Olivier Mannoni
Traducteur d’allemand, journaliste, essayiste et biographe
Traduire Freud en français – Seconde partie
Traducteur d’allemand, journaliste, essayiste et biographe
Germaniste français, traducteur de nombreux grands auteurs de la littérature et de la philosophie allemandes
Journaliste au Monde
Psychanalyste, docteure en psychologie, membre de l’École freudienne de Paris (1964-1980) et membre de l’association Espace analytique, fondée par Maud et Octave Mannoni
Historienne et psychanalyste
Y a-t-il une spécificité française des traductions de l’œuvre de Freud ? C’est la question que va explorer cette journée d’étude, en retraçant ses évolutions, depuis les premières traductions faites du vivant de Freud jusque celles du premier quart du XXIe siècle.
Face au texte, le traducteur aurait d’abord deux possibilités : donner la priorité à la langue d’origine ou mener l’auteur vers le lecteur, c’est-à-dire donner la priorité à la langue d’arrivée.
En France, une autre problématique a rapidement émergé : celle de l’existence d’une langue freudienne qu’il faudrait retrouver en deçà de la langue allemande. En effet, Freud se trouvait dans une position particulière puisqu’il ne se situait pas dans une tradition qui lui apporterait un appareil conceptuel et terminologique déjà constitué : la psychanalyse a dû créer son propre vocabulaire pour exister.
Dans un article paru dans Le Monde le 1er mars 1967, Jean Laplanche et Jean-Bertrand Pontalis, auteurs du Vocabulaire de la psychanalyse (PUF, 1967) s’interrogeaient sur la manière de transcrire fidèlement les idées neuves de Freud : « Quand on dit que Freud est clair, on entend souvent que sa pensée s’accommode d’une terminologie peu rigoureuse. […]. Vaut-il mieux alors sacrifier l’élégance et faire “technique” ? ».
Qu’en est-il de ce dilemme pour les traducteurs actuels de Freud en France ?