Charles-Louis Balzac, « Gebel Silsilèh, vue des grottes taillées à l'entrée des anciennes carrières », aquarelle - Entre 1799 et 1803 - BnF, département des Estampes et de la photographie, UB-181 (A BIS)-FT 4
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Dessiner l’Égypte. Artistes et savants dans l’Orient de Bonaparte

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Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Charles-Louis Balzac, « Gebel Silsilèh, vue des grottes taillées à l'entrée des anciennes carrières », aquarelle - Entre 1799 et 1803 - BnF, département des Estampes et de la photographie, UB-181 (A BIS)-FT 4

En 1798, Bonaparte embarque pour l’Égypte. L’expédition se solde militairement par un échec mais les travaux des scientifiques qui accompagnent le jeune général donnent naissance aux 23 volumes de la fameuse Description de l’Égypte. L’exposition Dessiner l’Égypte, organisée au musée des Beaux-Arts d’Orléans en partenariat avec la BnF, présente ces documents d’une grande rareté dont on comprend, en les voyant, qu’ils aient inspiré toute une génération de savants et d’artistes.

L’exposition en bref

Le 19 mai 1798, une flotte de plus de 300 navires quitte le port de Toulon. À la tête de cette armada, le général Bonaparte, auréolé de ses récentes victoires en Italie. L’entreprise vise à établir durablement la présence française en Égypte et à couper aux Anglais la route des Indes. Nourris de l’esprit des Lumières, Bonaparte et son entourage – au sein duquel figurent notamment le mathématicien Gaspard Monge et le chimiste Claude-Louis Berthollet – caressent aussi le dessein d’organiser l’administration des territoires conquis, d’y développer les sciences et techniques occidentales et d’explorer un pays dont l’histoire et la civilisation fascinent les Européens depuis des siècles. Aux côtés des soldats, 167 « savants » embarquent ainsi sur les vaisseaux. Il s’agit d’ingénieurs tout juste sortis de l’École polytechnique, d’architectes, sculpteurs, musiciens, imprimeurs, dessinateurs et peintres, tous rassemblés en une Commission des sciences et des arts de l’armée d’Orient.

Explorer, mesurer, consigner

Politiquement et militairement, l’expédition d’Égypte tourne court, et c’est en vaincus que les Français quittent Le Caire à l’automne 1801. Mais pendant trois ans, les savants ont parcouru le pays et remonté le Nil jusqu’à Assouan, aux portes de la Nubie – parfois au péril de leur vie. Régulièrement, ils ont discuté de leurs recherches lors des séances de l’Institut d’Égypte créé par Bonaparte dès le mois d’août 1798. Lorsqu’ils reviennent en France, ils ont accumulé une documentation exceptionnelle : journaux de voyage, rapports et dessins sur les sujets les plus variés vont ainsi alimenter la monumentale Description de l’Égypte, publiée aux frais de l’État entre 1809 et 1830. Ces volumes et planches consacrés aux antiquités marquent la naissance de l’égyptologie moderne et ouvrent la voie à Champollion qui, en 1822, déchiffrera les hiéroglyphes grâce à la pierre de Rosette découverte vingt-trois ans plus tôt par l’expédition.

Sur les pas des savants

C’est sur les traces de ces hommes jeunes et intrépides que l’exposition du musée des Beaux-Arts d’Orléans entraîne le visiteur, grâce à une sélection des dessins préparatoires aux gravures de la Description qu’ils ont exécutés sur place ou après leur retour. Entrées au département des Estampes après la mort d’Edme Jomard, ancien de l’expédition et principal éditeur scientifique de l’ouvrage, ces admirables feuilles, rarement montrées, témoignent de la rigueur scientifique et des talents artistiques des savants. Elles montrent leur souci constant de restituer, avec précision et sensibilité, ce qu’ils ont observé et admiré : objets du quotidien, maisons, mosquées, cimetières musulmans, ateliers d’artisans observés au Caire ou à Alexandrie, grands temples et colosses de la vallée du Nil représentés dans l’état où ils les ont trouvés, parfois ensablés, souvent habités, toujours d’une majesté et d’une force qui les fascinent. Des antiquités égyptiennes des musées d’Orléans, du Louvre et de la BnF sont mises en regard de ces relevés. D’autres dessins, prêtés par le Muséum national d’histoire naturelle, rendent compte du travail méticuleux des botanistes et des zoologues.

Point d’orgue de ce parcours, les études réalisées entre 1828 et 1835 par le peintre Léon Cogniet pour un plafond du Louvre, aujourd’hui conservées au musée d’Orléans, célèbrent l’élan de curiosité et la soif de découvertes qui animèrent l’expédition.

Commissariat

  • Corinne Le Bitouzé et Pauline Chougnet, BnF, département des Estampes et de la photographie
  • Mehdi Korchane, musée des Beaux-Arts d’Orléans

 

Informations pratiques

DATES

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Du 7 novembre 2026 au 14 mars 2027
Fermé le lundi et les jours fériés – Plus d’informations

Accès

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Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Place Sainte Croix
45000 Orléans