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Lettre d’information >>> n°6SEPTEMBRE 2017

Les échafaudages sur la façade de la cour Vivienne © Agathe Billois / BnF
Sur le site Richelieu, la seconde phase du chantier de rénovation est en cours. Architectes et entreprises sont à pied d’œuvre pour redonner leur éclat aux bâtiments les plus anciens. Toute l’actualité du chantier à suivre sur bnf.fr !

Une question ? N’hésitez pas à consulter la rubrique Rénovation de Richelieu ou à nous contacter par mail à l’adresse suivante : projet-richelieu@bnf.fr

Richelieu aux Journées européennes du patrimoine

La Bibliothèque nationale de France, l’Institut national d’Histoire de l’Art et l’École nationale des Chartes participent aux Journées européennes du patrimoine et ouvrent leurs portes le dimanche 17 septembre de 10 h à 19 h ; l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les espaces rénovés du site, accessibles à tous pour des visites exceptionnelles. Des conservateurs accueilleront les visiteurs dans la salle Labrouste, le magasin central, les salles de lecture des Arts du Spectacle et des Manuscrits, la Rotonde des Arts du Spectacle et le Salon d’honneur. Dans ces différents espaces, ils présenteront manuscrits, estampes, cartes, éditions rares, objets précieux et autres trésors conservés dans les collections de la BnF, de l’INHA et de l’Enc.

La rénovation se poursuit

Les travaux concernent à présent des bâtiments qui bordent la rue Vivienne, principalement l’hôtel Tubeuf, construit en 1635 et acheté par Mazarin, et la célèbre galerie que celui-ci fit construire dans le prolongement de l’hôtel. Cette partie du site abrite également la salle ovale construite par l’architecte Pascal au début du XXe siècle et inaugurée en 1936.

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Au printemps, plusieurs semaines d’études de synthèse ont d’abord permis aux différentes entreprises prestataires de prendre connaissance des bâtiments. L’Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (OPPIC), maître d’ouvrage délégué de la BnF, a ensuite pu lancer les premiers travaux d’envergure : conditionnement, démontage, installation du matériel. Aujourd’hui, le chantier est bel et bien commencé comme en témoignent les échafaudages sur la façade côté jardin et le long de la rue Vivienne. En juillet, l’un des bâtiments modulaires de la cour a été démonté, une dalle de béton a été coulée sur le trottoir et la rampe d’accès du jardin Vivienne a été démolie.

Du côté de la salle ovale, après dépose de la moquette au sol, les échafaudages intérieurs ont pu être montés afin d’effectuer les travaux de mise aux normes des verrières et oculi mais aussi de restaurer les décors. En galerie Mazarine, le chantier-test de restauration des décors peints au milieu du XVIIe siècle (voir lettre n°5) s’est achevé en juin. La voûte a été renforcée par un berceau afin de préparer le chantier dans les étages supérieurs.

Les dernières pièces de mobilier ancien encore présentes sur le site ont été évacuées afin d’éviter toute dégradation pendant les travaux, en particulier dans le salon Louis XV qui abrite de précieux meubles du XVIIIe siècle et des tableaux de Boucher, Natoire et Van Loo. Les éléments de mobilier moins précieux et qui ne peuvent pas être déménagés, les rayonnages en bois des magasins par exemple, ont été protégés en attendant de pouvoir à nouveau accueillir leurs collections de documents en 2020 !

À noter : jusqu’à la fin des travaux, plusieurs changements vont avoir lieu dans les rues à proximité immédiate du site. Afin de sécuriser les circulations (piéton.ne.s, véhicules) dans le quartier, la circulation va être modifiée comme suit : inversion du sens de circulation de la rue Vivienne ; interdiction de circuler dans la rue Vivienne, la rue Feuillade et la rue des Petits-Champs jusqu’au croisement avec la rue Saint-Anne (sauf bus et desserte locale) ; élargissement du trottoir du 9 au 15 rue des Petits-Champs côté impair. La circulation des piéton.ne.s sera maintenue et protégée sur un seul trottoir dans les rues Vivienne et Petits-Champs. La circulation dans les autres rues reste inchangée.

Le concours de muséographie

À l’issue des travaux, le site Richelieu sera doté de nouveaux espaces d’exposition. Lancé le 23 avril 2017, le concours de muséographie a reçu une vingtaine de candidatures. Le jury, composé de membres de la BnF, de l’OPPIC, du ministère de la Culture, de grands musées et de scénographes, a d’ores et déjà opéré une présélection et rendu son verdict le 21 juin. Quatre candidats (l’Atelier de scénographie Pascal Payeur, Guicciardini & Magni Architetti, Luca Lotti Studio et le Studio Adrien Gardère) ont été retenus pour la seconde phase du concours axée sur des critères de compétences muséographiques et scénographiques, mais aussi sur une expertise en matière de sûreté et de conservation préventive. Les candidats doivent remettre leur projet cet automne. Courant novembre, le jury se réunira à nouveau pour procéder à la seconde phase de sélection.

Échafaudages dans la salle Ovale © Agathe Billois / BnF

Le département des Estampes et de la photographie, salle Labrouste © Emmanuel Nguyen Ngoc/BnF

Réserver les documents des départements spécialisés ? C’est possible !

Vous êtes lecteurs aux départements des Cartes et plans (1), des Monnaies, médailles et antiques ou de la Musique-Bibliothèque-musée de l’Opéra ? Il est maintenant possible de réserver en ligne, à distance, les documents référencés dans le catalogue général. Pour cela, il suffit d’utiliser le bouton « réserver » sur BnF catalogue général. À partir du 11 septembre 2017, il devient également possible d’effectuer, via son espace personnel, des demandes de communication de documents conservés par le département des Estampes et de la photographie. Néanmoins, ces demandes ne peuvent être faites qu’à partir des postes de la salle de lecture. En effet, pour des raisons de formats des collections, il n’est pas possible de réserver ces documents à distance ou de façon anticipée. Enfin, vous pouvez préparer votre venue aux départements des Manuscrits ou des Arts du spectacle en réservant vos documents au moins 48 heures à l’avance. Ces réservations s’effectuent sur le site bnf.fr.

Pour en savoir plus : toute la procédure et les informations sur la réservation à distance des documents des départements spécialisés sont disponibles sur le site bnf.fr.

(1) De 2016 à 2020, les collections des Cartes et plans se consultent en salle R, sur le site François Mitterrand.


FOCUS

Mécénat, la nouvelle campagne d’appel au don

Mécénat, la nouvelle campagne d’appel au don

Au terme de la seconde phase des travaux, le site Richelieu sera ouvert à tous. Lieu de visite aux décors enchanteurs, la bibliothèque-musée dévoilera des joyaux jusqu’alors dérobés aux yeux des passants avec des points de vue spectaculaires sur les salles de lecture, les réserves ou les coulisses de la Bibliothèque.

Parmi les espaces à rénover, on trouve le Salon Louis XV, ou Cabinet du Roi, aménagé au XVIIIe siècle pour accueillir la collection royale des monnaies et médailles. Ses médailliers originaux, ses boiseries et ses peintures constituent un ensemble exceptionnel. Une partie du décor peint s’organise autour du thème des Muses, représentées notamment par les peintures en médaillons de François Boucher et par les compositions de Charles Natoire et Carle Van Loo.

Les décors peints de cet espace, réalisés par les plus grands maîtres, souffrent d’encrassement et nécessitent d’importants travaux de nettoyage pour retrouver leur éclat et leurs couleurs originels. La rénovation du Salon Louis XV, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, représente donc une véritable urgence patrimoniale. Dans ce contexte, la BnF se mobilise pour fédérer le concours de mécènes et de donateurs qui viendrait s’ajouter au soutien de son ministère de tutelle. Chaque contribution sera essentielle pour redonner vie aux figures des Muses, d’Apollon, de Mercure et d’Hercule.

À la réouverture complète du site, les visiteurs pourront se promener à travers quatre siècles d’architecture, bénéficier d’une offre culturelle riche et variée, découvrir les trésors de la BnF au sein d’un nouveau musée ou admirer des décors entièrement restaurés. Outre le salon Louis XV, ils pourront admirer les somptueux décors de la galerie Mazarine, construite par François Mansart pour le cardinal Mazarin entre 1644 et 1646 et décorée par les célèbres peintres italiens Romanelli et Grimaldi. Enfin, la salle ovale, majestueuse salle de lecture surnommée le « Paradis ovale », réalisée par les architectes Jean-Louis Pascal et Alfred Recoura entre 1897 et 1936, sera enfin ouverte à tous, sous l’impressionnante verrière qui culmine à 18 mètres de hauteur.

Pour poursuivre la restauration de son site historique, la BnF a besoin de votre soutien. Avec votre aide, nous serons en mesure de sauvegarder et de mettre en valeur ce lieu patrimonial exceptionnel, héritier de la bibliothèque royale de Charles V fondée au XIVe siècle.

Pour en savoir plus sur la campagne d’appel au don.


3 questions à

Alexandre Pernin, Chef de projet OPPIC (2)

La première phase du chantier de rénovation du site s’est achevée en mai 2016. Quels enseignements en tirez-vous pour la seconde phase ?

La réhabilitation du site représente un chantier hors normes tant par son envergure qu’à cause de la beauté du bâtiment. La seconde phase de travaux sera aussi complexe que la première car nous ne réalisons pas un chantier mais une multitude de petits chantiers. Sur ce site exceptionnel, chaque niveau, chaque magasin, chaque couloir, chaque pièce est un cas particulier.

(2) L’OPPIC est maître d’ouvrage délégué du Ministère de la Culture et de la Communication dans l’opération de restructuration du site Richelieu.

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Le 23 avril dernier, la BnF a remis à l’OPPIC les clés de la seconde zone à rénover. Quels sont les premiers travaux qui ont été engagés ?

Après la remise des clés et une période de préparation indispensable, on a pu apercevoir, depuis la rue, le lancement des premiers travaux : mise en place des installations de chantier sur la rue Vivienne et évacuation d’un des bâtiments modulaires du jardin afin de permettre la création d’une zone de stockage. Les deux modulaires restants ont été adaptés afin d’ accueillir les entreprises et les ouvriers, les architectes, pilotes, coordonnateur santé…

Les autres travaux comprennent la mise en place d’échafaudages en façades, ceci afin d’installer des « parapluies » au-dessus des toitures pour les rénover. Le plus important et le plus compliqué concerne la salle ovale puisque c’est l’ensemble de la verrière qui doit être couverte. Invisible depuis l’extérieur, un échafaudage a également été monté sur l’ensemble de la surface de la salle ovale et sur toute sa hauteur, comme cela avait été le cas dans la salle Labrouste lors de la première phase des travaux ! En parallèle, les travaux de curage de l’ensemble des équipements techniques obsolètes ont débuté.

Selon vous, quels sont les grands défis de cette seconde phase de rénovation ?

Pour commencer, le chantier va modifier la vie du quartier, avec des installations qui sont mises en place pour près de trois ans, rue Vivienne et rue des Petits-Champs. En concertation avec les services de voirie de la Mairie de Paris, il est prévu d’inverser le sens de circulation de la rue Vivienne, de neutraliser une voie de circulation et d’élargir le trottoir côté commerces, rue des Petits-Champs. La circulation automobile devrait par ailleurs être fortement réduite du fait de la mise en sens interdit d’une partie de la rue des Petits-Champs depuis la place des Victoires.

Pour ce qui est du chantier en lui-même, le premier défi consiste à réaliser cette seconde partie des travaux alors que la zone déjà rénovée est occupée. En outre, comme pour la première phase, l’accessibilité et la « lisibilité du bâtiment » sont au cœur des enjeux, avec la création des noyaux distributifs (escaliers et ascenseurs). Il s’agit là d’un véritable défi technique qui revient à créer de véritables puits – le bâtiment est évidé sur l’ensemble des niveaux – à proximité directe d’ouvrages fragiles, l’arrière de la salle ovale par exemple.

Enfin, le grand défi consistera à relier les deux phases pour découvrir le nouveau site Richelieu dans son intégralité, aboutissement d’un projet de plus de 15 années.

RÉTRO RICHELIEU

Splendeurs cardinalices

Grand collectionneur et amateur d’art, le cardinal Mazarin accorda un soin particulier à l’ornementation de son palais, aujourd’hui cœur historique du site Richelieu. Si sa demeure a souffert des épreuves du temps, des démolitions et des reconstructions successives, une partie de son programme iconographique nous est parvenu dans un état remarquable. La restauration de ces chefs-d’œuvre, peints essentiellement sur les plafonds de la galerie Mazarine et quelques salles de l’hôtel Tubeuf, sera une étape majeure de la seconde phase des travaux.

Après avoir fait agrandir sa résidence par Mansart, Mazarin décide de la faire décorer et d’en mettre les pièces au goût du jour. Il sollicite les grands artistes de son temps : Francesco Romanelli, Paolo Gismondi dit Paolo Perugino, Allessandro Salucci, Il Manciola ; mais aussi des Français tels que Simon Vouet, Michel Dorigny ou encore Charles Errard. Les deux galeries sur jardin composent les pièces maîtresses du programme.

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Au rez-de-chaussée se trouve la galerie Mansart, dont l’auteur reste inconnu à ce jour, et peinte par Salucci, Il Manciola et Gismondi. Elle est ornée de stucs somptueux, uniques à Paris.

À l’étage, Mazarin fait fermer les trois coupoles percées par Mansart afin que Romanelli puisse concevoir un vaste cycle de fresques. Au centre, Jupiter foudroie les Géants, tandis que de part et d’autre, quatre grands compartiments évoquent Apollon sur le Parnasse et l’histoire d’Hélène avec le Jugement de Pâris, l’Enlèvement d’Hélène et l’Incendie de Troie. Vingt-deux petites scènes complètent l’ensemble, accompagnées de figures au naturel et de faux stucs peints par Gismondi. Cette réalisation a remarquablement traversé les siècles, échappant aux aléas du temps et des modifications architecturales ; une chance quand on connaît l’histoire du bâtiment.

En effet, lorsque Mazarin lègue son palais à sa nièce Hortense Mancini et à son neveu Philippe-Julien Mancini, ce dernier récupère l’hôtel dit de Nevers, côté rue de Richelieu. Hortense et son époux investissent pour leur part l’hôtel Tubeuf et la galerie. Or Hortense est mariée à un certain Armand-Charles de la Porte de La Meilleraye, lequel a abandonné son nom pour le titre de duc de Mazarin afin de contracter cette alliance. Homme prude et fort bigot, il juge impudiques les peintures et statues antiques rassemblées par le cardinal, et en fait mutiler et repeindre un grand nombre. Le scandale est tel qu’il parvient aux oreilles du roi qui lui intime l’ordre de cesser le saccage. Les peintures de Romanelli s’en sortent avec des voiles supplémentaires et des robes rallongées, modifications qui n’ont néanmoins pas affecté la qualité de ces chefs-d’œuvre.

Fort heureusement, le plafond de la galerie Mazarine n’a pas souffert de l’installation de la Bourse sous ses voûtes, de même qu’il a échappé aux destructions des différentes guerres. Malgré une restauration hasardeuse sous la conduite de Labrouste entre 1868 et 1871, qui nécessita une restauration correctrice entre 1976 et 1978, il est parvenu jusqu’à nous dans un état proche de celui qui était le sien à la fin du XVIIe siècle.

Les travaux de restauration à venir rendront aux peintures leur éclat et le lustre qu’elles affichaient lorsqu’elles veillaient sur la collection du cardinal, il y a près de quatre siècles.

Pour en savoir plus :
GADY Alexandre, « Formation et déformation d’un monument parisien », in Richelieu, quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris, dir. Aurélien Conraux et Christine Mengin, Paris, BnF Éditions/INHA, 2017, p. 22-47.
GADY Bénédicte & BREJON DE LAVERGNEE Barbara, « Les décors du palais Mazarin », in Richelieu, quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris, dir. Aurélien Conraux et Christine Mengin, Paris, BnF Éditions/INHA, 2017, p. 48-61.

Salon Louis XV
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