le thème de l'exploration et de la cartographie de l'Afrique est proposée en trois parties : connaissance des contours de l'Afrique par douze grandes cartes continentales (allée Julien Cain) ; connaissance de l'intérieur de territoires africains à travers cartes, croquis, dessins et photographies rapportés par les explorateurs (Abécédaire des collections) ; carte numérisée et interactive de l'Afrique en 63 feuilles au 1:2 000 000e (Labo).

Les Estivales africaines s'insèrent dans le cadre du 25e Congrès international de cartographie, soutenu par la Bibliothèque nationale de France et l’Institut géographique national, qui se déroule au palais des Congrès de Paris du 3 au 8 juillet 2011.


A comme Afrique

Henry Schenk Tanner
Africa
Planche 4 de l’American Atlas, Philadelphia, 1820
Coll. part.

Henry S. Tanner (1786-1858), géographe, graveur et éditeur, fit paraître en 1820 la première édition de l’American Atlas dont la planche 4 est dédiée à l’Afrique. Cette carte colorée destinée au public américain indique les possessions des puissances européennes, lesquelles se situent sur l’ensemble des territoires côtiers. Une grande partie des territoires continentaux de l’Afrique centrale et australe, encore inconnue des Européens est laissée en blanc avec comme mention « unknown parts ». L’auteur singularise la partie centrale du continent en imaginant une longue chaîne de montagne allant de la côte Ouest au sud de l’Éthiopie et qu’il nomme successivement Mountains of Kong, Jebel Kourma ou Mountains of the Moon. Cette dernière forme, apparue dès 1798 à la suite des excursions de James Rennell, disparaîtra après 1888, lorsque les résultats de l’exploration des pays du Haut-Niger par le français Binger seront connus. Il inscrit son savoir géographique dans la tradition des cartes anglaises.

Cinq années plus tard, il publia une nouvelle carte de l’Afrique, toujours pour le public américain, en faisant état de l’installation depuis 1820 des esclaves affranchis revenus des États-Unis sur la côte guinéenne – à l’origine de la création du Liberia. Mais, H. Tanner mentionne « colonie Amérique ».

A comme Afrique (bis)

Anonyme
A map of Africa showing the boundaries settled by international treaties & agreements
Planche publiée dans Proceedings Royal geographical Society, 1890
BNF, Cartes et Plans, Ge FF 110, tome 12, p. 712

Cette carte paraît à Londres en octobre 1890 et accompagne un texte du tome 12 des Proceedings Royal geographical Society dont on traduit l’extrait suivant. « Maintenant que la plus grande partie de l’Afrique a été morcelée entre les puissances européennes, il peut être utile d’indiquer qu’elles sont les limites des revendications de chacun des pouvoirs, et le fondement de ces allégations. La carte montre les limites des revendications des différents pouvoirs qui ont été réglées par un accord international. Certains espaces ont été laissés en blanc pour montrer l’absence de convention, ou encore pour indiquer des limites volontairement laissées imprécises par les puissances concernées. Le Maroc, le Libéria, certains États du Soudan central, le Sahara au sud de Tripoli, et une petite zone au sud du Darfour et le Wadaï (territoires en gris), forment l’infime partie de l’Afrique qui [à la fin du XIXe siècle] ne soit pas directement ou indirectement dans la sphère d’une puissance européenne… »

C comme Cartographie

Jean Vallière
Lever expédié des environs de Mourgoula, 1880
BnF, Cartes et Plans, Ge D 1210

Entrée de la vallée de Tinké (vue prise de Mansannah), 1880
BnF, Cartes et Plans, Ge BB 1122 (93 D)

Roches de Tabou et de Nienkéma, 1880
BnF, Cartes et Plans, Ge BB 1122 (93 G)

Jules Hansen
Itinéraires de Médine à Nango par la mission Galliéni, 1882
BnF, Cartes et Plans, Ge C 10955

La mission Galliéni de 1880 s’inscrit dans toute une série d’opérations militaires françaises menées en Afrique occidentale. Exploration et conquête territoriale sont ici étroitement liées et la cartographie sert ici directement le projet colonial.

Joseph Galliéni se voit confier la tâche d'étudier le tracé d'un futur chemin de fer reliant le Sénégal au Niger et d'explorer ces régions. Galliéni s'entoure d'officiers chargés de la reconnaissance des routes suivies et de l’exécution des levers : les capitaines Jean Vallière (1849-après 1919) et Camille Piétri (1852-1885). Vallière à côté de ses qualités de topographe possède un remarquable coup de crayon et rapporte une série de croquis pris sur le vif des paysages traversés.

Tous ces documents seront au retour de la mission étudiés puis transmis au dessinateur géographe Jules Hansen (1849-1931) pour la réalisation d'une carte-synthèse « Itinéraire de Médine à Nango par la mission Galliéni » publiée en 1882 dans le Bulletin de la Société de Géographie. La tâche du cartographe est ici un travail de raccordement, d'assemblage des différents itinéraires de reconnaissance, de dessin au net des croquis de Vallière et de leur réduction après mise au carreau, enfin un travail de composition générale où les vues et les cartes de détail sont assez judicieusement réparties dans la feuille.

D comme Dessin

Charles de Foucauld
Vue du ravin de l’Ouad Magroun… prise de la Gantra . 29 octobre 1885
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 4 (1257) I, pl. 35

Vue d'El Goléa. 10 novembre 1885
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 4 (1257) II, pl. 20

Touggourt. une rue couverte. 5 décembre 1885
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 4 (1257) III, pl. 13

Destiné à une carrière militaire, le jeune officier Charles de Foucauld (1858-1916) découvre l’Afrique du Nord en 1881 lors d’une mission en Algérie. L’année suivante, il décide de quitter l’armée et d’organiser à ses frais un voyage au Maroc, pays encore mal connu des Européens. Son voyage de 1883-1884 au cours duquel il relève plus de deux mille kilomètres d’itinéraires lui vaut la reconnaissance de toute la communauté scientifique.

Moins connu, son voyage de 1885-1886 aux oasis du sud-algérien et tunisien le conduit d’Aflou à Kasserine en passant par Laghouat, Ghardaïa, El Goléa, Ouargla, Touggourt et Tozeur. Charles de Foucauld rapporte de ce voyage trois carnets de croquis, témoignage de son expérience du désert, qu’il offre à l’explorateur Henri Duveyrier : « je vous en fais cadeau, c’est bien peu de choses ».

131 esquisses à la mine de plomb soigneusement légendées et datées font de ce « peu de choses » un véritable trésor. Charles de Foucauld utilise fréquemment la chambre claire, cet instrument d’optique, doté d’un prisme qui projette sur le papier un reflet du paysage observé et guide le tracé des contours. Certains paysages d’une grande finesse semblent alors suspendus, pareils à des mirages alors que la main reprend le rendu des contrastes dans la représentation de la végétation ou de l’habitat.

E comme Encyclopédisme

Heinrich Barth
[Carnet de route dans le Soudan central n° 1], 1853
Extrait du Tarik es-Soudan
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 47 (1321) I p. 70-71

[Carnet de route dans le Soudan central n° 2], 1853
Ville de la boucle du Niger, Pays Songhai
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 47 (1321) II p. 8-9

[Carnet de route dans le Soudan central n° 4], 1852
Plan de Zinder (Niger)
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 47 (1321) IV p. 44-45

[Carnet de route dans le Soudan central n° 5], 1850
Minaret de mosquée, région d’Agadez (Niger)
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Ms in 8° 47 (1321) V p. 34-35

Travels and discoveries in north and central Africa. Vol. IV, 1858
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg 8° Bon. G 614

La seconde moitié du XIXe débute avec l'expédition d'un des plus grands savants-voyageurs, l'Allemand Heinrich Barth (1821-1865), premier européen à atteindre Tombouctou depuis René Caillié.

Barth participe à une grande expédition envoyée par le gouvernement britannique dans "les pays de l'Afrique centrale".

L'expédition, partie de Tripoli en 1850, traverse le Sahara par le Fezzan et l'Aïr, puis les voyageurs se séparent pour explorer des régions différentes. Barth visite les principales villes commerçantes de l'Empire de Sokoto et du Bornou et traverse les pays de la région du Lac Tchad. Il arrive à Tombouctou où il séjourne en 1853 avant de regagner Tripoli par la route de Bilma.

Dans ses carnets, Barth s'efforce de noter tout ce qu'il voit dans des domaines très variés : géographie, histoire, ethnographie, linguistique etc. et donne des indications précises des lieux et des distances. Dans le texte sont insérés des dessins qui aident le voyageur à fixer dans sa mémoire les lieux visités : là, les remparts d'une ville, ici le plan de la ville de Zinder au Niger. L'explorateur se révèle ici selon l'expression du professeur Henri Schiffers un formidable "appareil enregistreur humain".

Son voyage est publié à son retour. Ces cinq tomes constituent un apport scientifique considérable à la connaissance des pays de l'Afrique centrale qui valent à leur auteur la médaille d'or des sociétés de géographie de Paris et de Londres.

F comme Frontières

Jules Hansen
Dahomey et pays limitrophes, carte dressée d’après les plus récentes explorations, 1892
Carte imprimée
BNF, Cartes et Plans, Société de géographie, Sg Y D 610

Jules Hansen
Dessin du fleuve Congo et délimitation des zones d’influences, 1885
2 feuilles à plat en format bande
BNF, Cartes et Plans, Ge D 24653

Carte du Dahomey / Hansen

La carte du Dahomey illustre le partage du territoire africain qui intervient dans le dernier quart du XIXe siècle. Les couleurs marquent l’appropriation par les Européens de cette portion de la côte de Guinée : on relève « territoire allemand », « territoire français », « territoire anglais ». Cette carte conçue et dressée par Hansen, intéressante par son cadrage resserré et les couleurs utilisées, est emblématique des découpages coloniaux. Les frontières rectilignes des possessions européennes sur le golfe de Guinée traduisent bien l’absence de prise en considération des réalités ethniques. La cartographie devient l’outil au service du colonisateur : elle permet de déterminer et de visualiser des zones d’influence (carton) grâce au tracé précis des frontières.

Carte avec drapeaux et Association internationale africaine

Très tôt le roi des Belges Léopold II rêve d’un empire colonial. En septembre 1876, il réunit à Bruxelles une conférence géographique africaine avec la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Pour le souverain, il s’agit « d’ouvrir à la civilisation la seule partie du globe où elle n’ait point encore pénétré, percer les ténèbres qui enveloppent des populations entières ». La conférence crée l’Association internationale africaine (AIA) dont le but est d’explorer les parties inconnues de l’Afrique entre le bassin du Zambèze et le Soudan. Mais l’AIA n’est qu’un paravent pour Léopold II qui fonde un Etat. La carte présente le fleuve comme frontière naturelle entre la France et l’Etat indépendant du Congo sous domination belge.

H comme Hydrographie

Noël Ballay ou Charles de Chavannes
Zones de confluence entre les rivières Alima, Licounda et Congo entre 1878 et 1886
Carte manuscrite
BNF, Cartes et Plans, Société de géographie, SG Carton Bor-Bu (130), pl. 8

Noël Ballay ou Charles de Chavannes
Oubangui voie de pénétration en direction du Tchad entre 1878 et 1886
Dessin manuscrit
BNF, Cartes et Plans, Société de géographie, SG Carton Bor-Bu (130), pl. 23

Les grandes explorations africaines devaient résoudre des énigmes géographiques et comprendre les réseaux hydrographiques. Quels sont les cours d’eau, leur orientation, leurs sources, leurs affluents et les liens avec les lacs ? Il en a été ainsi des recherches sur le cours du Sénégal au XVIIe, du Nil au XVIIIe, du Niger au début du XIXe siècle, du Congo et du Zambèze à la fin du XIXe siècle. Rêves, échecs, surprises, difficultés et défis ont été le lot commun des explorateurs, pionniers des territoires africains.

Le fleuve Congo ne leur a pas fourni les mêmes facilités de découvertes. Son cours inférieur accidenté et encombré de rapides en interdit la remontée. Aussi Savorgnan de Brazza conduit de 1875 à 1886 trois expéditions dans le but de trouver une voie de pénétration vers l’Afrique équatoriale. Il effectue une première mission sur le fleuve Ogooué et identifie des affluents du Congo : l’Alima et la Licounda. Les deux suivantes lui permettent de confirmer cette voie d’accès vers le Fleuve Congo et l’amènent à explorer d’autres cours d’eau notamment la Sangha, identifiée comme voie de pénétration vers le Nord. Quatre mille kilomètres d’itinéraires ont été relevés par l’explorateur confronté à une réalité difficile à cartographier. Le cours inférieur de la Sangha est un lacis de chenaux et d’affluents. Transcrire le réseau hydrographique est un travail minutieux. Enfin les informations toponymiques recueillies auprès des populations locales par Brazza, Ballay et de Chavannes restent incertaines.

M comme Militaires

Georges Didier
Vue de El Oued Souf, 1878
Souvenirs d’Algérie de 1877 à 1882.
BnF, Cartes et Plans, Ge FF 21248, p. 8 et 9

Hyacinthe Dastugue
Collines de Poudingues crétacés fermant au midi l'oasis de Tiout, 7 janvier 1862
Recueil de dessins et de plans établis en 1861 et 1862 en Algérie
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Colis 35 bis (3931) pl. 24

François Imbert
Huttes en pierres du Mont Sar'ah, 1894
Route du Tagant : Foum Goussasse, 1894
Reconnaissance des routes conduisant de Bakel au Tagant, Soudan français
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton IJK (582) pl. 3 et 5

Officiers et sous-officiers français engagés dans la conquête coloniale vont rapporter de nombreux témoignages des régions traversées. Utilisant avec plus ou moins de talent différentes techniques iconographiques d’enregistrement de l’information, ils participent à ce vaste mouvement de production d’images. Certaines resteront inédites, d’autres seront utilisées et reproduites dans la presse illustrée.

L’officier de cavalerie Hyacinthe Dastugue (1827-1880) est en opérations dans le Nord-Ouest algérien en 1862. Il s’agit pour cet officier de reconnaître des itinéraires et de cartographier des points stratégiques mais il s’intéresse également aux éléments de relief, si importants en milieu désertique. Les documents mis au propre produits par cet officier sont d’un grand soin dans l’exécution et révèlent un véritable « coup d’œil géologique ».

Quinze ans plus tard, l’officier du Génie Georges Didier (1850-après 1916) parcourt le Nord-Est algérien. Ses talents de dessinateur et d’aquarelliste lui permettent de rapporter des « Souvenirs d’Algérie » d’une grande précision, déjà empreints d’une certaine vision pittoresque du pays.

Le capitaine de spahis François Imbert (1856-1930) dans sa campagne au Soudan en 1894 choisit le dessin à la plume pour décrire les paysages désertiques du Tagant (Mauritanie). Ses vues font ressortir la diversité des formes du relief : reliefs ruiniformes, blocs erratiques, gorges encombrée d’éboulis. Ces dessins en noir et blanc, de petit format, sont réalisés dans l’optique d’être insérés facilement dans un article de revue.

N comme Nil

Joseph Pons d’Arnaud
Journal de route en retournant du 4°42’, 2e expédition, 7 février 1841
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Colis 20 (3387) II, p. 190-191

Journal de route de la 2e expédition envoyée à la recherche des sources du Nil, 19 décembre 1840
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Colis 20 (3387) I, p. 57-58

Khartoum, vers 1840
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Colis 20 bis (3395)

Les sources du Nil ont constitué pour les Européens une énigme géographique et un but d’exploration sans cesse renouvelé.

Joseph Pons d’Arnaud (1812-1884) ingénieur français au service du vice-roi d'Égypte, Méhemmet Ali, conduit trois expéditions franco-égyptiennes entre 1839 et 1842, au départ de Khartoum, ville nouvellement créée à la confluence des deux Nils.

La remontée du fleuve s’effectue en dahabiés, ces barques à deux mâts de la marine égyptienne à un rythme très lent qui va permettre à Pons d'Arnaud de tenir un journal de route. Ce journal est une mine d'informations géographiques qu'il accompagne de dessins à la plume sur les paysages traversés, les populations riveraines, la faune et la flore.

Pons d'Arnaud procède à de nombreux calculs sur la route suivie en longitude et latitude, note précisément chaque jour les conditions météorologiques et surtout, tout au long du cours du fleuve, procède à de rigoureux relevés : dénombrement des îles, identification des nombreuses ramifications du fleuve, profils hydrologiques.

Les trois voyages que conduit Pons d’Arnaud ne lui permettront pas à de remonter jusqu’aux sources du fleuve qui seront identifiées quinze ans plus tard par les explorateurs anglais Burton, Speke et Baker mais auront fourni des jalons essentiels dans la connaissance du bassin du Nil Blanc. 

O comme Observation

Société de géographie
Questions proposées aux voyageurs et à toutes les personnes qui s'intéressent aux progrès de la géographie. Première série, 1824
Chapitre Pays à l’Occident du Nil rédigé par Edme François Jomard
[Ces questions ont probablement dirigé certaines observations faites par Joseph Pons d’Arnaud au cours de ses voyages (1839-1842)]
BnF, Cartes et Plans, Ge FF 7553-7554

Instructions générales aux voyageurs, 1875
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg 8° E9/25

Instructions générales aux voyageurs, 1875
Chapitre Méthode topographique rédigé par E.G. Rey
BnF, Cartes et Plans, Ge FF 15675

Lionel Dècle
Voyage de Mr L. Dècle de Fort Salisbury au Zambèze : cartes n° 2 et n° 3, 1892
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Colis 1 ter (1507)

Dès sa création à Paris en 1821 la Société de Géographie souhaite orienter les travaux des explorateurs sur le terrain et fait sienne la formule des « questions aux voyageurs ». Avant son départ le voyageur se voit confier ou sollicite une série de questions de tout ordre à laquelle il s'engage à répondre au terme de son voyage.

Une première série de questions paraît en 1824, une seconde en 1855 pour aboutir en 1875 à la publication des Instructions générales aux voyageurs.

La lecture de ces instructions apporte à la fois des conseils pratiques dans la préparation du voyage, des recommandations sur le matériel à emporter et des méthodes pour la collecte d'informations dans toutes les disciplines : topographie et hydrographie, météorologie et botanique, anthropologie et ethnographie. « Voir et bien voir la nature sous toutes ses faces, en un mot être toujours et à toutes les minutes en observation, voilà le rôle unique du voyageur » résume ainsi Jules Marcou, auteur du chapitre sur la géologie.

Explorateur mal connu, Lionel Dècle (1859-1907) obtient en 1890 une mission du Ministère de l’Instruction publique pour parcourir l’Afrique australe.

Les itinéraires simplifiées de son voyage vers le Zambèze illustrent bien la grande diversité des observations effectuées. On y trouve le nom des ethnies rencontrées et des villages traversés, des informations sur la topographie, la végétation, les possibilités de traversée des cours d’eaux, les ressources cynégétiques et halieutiques des régions parcourues.

P comme Photographie

Victor Deporter
Sahara 1:6 000 000e, 1889
BnF, Cartes et Plans, Ge BB 1122 (99 B)

Le ksar d’El Goléa : vue prise de l’Est
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg We 138 (35)

Badrian : palmiers à l’ouest d’El Goléa
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg We 138 (65)

Le chef de bataillon Victor Deporter (1842-1893), commandant du cercle de Ghardaïa conduit plusieurs missions dans le sud-algérien entre 1888 et 1890. Son activité cartographique apporte une contribution notable à la connaissance de ces régions.

Deporter s’intéresse particulièrement à la citadelle d’El Goléa, objectif militaire essentiel pour les officiers français à cette époque, « verrou du Sahara » à occuper pour s’assurer le contrôle du Sud algérien.

A côté de ces levers topographiques, Deporter pratique en amateur la photographie. Il réalise plusieurs séries de clichés de la région d’El Goléa d’ordre documentaire ou ethnographique. Il utilise le cyanotype, technique à base de sels ferriques, d’une utilisation relativement simple qui permet d’effectuer des clichés peu onéreux et résistants à la lumière.

Ses clichés traduisent sa fascination pour le ksar d’El Goléa et ses habitants : les nomades Chaamba. Diffusés dans la presse illustrée, ils contribuent comme d’autres images à la mise en place d’un imaginaire saharien. Mais dans ce contexte de conquête militaire, la photographie, comme la cartographie ou le dessin, participe également à la prise de possession, à l’appropriation symbolique des lieux.

R comme Routes

Alfred Grandidier
Relevés manuscrits d’itinéraires suivis à Madagascar par différents explorateurs
Esquisses cartographiques à plat
BNF, Cartes et Plans, Ge F carte 7653 (pl. 2 et 4)

Jules Hansen
Divers itinéraires à Madagascar, dressés par A. Grandidier
Bulletin de la Société de géographie, 1893, p. 416-417
BNF, Cartes et Plans, Ge FF 6, tome 14

Repérer ou construire des routes est apparue aux colonisateurs comme la première des priorités.

Alfred Grandidier a consacré une grande partie de sa carrière à l’exploration de Madagascar qu’il aborde pour la première fois en 1864. Il est l’auteur d’une œuvre encyclopédique « Histoire physique naturelle et politique de Madagascar » en 30 volumes.

Grandidier est connu également pour ses travaux de cartographie. A côté de ses propres relevés, il entreprend un travail remarquable de compilation, de vérification et de mise en concordance des informations rapportées par d’autres voyageurs dans leurs carnets de route.

Il transmet à Jules Hansen des croquis manuscrits d’itinéraires qu’il a lui-même tracés à partir de carnets de route des voyageurs pour la réalisation de cartes. Les résultats de ces travaux en commun sont publiés dans le Bulletin de la Société de géographie en 1893 en quatre planches. dessinées par Hansen d’une incroyable densité d’informations sur lesquelles sont tracés pour chaque explorateur la route suivie et le profil topographique de son itinéraire.

T comme Tombouctou

René Caillié
Vue d’une partie de la ville de Temboctou, prise du sommet d’une colline à l’Est-nord-est, 1830
Journal d’un voyage à Temboctou : atlas
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg 4° Bon. G 1929

[Fragment du manuscrit autographe du voyage de René Caillié à Tombouctou, 1er janvier - 18 août 1828]
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton Ca-Cer (158) pièce 5

Journal d’un voyage à Temboctou : atlas [page de titre et portrait de Caillié], 1830
BnF, Cartes et Plans, Ge FF 5318

Edme-François Jomard
Carte itinéraire du voyage de Mr Caillié à Jenné et à Temboctou, 1829
BnF, Cartes et Plans, Ge C 8861

Tombouctou reste au début du XIXe siècle pour les Européens la « ville mystérieuse » que de nombreux voyageurs ont tenté d’atteindre en vain.

Nourri des lectures de l’explorateur écossais Mungo Park, René Caillié (1799-1838) s’engage seul en 1827 dans cette aventure et met un an pour atteindre la ville mythique à partir de la côte de Guinée. Grâce à sa pratique de l’arabe, il peut dissimuler son identité d'européen. Il se joint à des caravanes de marchands qui le conduisent d'un point à un autre et lui permettent d’entrer dans Tombouctou le 20 avril 1828.

Le recueil d’informations n’est pas chose aisée : Caillié doit se cacher en permanence pour prendre furtivement des notes. Après sa traversée du Sahara, il ne rapporte à son arrivée au Maroc en septembre 1828 que quelques notes écrites au crayon, « tellement fatiguées, tellement effacées par le temps » qu’il lui faudra puiser dans sa mémoire pour les rétablir et en faire la base du récit de son voyage.

Le texte rédigé en collaboration avec Edme-François Jomard (1777-1862) paraît en 1830, accompagné d’une carte retraçant l’itinéraire de Caillié. La vue de Tombouctou qui y est insérée n’est pas ici le produit d’un enregistrement « pris sur les lieux ». C’est une reconstitution ultérieure où se mèlent les souvenirs issus des observations sur le terrain avec les nécessités de la publication, avec l'image que l'on veut donner de la ville pour le récit.

U comme Us et Coutumes

Charles Rochet d’Héricourt
Femme galla
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton Re-Ru (926) pl. 19

Mahamet Loèta, ras de la Kabyle Débenet
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton Re-Ru (926) pl. 13

Métier de tisserand en plein air
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton Re-Ru (926) pl. 23

Objets offerts en présent à Sa Majesté le Roi des Français, par Sahlé-Sallasi, Roi du Choa
BnF, Cartes et Plans, Société de géographie Sg Carton Re-Ru (926) pl. 27

Négociant français, Charles François Xavier Rochet d’Héricourt (1801-1854) projette une traversée de l’Afrique de la Mer Rouge au Gabon.

Arrivé à Tadjoura en juin 1839, il décide de pénétrer en Éthiopie par le Choa et se rend à Ankober, l’ancienne capitale. Il rencontre le roi Sahlé Sélassié qu’il accompagne dans un voyage en pays Galla, au-delà du Nil Bleu. Chargé de cadeaux et de lettres pour le roi Louis-Philippe, il revient en France en octobre 1840 et fait connaître l’intérêt politique et économique du Choa. Il rapporte notamment de son voyage huit gouaches qui, par la variété de sujets, témoignent d’un grand intérêt pour les peuples abyssins.

Son ouvrage paru en 1841 « Voyage sur la côte orientale de la mer Rouge, dans le pays d’Adel et le Royaume de Choa » dans lequel sont reproduites en gravures ces gouaches, donne d’importantes précisions sur les mœurs, les institutions et la religion des peuples rencontrés.

jeudi 23 juin 2011

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