Les Mortels sont égaux, ce n'est pas la naissance c'est la seule vertu qui fait la différence - 1794 - BnF, département des Estampes et de la photographie, RESERVE QB-370 (44)-FT 4
Terminé

L’anti-esclavagisme : un idéal cosmopolite ? (1730-1830)

9 h - 17 h

Salle des conférences

Les Mortels sont égaux, ce n'est pas la naissance c'est la seule vertu qui fait la différence - 1794 - BnF, département des Estampes et de la photographie, RESERVE QB-370 (44)-FT 4

Ce colloque a pour objectif d’examiner dans quelle mesure les mouvements anti-esclavagistes à travers le monde ont été inspirés par un idéal cosmopolite, qui place l’accent sur la communauté morale et politique du genre humain.

Liée à la mondialisation des échanges commerciaux et à l’expansion des empires coloniaux, la diffusion de l’esclavage colonial a contribué à remettre en question la pertinence du cadre national dans les débats politiques.

Qu’il s’agisse de la révolution haïtienne ou de l’appel au boycott des produits coloniaux, la plupart des événements et des décisions politiques étaient pensés en fonction de leurs répercussions à l’échelle mondiale.

Longtemps centrée sur le cas britannique, l’historiographie s’est progressivement ouverte à la dimension transnationale de la lutte contre l’esclavage colonial. Aujourd’hui, l’antiesclavagisme apparaît comme un mouvement d’ampleur mondiale, diffusé en Europe, aux États-Unis, mais aussi dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Afrique.

La conscience et la dimension mondiale du combat contre l’esclavage sont-elles liées à la défense d’un idéal cosmopolite ? La question se pose d’autant plus que l’esclavage colonial et la traite, à leur apogée à la fin du XVIIIe siècle, incarnent les contradictions de l’expansion de l’horizon du monde.

En effet, la domination et l’exploitation d’une partie de l’humanité par une autre semblent rendre difficile l’émergence d’une communauté mondiale fondée sur l’idée d’une commune humanité, au cœur de l’idéal cosmopolite.

Le colloque international, qui se tiendra les jeudi 18 et vendredi 19 juin 2026, à la Bibliothèque nationale de France (site Richelieu) et au Collège de France, poursuit trois objectifs principaux.

Il s’agira, premièrement, d’évaluer la place et les enjeux de la mobilisation de l’idéal cosmopolite dans les débats sur l’esclavage colonial.

Deuxièmement, le colloque analysera les contradictions internes de l’antiesclavagisme, entre affirmation de l’égale dignité de tous les êtres humains et approches différenciées des processus d’émancipation.

Enfin, il montrera comment la diversité des mouvements antiesclavagistes à travers le monde permet de défendre une approche plurielle du cosmopolitisme, au-delà de son ancrage traditionnel dans la pensée occidentale.

Programme

Jeudi 18 juin - salle des conférences (BnF - site Richelieu)

9 h – Accueil du public

9 h 30 – Introduction

Par Gabriel Darriulat (Collège de France / Bibliothèque nationale de France)

Pour un autre antiesclavagisme cosmopolite ?

Présidence : Olivier Bosc (Directeur de la Bibliothèque de l’Arsenal)

9 h 45 – L’universel disputé : humanisme noir et reconnaissance d’Haïti dans l’ordre post-napoléonien (1814–1825)

Par Mathilde Ackermann, Bielefeld University/ EHESS/ IHA Paris

10 h 15 – Penser l’antiesclavagisme depuis Haïti pour « soulever le monde moral » : l’universalisme situé du baron de Vastey

Par Magali Bessone, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

10 h 45 – Pause

11 h – Was the antislavery engagement of Liberated Africans cosmopolitan?

Par Benedetta Rossi, University College of London

11 h 30 – Cugoano’s Thoughts and Sentiments as a Cosmopolitan Text: Christian Prophecy and Political Economy

Par Jennifer Pitts, University of Chicago

12 h – Questions du public

13 h – Pause déjeuner

Facettes de l’abolitionnisme cosmopolite de l’abbé Grégoire

Présidence : Antoine Lilti (Collège de France)

14 h 45 – Progrès agronomique et antiesclavagisme : un idéal cosmopolite dans la pensée des abolitionnistes du XVIIIe siècle ?

Par Nils Renard, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Institut catholique de Paris

15 h 15 – Relancer le cosmopolitisme révolutionnaire ? L’universalisme chrétien de l’abbé Grégoire face au tournant racial

Par Matthieu Ferradou, université Paris-X Nanterre

15 h 45 – Doit-on « convertir le globe » ? L’abolitionnisme chrétien de l’abbé Grégoire

Par Gabriel Darriulat, Collège de France / Bibliothèque nationale de France

16 h 15 – Pause

16 h 30 – Questions du public

17 h 15 – Fin de la première journée

Vendredi 19 juin - Amphitéâtre Mireille Delmas-Marty (Collège de France)

9 h 30 – Accueil du public

Les circulations transnationales du mouvement abolitionniste

Présidence : Gabriel Darriulat, Collège de France / Bibliothèque nationale de France

10 h – Au croisement de la mobilité cosmopolite et de l’histoire familiale – un réseau anti-esclavagiste sous la Restauration

Par Miranda Spieler, The American University of Paris

10 h 30 – L’idéal cosmopolite des abolitionnistes au prisme de l’argument du suicide

Par Cécile Vidal (EHESS)

11 h – Pause

Colonisation Nouvelle et Antiesclavagisme : la « Révolution de Couleur » de Saint-Domingue et l’idéal de l’émancipation selon Charles Edmond-Genet en 1793-1794

Par Andy Cabot, université Polytechnique Hauts de France, Valenciennes

11 h 45 – Questions du public

12 h 30 – Pause déjeuner

Droits naturels et antiesclavagisme

Présidence : Céline Spector, Sorbonne Université

14 h – Esclavage, servage et servituder

Par Thierry Hoquet, université Paris-X Nanterre

14 h 30 – Le déshonneur de la philosophie. La réflexion antiesclavagiste de l’abbé Pietro Tamburini

Par Alessandro Tuccillo, université de Turin

15 h – Questions du public

15 h 30 – Clôture

Informations pratiques

tarifs et conditions d’accès

Entrée libre et gratuite – Dans la limite des places disponibles
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation).

Date et Horaires

Jeudi 18 juin 2026
9 h – 17 h

Accès

Richelieu – Salle des conférences
5, rue Vivienne – 75002 Paris