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La BnF rend hommage à Cees Nooteboom

Le grand écrivain-voyageur et poète néerlandais Cees Nooteboom s’est éteint ce 11 février 2026 sur l’île de Minorque. Né le 31 juillet 1933 à La Haye, aux Pays-Bas, Cees Nooteboom met un carnet dans sa poche et part en auto-stop à la découverte de l’Europe en 1954, après une jeunesse et une scolarité solitaires et difficiles.
Il publie son premier roman, Philip et les autres, en 1955. Ce récit romantique, livre culte pour certains, est suivi en 1963 d’un deuxième roman, Le chevalier est mort, plus expérimental. Dans les années 1960 et 1970, Cees Nooteboom commence à écrire comme grand reporter dans des journaux et des revues. Ses récits parlent de moments marquants de l’histoire dont il a souvent été témoin sur place, comme à Paris en mai 1968 ou lors de la chute du mur en 1989 à Berlin, ville où il a vécu et où se jouent plusieurs de ses livres, Une année allemande (1990) ou Le jour des morts (1998).
C’est en 1980 que Nooteboom publie un nouveau roman, Rituels, qui le fait connaître auprès du grand public et marque le début de sa renommée internationale. Couronné par de grands prix littéraires néerlandais et étrangers, il est pressenti plusieurs fois pour le Prix Nobel.
Doté d’une grande curiosité et d’un « appétit vorace de la vie », Cees Nooteboom aimait observer : les êtres, les paysages, les villes, les arts. Son œuvre, qui parcourt tous les genres, est imprégnée de ce regard précis et curieux qu’il pose sur le monde, que ce soit dans les récits de voyage, comme Venise : le lion, la ville et l’eau (2020), les écrits sur l’art, avec son texte sur Jérôme Bosch, Un sombre pressentiment (2016), ou encore dans des romans et nouvelles, par exemple dans La nuit viennent les renards (2009), et dans la poésie que l’on peut découvrir en français dans le recueil Le visage de l’œil (2016).
L’œuvre de Cees Nooteboom fait preuve d’une grande unité, les textes renvoyant les uns aux autres, avec la thématique récurrente du temps qui passe, de la mort et les tensions entre différentes manières d’être au monde. Les textes voyagent aussi entre les genres, comme on le voit dans 533 : le livre des jours (2016), ce texte hybride qui n’est ni tout à fait un journal ni tout à fait un recueil de nouvelles.
Pour Cees Nooteboom « voyager [était] une forme condensée de l’écriture ». Il laisse en héritage une œuvre monumentale, fruit d’une vie passée à marcher, à lire, écrire et observer.
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