Julien Nocetti
Conseiller aux affaires numériques et technologiques au Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères ; également chercheur associé à l’Ifri et au centre GEODE (Géopolitique de la datasphère – université Paris 8)

Alors que l’IA bouleverse nos sociétés, les puissances rivalisent pour dominer cette technologie stratégique tandis que les géants du numérique cherchent à étendre leur influence. Comment les États investissent-ils l’IA ? Quels risques fait peser le poids des acteurs privés sur nos démocraties ?
L’intelligence artificielle est devenue en quelques années un enjeu stratégique majeur. Plusieurs États se sont engagés dans une course à son développement, largement structurée par la rivalité entre les États-Unis et la Chine.
Technologie à la fois civile et militaire, l’IA soulève des préoccupations croissantes en matière de souveraineté technologique, de sécurité nationale et de stabilité internationale. La maîtriser, c’est contrôler des ressources devenues essentielles : données, capacités de calcul, semi-conducteurs, talents scientifiques. Dans cette dynamique, les grandes entreprises technologiques — les « Big Tech » — occupent une place centrale, disposant d’une capacité d’investissement et d’influence parfois comparable à celle des États.
L’IA apparaît ainsi comme un nouveau champ de confrontation entre puissances, redessinant les équilibres mondiaux. Dans ce contexte de compétition exacerbée, les divergences d’intérêts stratégiques, de modèles politiques et de visions éthiques compliquent les tentatives de régulation et de gouvernance internationale.
En quoi l’intelligence artificielle constitue-t-elle un nouvel enjeu de puissance ? Quelles stratégies les grandes puissances déploient-elles ? Quelles conséquences cette course à l’IA fait-elle peser sur l’équilibre international et nos sociétés démocratiques ?
Débat animée par Mathilde Barbedette, département Droit, économie, politique, BnF