Henri Gaudin, « Visage et architectures », extrait d'un carnet -  - © Henri Gaudin | BnF, département des Estampes et de la photographie
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Carnets d’Henri Gaudin, itinéraire sensible d'un architecte

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Galerie des Donateurs

Henri Gaudin, « Visage et architectures », extrait d'un carnet - - © Henri Gaudin | BnF, département des Estampes et de la photographie

Architecte majeur et inclassable, Henri Gaudin a consigné pendant plus de quarante ans dessins, textes et intuitions dans des carnets foisonnants. Donnés en 2023 à la BnF, ces carnets sont aujourd’hui exposés sur le site François-Mitterrand. Leur étude se révèle extrêmement précieuse pour la compréhension de son travail et, plus largement, pour saisir de manière sensible toute une époque.

Henri Gaudin (1933–2021) occupe une place singulière dans l’histoire de l’architecture contemporaine française. À la fois praticien, enseignant et théoricien, il est l’auteur d’ouvrages consacrés à l’espace, au corps et à l’hospitalité, où s’élabore une pensée attentive aux formes architecturales dites « mineures ». Ses réalisations ont été récompensées à deux reprises par l’Équerre d’argent : en 1986 pour les cent logements d’Évry-Courcouronnes, et en 1994 pour le stade Charléty à Paris, conçu avec son fils Bruno Gaudin.

L’exposition en bref

Quatre décennies de carnets

Le don généreusement accordé à la BnF en 2023 par ses fils, Bruno et Hadrien, constitue un enrichissement patrimonial de tout premier plan. Composé de 253 carnets couvrant plus de quarante années de travail – de 1969 à 2012 –, cet ensemble remarquable par son ampleur et sa continuité est désormais conservé au département des Estampes et de la photographie. Il n’est pas entièrement inédit : Henri Gaudin a régulièrement choisi d’en reproduire des pages dans ses publications et en a présenté une sélection au public lors des expositions consacrées à son œuvre à l’Institut français d’architecture, en 1984 puis en 2002. Cinq ans après sa mort, l’exposition en galerie des Donateurs propose de porter un nouveau regard sur ses carnets, dévoilant ce qui s’y exprime avec le plus de force.

Dans un foisonnement saisissant, les carnets rassemblent portraits et autoportraits, paysages, croquis de voyage, recherches graphiques, esquisses de projets et de nombreuses pages manuscrites. Ils documentent des pans essentiels de son activité professionnelle, des projets non réalisés aux grands chantiers tels que l’École normale supérieure à Lyon ou la rénovation du musée Guimet. Ces pages révèlent une recherche assidue dès la genèse des projets, opérant par tentatives successives, avec un soin constant porté aux interactions entre les volumes.

Henri Gaudin, « Projet d’architecture », extrait d’un carnet © Henri Gaudin | BnF, département des Estampes et de la photographie

 

Une source précieuse

Supports de création, les carnets sont aussi des compagnons de voyage et le réceptacle de milliers d’observations. Ils témoignent notamment d’une attention soutenue à l’art, sans hiérarchie : arts dits « premiers », art ancien, art moderne et contemporain. La fréquentation assidue par Henri Gaudin des musées italiens, de la galerie Maeght, mais aussi des expositions de la Bibliothèque nationale de France — dont il fut lecteur —, nourrit une réflexion continue sur les formes, les rythmes et les modes de présentation des œuvres. À ce titre, le corpus constitue une source précieuse pour l’histoire de l’architecture autant que pour celle des circulations entre disciplines. Sur le papier, « frottant les jambages de la lettre aux broussailles du dessin », Gaudin fait se côtoyer dessins et textes manuscrits. Grand lecteur autant qu’écrivain, il entretient des relations intellectuelles et amicales avec des penseurs et des poètes dont les citations émaillent ses carnets. Parmi eux, André du Bouchet dont l’attention au langage et à l’espace fait écho à ses propres recherches théoriques et graphiques. Dans une perspective humaniste où se conjuguent art et sciences, Henri Gaudin rapproche la géométrie descriptive et le dessin de la biologie, et met en résonance l’urbanisme avec les formes fractales de Benoît Mandelbrot, évocatrices du tissu des vieilles villes d’Europe.

L’hétérogénéité assumée de ces carnets, « bric-à-brac » visuel où cohabitent représentations du corps humain, paysages, figures symboliques et constructions architecturales, révèle une pensée fondée sur la relation, la porosité et la circulation. L’entrée de cet ensemble dans les collections nationales assure sa conservation et sa transmission : chercheurs, historiens et visiteurs de la BnF disposeront d’un matériau de premier ordre pour appréhender la genèse d’une œuvre architecturale majeure du tournant des XXe et XXIe siècles.

Commissariat

  • Pauline Chougnet, BnF, département des Estampes et de la photographie
  • Florence Rinaldo, chercheuse associée à la BnF

Infos pratiques

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En raison du plan Vigipirate, seule l’entrée Est du site est accessible.

Horaires

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Mardi au samedi :
10 h - 19 h

Dimanche :
13 h - 19 h

Fermé le lundi

Accès

Pictogramme acces

Bibliothèque François-Mitterrand – Galerie des donateurs
Quai François Mauriac,
75706 Paris Cedex 13

 

Tarifs

Exposition en accès libre (entrée gratuite)

Autour de l’exposition