Soutenez la BnF
Formulaire de recherche

Pour les professionnels

À qui profite la normalisation documentaire ?

Les modèles économiques de production et de diffusion des normes et métadonnées
Journée d'étude BnF / AFNOR CG46

Vendredi 5 juin 2009 - 9h - 17h
Site François-Mitterrand – Petit auditorium

Le développement de l’internet a, en quelques années, bouleversé le champ de la normalisation documentaire : autrefois réservé à quelques spécialistes du monde des bibliothèques et de la documentation, il s’est étendu à d’importants secteurs économiques, comme l’industrie culturelle et la diffusion de l’information scientifique et technique.
Dans le même temps, il s’est enrichi de problématiques techniques nouvelles : interopérabilité des systèmes d’information, performance et qualité des services documentaires, identification des objets numériques, records management.

De fait de plus en plus d’acteurs, aussi bien publics que privés, sont concernés.

"A qui profite la normalisation documentaire ?", l'édition 2009 de la journée AFNOR-BnF a pour objectif d'essayer de dresser un bilan au travers de débats et de témoignages issus d’experts et d’utilisateurs des normes et standards.

Introduction

par Raymond Bérard, président de AFNOR CG46 et directeur de l'Agence bibliographique nationale de l'enseignement supérieur
Cette journée, point fort de la vie de la Commission Générale CG46 "Information et documentation", a pour objectif de faire se rencontrer des milieux aux attentes apparemment distinctes sur les notions de normes et de standards. Internet a des répercussions importantes sur la normalisation documentaire. Cette normalisation n'est plus le seul apanage des bibliothécaires et documentalistes. Elle s’est étendue à l’industrie culturelle et à la diffusion de l'information scientifique et technique. Les nouvelles problématiques en sont notamment l’interopérabilité des systèmes d’information et l’identification des objets numériques.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 33 Ko – 1 p.]

Voir aussi

Commission Générale CG46 - Information et documentation [fichier .pdf – 108 Ko – 10 p.]

Quelques enjeux de la normalisation à l’ère Internet

par Michel Arnaud, professeur à l’Université Paris Ouest, laboratoire CRIS SERIES
Les dispositifs de médiation accompagnant et orientant la démarche de l’internaute en quête d’information constituent un maillon essentiel de la démocratisation et de la commercialisation de l'accès aux connaissances. Les normes peuvent-elles jouer un rôle de régulation dans la "marchandisation" des savoirs ?
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 58 Ko – 15 p.]

Valoriser le patrimoine immatériel de l’Etat : enjeux et perspectives

par Claude Rubinowicz, inspecteur général des finances, directeur général de l’Agence du patrimoine immatériel de l’Etat (APIE)
L’Agence du patrimoine immatériel de l’État (APIE) existe depuis deux ans. Elle a été mise en place pour gérer les biens immatériels de l'Etat qui sont d'une grande diversité : noms, marques, lieux, savoir‑faire publics, bases de données, droits d’accès, etc. Ses objectifs :
  • optimiser l’impact de la gestion du patrimoine immatériel sur l’économie ;
  • tirer parti d’une meilleure valorisation des actifs pour moderniser les services publics et contribuer au désendettement ;
  • prémunir l’Etat et les usagers contre d’éventuels risques de confusion, voire de détournement.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 1095 Ko – 29 p.]

Les modèles de normalisation

Animation : Françoise Leresche, Pôle Modélisation fonctionnelle , Département de l'information bibliographique et numérique, BnF
L’efficacité des organismes de normalisation et de standardisation – ISO, AFNOR, IFLA, W3C... – dépend non seulement du volontariat des experts et de l’engagement des instances de formation et de diffusion, mais aussi – surtout ? – de la capacité des secteurs professionnels concernés à saisir les enjeux contemporains, notamment économiques, de la normalisation. Présentation de différents organismes impliqués dans l'élaboration de normes et de standards : une association, l'IFLA, un consortium, le W3C, une organisation non gouvernementale, l'ISO, un réseau, l'ISSN. Organisation, fonctionnement et objectifs de ces quatre organismes.

L'IFLA

par Patrice Landry, responsable du Service indexation matières à la Bibliothèque nationale suisse, président du Comité professionnel de l'IFLA pour la période 2009-2011
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 143 Ko – 15 p.]

Le W3C

par Daniel Dardailler, directeur des relations internationales du W3C

L'ISO

par Pascale Mienville, chargée de mission Affaires internationales, AFNOR
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 274 Ko – 35 p.]

Le réseau ISSN

par Françoise Pellé, directrice du Centre International d'Enregistrement des Publications en Série - International Standard Serial Number (CIEPS - ISSN )
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 659 Ko – 14 p.]

Valeur ajoutée de la standardisation documentaire dans les industries culturelles

Animation : Rémi Gimazane, Bureau des politiques documentaires, Direction du livre et de la lecture, ministère de la culture et de la communication

Par "industries culturelles", on définit l'ensemble des acteurs économiques investis dans la production et la diffusion en série des œuvres de l'esprit - au sens du code de la propriété intellectuelle, c'est-à-dire toutes les œuvres de création - à partir du moment où il existe un procédé technique permettant leur reproduction. Les industries culturelles tirent avantage de la standardisation comme tout autre secteur industriel : gains de productivité et moindre impact environnemental. Cependant, la spécificité de leur objet (le marché des œuvres reproduites techniquement) fait que la normalisation est un enjeu vital pour elles :
  • Le nombre de références en circulation croît indéfiniment. Métadonnées et identifiants deviennent nécessaires afin de diffuser, de promouvoir et d'acheminer les œuvres vers leur public ;
  • Les biens culturels sont des bien d'expérience. Le profit est tiré à la fois des transactions matérielles et des représentations publiques, de la diffusion dans les médias. Des outils universels d'identification des ayants droit sont la condition de leur rémunération.
  • Le contexte de dématérialisation des supports rend urgent le besoin de formats permettant à la fois l'interopérabilité technique, la qualité éditoriale (respect du droit moral) et la pérennité de l'œuvre.

Présentation du format ONIX

par Laurent Dervieu, responsable produits au sein de la société Electre, référent ONIX pour le Cercle de la librairie
Présentation du format ONIX, format développé par le monde de l'édition anglo-saxon pour l'échange d'informations : données bibliographiques, gestion de droits et exploitation de licences. Ce format utilise un ensemble très riche de métadonnées en créant des liens entre les différents identifiants caractérisant les documents.
Documents présentés en support (copyright Book Industry Study Group) :
En savoir plus

ONIX For Books

Le système d'information de la CISAC

par François-Xavier Nuttall, consultant senior en intelligence technologique pour la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (CISAC)
La Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (CISAC) s’attache à promouvoir et protéger les droits des auteurs depuis 1926 dans les domaines musical et audiovisuel. Elle compte 222 sociétés membres dans 118 pays et représente aujourd'hui plus de 2 millions de créateurs. La nécessité d’identifier de façon unique et sans ambiguïté une œuvre numérique, indépendamment de sa localisation, est indispensable à une gestion et à une protection efficaces et cohérentes des œuvres. LA CISAC développe une Système d’information commun basé sur un ensemble d'identifiants uniques et sur un réseau de bases de données internationales.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 199 Ko – 18 p.]

Besoins et enjeux de standardisation dans l'édition de livres numériques

par François Nawrocki, Chargé de mission à l'économie numérique, Centre national du livre
L'édition numérique française se caractérise aujourd'hui par une très grande hétérogénéité des formats et par une dispersion de l'offre, facteurs entravant son développement. La standardisation représente donc un besoin et un enjeu pour améliorer l'offre et assurer l'interopérabilité, la portabilité, la distribution de ce type émergent d'édition.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 663 Ko – 18 p.]

Standardisation documentaire et qualité de service : table ronde

Animation : Olivier Chourrot, adjoint au chef du département du dialogue contractuel, Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche

Comme toute activité, la normalisation documentaire a un coût, une valeur ajoutée et des modèles économiques. Les administrations, les entreprises, les établissements publics, investissent parfois beaucoup de moyens dans la normalisation documentaire : financement direct de l’AFNOR (c’est le cas pour les ministères de la culture et de l’enseignement supérieur), ressources humaines (investissement des experts), frais de mise en conformité des systèmes et organisation aux normes adoptées (achat de normes, investissements en matériels et logiciels, conduite du changement, etc.). Quels enjeux, quels retours sur investissement justifient, aux yeux des dirigeants et des experts, les moyens engagés ?
Cette table ronde a été l'occasion de confronter des stratégies d'investissement très diverses dans l'activité normative.

Synthèse des interventions des participants

Laurent Pomeau, AFNOR Laurent Pomeau est responsable de la stratégie d'offres et de partenariats d'AFNOR Normalisation. Il examine la croissance du coût de production des normes dans une perspective internationale.
Une analyse de Roland Berger Strategy Consultants estime ce coût dans l’espace européen à environ 700 millions d’euros, à 80 % du temps d’experts et des frais de transport. En effet les normes, pour être plus applicables sont très régulièrement révisées. Les travaux sont plus fréquemment menés au niveau européen, avec le double avantage à long terme d’une économie d’échelle et d’une harmonisation des systèmes normatifs nationaux, ce qui assure à la fois une meilleure qualité normative et l’ouverture des marchés. L’enquête a notamment mis en exergue que des bénéfices sont tirés de ces industries basées sur des "normes – phares" : les cartes à puces, les containers, le GSM... Le périmètre de la normalisation s’ouvre à de nouveaux champs, comme la sécurité du citoyen ou le développement durable.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 19 Ko – 1 p.]

Michel Cottin, France Télécom
Michel cottin est responsable du Groupe Documents internes et Records Management à Orange Labs (groupe France Télécom). Il rapporte son expérience sur la valeur ajoutée du records management dans les activités de recherche.
Les décideurs associent les normes, partie émergée de la recherche du groupe, à une stratégie de dépôt de brevet, de gestions des accords de confidentialité et de partenariats. Chargé du records management pour les activités de recherche, Michel Cottin insiste sur la valeur ajoutée en terme de qualité qu’apportent la gestion documentaire et les processus de " doc control" au plus en amont des projets de recherche d’une division multinationale de plusieurs milliers d’ingénieurs répartis sur tous les continents, dans un environnement technologique d’autant plus complexe qu’il est expérimental. Ces utilisateurs et producteurs doivent être motivés pour obtenir l’accessibilité mondiale des plateformes, le rendu juste à temps des documents, la formalisation des procédures, la normalisation de la GED, l’uniformisation des pratiques. Associer le contrôle documentaire au contrôle financier, valoriser par des démonstrations le partage des connaissances sont quelques-unes des pistes proposées.
Françoise Bourdon, Bibliothèque nationale de France
Françoise Bourdon est adjointe au directeur du département de l’Information Bibliographique et Numérique de la BnF. A l'AFNOR, elle anime la CN357 "Modélisation, production et accès aux documents". Elle apporte un témoignage sur l'investissement de la BnF dans les travaux de normalisation.
En 2008, au sein du département de l’Information Bibliographique et Numérique, l'activité de normalisation a été estimée à 506 jours de travail. 23 agents de ce département (soit un tiers de ses effectifs) qui participent à ce type d'activité au niveau national ou international. A cela il faut ajouter le temps consacré aux réunions, à la rédaction et à la traduction des normes, à la formation et au suivi de la mise en application des nouvelles dispositions. Le département va être amené à resserrer son investissement sur les sujets directement liés à ses propres activités : les identifiants, l'évolution des données bibliographiques et d'autorité, le format WARC (Web ARChive file format)... Cette stratégie va se matérialiser par l'élaboration d'une liste limitative de normes sur lesquelles la BnF souhaite s'investir, par une gestion prévisionnelle des frais de missions associés à la normalisation internationale et par la définition d’indicateurs de performance des activités de normalisation, qui permettront de valoriser cette activité.
Monique Joly, Institut National des Sciences Appliquées de Lyon
Monique Joly, ingénieur de recherche, est directrice du Service Commun de Documentation de l'INSA de Lyon. Elle est également membre du comité de pilotage en charge de l'orientation des développements d' ORI-OAI, système permettant la valorisation des ressources documentaires numériques des établissements universitaires. De son point de vue, la normalisation au sein de l'université représente un levier de performance.
Monique Joly invite le maximum d’établissements universitaires à échanger leurs pratiques et à rejoindre la démarche qui a conduit son établissement, l'INSA de Lyon, à consacrer à la normalisation des moyens considérables au regard de sa taille. Cette démarche, qui tire ses origines d’une pratique de la diffusion numérique des productions, a conduit l’INSA à participer à la norme LOMfr et à son profil d’application Sup LOMfr pour décrire ses ressources pédagogiques ainsi qu’à l’élaboration de la recommandation TEF pour les thèses électroniques françaises. Cette progression s’est accélérée quand, dans le cadre du réseau constitué autour du projet ORI-OAI de diffusion numérique de la production des établissements, se sont renforcées les préoccupations liées à l’accessibilité, à l’interopérabilité, à la durabilité.
En savoir plus

Le site ORI-OAI.ORG

Pierre-Yves Renard, INSEE
Pierre-Yves Renard, conservateur à la bibliothèque de l’INSEE, est adjoint au chef de la division Documentation. Il anime le sous-comité 8 "Qualité et performance" de la CG46.
Il souligne l’avance prise sur d’autres secteurs administratifs par le secteur documentaire, aiguillonné par la volonté de l’UNESCO d’agréger des données de différentes bibliothèques depuis plusieurs décennies, par la mise en place d'indicateurs de performance.
La norme sur la performance des bibliothèques, parue en 1998, a ouvert la route à de nouveaux travaux : performance des bibliothèques nationales, bâtiments de bibliothèques, collecte du Web. La mesure de la performance accompagne le changement des administrations parce qu’elle est un moyen de formuler, de traduire en objectifs mesurables "ce que doivent faire nos bibliothèques", de justifier les investissements - y compris dans le secteur de la normalisation -, d’améliorer le service et la relation à des clients qui ne sont plus considérés comme un public captif. La qualité s'est déplacée sur la satisfaction du client.
Ainsi les structures documentaires, le bibliothécaire évaluateur ("assessment librarian") sauront convaincre les décideurs en s’appuyant sur des indicateurs comparables. La charte Marianne pour l’accueil dans les services de l’Etat, se veut aussi un levier de progrès et l’outil d’une meilleure reconnaissance des services et des agents. Qualibib, sa déclinaison pour les bibliothèques élaborée au sein de la CN8 dans l’esprit ISO 9000, paraîtra en 2009.

Conclusion de la journée

par Raymond Bérard, président de AFNOR CG46 et directeur de l'Agence bibliographique nationale de l'enseignement supérieur
Cette journée aura finalement révélé plus de convergences et de rapprochements entre les différents acteurs, publics et privés, de la standardisation documentaire que de divergences autour de l''importance des identifiants et de la standardisation des formats et des métadonnées.
Télécharger

Le texte de l’intervention [fichier .pdf – 19 Ko – 1 p.]

vendredi 29 juin 2012

Écouter la page

À noter

En cas de difficultés pour ouvrir les documents à télécharger, cliquez sur le lien avec le bouton droit de la souris, sélectionnez « enregistrez la cible sous », choisissez un emplacement sur votre disque dur et enregistrez.

Partagez