Lopo Homem, Atlas nautique du Monde, dit Atlas Miller. Feuille 4 : Golfe de Siam. -  - BnF, département des Cartes et plans, GE DD-683 (3 RES)
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Les cartes imaginaires au miroir de Gallica

Lopo Homem, Atlas nautique du Monde, dit Atlas Miller. Feuille 4 : Golfe de Siam. - - BnF, département des Cartes et plans, GE DD-683 (3 RES)

La bibliothèque numérique Gallica abrite un champ de recherche insoupçonné, où les cartes rencontrent l’imaginaire. On y trouve non seulement des cartes géographiques objectives, représentant, à l’aide de méthodes scientifiques, des connaissances adéquates sur l’espace, mais aussi des cartes de territoires mythiques ou fictionnels.

Les cartes numérisées sont issues principalement des collections du département des Cartes et plans de la BnF, mais également d’autres départements de la BnF (Réserve des livres rares, Manuscrits, Arsenal, Estampes et photographie).

Les cartes les plus « scientifiques » ont toutes une dimension imaginaire. D’abord, la carte est foncièrement inadéquate car elle ne peut reproduire le territoire cartographié. Elle est une représentation condensée, sélective, codifiée d’une réalité physique incommensurable. Il faut donc pouvoir imaginer le monde avant de le représenter. Ensuite, la carte ouvre l’imaginaire dans la mesure où elle anticipe sur l’expérience du voyage. Enfin, la perception de l’espace qui préside à la réalisation comme à la lecture de la carte ne saurait être vidée de toute imaginaire. Notre regard est déjà habité par une vision du monde.

Cette dimension imaginaire peut être historique et exploratoire, puisque les cartographes anciens dessinaient des territoires sans les avoir vus, peuplés de monstres ou d’îles fantômes, incitant ainsi les marins et les voyageurs à vérifier ce qui était porté sur la carte ; fictionnel et littéraire, que ce soit sur un mode réaliste, où la carte est appelée à accréditer la géographie du roman, ou pour structurer des mondes secondaires (fantasy, science-fiction) dans lesquels le lecteur ne retrouve plus ses repères ; symbolique et métaphorique, enfin, car la carte peut aussi figurer un espace intérieur, une quête, un territoire de l’âme, un jeu amoureux.

En lançant, dans Gallica, une recherche par sujet « lieux imaginaires », « curiosités cartographiques », « cartes allégoriques » ou « cartes satiriques », on trouve de nombreuses ressources. Mais l’exploration des corpus cartographiques prédéfinis dans la bibliothèque numérique, par aire géographique ou type de document, peut suffire pour rencontrer l’imaginaire, même si on ne le cherche pas nécessairement. Pour l’amateur, le curieux ou le chercheur, c’est une porte ouverte vers des territoires visuels inexplorés, des récits graphiques, des mondes à (re)découvrir.

Par Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, commissaires de l’exposition, département des Cartes et plans, BnF

 

En savoir plus sur l’exposition Cartes imaginaires. Inventer des mondes

Informations pratiques

tarifs et conditions d’accès
 

Entrée gratuite – Réservation conseillée – Ouverture des réservations un mois avant l’événement
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation).

Date et Horaires

Mardi 26 mai 2026
18 h - 19 h

Accès

François-Mitterrand - Salle 70
Quai François-Mauriac – Paris 13e
Entrée Est face à la rue Émile Durkheim