Anaïs Boileau - Avoir 65 ans et plus en 2022

Territoires : Littoral méditerranéen, Cévennes, Centre
Anaïs Boileau témoigne des changements produits par la menace épidémique et les restrictions de sortie sur la vie quotidienne des personnes de plus de 65 ans. 
 
Anaïs Boileau est une photographe française née en 1992 à Nîmes, diplômée de l’ECAL à Lausanne.
Elle vit dans le sud de la France où elle alterne entre les commandes photographiques pour la presse et ses projets artistiques. Ses travaux photographiques sont présentés dans différentes expositions collectives et sélectionnés dans plusieurs festivals internationaux. En 2015, son projet photographique Plein Soleil fait partie de l’exposition Black Mirror à New York, organisé par Aperture Foundation, et est présenté au festival Photo Kathmandou au Népal. Elle est sélectionnée aux Boutographies 2016 dans la projection du jury et fait partie des dix finalistes présentés à la 31ème édition du festival international de mode et de photographie de Hyères à Villa Noailles où elle reçoit deux prix.
En septembre 2017, elle intègre une année de master à la Central Saint Martins school à Londres en photographie. Elle participe au festival photo de Thessalonique en Grèce au printemps 2018 ainsi qu’à la Biennale de photographie, et expose son travail au festival photo Encontros de Imagen à Braga au Portugal en septembre 2019. Depuis sa première collaboration pour M le magazine du Monde en 2015, elle travaille régulièrement pour la presse française et internationale.

 

accéder au site du photographe

Mars 2022

Récit de voyage photographique

Lors de mes déplacements sur la région Occitanie, et sur le Littoral méditerranéen à la rencontre de personnes retraitées et de personnes âgées, je me rends à leur domicile. Je rencontre les personnes chez elles, dans leur intimité. J’entame une discussion où je leur explique mon projet. Nous buvons un café, j’ai le temps.

Nous sommes ici chez Raymond, à Saint Laurent d’Aigouze en petite Camargue. Il fait beau, c’est une belle journée de mars. Après m’avoir montré son jardin, ses fraisiers et ses plants de chayote, nous faisons quelques photos et portraits de Raymond. Pour l’occasion, il porte sa chemise camarguaise.

 

©Anaïs Boileau

 

 

J’installe ensuite un système audio qui me permet d’enregistrer le récit de leur vie. Je leur demande de me parler d’eux, et nous abordons leur rapport au territoire, celui où ils vivent et celui où ils ont grandi; leurs sentiments sur la période de pandémie, le temps de liberté et de contrainte. Nous parlons longtemps, et ce sont les souvenirs, souvent, que l’on me raconte : le souvenir enfant d’une invasion allemande ou le souvenir heureux d’un été particulièrement chaud. Le micro que j’installe permet un moment d’échange. L’outil que je pose entre nous, au milieu de la table, crée un espace pour la discussion. Cette photo a été prise chez Josette, dans le village de mon enfance. Je m’intéresse aux détails, aux couleurs. C’est le printemps et sur la table le bouquet de lilas fait de la concurrence à mon matériel.

 

©Anaïs Boileau

 

Chez Monique, dans son petit appartement Nîmois.

©Anaïs Boileau