Geneviève Héry-Arnaud
Enseignante-chercheuse en bactériologie à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’universités de Bretagne Occidentale (UBO) et cheffe de service du département des agents Infectieux au CHU de Brest
Microbes : meilleurs amis, meilleurs ennemis ?
Enseignante-chercheuse en bactériologie à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’universités de Bretagne Occidentale (UBO) et cheffe de service du département des agents Infectieux au CHU de Brest
Directeur de recherche au CNRS, responsable de l’équipe Écologie et Évolution de la Santé (EEH) au Centre Interdisciplinaire de Recherche en Biologie à Paris
Enseignante-chercheuse au Laboratoire Sols et Environnement (LSE), université de Lorraine et INRAe
La découverte des micro-organismes (virus, bactéries…) a bouleversé l’histoire de la médecine aux XIXe et XXe siècles. Les micro-organismes constituent aujourd’hui de nouvelles menaces (virus émergents, antibiorésistance) tout en étant essentiels à la vie sur Terre. Six ans après la pandémie de Covid-19, trois spécialistes font le point sur notre rapport complexe avec les microbes.
Nous ne vivons pas seuls ! Ainsi pourrait-on résumer la découverte des microbiotes, une des plus importantes révolutions des sciences du vivant de ces dernières années. Nous ne vivons pas seuls en effet : dans notre corps, des ensembles de micro-organismes cohabitent avec nos cellules. Ils constituent des écosystèmes et jouent un rôle bénéfique pour notre santé. Le microbiote intestinal, qui nous aide à digérer, est sans doute le plus connu, mais il est en existe beaucoup d’autres : pulmonaire, cutané, vaginal…
Les microbes (virus, bactéries, parasites…) ont pourtant longtemps été considérés comme nos ennemis. Les XIXe et XXe siècles ont été caractérisés par la lutte contre les maladies infectieuses et les épidémies. La découverte des agents pathogènes, l’essor de la vaccination, le développement de l’hygiène, encouragé par les pouvoirs publics, l’utilisation des antibiotiques ont été autant d’étapes ayant permis de faire reculer, de manière spectaculaire, la mortalité liée aux maladies infectieuses. Par ses recherches et ses découvertes, Louis Pasteur, figure centrale de la microbiologie et héros de la République, incarne le scientifique déterminé à libérer l’humanité de ces fléaux.
Aujourd’hui, il convient de repenser notre rapport aux microbes. Des aliments trop aseptisés, une nourriture trop grasse et trop sucrée, des lavages trop fréquents mettent à mal la biodiversité de notre microbiote, pourtant essentielle à notre bonne santé. Due à la surconsommation d’antibiotiques, par les humains comme par les animaux d’élevage, l’antibiorésistance est devenue un enjeu de santé publique. Tandis que s’accroît la défiance à l’égard des vaccins, nous assistons à la réapparition de certaines maladies infectieuses tandis que de nouveaux agents pathogènes apparaissent, comme le virus de la Covid-19. Trois scientifiques font le point sur les nouvelles menaces, mais aussi les nouvelles opportunités, que constituent les microbes aujourd’hui.
Rencontre animée par Pierre Girard, journaliste scientifique.
Présentation des intervenants
Geneviève Héry-Arnaud est enseignante-chercheuse en bactériologie à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’universités de Bretagne Occidentale (UBO) et cheffe de service du département des agents Infectieux au CHU de Brest. Elle dirige le groupe Microbiota (équipe BIGG, unité UMR1078 GGB, INSERM) et est responsable du Centre Brestois d’Analyse du Microbiote (CBAM) au CHU de Brest. Elle a notamment publié Ces microbes qui nous veulent du bien (HumenSciences, 2021).
Samuel Alizon est directeur de recherche au CNRS, responsable de l’équipe Écologie et Évolution de la Santé (EEH) au Centre Interdisciplinaire de Recherche en Biologie à Paris. Ses travaux portent notamment sur la modélisation des épidémies, permettant notamment de prévenir les futures pandémies. Il a notamment publié Évolution, écologie et pandémies : faire dialoguer Pasteur et Darwin (éd. points, 2020).
Sonia Henry est enseignante-chercheuse au Laboratoire Sols et Environnement (LSE), université de Lorraine et INRAe. Spécialiste des sols et de leur microbiote, elle travaille sur la dépollution des sols et leur restauration au travers de l’utilisation de techniques biologiques associant des espèces végétales et des micro-organismes.