Ludovic Carème - Mayotte, les Cadis de la République

Territoire : Mayotte / DROM
Les Cadis (« juges » en arabe), hommes de loi spécialisés dans le code personnel musulman, jouent un rôle important dans la société à Mayotte. Depuis le rattachement de l’île à la France, les Cadis, peu connus en dehors de la société mahoraise, ont créé avec le gouvernement français une alliance particulière qui leur attribue un rôle de garants de la justice. Qui sont-ils ? Existe-t-il un avenir républicain pour les cadis ? C’est cette configuration tout à fait singulière qu’il s’agira d’explorer en suivant les Cadis dans leurs nouvelles missions d’auxiliaires de justice, médiateurs sociaux et de règlement des conflits que leur confie désormais le gouvernement français.
 

Ludovic Carème se passionne pour la photographie dès le lycée, en lisant les reportages du journal Libération dans le R.E.R au début des années quatre-vingt.

Il suit des études de photographie à l’ETPA de Toulouse et publie ses premières photos dans Libération en 1993. En 1995, sur une idée de Jean Hatzfeld, il fait des portraits de couple de réfugiés échappés de l’horreur à Srebrenica. Cette première expérience lui transmet l’urgence de témoigner de l’injustice et de la fragilité humaine avec ses Rolleiflex ou Hasselblad 6X6. Son style sensible, à la fois contemporain et ancré dans la tradition des portraitistes, s’impose dans les rubriques « culture » et « société » de la presse française et internationale, avec ses portraits des sans-papiers Maliens en grève de la faim de l’église Saint-Bernard, les actions d’Act-Up ou encore les « esclaves » haïtiens des plantations de cannes à sucre en République Dominicaine. Son regard fait ressortir le drame des vedettes et la splendeur des vaincus et lui ouvre la voie des maisons de disques et des festivals.

En 2007, Ludovic Carème s’installe au Brésil à São Paulo comme correspondant pour les titres de la Presse Française et se concentre sur différents projets au long cours. Il explore une favela condamnée à la destruction par la spéculation immobilière et confronte le quotidien de ses habitants en sursis sur une période de plus de 2 ans. Ce travail qui prend le nom de la favela « Agua Branca » l’incite ensuite à s’enfoncer plus profondément dans la faille qui sépare la classe dominante blanche avec ses immeubles vides et ses victimes. Les moins chanceux limitent leur habitat à une bâche ou une couverture qui forment de tristes « cocons » rejetés sur l’asphalte du vieux centre de São Paulo. Le photographe remonte les courants jusqu’à l’état Amazonien de l’Acre, à la rencontre des « Seringueiros », les récolteurs de caoutchouc. Ces descendants de paysans miséreux du Nordeste, envoyés par les autorités vers cette forêt pour reprendre la production de caoutchouc au début de la seconde guerre mondiale, certains se mélangent avec les indiens Kaxinawa, Asháninka, Jaminawa… dont la plupart ont été exploités et décimés. Aujourd’hui quelques tribus vivent encore en harmonie avec la forêt grignotée par ces descendants des soldats du caoutchouc, manipulés par la puissance de l’industrie agro-alimentaire. Les Éditions Xavier Barral, publient deux livres « Brésils Amazonie » et « Brésils São Paulo » qui confrontent l’être humain à la nature et à la sécheresse urbaine.

Ludovic Carème est de retour à Paris depuis 2018 et est représenté par l’Agence VU.

 

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