En 2021, un nouveau jardin Vivienne grâce au 1% artistique

En 2017, la BnF a souhaité que l’aménagement du jardin Vivienne, entre la galerie Mazarine et la rue Vivienne, fasse partie de la procédure « 1% artistique ». Le « 1% artistique » est une procédure spécifique de commande d’œuvres à des artistes pour toute construction ou rénovation de bâtiments publics, afin de soutenir la création et de sensibiliser un large public à l’art.

 

Après une sélection de cinq candidats sur dossiers en juillet 2018, les projets ont été présentés au comité 1% artistique le 17 juin 2019. Le comité a désigné comme lauréat la candidature portée par Gilles Clément, Antoine Quénardel et Mirabelle Croizier.

Un jardin de papier

Leur projet, intitulé «Hortus Papyrifera », trace un lien évident avec la BnF, lieu de conservation emblématique des œuvres sur papier.Broussonetia papyrifera (Mûrier à papier),Fargesia papyrifera (Bambou cespiteux),Tetrapanax papyrifera (Aralie à papier de Chine),Edgeworthia papyrifera (Buisson à papier), Betula papyrifera (Bouleau à papier), Cyperuspapyrus (Papyrus) sont des plantes papyrifères qui – comme leurs noms d’espèce en latin l’indiquent – sont connues pour intervenir dans l’élaboration de supports d’écriture et d’impression. Le projet prévoit de regrouper et de mettre en scène celles qui poussent sous le climat parisien. À cette palette végétale s’ajoutent des végétaux eux-mêmes support d’écriture et d’impression ainsi que des petits arbres à écorce de papier.

Des recherches complémentaires avec le renfort d’experts de la BnF et du Museum national d’Histoire naturelle permettront de préciser la palette végétale du jardin au cours du premier semestre 2020.

Un jardin en adéquation avec l’histoire du site

Le projet rétablit un jardin à l’endroit-même où le Cardinal Mazarin avait fait aménager le jardin de son palais au XVIIe siècle, recréé par Labrouste dans sa forme actuelle au milieu du XIX e siècle. Sans avoir un souci de maintien strict, le dessin respecte le tracé historique aujourd’hui disparu, prenant appui sur les traces souterraines du tracé repérables à l’existence de surfaces pleine terre. La composition régulière de l’espace – découpé et entouré d’allées réparties autour du bassin et de la fontaine centrale qui dessinait quatre parterres de gazon - est évoquée et reprise dans ses grandes orientations. Ce tracé correspond de surcroît au plus près aux usages et aux flux piétonniers attendus dans le cadre du réaménagement du site de la BnF. La reprise et la prolongation de la composition ancienne permet en outre de créer des allées secondaires qui conduisent à des « salles de lecture vertes ». Noyés dans une végétation généreuse, ces espaces offrent une échelle et une ambiance plus intimistes. Des bancs fixes en pierre massive d’Euville de différentes dimensions y seront installés pour inciter le visiteur à la pause, à la lecture, à la méditation.

Les cheminements du jardin (les seuils des accès aux bâtiments, la terrasse et les allées) sont traités de façon à dialoguer avec les façades de l’Hôtel Tubeuf et de la Galerie Mansart, en reprenant au sol des parements de briques d’argile aux teintes variées (rouge, brun et noir). Le projet prévoit aussi de maintenir et restaurer les éléments de statuaires existants, 7 vases Médicis en marbre et 2 pots à feu en marbre et pierre. La fontaine, hors d’eau depuis les années 1980, sera transformée en bassin et plantée de plantes aquatiques qui offriront un milieu spécifique et un habitat écologique nouveau.

Rapport d’activité 2019 de la bibliothèque nationale
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