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Les directeurs de la bibliothèque, de la Révolution française à nos jours
1792-1795 : les bibliothécaires de la Nation
1792-1793 : Jean-Louis Carra
Après quelques études au collège jésuite de Mâcon, il est emprisonné de juin 1758 à septembre 1760 pour un vol de rubans. Secrétaire de plusieurs grands aristocrates, il se rend en Angleterre et en Suisse où il collaborera au supplément de l’Encyclopédie, puis voyage en Russie, en Moldavie, en Pologne entre 1772 et 1776. De retour en France en 1777, il cherche à se faire un nom chez les gens de lettres, s’intéresse de près à la diplomatie et entre au service du cardinal de Rohan : il publie ainsi quelques ouvrages de physique et une Histoire de la Moldavie.
Grâce à la recommandation de Breteuil, il entre en 1784 à la Bibliothèque royale comme deuxième écrivain au département des livres imprimés. Il prête sa plume en 1787 contre Calonne (et Le Noir), participe dès 1788 aux réunions de la Société des Amis des Noirs et à l’assemblée électorale de Paris en 1789. Il devient l’un des journalistes politiques les plus influents avec les Annales patriotiques et littéraires qu’il dirige avec Louis-Sébastien Mercier. Nommé à la tête de la Bibliothèque Nationale avec Nicolas Chamfort le 19 août 1792 grâce à ses amis Girondins, il est élu député à la Convention. La plus grande part de son mandat se déroule en province où il est envoyé en mission, notamment en Vendée. Il est ainsi absent de Paris lors du coup de force du 2 juin 1793 contre la Convention mais est néanmoins arrêté le 2 août, et sera jugé et exécuté avec les autres députés Girondins le 31 octobre.
1792-1793 : Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort
Enfant naturel qui court les prix académiques après de bonnes études à Paris, il connaît le succès au théâtre avec La Jeune indienne (1764) puis Le Marchand de Smyrne (1770) et est élu à l’Académie française en 1781. Nommé Bibliothécaire national avec Jean-Louis Carra le 19 août 1792, il est dénoncé pour n’avoir pas réprouvé l’assassinat de Marat et arrêté le 2 septembre 1793. Il démissionne le 21 octobre, tente de se suicider et finira par succomber en avril 1794 aux blessures qu’il s’était infligées. Ses Maximes, pensées, caractères et anecdotes seront publiés en 1795.
1793 : Jean-Baptiste Cœuilhe
Bibliothécaire à la Bibliothèque du Roi, écrivain aux Imprimés, Jean-Baptiste Coeuilhe assure brièvement l’intérim de direction de ce qui était devenue la Bibliothèque de la Nation en 1793, puisque Grégoire-Desaunays avait été dénoncé par ses pairs et que Carra et Chamfort avaient été arrêtés.
1793-1795 : Jean-Baptiste Lefebvre de Villebrune
Docteur en médecine et philologue, il est l’auteur de nombreuses et diverses traductions comme les Nouvelles espagnoles de Cervantes (1775-1779), le Banquet des savans du rhéteur grec Athénée (1789-1791) ou des œuvres d’Hippocrate. Professeur au Collège de France de 1791 à 1794 où il enseigne le syriaque et l’hébreu et cherche à développer l’étude de l’arabe, il est nommé à la tête de la Bibliothèque le 5 novembre 1793, après un court intérim de Coeuihle, et exerce ses fonctions de bibliothécaire jusqu’au 26 octobre 1795. Un moment inquiété après le coup d’état du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), il poursuivra une carrière de professeur à l’École centrale d’Angoulême où il enseignera successivement l’histoire naturelle et les humanités.
1795-1847 : les présidents du Conservatoire
Après le départ de Lefebvre de Villebrune, la bibliothèque connaît une réorganisation inédite : le poste de bibliothécaire disparaît et un pouvoir collégial est instauré. Un Conservatoire est formé avec les gardes des différents départements, désormais qualifiés de conservateur. Dans un premier temps, le directeur est élu parmi eux pour une durée d’un an. Se succèdent ainsi :
1795-1796 : André Barthélemy de Courçay
Neveu de l’abbé Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795), l’auteur du Voyage du jeune Anacharsis, membre de l’Institut et garde des Médailles, qui l’y fait entrer en 1775, André Barthélemy de Courçay lui succède à sa mort en avril 1795. Doyen d’âge, il est le premier président du Conservatoire élu le 5 brumaire an IV.
1796-1798 : Jean-Augustin Capperonnier
Son oncle Jean Capperonnier (1716-1775), membre de l’Institut et garde des Imprimés à la Bibliothèque du Roi, l’y fait entrer en 1765. Président du Conservatoire le 2 vendémiaire an V, il est reconduit le 19 vendémiaire an VI. Capperonnier sera nommé administrateur le 17 vendémiaire an IX (1800).
1798-1799 : Adrien-Jacques Joly
Fils d’Hugues-Adrien Joly, garde des estampes depuis 1750 à la Bibliothèque du roi, qui l’y a fait entrer en 1786, il lui succède à la tête du département le 16 août 1795. Il est élu président du Conservatoire le 9 vendémiaire an VII.
1799-1800 : Aubin-Louis Millin de Grandmaison
Archéologue, numismate, botaniste et minéralogiste, il fonde en 1792 le Magasin encyclopédique, ou Journal des sciences, des lettres et des arts, qui a tenu le rôle du Journal des savants pendant l’interruption de sa publication. Successeur de l’abbé Barthélemy au cabinet des Médailles en 1795, il est élu président du Conservatoire le 26 vendémiaire an VIII.
1800-1803 : Jean-Augustin Capperonnier
Déjà président du Conservatoire entre 1796 et 1798, il est élu à nouveau en 1800, date à laquelle il est investi de la fonction nouvellement créée d’administrateur (par le décret du 28 vendémiaire an IX (20 octobre 1800)). Cette charge ne supplante toutefois pas le système collégial du Conservatoire qui, en dépit des initiatives du pouvoir pour y mettre fin, se maintient : le président du Conservatoire est toujours élu par ses pairs.
1803-1806 : Pascal-François-Joseph Gossellin
Géographe et helléniste, membre de l’Institut depuis 1791, il remplace Barthélemy de Courçay comme conservateur des Médailles et préside le Conservatoire du 20 vendémiaire an XII à la fin de l’année 1805 (an XIV).
1806-1829 : Bon-Joseph Dacier
Membre de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres depuis 1772, chargé de la réorganisation de l’Institut en quatre académies en 1802, il est fait baron lors du sacre de Charles X. Conservateur aux Manuscrits le 29 frimaire an IX (30 décembre 1800) à la place de Legrand d’Aussy, il préside le Conservatoire sans interruption du 4 janvier 1806 à 1829.
1830-1831 : Joseph-Basile-Bernard Van Praet
Employé chez le libraire Desaint, puis chez Guillaume de Bure, il est engagé le 1er juillet 1784 par l’abbé Desaulnays, garde des Imprimés, y devient lui-même conservateur en 1792 et passe à la Bibliothèque cinquante-trois ans de sa vie. Son rôle pendant la Révolution est essentiel pour l’enrichissement des collections. Créateur de la Réserve, bibliographe, il est jusqu’à sa mort le véritable « catalogue vivant » des collections imprimées de l’établissement. Membre de l’Institut (Académie des inscriptions et belles lettres) en 1830, il préside le Conservatoire en 1830 (6 janvier) et 1831, puis quelques mois en 1832 (4 juin).
1832 : Jean-Pierre Abel-Rémusat
Sinologue éminent, professeur de chinois au Collège de France, membre de l’Institut en 1815, l’un des fondateurs de la Société asiatique de Paris en 1822, il remplace en 1824 Louis-Mathieu Langlès pour les Manuscrits orientaux. Élu le 28 janvier 1832 président du Conservatoire, il est emporté peu après par l’épidémie de choléra.
1832 : Joseph-Basile-Bernard Van Praet (cf. supra)
1832-1837 : Antoine-Jean Letronne
Helléniste et archéologue, membre de l’Institut, Académie des inscriptions et belles-lettres (21 mars 1816). Nommé conservateur des Médailles et président du Conservatoire (désormais pour une durée de cinq ans) par l’ordonnance du 14 novembre 1832, il exerce son mandat jusqu’en 1837. L’ordonnance du 2 juillet 1839 le reconduit jusqu’à l’été 1840 où il est appelé à diriger les Archives du royaume.
1838-1839 : Edme-François Jomard
Géographe, orientaliste et archéologue. Élève en 1794 de la première promotion de l’École Polytechnique, il prend part à l’expédition de Bonaparte en Égypte et dirige la publication du grand ouvrage qui en est issu, Description de l’Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de l’armée française… (1809-1822). Membre de l’Institut en 1818. En 1828, l’ordonnance du 30 mars le nomme conservateur à la Bibliothèque, et celle du 2 novembre crée le service de géographie et le lui confie. Nommé directeur pour un an par le ministre de l’Instruction publique le 7 février 1838, il est reconduit le 31 décembre de la même année. Président de la Société de géographie (1848).
1839 : Charles Dunoyer
Économiste, co-fondateur du journal libéral Le Censeur (1814). Nommé administrateur-général par l’ordonnance du 22 février 1839, sous le ministère de Salvandy, il est contraint à la démission dès le 28 juin de la même année par l’attitude résolument hostile du Conservatoire qui refuse de le reconnaître et le manque de soutien des successeurs de Salvandy, Parant et Villemain.
1839-1840 : Antoine-Jean Letronne (cf. supra)
1840-1847 : Joseph Naudet
Membre de l’Institut depuis 1817, professeur au Collège de France et conservateur de la bibliothèque Mazarine, il est nommé directeur et conservateur des Imprimés le 8 août 1840.
1847-1993 : les administrateurs généraux de la Bibliothèque nationale
1847-1858 : Joseph Naudet
Le titre d’administrateur-général, brièvement porté par Charles Dunoyer, est rétabli au profit e Joseph Naudet par l’ordonnance du 2 septembre 1847 : c’est la fin du système collégial du Conservatoire, survivance du Directoire en butte, depuis une vingtaine d’années, à l’hostilité des ministres successifs. Naudet fait valoir ses droits à la retraite le 10 janvier 1858.
1858-1874 : Jules-Antoine Taschereau
Littérateur, publiciste et homme politique, il est député de Loches en 1837. Représentant du peuple du département d’Indre-et-Loire en 1848, il se rallie à Louis-Napoléon Bonaparte. Administrateur-adjoint le 24 janvier 1852, chargé notamment de la publication du catalogue, il remplace Naudet comme administrateur général - directeur le 30 janvier 1858. C’est pendant son mandat que l’architecte Henri Labrouste transforme profondément la bibliothèque et construit notamment la salle de travail et le magasin central des Imprimés.
1871 : Henri Delaborde (intérim)
Avant de fuir la Bibliothèque et Paris pour se réfugier à Versailles, Jules Taschereau délègue ses pouvoirs au Conservateur des Estampes, Henri Delaborde.
1871 : Jules Vincent (1er avril au 28 avril 1871)
Ouvrier armurier, Jules Vincent se présente début avril 1871 pour diriger la Bibliothèque nationale. Sa nomination est ratifiée le 1er avril 1871 par le Comité de l’Intérieur et la Sûreté générale. Henri Delaborde refuse de reconnaître Jules Vincent bien qu’il soit investi des pleins pouvoirs. Selon un accord intervenu entre les agents de la bibliothèque et Jules Vincent, accord publié au Journal officiel du jeudi 6 avril 1871, ce dernier renonce à ses pouvoirs chargeant les fonctionnaires et employés de la Bibliothèque nationale de diriger l’établissement. Dans une réunion du 19 avril, les conservateurs décident de rouvrir la bibliothèque. Jules Vincent est démis de ses fonctions le 27 avril 1871 par arrêté publié au Journal officiel le 28 avril 1871, p. 412, pour s’être rendu coupable d’un vol de 10 000 francs, consigné le 10 mai dans le Journal officiel.
1871 : Jean-Pierre Michel Reclus, dit Élie Reclus
Fils du pasteur Jacques Reclus, filleul du duc Decazes, ministre de Louis XVIII, frère aîné du géographe Élisée, d’Onésime, écrivain, et de Paul, médecin. Savant écrivain, géographe et ethnologue, mais aussi fouriériste et libertaire, il est mêlé au mouvement républicain lors de la révolution de 1848, et proscrit dès le 2 décembre 1851. Par arrêté du 29 avril 1871 la Commune le nomme directeur de la Bibliothèque nationale, en remplacement du citoyen Jules Vincent, « délégué » à la Bibliothèque, dont la moralité laissait à désirer. Il entre en fonctions le 1er mai et occupe le bureau de Taschereau, réfugié à Versailles depuis le début. Obligé de s’enfuir dès le 23, il est condamné par contumace et gracié en 1879. Le 24 mai au matin, le drapeau tricolore remplace le drapeau rouge au-dessus de la porte de la Bibliothèque.
1874-1905 : Léopold Delisle
Élève de l’École des Chartes en 1845, il entre comme employé au département des Manuscrits le 1er novembre 1852, lors de la démission de Salomon Munck. Il y fait une brillante carrière et devient Administrateur général à la mort de Taschereau, sans jamais abandonner ses travaux d’érudition. Il est ainsi membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres (élu en 1857) et directeur de la Bibliothèque de l’École des Chartes de 1852 à 1905. Sa nomination au titre date d’administrateur général de la Bibliothèque nationale date du 10 septembre 1874. Dès son entrée en fonctions, il entreprend le Catalogue général des livres imprimés, par noms d’auteurs, dont le premier tome paraît en 1897. Âgé de près de quatre-vingts ans, il est mis à la retraite d’office en 1905 et se retire au musée Condé de Chantilly.
1905-1913 : Henri-Camille Marcel, dit Henry Marcel
Administrateur, directeur des cabinets de Fallières (Intérieur), Jules Ferry puis Hanotaux (Affaires étrangères), il est le père du philosophe et auteur dramatique Gabriel Marcel. Directeur des Beaux-Arts de 1903 à 1905, Henry Marcel est nommé Administrateur général de la Bibliothèque nationale le 21 février 1905. Il occupe cette fonction jusqu’en 1912, date à laquelle il est nommé directeur des musées nationaux. Auteur de poésies et de critique littéraire, il a collaboré à La Gironde et à La République française, sous le pseudonyme de Camille Montigny.
1913-1923 : Théophile Homolle
Normalien, membre, puis directeur de l’École française d’Athènes, directeur des Musées Nationaux (1904-1911). Administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1913 à 1923. Membre puis président de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres.
1923-1930 : Pierre-René Roland-Marcel
Juriste, auteur d’un Essai politique sur Alexis de Tocqueville (1910), il est également auteur d’écrits littéraires et historiques. Préfet des Deux-Sèvres. Administrateur général de la Bibliothèque nationale du 3 novembre 1923 à 1930.
1930-1940 : Julien Cain
Agrégé d’histoire, il s’oriente après deux blessures de guerre vers une carrière administrative. De 1927 à 1930 il dirige le cabinet du président de la Chambre des députés. Nommé Administrateur général de la Bibliothèque nationale le 1er mai 1930, il devait le rester jusqu’à sa retraite, sauf une interruption pendant l’Occupation. Secrétaire général auprès du ministère de l’Information depuis le 9 avril 1940, il suit le gouvernement à Bordeaux. Révoqué de ses fonctions à la Bibliothèque nationale en juillet 1940, il est arrêté le 12 février 1941 et déporté à Buchenwald.
Libéré le 11 avril 1945, il reprend ses fonctions à la Bibliothèque nationale le 1er octobre 1945, qu’il cumule avec celles de Directeur des Bibliothèques de France et de la Lecture publique jusqu’à sa retraite le 15 septembre 1964. Son action s’exerça dans tous les domaines aussi bien dans le domaine de la conservation, des catalogues, de la bibliophilie, de la valorisation que dans celui de la lecture publique. Son nom reste attaché à la modernisation et à l’extension des locaux de la Bibliothèque nationale, dont profiteront la plupart des départements.
1940-1944 : Bernard Faÿ
Comparatiste, spécialiste de civilisation américaine, a enseigné dans plusieurs universités américaines et françaises (1920-1923). Professeur de civilisation américaine au Collège de France de 1932 à 1944. Nommé administrateur général de la Bibliothèque nationale le 6 août 1940 ; arrêté le 19 août 1944. Condamné aux travaux forcés à perpétuité, il est gracié en 1959.
1944-1945 : Jean Laran
D’abord élève à l’Académie Julian et à l’École des Beaux-Arts avant d’entrer à la Sorbonne et à l’École du Louvre, il entra en 1908 au Cabinet des Estampes où il donna l’impulsion nécessaire au lancement de l’Inventaire du fonds français. Après avoir fait toute sa carrière au Cabinet des Estampes, dont il devint responsable en 1939, il exerça en 1940, puis en 1944-1945, les fonctions d’administrateur de la Bibliothèque nationale.
1945-1964 : Julien Cain (voir supra)
1964-1975 : Étienne Dennery
Agrégé d’histoire et géographie, ambassadeur (Pologne, Suisse, Japon), il est Administrateur général de la Bibliothèque nationale et directeur des bibliothèques de France et de la lecture publique du 16 septembre 1964 à 1975. Son administration est marquée par la construction du bâtiment Louvois et d’un agrandissement de l’annexe de Versailles.
1975-1981 : Georges Le Rider
Agrégé de lettres, membre de l’École française d’archéologie d’Athènes (1952-1955), puis de l’Institut français de Beyrouth (1955-1958), professeur d’université, il est nommé Administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1975 à 1981. Il donne la première impulsion à l’informatisation de la Bibliothèque nationale. Il lance le plan de sauvegarde des collections et inaugure les annexes de Sablé et de Provins.
1981-1984 : Alain Gourdon
Conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Administrateur général de la Bibliothèque nationale de juin 1981 à 1984. La Bibliothèque nationale est rattachée au ministère de la Culture par le décret du 5 juin 1981. Elle est deux ans plus tard divisée en départements de conservation et de recherche, et en services scientifiques, techniques et administratifs. Auteur d’ouvrages sous le pseudonyme de Julien Cheverny.
1984-1987 : André Miquel
Agrégé de l’université, spécialiste de la langue et de la civilisation arabe, il est nommé professeur au Collège de France en 1976. Administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1984 à 1987, il modernise le quadrilatère Richelieu et l’agrandit grâce à l’ouverture de l’annexe Vivienne. Il est auteur de nombreux ouvrages sur l’Orient et romancier.
1987-1993 : Emmanuel Le Roy Ladurie
Agrégé d’histoire, universitaire, professeur au Collège de France. Auteur de nombreux ouvrages. Membre de l’Institut.
Nommé Administrateur général de la Bibliothèque nationale le 15 octobre 1987, il se consacre notamment à l’amélioration de l’accueil du public, à l’informatisation des catalogues et collabore avec l’Établissement public de la Bibliothèque de France à la conception et à la réalisation de la nouvelle bibliothèque décidée par le président François Mitterrand.
Président de l’Établissement public de la Bibliothèque de France
1989-1994 : Dominique Jamet
Après avoir été journaliste et éditorialiste dans différents journaux (Combat, Le Figaro Littéraire, L’Aurore, Le Quotidien de Paris, L’Événement du jeudi) et à France Inter, il est nommé président de l’Association de préfiguration, puis le 24 novembre 1989, de l’Établissement public de la Bibliothèque de France. Il est également auteur de nombreux ouvrages.
Présidents de la Bibliothèque nationale de France
1994-1997 : Jean Favier
Archiviste-paléographe, agrégé et docteur ès lettres, il est d’abord professeur d’université, spécialiste de paléographie et d’histoire médiévale. Il est ensuite directeur général des Archives de France (1975-1994). Nommé le 4 janvier 1994, il est le premier Président de la Bibliothèque nationale de France, établissement créé par la fusion de la Bibliothèque nationale et de l’Établissement public de la Bibliothèque de France.
1997-2002 : Jean-Pierre Angremy
Élève de l’E.N.A., il accomplit une carrière administrative et diplomatique. Il est notamment ambassadeur auprès de l’UNESCO et directeur de l’Académie de France à Rome (1994-1997). Il est nommé le 15 janvier 1997 Président de la Bibliothèque nationale de France et occupe ce poste jusqu’en mars 2002. C’est durant sa présidence que le site François-Mitterrand de la bibliothèque est ouvert au public. Écrivain, auteur de nombreux romans et ouvrages de poésie, il a été élu à l’Académie française en 1988.
2002-2007 : Jean-Noël Jeanneney
Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé d’histoire, il a enseigné à l’Université de Paris X Nanterre, puis à l’Institut d’études politiques de Paris. Président de Radio-France de 1982 à 1986. Président de la Mission du Bicentenaire de la Révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1988-1989), il fut secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur dans le gouvernement d’Edith Cresson (1991-1992), puis secrétaire d’Etat à la Communication dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy (1992-1993). Nommé Président de la Bibliothèque nationale de France le 22 mars 2002. Atteint par la limite d’âge, il quitte ses fonctions en mars 2007.
2007-2016 : Bruno Racine
Ancien élève de l’Ecole normale supérieure, agrégé de lettres classiques, il suit également les cours de l’Institut d’études politiques de Paris et entre à l’École nationale d’administration. Auditeur puis conseiller référendaire à la Cour des comptes. Il devient directeur de l’Académie de France à Rome (1997-2002) avant d’être nommé président du Centre Georges-Pompidou (2002-2007). Le 28 mars 2007, il est nommé en Conseil des ministres président de la Bibliothèque nationale de France à compter du 2 avril. Son mandat est renouvelé pour 3 ans par le Conseil des ministres du 24 mars 2010. Il est à nouveau reconduit pour la même durée le 27 mars 2013. Il quitte ses fonctions le 1er avril 2016. Il est aussi écrivain, auteur de romans.
2016-2024 : Laurence Engel
Ancienne élève de l’Institut d’études politiques de Paris, de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud puis de l’École nationale d’administration, Laurence Engel a été conseillère technique au cabinet de la ministre de la Culture, Catherine Tasca, directrice des affaires culturelles de la ville de Paris, directrice de cabinet de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti et médiatrice du livre (2014). Elle est nommée présidente de la Bibliothèque nationale de France le 5 avril 2016, première femme à présider l’établissement. Sur décision du président de la République, elle quitte ses fonctions le 6 avril 2024.
Depuis 2024 : Gilles Pécout
Ce dossier a été réalisé par la Direction des collections, dans le cadre du Comité d’histoire de la Bibliothèque nationale de France. Rédacteurs : Bruno Blasselle, Yann Fauchois, Jean-François Foucaud. Coordination : Odile Faliu. Paris, Bibliothèque nationale de France, 2004. (Mise à jour: Olivier Jacquot, 2023 ; relecture et révision : Thomas Creusot, 2025.)








