Bertrand Desprez - La vie et au-delà

Territoires : Cherbourg (Manche), Castres (Tarn), Bar-le-Duc (Meuse) et Bourges (Cher), Jussey 
(Jura), Mont-Valérien (Hauts-de-Seine)
De rituel intime et familial, le temps du deuil tend aujourd’hui à disparaître. À travers les histoires d’hommes et de femmes qui s’occupent de ce moment si particulier des existences, Bertrand Desprez interroge les pratiques funéraires à l’aune des mutations sociétales.
 
Né en 1963, Bertrand Desprez est un photographe français, diplômé de l’École Louis Lumière.
Après des premiers travaux personnels sur la scène jazz des années 80, il acquiert la reconnaissance de la profession avec « Pour quelques étoiles », enquête au long cours dessinant, en noir et blanc, le portrait fragile et sensible des adolescents en France.
En 1998, au Japon, un glissement se produit : avec la découverte d’une culture autre, il passe à la couleur et intègre le principe de déclinaison sérielle de motif, sans pour autant renoncer à la subtilité documentaire qui caractérise son travail.
Attentif à une réalité non spectaculaire, loin de tout cliché, c’est à travers le prisme du paysage et de la façon dont le corps social s’y inscrit par son activité, principalement de sport et de loisirs, que Bertrand Desprez témoigne sans présupposé ni exotisme de nos sociétés contemporaines – française ou étrangères (Japon, Mali, Brésil, Cuba, Indonésie, etc.).
En collaboration permanente avec la presse, il réalise de nombreux reportages autour du sport en France ou à l’étranger et questionne ce que cette « activité physique » individuelle ou collective, amateure ou professionnelle, révèle d’intime et de social.
Auteur de quatre monographies, Bertrand Desprez est lauréat du Prix de la fondation CCF pour la photographie (1997) et du Prix Kodak de la Critique (1999). Régulièrement publiée et exposées, ses photographies ont intégré entre autres collections celles de la Fondation CCF pour la photographie, du Fonds National d’Art Contemporain ou de la Collection HSBC.

 

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février 2022

Papa est mort,

 

 
Hasard de la vie, lauréat de la commande de la BNF courant décembre pour mon sujet sur les pompes funèbres, j’apprends le décès de mon père le 1er janvier 2022 des suites du Covid. Il n’était pas vacciné. Je n’ai pas pu le voir dans ses derniers instants, le protocole n’autorisant qu’un seul visiteur par jour. Cela faisait 17 ans que je ne l’avais pas vu, étrange retrouvaille où j’ai tout de suite su que je ferai mes premières images pour cette grande commande publique. Cela n’a pas été facile, moins évident que je l’aurai pensé. Mes trois demi-frères et sœur faisant bloc dans leur deuil et leur tristesse. Mon train pour Rambouillet était arrivé un peu plus tôt que prévu et je me suis retrouvé seul avec mon père pendant 45 mn, une confrontation silencieuse ponctuée d’autoportraits. Puis la famille arriva pour une longue journée jusqu’au crématorium (où je me suis effondré) et beaucoup plus tard, la récupération des cendres. Une journée étrange comme un grand vide soudain. 

 

Bertrand Desprez
 

 

 

Autoportrait de Bertrand Desprez au crématorium à la mort de son père ©Bertrand Desprez

 

 

Mars 2022

Marilou


Marilou Breuillé est responsable d’un funérarium au Mont-Valérien. Après une Licence « histoire, critique et conservation de l’art », elle travaille comme assistante de conservation au Musée d’Orsay puis bascule par hasard dans le monde du funéraire. Son travail consiste à accueillir les corps des défunts, faire leurs toilettes funéraires et accueillir les familles qui viennent se recueillir dans des salons prévus à cet effet. Elle m’a accueilli dans son labo et j’ai assisté aux soins qu’elle apporte aux défunts.

Marilou ©Bertrand Desprez

 

Portrait de Bertrand Desprez ©Marilou Breuillé

 

Fin de prise de vue, portrait du photographe ©Marilou Breuillé

 

Sandra

 

 

Sandra © Bertrand Desprez

 

Virginie