Bertrand Meunier - Tahiti, les dessous de la carte postale

Territoire : Tahiti / COM
L’île de Tahiti en Polynésie française est souvent associée à un territoire paradisiaque. Rares sont ceux qui savent que derrière l’image exotique de l’île se cache une autre réalité. Ce travail en immersion permettra de révéler le quotidien de plusieurs communautés polynésiennes qui habitent l’envers de ce décor de carte postale trop souvent véhiculé par l’économie du tourisme.
 
©Patrick Tourneboeuf

Bertrand Meunier est né à Nevers. Il est membre du collectif Tendance Floue depuis 2007.
Depuis la fin des années 1990, Bertrand Meunier élabore d’amples séries photographiques auscultant, d’une manière frontale mais sensible, les territoires au sein desquels il s’immerge au long cours. Remarqué pour ses photographies sur les mutations sociales du monde contemporain chinois « Erased », il s’est ensuite intéressé aux mégalopoles asiatiques « Suburbia ». Il a en parallèle réalisé un long travail sur le Pakistan et l’Afghanistan en collaboration avec le magazine Newsweek. Plus près de nous, il chronique le quotidien des prisons françaises « Le silence est un luxe » et la vie de sa propre famille « L’homme éloigné » et « Refuge » ». Membre du collectif Tendance Floue depuis 2007, son approche documentaire se double d’accents narratifs, servis par la poésie de son usage exclusif du noir et blanc. Assumant sa part de subjectivité, son œuvre se construit dans un permanent va-et-vient productif entre l’ici et l’ailleurs.

Avec sa série sur la France « Je suis d’ici », Bertrand Meunier porte son regard critique sur son propre pays, le parcourant dans toute sa diversité, privilégiant les zones « périphériques ». Il y réalise portraits et paysages qui, tous ensemble, disent la France contemporaine, l’aménagement et la défiguration de son territoire. Réalisée à l’occasion de résidences successives de Sète à Vierzon, de Paris et sa banlieue, de Clermont-Ferrand à Mulhouse ou Lille, « Je suis d’ici » se veut un manifeste pour l’immersion dépaysante, l’étude de terrain minutieuse et le temps long de la photographie argentique. Loin d’être anecdotique, cette déambulation hexagonale, souvent mélancolique, poétique, toujours empathique, donne vie au pays réel sans grandiloquence, avec justesse, au plus près de ses habitants. Cette série se poursuit actuellement à Dunkerque et à Grande-Synthe à l’invitation du Centre d’art Le Château Coquelle et de la galerie Robespierre.

En parallèle de ce travail sur la France, Bertrand Meunier, toujours attentif à la réalité contemporaine chinoise, a poursuivi sa réflexion sur l’empire du milieu. Il a entamé en 2018 un nouveau travail photographique, « REC », métaphore et allégorie du contrôle permanent de l’Etat sur l’individu et sur l’ensemble de la société chinoise. Son travail sur la Chine fera l’objet d’un livre chez Atelier EXB Editions et d’une exposition au musée Nicéphore Niépce de Chalon sur Saône en 2023 et au musée de la photographie de Charleroi, Belgique en 2024.

Actuellement Bertrand Meunier finalise le montage de son film documentaire tourné en prison à la Centrale de Poissy : « Conversations ». Il vient également d’entamer ce printemps 2022, avec le soutien du ministère de la culture Luxembourgeois, une résidence dans un centre de psychiatrie ouvert à Esch sur Elzette.

 

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