Rapport d'activité 2018 - Gallica et la politique de diffusion numérique des collections

Ouverte en 1997, la bibliothèque numérique Gallica est un des principaux vecteurs de la mission d’accès des collections au plus grand nombre. Bibliothèque encyclopédique et raisonnée, elle offre un accès gratuit à tous types de supports : imprimés (livres, périodiques et presse), manuscrits, documents sonores, estampes, photographies, affiches, cartes et plans, monnaies, vidéos etc. Gallica est constituée majoritairement de documents libres de droits – ou dont les droits de diffusion ont été négociés par la BnF avec les ayants droit – issus des collections de la BnF, mais aussi des fonds numérisés de bibliothèques partenaires et, depuis 2012, de documents sous droits issus des collections de la BnF et consultables uniquement dans les salles de lecture de la bibliothèque. Grâce à d’importants programmes de numérisation concertée, à des partenariats d’interopérabilité, d’intégration et de diffusion de fichiers, Gallica est une bibliothèque numérique collective. La politique de diffusion numérique des collections de la Bibliothèque s’appuie également sur les programmes partenariaux conduits par la filiale BnF-Partenariats.

La richesse des contenus et le nombre de visites de Gallica ont continué leur croissance, avec près de 700 000 documents mis en ligne en 2018.

L’offre documentaire et les fonctionnalités

L’offre disponible et sa dissémination

Le nombre de documents accessibles dans Gallica s’élève fin 2018 à près de 5 millions, contre 4,3 millions à fin 2017. Parmi cette offre documentaire, près de 4,2 millions de documents sont issus des collections de la Bibliothèque et près de 800 000 des fonds des partenaires, qu’ils soient directement disponibles dans Gallica ou seulement indexés.

Gallica intramuros offre dans les emprises de la BnF un accès à la totalité des collections numérisées de la BnF, du domaine public, sous droits ou en accès réservé (documents numérisés par BnF-Partenariats dans le cadre des accords passés avec les sociétés ProQuest, Memnon Archiving Services / Believe Digital et Immanens pour le projet RetroNews, projet de numérisation des indisponibles, etc.). Le nombre de documents de Gallica intramuros s’élève, fin 2018, à un peu plus de 6 millions.

 

Tableau – L’offre documentaire de Gallica

Le développement des fonctionnalités de Gallica

2018 a vu les développements de nouvelles fonctionnalités pour répondre aux attentes des usagers de Gallica et atteindre de nouveaux publics :

  • les sites de la galaxie Gallica ont basculé vers le protocole HTTPS. Ce protocole se généralise sur le web et devient une norme ;
  • Gallica est désormais disponible en trois langues (français, anglais et italien) ;
  • le moteur de recherche Exalead de Gallica est passé en version V6 plus, qui apporte une amélioration pour la recherche, notamment dans les titres ;
  • la première page des fascicules de presse issus du programme RetroNews sont visibles dans Gallica. Les pages suivantes renvoient vers le site RetroNews ;
  • les développements d’un visualiseur IIIF1 dans Gallica sont terminés. Il est en production sur Gallica marque blanche France-Angleterre ;
  • « Galadmin », qui permet d’administrer Gallica et ses marques blanches de manière simplifiée, a été mise en production ;
  • les travaux sur l’accessibilité se sont poursuivis.

Par ailleurs, des développements sur Gallicarte et les pages Sélections ont été réalisés en 2018 en vue d’une mise en production en 2019.

Le développement de la médiation numérique

Les « Sélections de Gallica », conçues afin de faciliter la recherche des utilisateurs et valoriser la richesse et la diversité des fonds numérisés, ont été intégrées à partir de 2013. Fin 2018, ce sont en tout 2 310 pages éditoriales qui sont désormais publiées. Trois types d’accès sont disponibles : par types de documents, par thématiques, par aires géographiques. Selon les ensembles documentaires, les corpus peuvent bénéficier d’accès multiples. C’est par exemple le cas pour le corpus La Nature en images, mis en ligne en 2018 et accessible dans Sciences mais aussi dans Images. Parmi les corpus mis en ligne en 2018, on peut également citer : Ouvrages de référence, Origines de l’imprimerie, Roman de Renart, Roman de la Rose, Les Amériques en cartes, L’Opéra en images, Les vidéos, Claude Debussy, Dossier d’écrivain : Gustave Flaubert, Les Fables de La Fontaine, Les Essentiels de la politique.

En 2018, un nouvel outil de médiation a été intégré, pour apporter des sélections tout au long du parcours de l’utilisateur. « Gallica vous conseille » apparaît dans des pages de résultat de recherche, pour faciliter les recherches du grand public dans la bibliothèque numérique et renforcer la visibilité des contenus de médiation. Plus de 1 200 fiches conseils ont été mises en ligne, à partir des recherches les plus fréquentes ou des documents les plus consultés.

Dix numéros de la lettre d’information de Gallica ont été publiés en 2018. Le nombre d’abonnés se porte, à la fin décembre 2018, à 56 700. Le blog Gallica a continué sa progression, recevant 443 600 visites en 2018, soit une augmentation de 42% par rapport à 2017. 188 billets ont été publiés, dont 38 par ou avec des partenaires de la bibliothèque numérique. Parmi les séries ayant marqué l’année, citons « 350 ans des Fables de La Fontaine », « Les écrivains et la presse » ou « France-Angleterre, 700-1200 ». Les billets les plus consultés parmi ceux ayant été publiés en 2018 sont, dans l’ordre : « 150 EPUB Gallica sélectionnés par l’Éducation nationale », « Ces œuvres qui entrent dans le domaine public en 2018 », « Chercher-trouver un décret de naturalisation », « Gallica, 20 ans déjà », « Des portsfolios à couper le souffle » (écrit par la bibliothèque Forney). Dans le palmarès, figurent aussi des billets plus anciens (par exemple, Le Journal officiel dans Gallica »), montrant l’intérêt pérenne des billets de blog pour le public.

En 2018, la bibliothèque numérique a renforcé sa présence sur les réseaux sociaux, au moyen de quatre canaux : la page Facebook (133 900 fans, +5%), le fil Twitter (60 145 abonnés, +17%), le compte Pinterest (10 447, + 86%) et le compte Instagram, ouvert à la fin du mois de janvier 2018 à l’occasion des 20 ans de Gallica. Il a connu une croissance rapide : en moins d’un an, il a conquis 13 300 followers et s’est placé parmi les comptes d’institutions culturelles les plus en vue (mentions d’influenceuses, recensions presse, entrée dans le classement du CLIC France).

Sur ces quatre canaux, Gallica valorise ses contenus et services, met en valeur les réutilisations de documents de Gallica par les Gallicanautes et interagit avec les communautés au travers, notamment, de rendez-vous : opérations « CM [community manager] d’un jour » et, nouveauté cette année, expérimentation des vidéos Live sur la page Facebook de Gallica. Les vidéos Live ont permis de toucher un public beaucoup plus large et nombreux que celui des vidéos traditionnelles.

En janvier 2018, Gallica a fêté ses 20 ans. La BnF souhaitait, à l’occasion de cette date anniversaire, fédérer l’ensemble des acteurs et utilisateurs qui ont contribué et contribuent à sa création et à son développement. Le jour du lancement, la communauté d’utilisateurs a été sollicitée pour partager ses souvenirs de Gallica. Les utilisateurs, influenceurs ou anonymes, ont été nombreux à partager leurs souvenirs et les grands acteurs culturels publics ou privés ont participé à cette opération, qui s’est traduite par une présence pendant 8 heures du mot-dièse #Gallica20ans dans les Trending Topics Twitter France le 10 janvier 2018, une augmentation notable des abonnés (+157% en janvier 2018 versus décembre 2017, sur Twitter), une augmentation du trafic sur le site gallica.bnf.fr.

Des nouveautés dans Gallica studio

Ouvert en 2017, le site Gallica Studio s’inscrit dans la politique des publics de l’établissement. Il vise à favoriser l’appropriation de Gallica par ses utilisateurs. L’objectif est d’encourager à terme l’émergence de nouveaux usages du patrimoine commun en ligne et d’en créer les outils.

Le site s’est enrichi en 2018 de nouveaux outils : un tutoriel pour créer soi-même un EPUB enrichi à partir de Gallica ; une application pour recevoir des alertes par mail en fonction des nouveaux contenus de Gallica ; un programme wrapper permettant d’appeler les API Gallica, IIIF et SRU en utilisant une syntaxe homogène ; une application Gallica similitudes permettant de chercher dans Gallica des images similaires à une image donnée issue de Gallica. Cette dernière application s’appuie sur une technologie qui analyse le contenu même des images (texture, format, couleurs…). Plusieurs projets collaboratifs ont été testés ou intégrés, dont une édition numérique augmentée de l’Odyssée, réalisée lors d’un atelier-laboratoire avec des étudiants du master Création et édition numériques (CreaTIC) de l’Université Paris 8.

L’année 2018 a aussi été consacrée à faire connaître le dispositif afin de susciter des partenariats auprès de nouvelles communautés cibles (huit communications, dont Numérique en commun[s], la Maker Faire de Paris, les Assises du livre numérique, les Premiers samedis du libre du Carrefour numérique de la Cité des sciences et de l’industrie).

Deux projets ont été financés en 2018. Les Chants d’oiseaux de Messiaen engage une grande variété de publics via les partenaires associés (l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM), Conservatoire à rayonnement régional de Paris, Ensemble intercontemporain, Muséum national d’Histoire naturelle, collèges, PSL et conservatoires municipaux, école maternelle). Un autre projet en cours est en lien avec le master CreaTIC, portant sur un corpus de Gallica autour des voyages en Afrique allant du XVe au XIXe siècle.

Quant à l’axe participatif de Gallica Studio, plusieurs chantiers ont été lancés. L’application SCRIBE d’annotation de documents non océrisables, conçue par le New York Public Library Labs et Zooniverse, a été adaptée pour les besoins de Gallica. Le consortium Musica travaille sur GioCoSo, un logiciel d’annotation de partitions musicales non omérisables ; la plateforme NEUMA accueillera ce logiciel et sera référencée sur Gallica Studio.

Les publics de Gallica

En 2018, la consultation de Gallica est en légère augmentation (15,84 millions contre 15,78 millions en 2017, soit une moyenne de plus de 43 400 visites par jour).

En ce qui concerne la connaissance des publics de Gallica, et afin de nourrir la réflexion sur les indicateurs d’évaluation pour un dispositif participatif et contributif tel que Gallica Studio, une journée d’étude sur la mesurabilité de la participation des publics a été organisée dans le cadre du partenariat avec Telecom-ParisTech conjointement avec la Chaire d’innovation publique de l’ENA-ENSCI.

 

Tableau – La fréquentation de Gallica

Gallica, bibliothèque collective

La coopération numérique, priorité de la politique de coopération nationale de la BnF, vise à créer, diffuser, valoriser et préserver les plus vastes ensembles possibles de ressources patrimoniales numérisées, quels que soient la localisation des collections et le statut des contributeurs. Cette entreprise collective répond à un enjeu culturel fort : offrir au citoyen un accès aisé au patrimoine, national, régional, local ; rendre plus visibles sur internet la culture et la langue françaises ; mettre de nouveaux matériaux à la disposition de l’enseignement et de la recherche en révélant des sources méconnues.

La démarche couvre tout le spectre de la constitution d’une bibliothèque numérique : recensement des gisements documentaires ; sélection des corpus, numérisation, valorisation éditoriale et scientifique ; multiplication des accès, au niveau local (sites et catalogues des bibliothèques), régional (portails régionaux), national (Gallica), européen (Europeana) et international. Pour mener à bien ces actions, un écosystème de 393 partenaires numériques s’est constitué autour de la BnF, agissant avec des objectifs partagés de diffusion libre et gratuite du savoir : bibliothèques des collectivités territoriales et de l’enseignement supérieur et de la recherche, bibliothèques dépendant des ministères et des corps constitués, bibliothèques des archives et des musées, bibliothèques de statut divers (associations, fondations, etc.).

 

Tableau – Les partenaires de Gallica au 31 décembre 2018

Numériser ensemble

Appliquant à la numérisation partenariale une logique documentaire, la BnF est guidée par plusieurs principes structurant : numérisation d’imprimés en français et dans les langues de France (livres et revues, hors presse), du domaine public ou dont les droits ont été négociés, dans le cadre de programmes de numérisation aux objectifs et principes explicités (signalement systématique au préalable, complémentarité documentaire maximale, recherche de l’exhaustivité des ensembles documentaires constitués), ouverts à toutes bibliothèques et ambitionnant la constitution de corpus thématiques ou d’intérêt régional d’envergure. Il s’agit d’optimiser la numérisation en recherchant une efficacité collective et en produisant un effort partagé dans une démarche complémentaire de celle de la BnF. Tous les programmes de numérisation soutenus par la BnF visent à enrichir Gallica.

Les bibliothèques françaises – pôles associés de la BnF et autres partenaires – sont invitées à participer aux divers programmes de numérisation concertée. Ces programmes sont thématiques (par exemple, Sources du droit, Littérature patrimoniale pour la jeunesse, Première Guerre mondiale, Sports) ou d’intérêt régional (Histoire des territoires). Certains programmes visent à compléter des corpus plus modestes, mais précieux sur le plan documentaire et scientifique (Publications des académies et sociétés nationales, Publications des sociétés d’amis d’écrivains, Presse clandestine 1939-1945, Gastronomie).

La BnF travaille également avec ses pôles associés et autres partenaires numériques dans le cadre de projets bilatéraux. Parmi les actions remarquables, on citera celles conduites avec une quinzaine de partenaires en sciences et techniques, majoritairement de la sphère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. La constitution en 2017 du groupement scientifique CollEx-Persée, dont la BnF est membre aux côtés des grands opérateurs de l’ESR (INIST, ABES, CTLes, etc.) et de dix bibliothèques délégataires têtes de réseaux disciplinaires, permet à la BnF de situer son action, notamment dans le domaine de la numérisation, des services aux chercheurs et de l’élaboration d’une cartographie des collections d’excellence.

La BnF conduit également des programmes de numérisation pour des ressources non imprimées (grands manuscrits littéraires français, portulans, partitions, vidéos, etc.), avec l’objectif de reconstituer virtuellement des ensembles répartis physiquement entre différentes bibliothèques.

Ces programmes de numérisation comportent un volet de valorisation. Les partenaires sont associés à des actions de structuration de contenus et de médiation numérique La collaboration s’étend également à la publication de billets de blogs thématiques ou événementiels, à la programmation de Rendez-vous « Gallica hors les murs ». Mention est également faite des richesses numériques des partenaires de la BnF dans la Lettre de Gallica et sur les réseaux sociaux de Gallica.

Certaines bibliothèques peuvent être parties prenantes, aux côtés de la BnF, de programmes européens et internationaux. À ce titre, les sites Patrimoines partagés de la BnF constituent une nouvelle opportunité pour le réseau de coopération de la BnF. Cette collection numérique permet de réunir des documents exceptionnels, témoins des interactions entre la France et le monde, de les rendre accessibles partout et de mieux les comprendre grâce à un accompagnement éditorial. Aujourd’hui quatre sites Patrimoines partagés sont en ligne : Bibliothèques d’Orient, France-Pologne, France-Chine ainsi que la nouvelle version de France-Brésil (cf. Décrire, numériser, valoriser des collections à valeur universelle).

Le numérique est bien à la croisée des politiques de coopération nationale et internationale de la BnF.

Optimiser la diffusion numérique

Au cours des dernières années, Gallica a fortement accentué sa dimension de bibliothèque numérique collective. La démarche fédérative, engagée dès le lancement de Gallica en 1997, permet aujourd’hui de donner accès aux ressources numériques de 393 partenaires (382 fin 2017). Parmi ceux-ci, on distingue quatre types de partenaires : 229 partenaires des territoires (bibliothèques et archives des collectivités territoriales, structures régionales de coopération, sociétés savantes) ; 64 partenaires de l’Enseignement supérieur et de la recherche ; 84 autres partenaires (bibliothèques spécialisées essentiellement, avec des statuts variés et rattachées à des tutelles très diverses) ; 16 bibliothèques étrangères.

À fin 2018, Gallica diffuse 790 773 documents de partenaires. Soucieuse de garantir à ses partenaires le respect de leur identité numérique, la BnF présente leurs collections dans Gallica avec des mentions de source individualisées. Les partenaires intégrés bénéficient de l’ensemble des fonctionnalités présentes et à venir de Gallica. Des pages de présentation des partenaires permettent de valoriser les institutions qui diffusent tout ou partie de leurs collections numériques dans Gallica. L’entrée des collections des partenaires de Gallica prend plusieurs voies :

  • l’intégration par numérisation des documents physiques dans les marchés de la BnF. Fin 2018, 208 152 documents de partenaires sont accessibles dans Gallica, après avoir été numérisés par la BnF. Ces documents, pour plus de 17 millions de pages, sont issus de 341 établissements partenaires.
  • le dépôt de fichiers numériques. Lorsque le partenaire ne dispose pas de bibliothèque numérique, il peut souhaiter la diffusion de ses ressources numérisées dans Gallica. Au 31 décembre 2018, 45 partenaires ont intégré des documents numériques dans Gallica, pour un total de 66 628 fichiers, soit +7% par rapport à l’année précédente (42 partenaires et 62 396 fichiers fin 2017). L’intégration par dépôt de fichiers numériques se poursuit grâce aux apports des partenaires Gallica marque blanche et aux contenus accessibles sur les portails Patrimoines partagés.
  • Le référencement des ressources numériques des partenaires de la BnF par interopérabilité OAI-PMH2. En 2018, dix-huit nouvelles bibliothèques numériques sont venues rejoindre Gallica, portant à 104 les bibliothèques dont les documents numériques sont indexés dans Gallica (94 bibliothèques françaises et 10 étrangères). Elles enrichissent Gallica de 515 993 documents (+40%), d’une grande diversité et d’un fort intérêt documentaire. Une partie des ressources moissonnées a été produite grâce à des subventions de la BnF, qui pose comme condition de son soutien financier, d’une part, la mise en ligne rapide des documents dans une bibliothèque numérique, d’autre part, l’interopérabilité de celle-ci avec Gallica.

Mutualisation des infrastructures et des services : Gallica marque blanche

Gallica marque blanche est né d’une double volonté de la BnF de mutualiser les développements réalisés dans le cadre de Gallica pour en faire bénéficier ses partenaires et compléter les collections nationales en intégrant des documents numérisés par les autres bibliothèques françaises. C’est un dispositif de coopération numérique qui s’adresse aux établissements ayant numérisé ou souhaitant numériser une partie de leurs collections, mais ne disposant pas de plateforme de diffusion ou souhaitant renouveler leur plateforme actuelle. Chaque projet se concrétise par la réalisation d’une bibliothèque numérique construite sur la base de l’infrastructure Gallica, mais paramétrée et personnalisée aux couleurs du partenaire. Parallèlement, Gallica s’enrichit grâce à ces nouveaux fonds.

Début 2018, quatre bibliothèques numériques réalisées grâce au dispositif Gallica marque blanche étaient accessibles en ligne : Numistral, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg ; La Grande Collecte, vitrine de l’opération sur le Centenaire de la Grande Guerre, pilotée par les Archives nationales et départementales ; Rotomagus, la bibliothèque numérique de la ville de Rouen ; la Bibliothèque francophone numérique, opération de coopération internationale réalisée avec nos partenaires francophones du Réseau francophone numérique.

En 2018, ces bibliothèques ont été enrichies de nouveaux documents, notamment la Grande Collecte avec une nouvelle collecte dédiée à l’histoire des femmes et Rotomagus avec l’intégration de nombreux documents dont les manuscrits de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet. La fréquentation de ces bibliothèques, grâce à des actions conjointes de référencement et de médiation, a été multipliée par trois.

L’année 2018 a vu également la mise en ligne de deux nouvelles bibliothèques en marque blanche :

Quatre autres bibliothèques en marque blanche sont en préparation. Fin 2017 et en 2018, ont été signées des conventions marque blanche avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), la bibliothèque de Toulouse, la bibliothèque de Pau et la bibliothèque du Havre.

Fin 2018, le réseau des marques blanches comprend ainsi dix partenaires. Ceux-ci constituent maintenant un réseau qui s’est réunis pour la première fois en octobre 2018 à Strasbourg, pour une journée Gallica marque blanche d’échanges et de partage.

C’est aujourd’hui une offre structurée et opérationnelle que la BnF est en mesure de proposer à ses partenaires et qui répond à leur besoin de disposer d’une plateforme performante et évolutive de diffusion de leurs collections numérisées. C’est aussi un levier d’enrichissement de Gallica avec des documents à haute valeur patrimoniale, qui bénéficient d’un stockage pérenne par la BnF.

Disséminer les ressources de Gallica hors de Gallica et en favoriser la réutilisation

En parallèle à la fédération des ressources, la BnF favorise l’enrichissement des bibliothèques numériques françaises, des catalogues et des bases bibliographiques. Cette démarche permet de valoriser les ressources numériques de la BnF, d’accroître la fréquentation de Gallica mais surtout d’irriguer le territoire national ; elle permet également aux partenaires, dispensés de numériser des documents déjà présents dans Gallica, de concentrer leurs efforts sur la médiation et l’éditorialisation. Entre autres exemples de réutilisations, citons celle du Centre du livre et de la lecture de Poitou-Charentes, qui propose un Gallica Territoires, celle de la Fondation Napoléon, qui réalise des bibliographies napoléoniennes thématiques à partir de Gallica, les bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, qui référencent sur leur site les documents numérisés par la BnF en provenance de leurs collections, ou le musée virtuel Air France.

Les Rencontres Gallica (à la BnF) et les Rendez-vous Gallica (hors les murs) se sont poursuivis en 2018. Un Rendez-vous Gallica consacré à la gastronomie a ainsi été organisé à la bibliothèque municipale de Dijon, en partenariat avec le lycée Castel de Dijon et en présence du chef des cuisines de l’Élysée, Guillaume Gomez. La bibliothèque universitaire d’Orléans a accueilli deux jours de Rendez-vous Gallica en continu, adaptés aux professionnels du livre, aux enseignants et aux étudiants. Organisé à la BnF avec l’association « Culture(s) de mode », le workshop consacré à la mode dans Gallica a rencontré un franc succès et devrait être reconduit en 2019. Enfin, les Rendez-vous Gallica destinés aux enfants ont gagné en ampleur : dans le cadre de « Partir en livres », 2 080 enfants ont reçu un kit proposé par Gallica. Des actions ont également été entreprises durant le Hackathon BnF avec des ateliers de lithophanie, impression 3D des images.

En 2018, de nombreux Gallicanautes ont continué à disséminer les ressources de Gallica. La bibliothèque numérique s’en fait l’écho, à travers des billets de blog, dans la rubrique Gallicanautes : parmi les dix portraits publiés cette année, figurent notamment celui de Michel Ocelot, qui a utilisé Gallica pour réaliser son film d’animation Dilili à Paris, celui des enseignantes Françoise Cahen et Celia Guerrieri, qui font redécouvrir grâce à Gallica des écrivaines que l’histoire littéraire a oubliées, ou celui de l’écrivain Philippe Jaenada.

Les projets de BnF-Partenariats de diffusion du patrimoine numérisé

En complément de la numérisation de corpus documentaires, BnF-Partenariats conçoit des produits et services culturels destinés au grand public, aux chercheurs ou au secteur de l’éducation, élaborés à partir des collections de la BnF dans le cadre de partenariats ou d’accords de licence.

L’année 2018 aura été marquée par le lancement en avril de la nouvelle formule de RetroNews, le site de presse de la BnF, son déploiement dans les universités et les grandes écoles, avec un peu plus de 200 000 étudiants et enseignants ayant accès au site à fin 2018, et une augmentation régulière de son portefeuille d’abonnés individuels (plus de 600 abonnés en fin d’année). De nombreux partenariats médias – Libération, France Inter, Le Point, L’Histoire, L’Obs, Huffington Post, 20 minutes, etc. – ont permis une progression importante de l’audience avec plus de 4,8 millions de visites, en progression de 132%. Le site RetroNews propose de nouveaux formats éditoriaux : versions audio, cycles rétrospectifs rédigés avec des universitaires, longs formats mêlant texte, image, audio, vidéo et représentations graphiques des données. Par ailleurs, avec la chaîne d’information publique France Info, ont été coproduits 25 modules vidéos dans l’objectif de développer avec des journalistes professionnels une production média à base des collections presse, de créer de nouveaux formats narratifs vidéo orientés grand public, de diffuser un questionnement par l’histoire et les archives de presse de l’information contemporaine, notamment les infox ou les images de presse.

BnF collection sonore regroupe 45 000 disques édités pendant la première période des microsillons (1949-1962), numérisés et mis en ligne sur une centaine de plateformes de musique digitale. L’animation éditoriale de cette collection sonore s’est accélérée cette année avec le lancement de sélections de titres hebdomadaires, les « Weekly Vinyl », reprises sur les principales plateformes de streaming, la création de coffrets numériques avec Qobuz et les premières émissions en podcasts autour des fonds ethnomusicologiques, créées en partenariat avec Radio Nova. La collection a dépassé les 100 millions d’écoutes depuis son lancement.

BnF-Partenariats propose aussi avec plusieurs acteurs de l’édition numérique, un service permettant de réimprimer à l’identique des ouvrages du patrimoine littéraire et historique français puisés dans des collections de livres numérisés, libres de droits et publiés avant 1930. Ce sont au total plus de 50 000 exemplaires commandés par des particuliers à travers le réseau de libraires.

1 – IIIF (pour International Image Interoperability Framework) est une API standardisée par le consortium IIIF ayant comme objectif de permettre la manipulation homogène d’images indépendamment de leurs localisations physiques et des établissements qui les hébergent.

2 – Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting.