Malik Nejmi - La Source, histoire de quartier

Territoire : Quartier de La Source, Orléans, Loiret

Le quartier de La Source à Orléans va subir en 2022 un troisième plan de rénovation urbaine et son emblématique Tour 17 va être détruite. Malik Nejmi propose alors un carnet de banlieue qui raconte les lieux et ses habitants de manière collective et intime.
 
Malik Nejmi, (né en France en 1973), scrute l’histoire familiale sur fond d’histoire collective. Après un long voyage en Afrique il découvre et forge ce qui deviendra, au sein d’une extrême variétés de formes et de techniques, l’axe de son travail. Ce dernier est animé par une inspiration documentaire et ethnologique qui traque les différences (les diversités), tant celles qui se dévoilent à l’intérieur d’une même culture, d’un même pays, que celles qu’éprouve le vaste peuple des migrations. Ces histoires sont vécues avec des fortunes changeantes, des douleurs, des joies, des attentes … De son travail surgit alors un entre-deux territoires où il est question de tendre un fil entre deux pays, entre deux générations. L’imaginaire qui s’est construit entre la France des années 70-80 et le Maroc post-colonial, lui offre un motif de travail qu’il ne cesse d’explorer. Le renoncement du père à revenir au Maroc devient la source de son questionnement : « On ne comprend pas forcément les maux de ceux qui reviennent au pays. Or, l’immigration maghrébine a accouché de maladies exiliques incurables comme l’écrivait Driss Chraibi qui ne sont pas racontées par la génération des enfants issus de l’immigration qui ont bien souvent grandi en banlieue comme moi ».  
Il aime croiser les destinées polymorphes de ceux qui migrent vers l’Europe, comme celles des enfants d’immigrés qui essayent de revenir vers le pays des parents. A cet égard, il se situe dans la veine des artistes qui dialoguent avec la Méditerranée, qui écoutent et tentent de traduire les échos d’un monde en mouvement, en perpétuelle migration. Il produit actuellement un nouveau travail au long cours dans le village de son grand-père marocain, une recherche sur la notion de bled comme espace de guérison, dernier projet d’une longue recherche autobiographique.
Il est membre de l’Agence VU›. L’ensemble de ses œuvres (2005-2015) sont dans les collections du Musée National de l’Histoire de l’Immigration. Il reçoit en 2005 le Prix Kodak de la Critique Photographique , une mention spéciale du Jury du prix Nadar du livre 2006 pour l’ouvrage « el Maghreb ». En 2007 il reçoit le Prix de Photographie de l’Académie des Beaux-Arts, Institut de France. En 2013-2014 il est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. En 2015 il est résident à l’Institut Méditerranéen de Recherches Avancées de Marseille (IMéRA ; Aix Marseille Université, arts et sciences), lauréat de la Fondation Nationale d’Arts Graphiques et Plastiques pour ses recherches sur les traversées du Détroit de Gibraltar.