Physique de l’invisible
Loin d’être réservée à la science-fiction, l’invisibilité est un sujet d’étude bien réel en physique. L’observation de phénomènes invisibles a trouvé des applications comme la radiographie ou les avions furtifs. De la physique quantique à la cosmologie, où en est-on aujourd’hui de la compréhension de ce qui échappe au visible ?
La découverte des rayons X par Wilhelm Röntgen, en 1895, a trouvé nombre d’applications, telle la radiographie. Tout au long du XXe siècle, les physiciens ont fait reculer de manière spectaculaire les limites de ce qui échappait jusque-là aux sens. Ce qui est invisible pour nos yeux peut être révélé grâce au rayonnement électromagnétique dans le domaine radio (radar), infrarouge (vision nocturne), rayons X ou gamma (imagerie médicale). Mais il existe des objets insensibles à ces rayonnements et donc à la lumière visible : c’est le cas de la matière noire, dont l’astronome suisse Fritz Zwicky, dans les années 1930, puis l’astrophysicienne américaine Vera Rubin, dans les années 1970, ont fait l’hypothèse. Cette matière invisible représenterait une proportion bien plus importante que la matière dite ordinaire. Où en sont les physiciens dans leurs tentatives, par nature difficile, de la détecter ? À une toute autre échelle, celle de la physique des particules, quelles ont été les avancées, quatorze ans après la découverte du boson de Higgs, dans notre compréhension de ce qui n’est pas visible ?
Cette table ronde traitera aussi de la manière dont la physique peut donner de la matérialité à un fantasme ancien de l’humanité : le pouvoir de (se) rendre invisible. Ainsi des avions, navires ou sous-marins furtifs, ou encore des recherches actuelles sur les métamatériaux qui, en modifiant la propagation des ondes, permettent d’imaginer de véritables « capes d’invisibilité », qui pourraient être utiles pour lutter, par exemple, contre les séismes.
Rencontre animée par Pierre Girard, journaliste scientifique.
Intervenants
Julien Bobroff, physicien au Laboratoire de Physique des Solides (LPS – CNRS et Université Paris Sud) et professeur à l’université Paris-Saclay. Il est notamment l’auteur de La Physique de l’extrême (Albin Michel, 2024) et de Bienvenue dans la nouvelle révolution quantique (Flammarion, 2022).
Roland Lehoucq, astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA – Saclay) et enseignant à l’université Paris-Cité. Parmi ses plus récentes publications, citons Astronomie (Flammarion jeunesse, 2025) et Scientifiction : la physique de l’impossible (le Bélial, 2024).
Pauline Zarrouk, cosmologiste au Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Énergies (LPNHE – CNRS et Sorbonne Université), responsable du projet Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI) pour le CNRS Nucléaire & Particules.
Voir cet événement
Cet événement sera diffusé sur notre chaîne Youtube et sur cette page le 14 mai à 18 h 30.
Informations pratiques
Entrée gratuite – Réservation conseillée
Il est recommandé de se présenter en avance (jusqu’à 20 minutes avant la manifestation).
Date et Horaires

Mercredi 13 mai 2026
18 h 30 - 20 h
Accès

François-Mitterrand - Petit auditorium
Quai François-Mauriac – Paris 13e
Entrée Est face à la rue Émile Durkheim
Toutes les séances du cycle Débats au cœur de la science
