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Newsletter trimestrielle >>> n°1JANVIER 2016

L’ancienne BN fait peau neuve : à l’issue de la rénovation, la BnF disposera d’un nouvel espace culturel et scientifique dans ce bâtiment historique prestigieux situé en plein cœur de Paris.

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Quid du chantier de rénovation ?

Le site Richelieu est le berceau historique de la Bibliothèque nationale de France (BnF), qui y a été installée en 1721 sous l’impulsion de l’Abbé Bignon, alors Bibliothécaire du Roi. Depuis 1993, ce site accueille également la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA).

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En 1998, quelque dix millions d’imprimés sont relogés sur le site François-Mitterrand, dans le 13e arrondissement. Ce transfert libère des espaces pour les collections des départements de la BnF dits « spécialisés » (Arts du spectacle, Cartes et plans, Estampes et photographie, Manuscrits, Monnaies, médailles et antiques, Musique). C’est aussi l’opportunité pour la Bibliothèque de l’INHA de redéployer ses collections et pour l’École nationale des chartes (ENC), transférée rue de Richelieu en 2014, d’installer sa Bibliothèque dans l’aile « Petits Champs » du site.

Le projet Richelieu est d’abord une opération de réhabilitation architecturale qui permet à la BnF d’améliorer la sécurité et le confort des personnes mais aussi les conditions de conservation des collections patrimoniales.
Mais au-delà de ce projet de rénovation, la BnF se dote ainsi d’un ambitieux programme scientifique et culturel qui se décline en trois axes majeurs :

  • renforcer les services aux publics (salles de lecture embellies et plus fonctionnelles, mise en place de nouveaux services, poursuite de l’informatisation des catalogues et de la numérisation des collections, mutualisations de certaines ressources entre la BnF, l’INHA et l’ENC) ;
  • consolider les missions du site Richelieu en tant que pôle d’excellence dans le domaine de l’histoire de l’art et du patrimoine écrit ;
  • ouvrir plus largement le site en proposant des visites au public (espaces patrimoniaux jusqu’à présents inaccessibles au public, musée de collections permanentes parmi lesquelles une sélection des trésors de la BnF, une grande salle de lecture accessible à tous, la salle Ovale). Un vaste programme de manifestations permettra aussi de mettre en lumière les collections et les savoir-faire de la BnF.

La maîtrise d’ouvrage de l’ensemble des travaux de rénovation relève du ministère de la Culture et de la Communication et du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Pour sa part, le ministère de la Culture et de la Communication l’a déléguée à l’Opérateur du Patrimoine et des Projets Immobiliers de la Culture (OPPIC). Quant à la maîtrise d’œuvre, elle a été confiée à l’agence d’architecture Bruno Gaudin et associés.

Pour permettre à la BnF et à la Bibliothèque de l’INHA de maintenir l’accessibilité de leurs collections, les travaux sont réalisés en deux phases qui correspondent au découpage du site en deux zones : la zone 1, le long de la rue de Richelieu, la zone 2, le long de la rue Vivienne.
La zone 1, en chantier depuis juillet 2011, sera rouverte au public à l’automne 2016. Les travaux de la zone 2 commenceront avant fin 2016.

Les prochains numéros de cette lettre vous permettront de découvrir les réalisations les plus spectaculaires de cette rénovation ; une belle opportunité d’avoir un aperçu de ce chantier culturel, l’un des plus importants de la décennie.


La salle des manuscrits retrouve son éclat

Située au premier étage de l’aile Robert de Cotte, la salle de lecture des manuscrits fut aménagée par Jean-Louis Pascal de 1880 à 1886. À cet effet, l’architecte utilisa les espaces restés libres de la salle de lecture achevée en 1735 par Jules Robert de Cotte, appelée à l’époque « Galerie Neuve » et réservée à la consultation des imprimés. Le travail de Pascal fut unanimement salué par ses contemporains.

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D’une superficie de près de 350 m2, la salle des manuscrits est percée de dix fenêtres ouvrant sur la cour d’honneur. Le mur intérieur est revêtu d’un lambris avec arrière-voussure sculptée ; les trois autres parois sont habillées de rayonnages en chêne qui mettent à disposition les ouvrages en libre-accès.
À mi-hauteur, une coursive en bois repose sur des consoles sculptées. Elle est desservie par deux remarquables escaliers à vis, très ouvragés. Le sol est recouvert d’un parquet Versailles en chêne ; une corniche en stuc encadre le plafond.

La salle, inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, a notamment bénéficié de la générosité du mécène Mark Pigott. Grâce à ce don, le parquet de la salle a pu être restauré en parallèle du chantier principal. Le maître d’œuvre Bruno Gaudin a, pour sa part, conçu un nouveau sas d’entrée vitré qui permettra aux visiteurs d’admirer la salle de l’extérieur.
Dès sa réouverture prévue à l’automne 2016, elle offrira aux chercheurs 80 places de consultation et l’accès à des documents manuscrits uniques qui couvrent une période allant du Moyen-Age au XXIe siècle.


Focus

La numérisation des globes

La numérisation des globes

La collection de globes anciens du département des Cartes et Plans compte près de deux cents globes terrestres et célestes. Elle rassemble des pièces uniques du Moyen-âge et de la Renaissance, manuscrites ou gravées sur métal, illustrant les grandes découvertes, tel le « globe vert » (vers 1506), l’un des premiers à représenter l’Amérique sous forme d’un continent et sous le nom « America ».

Cette collection témoigne aussi du développement de la production imprimée au siècle d’or hollandais et de la diversification de la production européenne au siècle des Lumières, représentée en France par les globes de Delure, de l’abbé Nollet ou encore de Robert de Vaugondy.

L’édition du XIXe siècle est également illustrée par des pièces remarquables et représentatives de l’évolution du genre, jusqu’au globe de la lune de l’astronome établi sous la direction de Camille Flammarion (1896).

Jusqu’alors, il a toujours été difficile de communiquer aux chercheurs dans de bonnes conditions cet inestimable patrimoine scientifique et artistique ; et encore plus complexe de le montrer au grand public. Protégés par des vitrines quand ils sont exposés, les globes sont peu lisibles à distance et n’offrent qu’une vue partielle puisqu’ils ne sont pas manipulables. C’est pourquoi la BnF a fait numériser en 3D la partie la plus remarquable et représentative de sa collection. Cette opération a été réalisée dans le cadre d’un mécénat de compétences par l’entreprise japonaise Dai Nippon Printing (DNP), multinationale spécialisée dans l’impression et les technologies numériques.
DNP a dû relever un double défi technique : restituer la forme sphérique de façon suffisamment légère pour qu’on puisse manipuler chaque objet de façon fluide, comme si l’on tenait un véritable globe entre les mains ; et permettre une lisibilité optimale des moindres détails du globe, y compris de ceux qui ne s’offrent pas au regard lorsque le globe est monté avec son armature et son accompagnement instrumental.

Cette opération de numérisation a nécessité de sélectionner un corpus de cinquante-cinq globes parmi les plus précieux (exceptés les très grands formats de Coronelli). Ces pièces, d’origine française, germanique, hollandaise, italienne, anglaise ou arabe, couvrent une période allant du XIe au XIXe siècle.
DNP a réalisé sur le site François-Mitterrand une couverture complète de ces globes, saisissant en photogrammétrie jusqu’à 600 images haute définition par objet.
Les données produites lors de cette campagne ont été retraitées à Tokyo et les objets modélisés en 3D, livrés durant l’été 2015.
Le nouveau visualiseur de Gallica intègre de nouvelles technologies 3D qui permettent la consultation en ligne de cette collection. En 2016, plusieurs événements sont prévus pour mettre en lumière le résultat de ce partenariat : une exposition virtuelle, une application, une exposition dans les murs de DNP à Tokyo, et une autre à la BnF, dans la galerie des donateurs, où les visiteurs pourront découvrir les globes de façon inédite grâce à des outils innovants mettant en valeur les contenus numériques 3D haute définition.
Certains dispositifs pourront ultérieurement être déployés et installés de manière pérenne, y compris sur le site Richelieu. Ces opérations de valorisation bénéficieront du soutien de la Fondation d’entreprise Total.


3 questions à

Sylviane Tarsot-Gillery, directrice générale de la BnF

La BnF | Richelieu était jusqu’à présent un lieu essentiellement dédié aux chercheurs. À quels publics le nouveau Richelieu va-t-il s’adresser et que lui proposera-t-il ?

Richelieu reste un site dédié aux chercheurs et à tous ceux qui ont besoin d’approfondir leurs connaissances de l’histoire de l’art. La nouveauté, c’est que ce sera dorénavant aussi un lieu d’accueil de publics beaucoup plus diversifiés, depuis les amateurs de patrimoine jusqu’aux touristes étrangers en passant par les scolaires ou les riverains.
Pour cela, nous élaborons, au-delà de l’offre documentaire, une offre culturelle alliant la découverte de l’architecture à celle des chefs-d’œuvre conservés par la BnF.
Les usagers pourront conjuguer l’actualité de la BnF, la découverte de ses expositions ou de ses événements, avec l’expérience d’un site urbain exceptionnel entre Palais Royal, Palais du Louvre et passages parisiens. Car il sera possible, à l’issue des travaux, de traverser Richelieu, depuis la Galerie Vivienne jusqu’au square Louvois ou l’inverse, en flânant dans le hall rénové, le jardin, la librairie ou le café.

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Que peut apporter selon vous l’installation dans cet espace, aux côtés de la BnF, de l’INHA et de l’École des Chartes ?

Richelieu est un site unique en son genre qui rassemble des institutions majeures dédiées au patrimoine et à l’histoire de l’art, de l’enseignement à la recherche avec les départements spécialisés de la BnF, l’INHA, l’École des chartes mais aussi l’Institut national du patrimoine, sans oublier la bibliothèque centrale des musées qui va intégrer l’INHA.
Cette proximité, le développement de projets communs et le partage de certaines fonctions vont conférer une visibilité et produire une concentration de ressources inédites en faveur de ces disciplines. En mettant au centre du dispositif les publics concernés par chacune des institutions, il est fort probable que des synergies et des collaborations nouvelles se mettent en place progressivement pour mieux satisfaire les besoins identifiés et générer de nouvelles offres documentaires et culturelles.

D’ici un an, une partie du quadrilatère Richelieu va rouvrir au public, les travaux de la première zone du chantier arrivant à leur terme. Qu’offrira la BnF | Richelieu pendant cette première phase ?

À l’issue de la première phase de travaux, le public va pouvoir continuer d’accéder aux collections spécialisées de la BnF - permanence du service au public oblige - soit dans des espaces temporaires, comme pour les Estampes et la photographie ou les Cartes et plans, mais aussi dans de nouvelles salles définitives. Ainsi, le département des Arts du spectacle offrira-t-il une salle entièrement neuve alors que le département des Manuscrits retrouvera sa salle antérieure rénovée. L’entrée du 58 rue de Richelieu sera rouverte au public et permettra d’accéder à la salle Labrouste restaurée. La grande nouveauté sera que cette salle abritera dorénavant les collections de l’INHA et qu’une partie des magasins centraux sera en accès libre pour le public des lecteurs. L’École des chartes installera sa bibliothèque, en face de son bâtiment principal, dans la rotonde d’angle Richelieu Petits Champs. Du fait de la poursuite du chantier dans la moitié Est du site, côté rue Vivienne, la cour d’honneur sera occupée toutefois par des installations provisoires permettant le maintien sur place d'une grande partie de la BnF pendant la phase 2 des travaux. Ce sera le début de la cohabitation entre les institutions du site Richelieu rénové et l’occasion de s’adresser de nouveau au public pour le faire connaître.

RÉTRO RICHELIEU

« Quand il fut question de couvrir la cour »

Le projet de couverture de la cour d’honneur du site Richelieu fut conçu par Jean-Louis Pascal, architecte de la Bibliothèque nationale de 1875 à 1912, et formulé dès son premier rapport sur la Bibliothèque en 1875. Comme le montrent ces dessins réalisés en 1882, cette cour vitrée devait notamment permettre d’abriter les globes de Coronelli conservés depuis un siècle et demi dans un bâtiment en bois du carré Vivienne voué à être démoli.

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L’avant-projet de Pascal, défendu notamment par Charles Garnier, reçut l’approbation de principe du Conseil général des bâtiments civils. Pascal défendit aussi son projet dans la presse, en présentant la future cour vitrée comme une opportunité pour la Bibliothèque de se doter d’un hall moderne, ce que ne permettait pas, selon lui, l’exigu vestibule Labrouste. Outre les fameux globes (aujourd’hui conservés sur le site François-Mitterrand), il envisageait d’exposer dans la cour les autres grands monuments épigraphiques du cabinet des Médailles. Mais les inquiétudes de l’administrateur général, Léopold Delisle, eurent finalement raison du projet de Pascal. Elles le conduisirent en effet à relayer auprès du ministre de l’Instruction Publique une pétition de lecteurs qui craignaient une atténuation de la lumière naturelle dans la future salle de lecture des manuscrits dont les fenêtres donnaient sur la cour d’honneur…


NOUVEAUX SERVICES

Nouvelle version du Catalogue général : une meilleure visibilité pour les collections de Richelieu

Le Catalogue général de la BnF, principale source de référencement des collections, se modernise. Cette nouvelle interface offre un service au plus près des besoins des usagers avec une navigation simplifiée et des modes de recherche intuitifs.

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En janvier 2016, toutes les fonctionnalités ne sont pas encore opérationnelles ; en revanche, deux univers dédiés à des documents spécialisés sont prévus : l’un consacré aux documents cartographiques et iconographiques et l’autre aux documents musicaux (musique notée et enregistrée). Ces univers spécifiquement conçus pour l’étude permettront d’effectuer des recherches très précises. Ils devraient être opérationnels courant 2016.

Une question ? une suggestion ? N’hésitez pas à nous contacter par courriel : projet-richelieu@bnf.fr

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