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Des écrivains géographes ?
De Stendhal à Marie-Hélène Lafon et Aurélien Bellanger, en passant par Jean Giono, Georges Perec ou Annie Ernaux, la demi-journée d’étude permettra de voir comment des écrivains ont construit leur propre géographie à travers leur œuvre.
Nombreux sont les auteurs à avoir un ancrage géographique fort, le plus souvent lié à l’endroit où ils ont passé leur enfance, voire leur vie : il en est ainsi de la Provence pour Jean Giono, de Paris pour Georges Perec ou du Cantal pour Marie-Hélène Lafon. Plus rarement c’est un endroit où l’on est arrivé un peu par hasard et où on a « aimé vivre » : c’est le cas d’Annie Ernaux avec Cergy.
D’autres se sont créé une géographie personnelle en se choisissant un pays d’adoption comme Stendhal avec l’Italie, pays à la fois réel et fantasmé.
Pour d’autres auteurs enfin, comme Aurélien Bellanger, c’est la discipline elle-même de la géographie qui est au centre d’une grande partie de leur œuvre.
Tous ces auteurs ont en commun d’avoir construit à travers leur œuvre une géographie personnelle et d’avoir réfléchi à leur attachement à des lieux qui font partie de leur intimité et de leur histoire. D’un côté ils font de ces lieux le décor ou le sujet de leurs fictions ; de l’autre, ils commentent cet attachement et ce rapport entre leur géographie personnelle et leur création. La demi-journée d’étude essaiera de montrer comment se construit la relation entre un lieu, un auteur et une œuvre, comment cette relation évolue, comment l’auteur lui-même et ses commentateurs la perçoivent, et évoquera la frontière entre pays réel et pays fictionnalisé.
Programme
14 h – Introduction de la demi-journée
Par Catherine Mariette-Clot, professeure à l’université Stendhal de Grenoble
L’Italie est le pays d’élection de Stendhal qui en fait le cadre de nombreux récits de voyage et de certaines de ses fictions. Dans cette intervention, Catherine Mariette propose d’aborder le lien qui unit l’écrivain à ce pays : entre observation sensible, rêverie et idéalisation, l’écriture de Stendhal se déploie à travers un sentiment original de la géographie.
Par André-Alain Morello, maître de conférences à l’université de Toulon, directeur de l’ouvrage Giono, paysages
La Provence, à la fois lieu et sujet majeur de l’œuvre de Jean Giono, influence profondément l’écriture de l’auteur. André-Alain Morello propose ici de l’aborder sous un angle neuf, mêlant analyse de la pratique d’écriture de Giono et son rapport à l’espace, à la fois géographique et poétique.
Par Denis Cosnard, journaliste au Monde, auteur de Le Paris de Georges Perec - La Ville mode d’emploi
Dans ses fictions comme dans ses essais, Perec construit sa propre géographie de Paris, sa ville. Elle est « son terrain de jeu, d’expérimentation et d’écriture ». Son expérience et sa pratique de la ville sont à l’origine de beaucoup de ses projets. Mais comment sa conception de la ville a-t-elle marqué son écriture ?
Par Régis Sauder, documentariste, auteur de J’ai aimé vivre là
C’est par la rencontre avec Annie Ernaux, que Régis Sauder est allé à la découverte de Cergy. Dans J’ai aimé vivre là il fait dialoguer ses images avec les mots de l’écrivaine et des habitants de la ville nouvelle, proposant à son tour une cartographie sensible de Cergy. Le film comme une déambulation invite à l’exploration d’un territoire et d’une utopie construite sur l’hospitalité et le partage d’un espace commun.
Table ronde animée par Bertrand Tassou, chargé de collections en géographie à la BnF
Auteurs de deux œuvres romanesques très différentes, Marie-Hélène Lafon et Aurélien Bellanger ont en commun d’accorder une place importante à la géographie, dans leurs fictions mais également dans des textes plus théoriques. Nous verrons avec eux comment leur approche de cette discipline peut influencer leur écriture.
Informations pratiques
Entrée gratuite – Réservation conseillée – Ouverture des réservations un mois avant l’événement
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation).
Date et Horaires

Mercredi 20 mai 2026
14 h - 18 h 30
Accès

François-Mitterrand - Petit auditorium
Quai François-Mauriac – Paris 13e
Entrée Est face à la rue Émile Durkheim
Toutes les séances autour de l'exposition « Cartes imaginaires. Inventer des mondes »
PopCartographie. Cartes et culture populaire (XIXe-XXIe siècle)
