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Bal masqué
La collection de maquettes de costumes de la Bibliothèque nationale de France, l’une des plus importantes au monde avec ses dizaines de milliers de dessins du XVIIe siècle à nos jours, couvre tous les domaines du spectacle : théâtre, danse, opéra, music-hall, cirque, marionnettes, mais aussi les débuts du cinéma. Essentiellement conservés au département des Arts du spectacle et à la bibliothèque-musée de l’Opéra, ces documents témoignent des étapes préparatoires du spectacle et des différents états de l’élaboration du costume, de l’esquisse à la version définitive. Parfois accompagnées d’échantillons de tissu, les maquettes peuvent comporter le nom de l’interprète et celui du personnage, des précisions sur les étoffes choisies et les accessoires, des indications sur le spectacle et la scène concernée par le costume.
Les maquettes de costumes offrent une surprenante galerie de personnages : si elles convoquent des situations et des sujets extrêmement divers, celui du bal masqué apparaît de manière récurrente depuis le début du XVIIe siècle. Les bals masqués, très prisés à la Renaissance dans les cours européennes, se trouvent intégrés à la fin du XVIe siècle aux spectacles appelés «ballets de cour», genre inspiré des fêtes données en Italie, dont l’esprit a été introduit à la cour des Valois grâce à Catherine de Médicis. Parmi les interprètes masqués et dansants du ballet de cour se trouvent les personnages de la commedia dell’arte, présents dans ces spectacles dès les premières décennies du XVIIe siècle. En effet, ce genre théâtral populaire a été introduit en France au siècle précédent sous l’impulsion d’Henri III. Les personnages caractérisés et identiques d’une pièce à l’autre vont peu à peu envahir les scènes françaises et s’immiscer dans le théâtre. Au XVIIIe siècle, des auteurs comme Marivaux écrivent pour les comédiens italiens actifs à Paris. On retrouve dans plusieurs de ses pièces les personnages caractéristiques, tel celui d’Arlequin.
Dans le théâtre, et plus encore dans les ballets et les spectacles lyriques des XIXe et XXe siècles, les moments de divertissement restent prétextes à des séquences de bal masqué où se côtoient costumes extravagants et dominos hauts en couleur, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Quant aux masques italiens, facilement identifiables, ils sont généralement associés à la fête et à la danse. Arlequins et autres Arlequines se glissent dans les scènes de bal, les sérénades, et jusque dans les spectacles de music-hall.
À toutes époques, le bal masqué a fasciné par les fantasmes qu’il suscite et la part qu’il laisse à l’imagination. Il ajoute une touche de mystère et de folie aux spectacles dans lesquels il est intégré, ce qui peut expliquer un engouement qui perdure depuis plus de quatre siècles.
