Midi... à 18 heures. Le « Cinéma de midi » change d'horaire
Au Petit auditorium de la BnF, le « Cinéma de midi » passe à 18 h. L’occasion de finir sa journée avec la projection de films documentaires issus des fonds de la BnF. Julie Guillaumot, cheffe du service Vidéo, et Alban Ferreira, chargé de collections vidéo, présentent cette nouvelle « Séance de 18 h ».
Chroniques : Quel est le principe de « La séance de 18 h » ?
Julie Guillaumot : Cette manifestation a pour but de faire découvrir ou redécouvrir, sur grand écran, des films documentaires qui appartiennent aux collections audiovisuelles de la Bibliothèque nationale de France. Chaque séance associe deux courts ou moyens métrages liés par une même thématique mais éloignés par leur époque, leur style ou leur origine géographique. La projection s’accompagne d’un échange avec l’un des deux cinéastes – ou un autre collaborateur artistique du film –, invité à présenter son travail et discuter avec le public. Il s’agit parfois d’une séance unique, parfois d’un cycle de plusieurs projections, toujours en résonance avec la programmation culturelle de la BnF.
Au printemps, « La séance de 18 h » fera ainsi écho à l’exposition Cartes imaginaires. Inventer des mondes ?
Alban Ferreira : La séance du mois de mai associera en effet deux films mélancoliques et poétiques, L’Heure exquise de René Allio (1980) et Les Dernières Minutes de la rue des Carmes de Vianney Lambert (2012). Ils portent tous deux sur des « lieux du souvenir » : pour le premier, les quartiers de Marseille où le cinéaste a grandi ; pour le second, une rue orléanaise vouée à être réaménagée et dont le réalisateur cherche à capturer les derniers instants. La séance de juin, « Quelques kilomètres de trop à l’écart », tient son titre d’une citation d’un des deux films : L’Amour existe de Maurice Pialat (1960). En regard, sera projeté On ira à Neuilly, inch’allah de Mehdi Ahoudig et Anna Salzberg (2015). Ces deux documentaires évoquent, chacun à leur manière, l’espace vécu des travailleurs de Paris et de sa banlieue.
Comment choisir dans un fonds audiovisuel riche de 120 000 documents de non-fiction ?
A. F. : Nous explorons les collections en fonction de la thématique, en ayant à cœur de mêler des classiques du cinéma documentaire et des œuvres plus récentes, parfois peu montrées. Nous sommes aidés par des étudiants de l’université Paris-Cité, dans le cadre d’un partenariat pédagogique lancé dès les débuts du cycle en 2010 : un petit groupe d’étudiants de la Licence Arts du spectacle (parcours Études cinématographiques) visionne des films et travaille, au second semestre, à la conception de cinq ou six séances de projection. Celles-ci servent de base à la programmation finale.
Quelles sont les singularités du fonds de films documentaires de la BnF ?
J. G. : Les collections se sont constituées, comme pour la fiction, à partir de 1975, année du décret rendant obligatoire le dépôt légal des vidéogrammes. Elles se sont enrichies au fil des acquisitions et des dons. Elles rassemblent aujourd’hui tous les films édités en France en vidéo, de la VHS au Blu-Ray, et désormais la VOD. Le dépôt légal concerne aussi les films d’entreprise, institutionnels ou associatifs, ceux programmés dans les festivals, des œuvres produites en marge des circuits commerciaux par des militants ou encore de nombreux films d’artistes… Notre spécificité est d’être à la fois une vidéothèque de cinéma et un lieu de préservation de toutes les pratiques de l’image animée.
Propos recueillis par Alice Tillier-Chevallier
- Les lieux du souvenir Projection | Mercredi 27 mai 2026 | François-Mitterrand
- Quelques kilomètres de trop à l’écart Projection | Mercredi 17 juin 2026 | François-Mitterrand
Article paru dans Chroniques n° 105, avril-juillet 2026
