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Anna Petrova - Russie

Anna Petrova, pensionnaire  Profession Culture à la BnF en 2006, 2009, 2010
Sujet d'étude : Étude de la partie russe du fonds Montpensier conservé au département de la Musique
Accueil : département de la Musique
Tuteur : Catherine Massip, directeur du département jusqu'en 2010

Regard du tuteur BnF et apport réciproque

En 2010, une jeune chercheuse de Saint-Pétersbourg,  Anna Petrova, était en stage à la BnF au titre de Profession Culture. Elle a consacré l'essentiel de son séjour à dépouiller et cataloguer la partie russe du fonds Montpensier conservé au département de la Musique. Catherine Massip, directeur de département, qui a été le tuteur scientifique d'Anna Petrova durant son stage se réjouit ici de la fécondité de ses travaux.

Anna Petrova a exploré la partie russe du fonds Montpensier. Pouvez-vous nous en rappeler la spécificité de ce fonds ?

Catherine Massip : Anna Petrova a analysé 4 000 coupures de presse liées à l’art lyrique russe à Paris, sur les 300 000 que renferme le fonds Montpensier sur la vie musicale en France et dans le monde... Ces articles ont été engrangés dans l'entre-deux guerres par l’Association d’Expansion et d’Echanges artistiques..

RICHESSES DU FONDS MONTPENSIER

L’Association d’Expansion et d’Échanges artistiques - située autrefois au 8, rue Montpensier -  avait pour mission, entre les années 20 et 30, de promouvoir la création artistique française dans le monde. Elle fut notamment dirigée, entre 1922 et 1938, par l’éminent crtique, Robert Brussel (1874-1940), qui était également un chroniqueur musical très influent au Figaro. Proche de Pierre Dukas, d’Alexandre Astruc, Brussel soutint ardemment l’entreprise des Ballets Russes, participant même avec son ami Diaghilev à l’organisation de la présentation du Sacre du Printemps au théâtre des Champs-Elysées. En 1948, le fonds Montpensier devait rejoindre les collections musicales de la Nationale, à la faveur d'un don.

Ce fonds est considéré comme un important témoin de la vie musicale à Paris dans l'entre-deux guerres ?

C.M. : Oui, d'autant plus que la période 1920-1930 a représenté l’âge d’or de la critique française. Les articles étaient plus développés, explicites, détaillant les œuvres… c'étaient de véritables textes critiques, très intéressants, illustrés de portraits qui nous permettent d’identifier les artistes et nous donnent une vision de la réception des compositeurs étrangers dans la vie musicale parisienne de l'époque. Le rôle de Robert Brussel fut à cet égard très important : à l’origine, le fonds Montpensier ne contenait d’ailleurs pas que des extraits de presse. On y trouve aussi des programmes musicaux, des correspondances qui lui étaient adressées, beaucoup, beaucoup de lettres autographes – qui ont été dissociées depuis dans nos collections, pour des raisons de conservation. Les chercheurs étrangers qui ont déjà précédé Anna Petrova dans l’étude de ce fonds, en avient reconnu également l’incroyable intérêt, car ils ne disposaient pas de l’équivalent chez eux.

Sur la partie russe du fonds qu'ont apporté les travaux d'Anna Petrova ?

C.M. : Seules les presses françaises et allemandes avaient relaté l’activité musicale des artistes russes en diaspora : ce qui représente aujourd’hui trente boîtes d’archives, bondées d’articles de presse !  Il s’agit d’un fonds parmi les plus importants. On a fréquemment la coupure… mais la collection complète du journal d’origine n’est pas toujours accessible, ou parfois elle a disparu. Ce fonds constitue donc un témoignage  tout à fait exceptionnel.

Anna Petrova a traité une trentaine de boîtes, répertoriant avec précision compositeurs, chanteurs, chorégraphes, danseuses et danseurs, et recoupant ces données à l’aide de dictionnaires biographiques très spécialisés ou de fonds de programmes musicaux. On y retrouve les plus fameux artistes (Chaliapin, Pavlova, Nina Cochits, Stravinsky ou Prokofiev…) jusqu'aux plus méconnus. Soit 1600 noms recensés ! Elle a vraiment effectué un beau travail. Nous signalerons ces apports dans le Catalogue général de la BnF, de même que la dizaine d’inventaires déjà réalisés.  Anna Petrova s’est référée aux travaux des chercheurs précédents. Nous avons ainsi attaqué la montagne par petits morceaux. Le bénéfice qu’en tireront les lecteurs sera considérable.

vendredi 8 avril 2011

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