Le Collège à la Bibliothèque : l'intégralité des saisons
Le Collège de France et la Bibliothèque nationale de France proposent un cycle de conférences scientifiques s’appuyant sur des documents exceptionnels issus des collections patrimoniales et présentés à cette occasion au public. Chaque saison, quatre professeurs du Collège de France évoqueront l’histoire des sciences au travers de leurs affinités personnelles avec de grands textes. Ils en proposeront une lecture à la croisée de leurs goûts intimes, de leur imaginaire et de leur pratique de la recherche.
2e SAISON – 2025
Thomas Lecuit – Le vivant dévoilé
Avec Blaise Pascal, Robert Hooke et Buffon – 4 novembre 2025
Par Thomas Lecuit, titulaire de la chaire Dynamiques du vivant au Collège de France
Le « dévoilement » du vivant est le résultat d’un parcours historique. Le vivant est à la fois sous nos yeux, évident, mais si mystérieux dans son fonctionnement qu’une longue quête fut et est encore nécessaire pour en percer l’énigme. Il s’agira de discerner ce qui le relève du visible et de l’invisible dans la démarche du chercheur.
Timothy Gowers – De l’abstraction mathématique
Avec Nicole Oresme et Nicolas Chuquet – 18 novembre 2025
Par Timothy Gowers, titulaire de la chaire Combinatoire au Collège de France.
L’algèbre a fondé son développement historique sur un processus d’abstraction. Nicole Oresme (1323–1382) et Nicolas Chuquet (1445–1488) sont considérés comme les premiers mathématiciens à avoir élevé des nombres à des puissances fractionnaires et négatives, respectivement. Pour donner un sens à ces exposants fractionnaires et négatifs, un vrai saut d’imagination s’est produit aux XIVe et XVe siècles afin d’initier le processus d’abstraction qui va de soi aux mathématiciens d’aujourd’hui.
Emmanuelle Porcher – Pollinisation, un équilibre en péril
Avec Réaumur, l’Abbé Pluche et Fabre – 2 décembre 2025
Par Emmanuelle Porcher, professeure invitée sur la chaire Biodiversité et écosystèmes au Collège de France.
En assurant la reproduction de la plupart des plantes, les animaux pollinisateurs jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement de notre planète. De l’histoire très ancienne de cette relation intime entre plantes et pollinisateurs est née une formidable diversité au sein des deux groupes. Sur cette interaction indispensable, dont le rôle est pourtant connu depuis des siècles, pèsent aujourd’hui de nombreuses menaces.
Alessandro Morbidelli – Entretien sur la pluralité des mondes
Avec Bernard de Fontenelle et Camille Flammarion – 16 décembre 2025
Par Alessandro Morbidelli, titulaire de la chaire Formation planétaire : de la Terre aux exoplanètes au Collège de France.
L’idée de la vie ailleurs que sur Terre remonte à l’Antiquité. En 1686, Fontenelle évoque des planètes habitées et, en 1892, Flammarion estime probable la vie sur Mars. La découverte des exoplanètes ouvre de nouvelles pistes, mais comment éviter les erreurs de Flammarion et prouver cette existence sans analyse directe ?
1re SAISON – 2024
Françoise Combes – Une histoire de la gravité
Avec Isaac Newton et Émilie du Châtelet – 7 novembre 2024
Par Françoise Combes, titulaire de la chaire Galaxies et cosmologie, Collège de France.
Descartes parlait de turbulence, les tourbillons entraînaient les planètes dans leurs orbites. Newton établit la force de gravité universelle, qui fait tomber la pomme et tourner les planètes. En France, c’est Émilie du Châtelet qui a fortement contribué à faire accepter les idées de Newton, par sa traduction des Principia Mathematica, encore la meilleure aujourd’hui. Avec la précision des mesures, des anomalies comme dans l’avance du périhélie de Mercure ont conduit à la révolution d’Einstein et de la relativité générale, où la gravité est due à la déformation de l’espace. Aujourd’hui, la détection des ondes gravitationnelles après la fusion de trous noirs vient confirmer les prédictions d’Einstein. Pourtant, la présence de matière et d’énergie noires pourrait conduire à une nouvelle compréhension de la gravité.
Denis Duboule – Le triomphe de l’embryon : une épopée sans surprise
Avec Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, Denis Diderot et Georges Perec – 21 novembre 2024
Par Denis Duboule, titulaire de la chaire Évolution du développement et des génomes au Collège de France.
Le développement d’un embryon peut être vu comme une course d’obstacles redoutable, une chorégraphie minutieuse faite d’enchainements complexes fixés par un scénario invisible, écrit et corrigé par des millions d’années d’évolution. À bien des égards, la naissance est donc son triomphe. Et pourtant, l’embryon pourrait-il faire autrement ? Ce triomphe est-il légitime ou l’embryon ne fait-il que suivre un parcours sans surprise, imposé par sa génétique et l’accumulation progressive de contraintes ne lui laissant que très peu de territoires nouveaux à explorer ? Cette idée de contraintes dans les systèmes vivants transparaît déjà dans les grandes classifications animales et végétales ainsi que dans de nombreux ouvrages depuis les Lumières. On comprend mieux aujourd’hui comment un embryon auto-génère son propre système de contraintes, son Oulipo particulier, sans intentionnalité et sans même savoir où ces contraintes vont le conduire.
Jean-Jacques Hublin – La Préhistoire, espace du rêve
Avec Jacques Boucher de Perthes, Pierre Boitard et Rosny aîné – 5 décembre 2024
Par Jean-Jacques Hublin, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
Le milieu du XIXe siècle a connu une révolution scientifique majeure, avec la démonstration par Jacques Boucher de Perthes de l’association d’outils de pierre taillée et de restes d’animaux disparus. À quelques années de distance, Charles Darwin publiait L’Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle et le premier homme de Néandertal était découvert en Allemagne. La Préhistoire était née et révélait au grand public tout un monde exotique dont les vestiges gisaient sous les pieds des habitants des grandes villes européennes. Dès l’origine de la discipline, le merveilleux s’est mêlé à la science et presque immédiatement, les arts plastiques et le roman se sont emparés de cette thématique alors que les connaissances que l’on avait de ces périodes reculées étaient encore presque inexistantes. Tout au long de son histoire, la préhistoire n’a jamais cessé d’être un espace de rêve.
Jean Dalibard – 1924 : quand la matière devient une onde
Avec Louis de Broglie – 19 décembre 2024
Par Jean Dalibard, titulaire de la chaire Atomes et rayonnement au Collège de France.
En 1924, dans sa thèse de doctorat, Louis de Broglie émit l’hypothèse selon laquelle une onde pouvait être associée à chaque particule matérielle. En l’apprenant, Einstein enthousiaste déclara que de Broglie avait « levé un coin du grand voile ». Cinq ans plus tard, elle valait à son auteur le prix Nobel de physique « pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons ». La percée conceptuelle de Louis de Broglie a joué un rôle fondamental dans le développement de la physique quantique qui régit désormais notre compréhension du monde microscopique et est à la base d’innombrables applications, depuis les composants électroniques que nous utilisons au quotidien jusqu’à un hypothétique « ordinateur quantique ».
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Pollinisation, un équilibre en péril. Avec Réaumur, l’abbé Pluche et Fabre
De l’abstraction mathématique. Avec Nicole Oresme et Nicolas Chuquet

