Jéromine Derigny - La banlieue entre à l'Opéra

Territoires : Paris et banlieues parisiennes / Île-de-France
Ce projet photographique permettra de montrer comment l’art peut créer une véritable égalité des chances et faire un pied de nez au repli identitaire grandissant dans l’Hexagone.
 

Photographe depuis les années 2000, Jérômine Derigny se penche sur des thématiques à caractère social et humaniste. Elle travaille sur les futurs durables, générateurs de liens sociaux, en France et dans le monde.

Relier le local au global est une préoccupation constante de son travail : par les sujets qu’elle choisit, elle montre l’impact de l’action de l’homme sur lui-même, et la relation qu’il se crée à son propre environnement. Dès lors, elle pose la question de savoir comment il peut être acteur de son environnement. Elle cherche dans ses thématiques à valoriser ce qui aide à reconsidérer la société.

Autant de réflexions sur les mutations et grands enjeux de ce monde, qu’ils soient liés au climat ou à l’urbanisme, en tout cas anthropiques.

Jérômine fait partie du Collectif Argos depuis 2006.

 

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Mai 2022

13 mai 2022

Le 14 avril, je recevais le mail de la BnF me confirmant que ma proposition de sujet était retenue. J’allais donc enfin pouvoir travailler sur la Maitrise Populaire de l’Opéra-Comique. J’avais repéré cette école il y a deux ans. Je rêvais de faire un reportage au long cours sur ce sujet. Je l’avais déjà proposé à plusieurs rédactions sans succès et je ne me sentais pas assez solide pour le porter seule. J’avais dans mes tiroirs plusieurs sujets invendus.

Le 13 mai, la Maitrise Populaire me proposait plusieurs dates pour commencer le travail dans leurs murs. Mon boitier me démangeait ! J’avais pris le temps de grappiller toutes les infos possibles sur l’agenda de l’Opéra-Comique, mais aussi auprès d’élèves de la Maitrise que je connaissais. J’avais dressé une liste des évènements auxquels je voulais assister. Le rendez-vous était pris pour le concert de chant du 22 mai !

D’ici là je prendrai le temps d’un entretien téléphonique pour affiner mes besoins et caler les détails des prochains rendez-vous.

 

 

22 mai 2022

Dimanche 22 mai Première journée de prise de vue, à l’Opéra-Comique Selon la feuille de route reçue, j’ai rendez-vous à 10h30 rue Favart, pour la répétition du spectacle « Chansons à partager », en chant signé. Je retrouve tous les élèves distribués (une bonne quarantaine), et les suis dans les dédales de l’Opéra. Je vais devoir trouver mes marques, mais pour l’instant je me perds dans ce labyrinthe, parmi tous les escaliers qui mènent au « Petit Théâtre » dit « le grenier ». Un pic-nic dans l’Opéra est pour moi l’occasion de commencer à discuter avec les élèves. Je me présente de groupe en groupe pour leur expliquer mon projet. J’essaye de comprendre quels seront les rendez-vous importants avant la fin de l’année scolaire. Je ne fais pas de photos de ce premier concert. J’écoute, je profite du spectacle, et me remplis d’émotions. Ce soir mon boitier est plein de ces images des répétitions, des échauffements, des moments détente et de concentration. C’est un lieu magnifique.

 

©Jéromine Derigny

 

23 mai 2022

Après ma première journée de prise de vue, je décharge plus de 600 photos sur mon ordinateur … C’est énorme par rapport à ma moyenne habituelle. Je fais un premier tri très grossier, puis je décide de laisser reposer tout cela avant de faire un editing plus affiné.

Juin 2022

Mardi 12 juin

L’organisation s’est calée, les programmes s’enchaînent : je viens d’avoir quatre journées de prises de vue dans des endroits et situations bien variées.

  • cartes blanches de fin d’année des élèves à partir de la 4ème, sur scène ;
  • examens des 3e cycle à l’Opéra Comique ;
  • répétition de danse d’un futur spectacle, aux ateliers Berthier ;
  • séance de solfège avec la méthode Dalcroze pour préparer la coupe du monde de Rugby.

 

©Jéromine Derigny

 

Mardi 14 juin

Ce mardi matin, je ne me réveille pas tranquille … Après plusieurs journées de prises de vue dans différents endroits de l’Opéra Comique, toujours la même sensation : les lumières sont faibles, j’ai beau sortir mes optiques les plus lumineuses, je ne suis pas confort. Tout est en mouvement, et je galère pour obtenir le rendu voulu.
Coup de fil à 9h à ma copine France, son conseil est catégorique : change de boîtier, passe à l’hybride  !
Mes deux prochaines journées de prises de vue sont demain et jeudi, il ne faut pas rater l’occasion : j’ai la journée pour me décider. Je file chez Nikon, je prends les conseils, j’appelle les collègues, je questionne une marque concurrente, j’essaye d’en trouver en location pour tester, sans succès. À 17h30, je sors d’un rdv pro à l’autre bout de Paris, ma décision est prise. À 18h30, je sors de ma boutique habituelle avec le Z6II et son optique adaptée. Prête pour demain, ouf …

 

© Jéromine Derigny